‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 38 sur 184 · MUSIQUE MILITAIRE A K.\SO.VGO · texte numérisé non relu

MUSIQUE MILITAIRE A K.\SO.VGO

l'équipement sont à charge de l'État; chaque homme touche une solde journalière de 21 centimes; de plus, les mariés touchent une ration de vivres pour leurs femmes. Aucune retenue ne peut être exercée sur la solde des miliciens, sans l'autorisation expresse du gouverneur général ; les sommes ainsi retenues sont remises ultérieurement lorsque l'homme contre lequel cette mesure a été prise s'est amendé.

A l'expiration de leur terme de ser\'ice, ces hommes ainsi que leur famille sont, s'ils le désirent, rapatriés aux frais de l'État et reçoivent la protection toute spéciale de la part des autorités.

Ces dispositions organiques sont complétées par des instructions très complètes montrant le souci d'iyie sollicitude constante pour le bien-être matériel et moral de la troupe et de fait ce régime rend légères à l'indigène les obligations de soldat, comme le prouvent les quatre mille volontaires nationaux qui sont actuellement enrôlés.

Voici, du reste, les compositions de la force publique à la fin de 1896 : L'armée congolaise,' qui comptait en 1S89 m soldats indi-

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gènes, en compte aujourd'hui 12,000, dont 8,000 miliciens et 4,000 volontaires.

Mais outre ces troupes régulières, l'État compte encore un certain nombre d'AUXILIAIRES, lesquels n'interviennent que dans les cas où la sécurité de l'État viendrait à l'exiger. A ce moment, du reste, tous les fonctionnaires et employés, tant civils que militaires, auraient pour devoir de défendre le territoire*.

es volontaires, recrutés dans chaque district pour un terme moindre que quatre années, sont incorporés d'emblée dans la compagnie de la force publique qui tient garnison dans leur district, à moins de dispositions contraires du gouverneur général. Quant aux miliciens enrôlés en vertu du décret du 3o juillet 1891 et aux volontaires pour plus de quatre ans, ils sont dirigés sur des CAMPS D'INSTRUCTION où se fait leur instruction militaire avant l'incorporation dans les compagnies de la force publique. L'effectif maximum de chaque camp est en général de cinq cents hommes; la durée de l'instruction est de dix-huit mois et les miliciens sont répartis en trois compagnies, divisées elles-mêmes en sections et escouades.

La première compagnie comprend les hommes nouvellement incorporés ; ils y restent jusqu'à l'expiration de leur sLxième mois de service. La deuxième compagnie comprend les hommes ayant de six à douze mois de service.

La troisième compagnie comprend ceux qui ont de douze à dixhuit mois.

La durée des exercices et théories militaires est au moins de trois heures par jour ; en dehors de celles-ci, les hommes sont employés à des travaux, principalement des cultures pour leur nourriture et des cultures de rapport.

Afin de s'assurer que leç camps d'instruction sont dirigés d'après CCS vues et que les homnjes y sont traités conformément à ces prescriptions, le gouvernement désigne un fonctionnaire pour en faire l'inspection.

Sept camps d'instruction sont actuellement créés : Bas-Congo : Zambi.

Haut-Congo : Kinchasa, Bolobo, Irebu, Kasongo, Umangi, La Romée.

Les miliciens provenant de régions éloignées des camps sont, en attendant le bateau qui doit les transporter au camp d'instruction, réunis dans' des C\MPS PROVISOIRES établis dans des régions riches en vivres, où ils sont entourés de tous les soins désirables; ces camps peuvent être considérés comme des stations d'attente et de repos.

Épolution Politique et Morale.

utre le règlement spécial pour les services et la comptabilité de la force publique, les RÈGLE- MENTS en usage dans Tannée belge servent pour l'instruction de la troupe. Toutefois, l'armement étant le fusil Albini, pour le maniement d'arme et les charges on se conforme à l'ancienne école du soldat de l'infanterie belge.

Les commandements se font en français.

L'instruction du tir est l'objet de grands soins; le matériel pour ces exercices se compose de matériel pour le tir des capsules à balles, de CHEVALETS DE POINTAGE, de MIROIRS pour le contrôle. Pour stimuler l'amour-propre des soldats, des PRIX DE TIR ont été créés.

insi que nous le disions, c'est le fusil Albini, avec baïonnette raccourcie, qui est en usage dans la force publique; un certain nombre de fusils Mauser, modèle de 1889, sont affectés à l'armement des blancs.

On envoie des cartouches pour l'instruction du tir et l'approvisionnement de combat est complété chaque année de manière à ce qu'il y ait toujours deux cents cartouches par arme. Le matériel d'artillerie comprend :

Treize canons Krupp de montagnes de o^.ojS ; un canon Krupp deo*°,o35; 32 canons lisses en bronze de 2 7/8 pouces; 2 canons Hotchkiss de o'n,o37; 24 canons Nordenfelt de 0*0,047 avec affût démontable; 16 mitrailleuses automatiques Maxim, tirant la cartouche Albini.

Il existe des ateliers d'armuriers à Boma, Popocabaca, Léopoldville, Luzambo, Djabbir, Stanley- Falls. De plus, des armuriers avec atelier aisément transportable accompagnent les colonnes en marche de manière à faire aux armes des réparations faciles.

Les bufHeteries en usage au Congo sont analogues à celles de l'infanterie belge, mais elles sont en cuir fauve.

La tenue comporte : pantalon, veste, ceinture et fez. Pour la grande tenue : le pantalon et la veste sont en serge bleue ; pour la petite tenue ces objets sont en toile bleue. Le fez et la ceinture sont rouges.

Chaque homme reçoit annuellement une tenue et une couverture de laine.

Les chaussures sont semblables à celles de notre infanterie, avec des jambières en cuir noir.

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es locaux habités par la troupe sont construits par les soldats eux-mêmes. Les progrès extrêmement rapides que Ton peut enregistrer pour le logement des blancs sont à signaler pour celui de la force publique : aux paillotes ont succédé les bâtiments en torchis et ceux-ci à leur tour sont déjà remplacés en maints endroits par des maisons en briques.

Les mariés occupent des quartiers à part, spécialement construits à leur usage. Le mobilier est aussi confectionné par les soldats charpentiers.

11 a été reconnu par expérience que le système de cuisine collective est peu pratique au Congo. Le soldat noir préfère préparer ses aliments lui-même ou les faire préparer par sa femme, s'il est marié. Dans ces conditions la ration est donnée aux honmies, partie en nature (produits des cultures, de la chasse et de la pêche), partie en marchandises ayant cours sur les marchés des environs. Cependant, quand les circonstances le permettent, comme à Boma, la cuisine est collective.

e commandement suprême de la force publique est exercé par le Gouverneur général. Les commissaires de district, qui représentent le Gouverneur général, exercent la haute direction des forces qui sont en garnison dans leur district.

La force publique est administrée par un Commandant de la Force Publique ; elle est subdivisée en compagnies actives comportant de loo à i5o soldats répartis en deux pelotons de deux sections. Une compagnie active à effectif renforcé comprend 200 à 25o hommes.

Chaque compagnie est commandée par un capitaine qui est responsable de son administration vis-à-vis du commandant de la lorce publique, avec lequel il correspond directement pour tout ce qui se rapporte à cette administration.

Le décret du \^^ octobre iSgS porte le nombre de compagnies à seize. Quant au nombre d'Européens, officiers ou gradés, il correspond dans chaque compagnie à la mission que celle-ci doit remplir; CCS cadres ne sont pas exactement déterminés comme ceux de nos armées où les gradés ne sont chargés que d'une mission militaire, tandis qu'au Congo ils ont en outre une tâche politique et civilisatrice à assumer.

A plusieurs reprises on a expédie au Congo des instruments de musique destinés aux fanfares indigènes de la force publique. Outre des clairons à embouchure chromatique, pour les différents districts, on a envoyé à Kasongo, aux Falls et à Boma des cymbales indigènes, castagnettes, triangles, tambours, fifres et HCltes. Les nègres se familiarisent très vite à l'usage de ces instruments et les musiques militaires, précédant les belles compagnies de la milice de l'Etat libre, contribuent pour leur part à leur donner un aspect vraiment martial.

CASERNES DE BOMA

Ajoutons enfin, pour terminer cette courte notice sur la force publique congolaise, qu'une compagnie spéciale, qui porte le nom de COMPAGNIE AUXILIAIRE DU CHEMIN DE FER, est spécialement destinée à la protection des travaux et à la garde de la voie ferrée et que, jpris dans la force publique, il y a des CORPS DE POLICE destinés à assurer la sécurité de l'ordre public à Boma, Matadi, Léopoldville.

*rc^

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