HABITATION EX BOIS. MAYOMBE
Nous parlerons dans un autre chapitre (Titre II, Le Congo écononomique} de la question des constructions démontables portatives.
Partout, dans le Haut comme dans le Bas-Congo, on s'occupe aujourd'hui de la fabrication des briques et de leur emploi a ta construction.
C'est à Bangala (Haut-Congo) que l'on fit les premières briques, Vankerckhoven était alors commissaire de district, Baert, chargé spécialement de la direction de la station et M. Verhees, sous l'habile direction de ses chefs, eut l'honneur de réussir (1887)13 l'ahrication de briques blanches ou rouges, suivant la terre employée.
En 1 889 on fit des essais de fabrication de briques à Boma ; après quelques tâtonnements on réussit complètement et en mai 1890 la première maison maçonnée s'élevait dans la capitale de l'État.
Évolution Politique et Morale.
L'impulsion était donnée ; le gouvernement, aidé des gouverneurs Janssens, puis Coquilhat et Wahis, s'occupa énergiquement de faire substituer au Congo les bâtisses en maçonnerie à toutes les autres; non seulement l'État voulait assurer à ses agents blancs des logements confortables, mais ses efforts se multipliaient pour donner aux noirs, employés à son service, des habitations plus saines et plus belles que les paillotes et celles en pisé.
Et l'on vit alors, avec un prodigieux entrain, tous les agents : officiers, avocats, ingénieurs, sous-ofHciers, commis, s'improviser briquetiers et maçons : Bazoko, Luluabourg, Bumba, Léopoldville, Banzyville (décembre 1892), Niangara (février 1894), Luzambo (avril 1894), Zambi (iSgS), Lukungu, Coquilhatville, etc. virent s'élever de nouvelles habitations, dont les constructeurs furent fiers à juste titre.
Le « Recueil administratif >, dans un chapitre consacré à l'hygiène, publie un rapport élaboré à Boma par la commission d'hygiène sur le meilleur type d'habitation à adopter au Congo. Les prescriptions qui y sont contenues doivent être appliquées à toutes les nouvelles constructions, mais les architectes improvisés sont pourtant libres d'établir les plans suivant leur goût, pourvu qu'ils ne s'écartent pas des données générales indiquées.
L'émulation aidant, chacun s'efforça dedonner aux habitations l'aspect le plus coquet possible, mais c'est surtout lorsqu'on est parvenu à faire des tuiles *
que cet aspect a pu se modifier. Le toit de chaume épais et lourd ayant disparu, l'ensemble pouvait devenir plus élégant.
Et à propos de tuiles, rappelons que l'Etat du Congo envoie depuis peu d'années des tuiles en zinc, qui rendent de grands services.
Mentionnons enfin les maisons en ti adobes » (briques cuites au soleil) ou en pierres et terminons en disant que les progrès faits au Congo dans l'établissement des stations frappent d'étonnement tous ceux qui sont à même de les constater.
Quand on songe qu'à l'heure actuelle cette partie de l'Afrique, encore inconnue il y a vingt ans, est couverte de stations, et qu'à 600 lieues de la côte s'élèvent des habitations pareilles aux villas de notre banlieue, on ne peut se défendre de rendre un juste hommage à l'activité de ceux qui les ont édifiées.