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HABITATION EN BRIQUES

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Notice du D'^ Dryepondt.

ongtcmps avant Torganisation même de l'État du Congo

comme Etat, dès les premières expéditions belges de la côte

orientale, des médecins vinrent, nombreux, offrir l'appoint

de leur dévouement et de leur science à Toeuvre grandiose

qui s'ébauchait seulement alors et dont cependant

nul n'aurait pu prévoir l'extension extraordinaire

ni la colossale importance.

Parmi ces dévoués de la première heure, qu'il me soit permis de citer, en première ligne, les D^s Dutrieux et Van den Heuvel dont nos anciens, les Storms, les Cambier, ont gardé un si touchant souvenir.

Lorsqu'à l'Association Internationale Africaine succéda l'État du Congo, l'effrayant effort qu'il fallut faire pour occuper d'une façon effective le vaste territoire que le Traité de Berlin conférait à la souveraineté de notre Roi, les difficultés de toutes espèces, les fatigues sans nombre qui, au Congo comme partout ailleurs, ne manquèrent pas d'entraver la marche et d'assaillir les nombreuses expéditions conduites par les officiers de l'État, ne pouvaient manquer d'occasionner parmi ces vaillants pionniers des pertes douloureuses.

11 eût été insensé d'espérer qu'il pût en être autrement; l'exemple des autres nations suffisait du reste pour enlever toute illusion à cet égard car partout, que ce soit aux Indes, en Cochinchine, en Amérique ou en Australie, la période d'occupation et d'exploration a coûté à la mère patrie de nombreux sacrifices en hommes.

Mais il était néanmoins du devoir du nouvel État de secourir dans toute la mesure de ses moyens ces coeurs d'élite qui s'élançaient à la conquête de l'inconnu, de soutenir les courages et les dévouements en montrant que rien n'était négligé pour assurer à ceux qui tombaient frappés par la maladie, les soins de praticiens dévoués afin de diminuer le nombre des victimes.

L'État du Congo ne faillit pas à ce devoir. L'organisation des secours médicaux fut une de ses premières préoccupations. Après le D"" Allard, consul de Belgique à Ténériffe aujourd'hui,

232 Évolution Politique et Morale.

qui organisa le service médical dans le Bas-Congo et construisit le sanatorium de Boma, les D^s Wolf, Leslie, Mense accompagnèrent les premières expéditions vers le Haut-Congo. Mense, à qui son dévouement et sa science valurent de donner son nom à la plus élevée des collines qui bordent le Stanley-Pool, jeta les premières bases d'une organisation sanitaire à Léopoldville ; puis, à mesure que l'occupation du territoire avançait, les postes médicaux étaient installés: Dupont organisait le service à Bazoko, Van Campenhoudt à Djabbir, Montangie succombait en prodiguant ses soins à Tavantgarde de Vankerckhoven, Briart accompagnait Delcommune dans son extraordinaire voyage, Amerlinck assistait dans ses derniers moments, au Katanga, le regretté capitaine Bia, Magery était tué aux côtés d'Hodister.

Et pendant ce temps les Etienne, les Reytter, les Bourguignon, les Vourloud, les Charbonnier et toute cette pléiade de jeunes médecins, qui au nombre de plus de cinquante déjà, ont apporté à l'œuvre africaine l'aide de leur science et de leur expérience, .s'efforçaient dans les stations et postes plus anciens de suivre les traces de leurs devanciers. Plusieurs ont succombé à la tâche; qu'il nous soit permis de saluer en passant ces braves morts en soldats au champ d'honneur.

Mais d'autres se présentèrent immédiatement pour les remplacer, et aujourd'hui, grâce au zèle de l'Etat, des stations médicales bien ravitaillées en médicaments et instruments existent dans toute rétendue du territoire, à Boma, Matadi, Tumba et le long de la ligne du chemin de fer, à Léopoldville , Luzambo , Equateur, Nouvelle- An vers, Stanley-Falls, aux expéditions de TUbangi, du Haut-Uelle, ainsi qu'à la zone arabe.

Nous n'aurions garde d'oublier, en parlant des secours médicaux, de signaler le dévouement de nombreux missionnaires qui, séjournant parfois depuis de longues années au Congo, et s'efforçant à chaque occasion de rendre service aux malades, ont acquis une science pratique dont bien des nôtres ont pu, en maintes circonstances, apprécier les bienfaits. Parmi eux il importe de tirer hors pair le révérend Hoste, de Lukungu, et surtout le Dr A. Sims, de Va American Baptist missionary Union », de Léopoldville, qui réside au Congo depuis plus de dix ans, sans songer encore à venir prendre en Europe un repos qu'il a cependant bien mérité.

Le service médical au Congo a reçu, à l'heure actuelle, une organisation que l'on peut considérer comme presque définitive.

Deux classes de médecins ont été créées.

Les MÉDECINS DE DEUXIÈME CLASSE (ceux qui partent pour la première fois) ont rang de lieutenant.

Les MÉDECINS DE PREMIÈRE CLASSE ont rang de capitaine.

Les médecins de l'Etat doivent leurs soins gratuits à tous les

Secours Médicaux. 233

agents indistinctement et aux indigènes. — Cette gratuité ne s'étend pas aux particuliers et aux Européens étrangers à Tadministration qui peuvent aussi avoir recours à leurs soins.

Nous surprendrons peut-être beaucoup de nos confrères belges en leur apprenant que les honoraires pour une visite sont, depuis temps immémorial, tout le long de la côte occidentale d'Afrique, fixés à I livre sterling (25 francs).

Tel est aussi l'usage au Congo.

Il y a actuellement au service de l'Etat 14 médecins attachés à tous les centres principaux :

Borna, Tumba, Léopoldville, Equateur, Nouvelle- Anvers, Stanley-Falls, etc.

De son côté la Compagnie du chemin de fer a son service médical assuré par plusieurs praticiens.

Toutes les stations du Congo sont maintenant ravitaillées régulièrement de médicaments; une liste des plus indispensables de ceux-ci a été dressée à Bruxelles par les soins d'anciens praticiens congolais et les médicaments qu'elle comporte sont envoyés d'office, tous les trimestres, à toutes les stations et postes au prorata du nombre de blancs et de noirs. — De plus, chaque médecin a le droit de demander, par voie de réquisition, l'envoi des médicaments qu'il juge nécessaires à la pratique de son art, car l'Etat n'entend nullement imposer une thérapeutique; au point de vue professionnel, le médecin est absolument indépendant ; il exerce en toute liberté, sous sa propre responsabilité et ne dépend du chef de la station ou du district qu'aux points de vue disciplinaire et hiérarchique. — Il n'y a pas encore de directeur titulaire du service médical au Congo et chaque médecin, de sa propre initiative, propose directement à ses chefs hiérarchiques telle ou telle mesure d'hygiène qu'il juge nécessaire.

Le médecin est souverain juge des exemptions de service; c'est lui aussi qui décide s'il y a lieu de permettre à un agent de regagner la côte pour cause de maladie. Le docteur de LéopoldvilUe est le dispensateur de hamacs pour le transport sur la route des caravanes; mais c'est celui de Boma qui seul a le droit de décider le rapatriement.

Outre les médicaments de la station, chaque médecin a encore à sa disposition une certaine quantité de vins de Bordeaux, de Porto, de Madère, de Champagne, des confitures, des biscuits, du Liebig, de l'arrow-root, etc., qu'il distribue suivant les besoins des malades. Ces provisions sont connues au Congo sous le nom de a Médical comfort ». Sauf à Boma, les médecins sont chargés eux-mêmes de la préparation des médicaments qu'ils prescrivent ; ils sont donc, ^ comme jadis dans nos campagnes et actuellement encore dans certaines parties, à la fois médecins et pharmaciens.

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A Borna, vu le nombre des Européens, il a été nécessaire de créer une véritable pharmacie, desservie par un pharmacien diplômé.

Au début de la création de cette pharmacie, on avait pensé en faire une espèce de pharmacie centrale qui aurait été chargée d*expédier, au fur et à mesure des besoins, dans les différentes stations du Congo, les médicaments réclamés par les médecins ; mais ce système n'ayant pas donné les résultats que Ton avait espérés, on adopta le système actuellement en vigueur et qui paraît suffire aux exigences de Theure présente.

L'initiative privée, si prompte en Belgique à venir en aide à tous ceux qui souffrent, ne pouvait manquer d'apporter aux efforts de l'administration de l'État du Congo son sympathique appui.

e 25 janvier 1889 fut créée l'Œuvre de l'ASSOCIATION DE LA

CROIX-ROUGE CONGOLAISE, dont le but est de donner aux

malades et blessés, tant Européens qu'indigènes, en temps de

guerre comme en temps de paix, par l'établissement de sani-

taria, de refuges, hospices, etc., par l'envoi de

médicaments spéciaux , d'instruments , d'objets

utiles, un supplément de soins et un confort plus

grand.

11 convient de citer les premiers coopérateurs de cette œuvre charitable dont le comité est nommé parle Roi des Belges, souverain de l'État du Congo; ce furent : Président d'honneur, le lieutenant général Jolly; trésorier général, l'intendant en chef Maton; secrétaire général, le colonel baron Lahure, décédé depuis.

L'Association de la Croix-Rouge congolaise a envoyé en Afrique trois ambulances volantes qui ont été attachées l'une à l'expédition du Haut-Uelle, la seconde à l'expédition du Manyema (zone arabe), la troisième à l'expédition du Katanga.

Chacune de ces ambulances comprend : trois tentes, six lits-brancards, six hamacs pour noirs, deux pharmacies portatives renfermant les médicaments et les instruments les plus indispensables.

La Croix-Rouge fournit en outre de nombreux niédicaments et instruments supplémentaires à plusieurs stations, entre autres à Lukungu et à Léopoldville.

Enfin, elle a créé à Boma quatre pavillons destinés aux malades européens quels qu'ils soient, agents de l'État ou des compagnies conmierciales, missionnaires ou particuliers. Ces pavillons sont sous la direction du médecin de Boma et la Croix- Rouge en assure le fonctionnement.

La Croix-Rouge. 235

Ces pavillons sont très confortablement installés et meublés ; on y trouve tout le nécessaire, et, même en Europe, certains établissements hospitaliers ne sont pas aussi bien montés.

Il entre dans les intentions des promoteurs de l'œuvre de faire construire, dans les autres stations du Congo, des locaux semblables à ceux de Boma, et il n*est pas douteux que ces installations ne soient appelées à rendre partout les plus éminents services.

Les pavillons de malades sont très coquets et n'ont pas du tout l'air « hôpital ». Ils sont aménagés pour deux personnes et comprennent chacun deux chambres avec cabinet.

Nous ne saurions assez féliciter les dirigeants de la Croix-Rouge d'avoir rompu en visière aux vieux errements qui tendaient à la construction de vastes locaux à chambres multiples, véritables caravansérails, à Taspect froid et lugubre d'hôpital, où le voisinage de malades graves, geignant et se plaignant sur leur lit de douleur, était pour les autres un véritable supplice.

n a du reste renoncé, et avec raison, à ce genre de construction pour les habitations des particuliers. Chacun n'est-il pas beaucoup plus heureux d'avoir son chez-soi, qu'il aménage à sa façon, où il vit à l'abri des importuns et de la curiosité des voisins, qui est quelque chose de plus qu'un abri où il se couche faute d'en trouver un plus convenable, qui devient pour lui un « droit », auquel il s'attache, qu'il aime, où il se trouve chez lui, ce qui n'est possible qu'avec le système des pavillons isolés, car, dans les grands bâtiments à logements multiples, on sent trop qu'on est en voyage, qu'on est « loin du pays », qu'on loge « à l'hôtel ».

Heureux et satisfait, l'Européen songe moins au pays absent ; le spleen morose, la sombre nostalgie sont sans action sur lui ; il se prend à aimer ce coin de pays nouveau comme une autre patrie ; il travaille avec plus de goût et rend des services d'autant plus appréciables qu'ils sont plus dévoués.

Grâce aux progrès réalisés, il existe, presque dans toutes les stations du Cqngo, des briqueteries qui permettent d'adopter ce type de construction si avantageux à tous égards et d'édifier des habitations à la fois coquettes, commodes, fraîches, saines et confortables. Les progrès incessants du confort, du logement, de la nourriture, le choix judicieux des emplacements des nouvelles stations ont déjà diminué dans une large mesure la mortalité au Congo.

Et quand prendront fin les meurtrières expéditions, quand, grâce à une connaissance plus parfaite des règles de l'hygiène tropicale,

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les imprudences funestes et cependant, hélas! fréquentes encore, cesseront, quand la locomotive arrivant au Stanley-Pool apportera dans les stations du Haut-Congo, mieux situées au point de vue hygiénique que celles du bas fleuve, un confort quasi européen, nul doute que ne se présente au Congo ce qu'on a constaté partout ailleurs, c'est-à-dire que le danger du climat sera réduit à son strict minimum et ne saurait être plus longtemps, même par les plus pessimistes, considéré comme un obstacle à la colonisation du pays.

Cette bienfaisante influence des progrès du confort a été signalée dans toutes les colonies, même dans celles où les débuts de l'occupation (et elles sont nombreuses] avaient entraîné une mortalité bien supérieure à celle occasionnée par la conquête du Congo.

Certes, les influences malariales sont d'une importance nocive considérable ; mais elles n'existent pas qu'au Congo et nulle part

HOPITAL MILITAIRE A BOMA

elles n'ont pu opposer une barrière infranchissable à la pénétration des Européens. L'expérience démontre au contraire que partout, aux Indes anglaises et hollandaises, en Algérie, en Tunisie, au Tonkin, dans les Antilles, la Flandre, à nos portes, en Hollande et en France, dans la Sologne, le paludisme a été sinon complètement vaincu ou anéanti, du moins ses effets malfaisants ont été diminués dans une large mesure.

Et qui sait si quelque jour, de même que l'on a découvert le vaccin contre le croup, la rage, la peste, l'érysipèle, un Roux, un Behring ou un Yersin ne découvrira pas le scrum antimalarial ?

Cette découverte est peut-être encore éloignée. Elle peut se faire aussi demain; nul ne saiti Mais ce qui est certain, c'est qu'elle se fera, car elle doit se faire : c'est dans la logique des choses. La malaria étant une maladie microbienne infectieuse, doit tôt ou tard.

Hygiène. 287

comme toutes les maladies de même nature, trouver son vaccin.

Et ce jour-là les riches et fertiles contrées tropicales seront ouvertes même à la colonisation !

Mais tandis que l'on assurait aux blancs, dans la mesure du possible, les soins médicaux, la sollicitude de l'Etat s'étendait en même temps à ses sujets noirs.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, les médecins de l'Etat sont tenus de donner gratuitement leurs soins aux indigènes. Un hôpital en briques, destiné aux soldats de la force publique, a été bâti à Boma; cet établissement est très confortable et les salles sont en tout semblables à celles qui existent en Europe.

Partout l'exemple a été suivi et, à la place des anciens baraquements, on élève des hôpitaux, sinon somptueux et monumentaux comme certains hôpitaux belges, du moins très suffisants au double point de vue du confort et de l'hygiène des malades.

On le voit, l'effort a été considérable et le résultat atteint est immense. Là ne s'est cependant pas bornée l'initiative de l'État. Depuis de longues années la variole exerce ses ravages sur la population nègre, y faisant d'incalculables ravages ; plusieurs tentatives furent faites à diverses reprises pour introduire parmi les indigènes la pratique du vaccin. Ces tentatives furent couronnées d'un plein succès.

Dès que les noirs purent constater les résultats de la vaccination, la quasi immunité qu'elle conférait aux gens des stations qui l'avaient subie, ils vinrent en foule aux centres où existait le précieux remède du terrible fléau qui les décimait depuis si longtemps, pour s'y faire inoculer à leur tour.

Afin d'obvier aux difficultés qu'il y avait à expédier du vaccin conservant ses propriétés actives dans toute l'étendue de son territoire, le gouvernement a créé à Boma un institut vaccinogène afin de pouvoir satisfaire aux nombreuses demandes provenant de toutes les stations, même les plus reculées.

Aujourd'hui, grâce aux efforts continus et persistants, la pratique du vaccin est admise et même réclamée par presque tous les indigènes du bassin du Congo.

Telle a été l'organisation des secours médicaux. On le voit, rien n'a été négligé par l'État du Congo pour atteindre le but humanitaire qu'il poursuivait, et il est peu de pays neufs aussi bien dotés que lui sous ce rapport.

Oiv:i€Lcp'V&riu

oucieux de l'existence et de l'avenir des enfants indigènes abandonnés ou arrachés aux négriers, l'État a créé des COLONIES SCOLAIRES où ces enfants sont recueillis et reçoivent, suivant leurs 1 aptitudes, l'instruction professionnelle ou agricole. Les instructions du gouvernement local prescrivent l'envoi dans les colonies scolaires de Borna, de Léopoldville et de Nouvelle-Anvers de tous les enfants délaissés, abandonnés ou orphelins. Les commissaires de district, s'inspirant du devoir qui incombe à l'Etat d'assurer la tutelle des enfants abandonnés ou à l'égard desquels les parents ne remplissent pas leurs obligations, ont à exécuter scrupuleusement ces instructions qui ont pour but de procurer des moyens d'existence aux jeunes noirs déshérités et de pourvoir à leur éducation pratique et à leur établissement.

Ainsi est conçu l'article 4 du « Recueil administratif » sur les devoirs des commissaires de district et, en général, de tous les agents de l'État.

C'est par décret du 12 juillet 1890 que le Roi-Souverain décida l'institution de colonies agricoles et professionnelles destinées à recevoir les enfants placés sous la tutelle exclusive de l'État.

Un arrêté du gouverneur général en date du 23 avril 1892 organise ces colonies.

Les enfants y séjournent de trois à six ans selon leur âge, y suivent trois cours d'études et font journellement des exercices et théories militaires. D'après leurs aptitudes, ils sont ensuite classés en trois catégories :

Une partie reste à la disposition du directeur de la colonie; une seconde partie fournit des travailleurs et artisans aux stations de l'État; le plus grand nombre est dirigé sur les camps d'instruction pour y faire un séjour d'un an au moins, après quoi ils sont versés dans les compagnies de la force publique.

Ces colonies d'enfants, ainsi que les missions religieuses, sont assurément les éléments les plus propres à assurer la régénération morale des Congolais ; les nombreux enfants que l'on forme actuellement dans ces divers établissements seront dans quelques années

Enseignement. 289

les plus utiles auxiliaires des blancs et les résultats déjà obtenus sont un puissant encouragement pour ceux qui se dévouent ainsi à la rédemption de la race africaine.

Mais ces institutions spéciales ne sont pas les seules qui contribuent efficacement à cette grande œuvre humanitaire. Toutes les stations, les camps d'instruction, les postes, les chantiers de travailleurs sont aussi de véritables écoles régies par la réglementation la plus sage où, au contact des Européens, les sauvages se familiarisent peu à peu avec notre civilisation et que Ton ne se hasarde pas à dire que ces honmies ne sont pas perfectibles ; ne se sont-ils pas assimilé avec une étonnante facilité les métiers que nous leur avons appris, n'ont-ils pas établi nos cultures, élevé nos stations, devenant en peu de temps d'intelligents charpentiers, d'habiles maçons, des forgerons émérites ; n'ont-ils pas fourni les meilleurs pilotes, les timoniers les plus sûrs, les mécaniciens les plus attentifs à notre flottille ; ne se sont-ils pas rompus enfin, avec une étonnante facilité, au métier des armes, celui qui dicte si bien le sentiment de l'honneur, du devoir et de l'abnégation.

Nous pourrions accumuler à l'infini les preuves de ce que nous avançons, mais ne suffit-il pas de faire ressortir que c'est avec l'aide des Congolais que nos compatriotes ont fait le Congo, pour détruire à jamais les appréciations injustes que Ton a généralement émises sur cette race.

En terminant ces quelques lignes sur l'enseignement, ne manquons pas de mentionner ce que l'initiative privée a fait en Belgique dans cet ordre d'idées en faveur du développement intellectuel des noirs.

A Gyseghem, l'abbé Van Impe dirige avec succès l'éducation des nombreux enfants qui lui sont confiés par le gouvernement.

Un industriel, M. Van Campenhout, s'occupe depuis trois ans de l'apprentissage comme typographes des jeunes gens qui déjà débutaient dans cet utile métier à l'Exposition d'Anvers et des enfants congolais ont été adoptés par plusieurs familles qui contribuent ainsi pour leur part à la grande œuvre à laquelle la Belgique et son Roi attachent à jamais leur nom.

A un autre point de vue signalons les sociétés et cercles qui se sont fondés en Belgique dans un but d'étude ou dans un but d'agrément, réunissant aussi bien ceux qui ont fait un séjour au Congo que ceux qui s'intéressent spécialement à nos efforts coloniaux et leur prêtent un précieux appui intellectuel et moral.

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