Géologie
de Talluvionnement doit s'y produire avec activité. Sans cesse donc les cours d'eau viennent déposer sur leurs rives les matériaux qu'ils avaient entraînés dans la partie supérieure de leur trajet et ainsi se forme de chaque côté des rivières une nappe plus ou moins étendue de sédiments. Parfois même cet alluvionnemei^ se produit dans la rivière même, sous forme de barres ou d'îles. Tantôt ces alluvions sont argileuses, tantôt elles sont sableuses, suivant qu'elles se sont déposées dans des eaux calmes ou agitées. En plus de ces sables et de ces argiles on trouve encore des nappes de cailloux roulés, laissés par les rivières pendant les phases torrentielles de leur existence; ces cailloux se trouvent à la base des autres roches alluviales.
40 ALLUVIONS ANCIENNES DES COURS D'EAU. — En plus de la bande d'alluvions que l'on trouve de chaque côté des cours d^eau, on remarque encore d'autres nappes de sédiments de même genre étagées sur le flanc des vallées à des hauteurs que les cours d'eau actuels n'atteignent plus. Voici leur origine. On sait assez que tous les cours d'eau du Congo doivent, pour arriver à la mer, passer en cascade plusieurs seuils ou barrages rocheux. Quand ces seuils n'avaient pas encore été rongés par l'érosion, comme ils le sont aujourd'hui, les cours d'eau pouvaient se gonfler en amont de ces barrages et atteindre les hauteurs où nous voyons aujourd'hui ces alluvions anciennes.
Toutes les formations superficielles que nous venons d'étudier ont pris, dans certaines conditions, un aspect particulier qui frappe immédiatement tous ceux qui ont été au Congo. Je veux parler de la couleur rouge qu'affectent beaucoup de sols du Congo et qui les font ressembler à cette formation bien connue des régions tropicales qu'on appelle latérite à cause de sa couleur rouge brique.
Cette formation est due à l'énergique oxydation que produisent dans le sol les copieuses pluies des tropiques. Sous leur action, les matières ferrugineuses qui se trouvent dans le sol sont oxydées et se transforment en limonite qui colore les terres ; suivant la proportion de cette limonite on a des sols jaunes, roux ou rouge-brique; parfois même la limonite est si abondante qu'elle s'isole en véritables masses tantôt mamelonnées et concret ionnées, tantôt caverneuses et scrianées et toujours d'un rouge foncé ou brunâtre, même noirâtre. Ces masses constituent souvent de véritables rochers d'un aspect particulier que tous les explorateurs ont signalé.
Lorsque cette transformation s'opère sur des produits de décoinposition sur place du sous-sol, on se trouve en présence d'une véritable latérite type. Mais on sait que de semblables phénomènes peuvent donner à toutes les formations superficielles un aspect latéritique. C'est ainsi aussi que beaucoup d'alluvions et de sols, par le mélange d'humus noir et de matières ferrugineuses rouges, prennent une couleur brun tabac bien connue. •' ■
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ESQUISSE MINIERE
là^ïé \e peu de recherches que Ion ait faites au point de vue minier et malgré la difficulté que présentent ces recherches, on a déjà reconnu au Congo un nombre tel de minéraux utiles, que bien certainement des reconnaissances méthodiques ne manqueront pas dedécouvrir des minerais précieux. Nous allons examiner brièvement ce qui est déjà connu jusqu'aujourd'hui.
CUIVRE. — Les minerais de cuivre, activement recherchés d'ailleurs par les indigènes, se rencontrent au Congo dans quatre régions, dont deux au moins sont reconnues dés maintenant comme très productives :
1" Dans le Bas-Congo, au nord de Manyanga, il y a des gisements exploités activement à Mboko-Songo et intercalés dans les calcaires. La plupart des gisements exploités se trouvent en territoire français où ils forment une ligne de plus de loo kilomètres d'étendue, mais comme les calcaires que renferment ces gites se prolongent sur le territoire congolais, il n'y a pas de doute que des gisements analogues s'y trouvent également. M. Dupont a d'ailleurs reconnu un gisement non loin du Congo.
S" Une autre région cuprifère se trouve au voisinage du confluent de rUelle et du Mbomu (i). M. Ponthier a signale aussi du cuivre à proximité : au nord de Yambinga, mais les principaux gisements où vont s'alimenter les Niam-Niam et autres peuplades environnantes n'ont pas encore été étudiés ;
> D'après MM. Lothaire et Henry, qui ont parcouru la région [leu connue située à l'ouest de l'Albert-Nyanza, il y a là aussi des gisements importants où viennent se fournir les Mangbettu et autres peuplades de l'extrémité nord-est de l'État ;
40 Enfin, la plus importante zone cuprifère se trouve au Katanga et elle est bien connue par les explorations de M. J. Cornet. Elle paraît se rattacher aux gisements précédents par une série de petits gisements tels que ceux de Mpala (Tanganika) et de TUvira. On connaît au Katanga un grand nombre de mines de cuivre; elles sont situées au sud de cette région, sur les deux rives de la LuHla, à l'exception d'une mine qui est sur la rive ouest du Lualaba.
D'après M. Cornet, les gisements, très importants, constituent des sortes de lentilles dans des schistes siliceux, des jaspes, des quartzites, des brèches siliceuses. Le minerai est de la malachite
(ij liappelons les giseinenti de Hofrali-eii-Nah&a.
La Géologie,
qui passe en profondeur à la pyrite lie cuivre. Les gisements ont été jadis et sont encore le siège d'une active exploitation d'où le cuivre travaillé ravonne sur toute l'Afrique centrale. M. Cornet estime que les mines sont encore susceptibles d'une longue et fructueuse extraction.
Comme on le voit, il y a autour du bassin du Congo une véritable ceinture de gisements cuprifères ; on en retrouve même dans le territoire portugais.
ÉT.ViN. — Les commandants Van Gèle et Roget ont signalé des roches stannifères sur l'Ubangi et l'Uelle (Djabbir) et ils ont également mentionné la présence d'objets travailles de ce métal entre les mains des indigènes. Ce fait semblerait indiquer l'existence
CHUTE DE L'IXKISl
de gisements exploitables. Le fait mériterait des recherches ultérieures, car on sait que l'étain est d'un travail métallurgique extrêmement aisé et que la valeur du métal est telle (1,400 francs la tonne) qu'il pourrait aisément subir les frais de transport.
PLOMB ET ZINC. — Ces métaux n'ont pas encore été rencontrés au Congo belge, mais ils sont bien connus aux mines de Mboko- Sougo, voisines de la frontière et dont nous parlons plus haut à propos du cuivre.
MERCURE. — Cameron avait signalé au Katanga l'e.vistence du cinabre; malheureusement M. Cornet a reconnu que les gisements très importants ne comenaient que des minerais de fer, ressemblant à du cinabre extérieurement.
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OR. — Jusqu'aujourd'hui le précieux métal n*a pas encore été trouvé avec certitude, mais plusieurs fois des explorateurs en ont signalé entre les mains des natifs, surtout au Katanga. La ressemblance de la constitution géologique de certaines régions du Congo avec celle des pays aurifères de l'Afrique australe autorise à croire que tôt ou tard on rencontrera au Congo des gîtes aurifères. Les régions qui paraissent présenter le plus de chances de succès sont le Katanga et les environs du Tanganika.
FER. — Nul pays peut-être ne saurait être comparé au Congo pour l'abondance des minerais ferrugineux qui, dans bien des endroits, constituent en quelque sorte à eux seuls le sol de régions étendues. Le fer se rencontre au Congo sous quatre formes :
lo Limonite ou hématite brune d'origine latéritique. Nous avons vu précédemment, en parlant de la latérite, combien ces minerais étaient répandus et quelle était leur origine; bien rares sont les régions congolaises où le fer latéritique " n'est pas connu. C'est à labondance de ce minerai et à sa facile réduction qu'il faut attribuer l'état avancé qu'ont atteint la fabrication et le travail du fer chez les nègres, fait signalé à l'envi par tous les explorateurs ;
20 Limonite de filon. Dans tous les gîtes de cuivre on trouve à côté de la malachite, de la limonite qui est produite comme elle par l'oxydation superficielle de la pyrite de cuivre et de fer qui se trouve en profondeur.
30 Oligiste. M. Cornet a signalé au Katanga l'existence de véritables collines, formées d'un minerai de fer très riche : l'oligiste. Celle-ci étant diflficilement réductible, n'est pas exploitée par les indigènes ;
40 Magnétite. Ce minéral, qui fournit comme on le sait à la Suède la base de la fabrication de ses aciers si renommés, se trouve, d'après M. Cornet, en gisements pouvant passer pour les plus riches du monde dans certaines roches métamorphiques du Katanga. Des collines énormes sont formées de ce minerai fréquemment mélangé à l'oligiste.
PIATINE. — Schweinfurth a signalé l'existence de ce précieux métal dans le bassin de TUelle.