LE BAMBOU
Le véritable bambou, différent de ce que l'on appelle généralement bambou à la côte occidentale d'Afrique, est une graminée à nœuds que l'on voit dans le Katanga et dans le Chari et le Haut-Nil où il atteint de très grandes dimensions, jusque i5 mètres de haut. Ce bambou n'est guère utilisé au Congo, sauf dans la confection des habitations indigènes; les derviches en font les hampes de leurs grandes lances. L'une d'elles figure à la section ethnographique; c'est le seul échantillon exposé de ce bambou d'Afrique.
Le véritable bambou des Indes a été introduit et prospère dans diverses stations ; M. Costermans en a planté des boutures dans tous les postes de la route des caravanes, à proximité du Stanley-Pool et le long de la route Léopoldville-Kinchasa ; à la côte il s'en trouve de nombreux fourrés; ce sont les missionnaires de Landana qui semblent l'avoir propagé.
Des échantillons ont été essayés à la manufacture d'armes de l'État pour servir à la fabrication des lances de notre cavalerie, mijj, iU nr convenaient pas ; le choix n'est pas encore assez considérable.
426 La Flore.
LA SANSEVIERE
La Sansevieria guineensis est une plante vivace, de la famille des Haemodoracées, dont les feuilles charnues et lancéolées atteignent I mètre de long.
Les natifs d'Accra préparent la fibre utile de cette plante grasse de la manière suivante :
Choisissant les feuilles les plus grandes, ils les battent entre deux pierres, puis les mettent dans l'eau ou les enterrent pendant trois jours, opération qui les assouplit ; elles sont alors de nouveau battues pour séparer définitivement la partie fibreuse.
Les indigènes emploient cette fibre pour faire des filets de pêche et des cordages; elle résiste remarquablement à l'immersion continuelle dans Teau de mer.
Un échantillon venu du Congo de la sansevière croissant à Tétat sauvage, en grande quantité à Boma et dans l'île de Sacra-Baka, en face de la capitale, a été étudié par MM. Bulcke, Vandenbremden et C*e, qui ont émis l'appréciation suivante :
« La fibre blanche propre et forte est malheureusement assez courte ; elle se compare assez bien à Taloès de Bombay de qualité supérieure qui est plus long, et aussi à l'aloès de Maurice qui est moins propre et moins fort. Nous l'estimons à 400 ou 425 francs la tonne rendue à Anvers. »