‹ Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l'Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897Chapitre 96 sur 184 · LA POMME ÉPINEUSE · texte numérisé non relu

LA POMME ÉPINEUSE

Le Datura Stramonium^ a pomme épineuse », « herbe des sorciers », est une Solanée cosmopolite dans les régions tempérées et tropicales du monde entier. Cette herbacée a une odeur forte et pénétrante; elle porte un fruit consistant en une capsule ovoïde, charnue, chargée de piquants aigus.

On utilise les feuilles et les graines qui s'emploient au même titre que la belladone. Elles contiennent la <( daturine », un alcaloïde toxique. La fumée des feuilles procure un grand soulagement dans les accès d'asthme. La pomme épineuse est la plus dangereuse des Solanées.

Les feuilles du Datura Tatula, a herbe au Diable », « herbe amère», contiennent un narcotique puissant; elles sont plus efficaces encore que les précédentes pour combattre l'asthme.

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LE STROPHANTUS

Sirophantus hispidus, « poison d'épreuve des Pahouins », nouvellement employé en médecine dans nos pays. C'est une plante grimpante de la famille des Apocynacées ; le fruit est long de 3o à 60 centimètres et contient des graines nombreuses, chargées de poils servant à la dissémination par le vent.

Des semences on extrait la « strophantine » (2 à 3 p. c), dont l'action sur le cœur est analogue à celle de la digitale. Les Pahouins s'en servent aussi pour empoisonner leurs flèches.

Abordons maintenant la liste des plantes signalées au Congo (Durand), donnant plutôt des remèdes « simples » aux médecins indigènes des différents pays où elles végètent et sur lesquelles nous avons pu recueillir quelques renseignements au point de vue pharmaceutique ou toxique.

Mollugo Spergula, — Petite plante. Les feuilles amères sont stomachiques ; mélangées à de l'huile de ricin elles sont un bon remède contre les maux d'oreilles.

Grangea maderaspatana. — Herbe de la famille des Composées. Employée comme stomachique et antispasmodique.

Blumea aurita. — Herbe de la même famille, ayant une forte odeur de térébenthine. Utile en cas de dyspepsie.

Bîumea lacera. — Mêmes propriétés et usages que la précédente.

Quassia af ricana, — Rutacée. Tonique recommandable.

Vandellia diffusa. — Scrophularinée. Employée comme vomitif; a sur l'ipecacuana l'avantage de ne pas occasionner de purgation violente.

Quisqualis indica, — Arbuste de 8 à i5 pieds de haut. Les semences sont réputées conmie vermifuge.

Ixora. — Rubiacée célèbre à Sierra-Leone par ses propriétés vermifuges.

Scoparia dulcis. — Plante herbacée de la famille des Scrophularinées, fournit un diurétique ; est employée contre la gravelle et les affections infantiles.

Physalis minima. — Solanée. Le fruit est tonique, diurétique et purgatif.

Desmodium triflorum, — Plante herbacée d'une certaine efficacité en cas de dysenterie.

Eclipta alba, — Petite herbe de la famille des Composées, utilisée au Brésil contre la diarrhée ; les racines sont purgatives et recommandées dans les affections du foie.

Plumbago s[eylanica. — Plante ligneuse vivace de la famille des Plumbaginées. Puissant sudorifique.

Produits Pharmaceutiques. Z'j'j

Waltheria indica et Waltheria americana. — Employés comme fébrifuges.

Helichrysum auricuiatum, — Petite plante de la famille des Composées. Employée comme thé par les naturels du cap de Bonne- Espérance.

Ageratum cony^dides. — De la même famille. Sudorifique et fébrifuge.

Triumfetta rhomboidea. — Tiliacée. Racines mucilagineuses comme celles de la guimauve.

Bidens pilosa, — Composée. Racines odontalgiques ; feuilles pectorales.

Crinum s[eyianicum. — Amaryllidacée. Plante bulbeuse diurétique.

Vernonia cinerea, — Herbe élevée de la famille des Composées, Employée en décoction par les Hindous pour provoquer la transpiration dans les affections fébriles.

Une autre vernonia, la Vernonia senegalensis^ est également une plante médicinale.

Hydrocotyle asiatica. — Ombellifère. Donnée en infusion aux enfants contre les coliques. C'est un remède combattant la lèpre à la côte de Malabar.

Spathodea campanulata, « tulipier du Gabon ». — Arbre de la famille des Bignoniacées, dont les fleurs sont appliquées au Gabon sur les ulcères.

Heliotropium indicum^ « tournesol indien ». — Petite Boragince, remède contre les ulcères et les blessures ; bouillie avec de Thuile de ricin, elle est employée contre les morsures des animaux venimeux.

Sauvagesia erecta, « herbe Saint-Martin ». — Violacée.

Adenostemma viscosum. — Rubiacée. Plante herbacée qui s'emploie contre les entorses, contusions, plaies.

Cissampelos Pareira, — Menispermacée. Arbuste grimpant. Ses racines passent pour dissoudre les calculs vésicaux et guérir les morsures de serpents.

Herpestis Monnieria. — Scrophulariacée. Le suc de cette plante, mélangé au pétrole, sert aux Indes comme remède contre les rhumatismes.

Ipomœa tuberosa. — De la même famille que les patates douces, Plante grimpante de loo mètres de long. Les tubercules sont aussi gros que la tète d'un homme. Toutes les parties de la plante sont purgatives. Une autre convolvulacee, V Ipomœa Quamoclit, est aussi médicinale; enfin V Ipomœa pes-caprœ est une plante rampante dont les racines soutiennent fort bien le sable des dunes.

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Principaux produits pharmaceutiques exposés :

Noix de kola fraîches et noix de kola sèches ; préparations pharmaceutiques mises en œuvre par M. DELA C RE ^ fils ;

Ecorces de quinquina; Sulfate de quinine extrait par les soins de M. DE LAC RE ;

Ecorces et racines de grenadier ;

Graines de /'« abrus precatorius », larmes de Job ;

Cassia ;

Ricin et ses préparations, mis en œuvre par M, DELACRE (pour mémoire);

Elémi d* Afrique (pour mémoire).

j"^"^^ hacun sait qu'une des principales richesses de la côte f ^ occidentale d'Afrique est donnée par l'élaïs, mais les

(. ,/ pays tropicaux fourmillent encore d'autres essences

I ' I capables de produire des huiles et des graisses à notre

I Y A industrie. Nous citerons du Congo les plantes de cette

\ \ catégorie les mieux connues; certaines d'entre elles

\^ \ sont exploitées, d'autres ne le sont pas encore, mais

" pourront le devenir, d'autant plus facilement que la

demande des corps gras par nos savonneries et nos stéarineries va sans cesse en progressant.

Et n'omettons pas de faire ressortir ici la haute valeur des résidus de fabrication, les tourteaux, qui seront un jour bien utiles comme engrais pour les cultures du Congo. Quelle que soit, en effet, la richesse d'un sol, il faut à un moment donné lui restituer ce qu'on lui enlève et à ce point de vue il y aurait avantage à établir au Congo même les premières installations qui mettront en œuvre les produits oléagineux récoltés dans le pays.

L'ÉLAIS

Un des arbres les plus utiles de la flore équatoriale : aux indigènes il donne ses feuilles pour couvrir leurs huttes, ses fibres pour tisser des étoffes, son huile qui remplace le beurre, sa sève, délicieux breuvage, son fruit mangé comme friandise et son cœur comme légume. A l'Europe il fournit ses huiles bien connues importées par plusieurs centaines de mille tonnes annuellement.

Le palmier élaïs, Eleeis guineensis ou u palmier à huile », est originaire de la côte occidentale d'Afrique. On le rencontre depuis le Sénégal jusqu'au Benguela et à l'intérieur jusqu'à l'Uelle et aux grands lacs; au Katanga il est rare; l'élaïs du Tanganika est de taille plus petite que son congénère de l'ouest.

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Ce palmier, haut parfois de lo mètres, constitue en maints endroits de véritables forêts. Dans le Bas-Congo celles-ci sont exploitées depuis longtemps, mais l'abondance des élaïs est telle, spécialement dans la Lubuzi et la haute Lukulla, que des milliers et des milliers de régimes pourrissent sur place annuellement. Le Haut-Congo ne pourra fournir des huiles végétales à l'Europe avant l'achèvement du chemin de fer, mais alors celles-ci formeront une réserve formidable (i), assurant à jamais le trafic de la voie ferrée, en admettant que les marchandises de plus haute valeur ne suffisent déjà pas à bonder les trains à chaque départ du Pool.

Les fruits de Télais sont constitués, en régimes, agglomérats massifs appelés DINDINS. Ceux-ci poussent à l'aisselle des feuilles; chaque palmier en porte annuellement trois ou quatre.

La NOIX DE PALME est formée d'une noix proprement dite renfermant Une amande très dure et d'un mésocarpe, partie charnue et grasse, fibreuse, de couleur jaune tournant au rouge brun à l'extrémité.

De la pulpe les indigènes tirent l'HUlLE DE PALME, par simple trituration à l'eau bouillante. Cette huile fraîche est de couleur jaune orange comme le fruit, elle a la consistance du beurre à la température ordinaire de l'Afrique, une odeur de violette et une saveur trgs agréable. Au Congo, l'huile de palme occupe une place prépondérante dans l'alimentation indigène; c'est, conmie nous le disions plus haut, le beurre des noirs et elle remplit souvent le même office pour les blancs.

Ceux-ci l'emploient aussi conmie huile à brûler et des lampes spéciales sont régulièrement envoyées à cet effet pour remplacer la veilleuse imaginée par les voyageurs inventifs.

Enfin elle sert aussi aux naturels comme cosmétique, comme lubréfiant pour adoucir la peau, en mélange avec le ngula ou le charbon de bois pulvérisés.

A la côte d'Afrique on peut voir les navires embarquer d'interminables files de tonneaux de cette huile, dont la plus grande partie est préparée dans les factoreries où sont établies des installations spéciales. L'Etat du Congo en exporte annuellement plus de 1,700,000 kilos, mais c'est surtout à la côte de Guinée que ce commerce est actif. Arrivée en Europe, l'huile de palme, qui est alors solide, est demandée par l'industrie des savons et des bougies. MM. Bollinckx, et Eeckelaers, de Bruxelles, montrent par leur intéressante exposition à quel titre entre dans nos articles de consommation les plus usuels, ce produit du Congo.

(i) L'État du Cohgo a chargé le directeur de l'agriculture, actuellement M. Diderrich, de déterminer aussi exactement que possible l'emplacement des forêts d'élaïs du Haut-Congo. L'on sait déjà que celles-ci sont extrêmement nombreuses entre le Sankuru et le Lomami.

Produits Oléagineux.

Presque toujours la noix elle-même est rejcCde par les indigènes, après qu'ils en ont consommé la pulpe ; cependant, en cas de disette, ils vont chercher ce qu'ils ont dédaigne en des temps meilleurs et, brisant la coquille entre deux pierres, ils croquent de leur solide denture les amandes qu'il en retirent.

Ces amandes ou COCONOTS fournissent, elles aussi, une huile comestible qui demande, pour être retirée, les procédés perfectionnés de nos installations d'Europe; aussi on les exporte telles quelles et c'est dans nos usines qu'elles sont mises en œuvre pour la savonnerie ; elles donnent du savon blanc et du savon de toilette; il faut les mélanger avec des huiles fluides pour que ces savons ne soient pas

HUILERIE f

cassants. Le résidu de fabrication est un tourteau recherché dans le voisinage des fabriques pour l'engraissage des porcs et pour l'agriculture.

En 1896 les exportations en noix palmistes se sont élevées au Congo à 5,134,924 kilos, représentant une vakur de i,283,73i fr.

Dans l'usage local la pulpe des noix de palme fraîches, rôtie ou bouillie et mâchée avec du sel, est un mets des plus savoureux. La sève donne un des meilleurs vins de palme.

Muni d'une ceinture qui eiitourc à la fois sa taille et le tronc du palmier, l'homme chargé de la récolte monte avec agilité au sommet de l'arbre; à l'aide d'un couteau spécialement forgé à cet effet, il fait une incision sous une feuille. — Les palmiers prêts à fleurir

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donnent la plus ample et la meilleure moisson. — Maintenant cette ouverture béante par un petit bâtonnet, il y introduit une feuille courbée en forme de rigole, laquelle conduit le liquide dans unç petite calebasse. La même opération est pratiquée à toute une séri^ de palmiers et, d'habitude au matin, avant la chaleur du jour, portant en sautoir un vaste récipient, le noir recommence sa tournée pour recueillir cette fois la sève qui s'est échappée goutte à goutte pendant la nuit.

Le malafu est une boisson sucrée et pétillante très reconmiandable en petite quantité. Les indigènes le préfèrent fermenté ; dans certaines contrées ils y font infuser des noix de kola. Toujours les buveurs en font une inquiétante consommation. *

Autre usage du malafu : les blancs l'ajoutent à leur pâte de farine pour faire lever le pain.

Le cœur d'un jeune élais, à la naissance des feuilles, est appelé (( chou palmiste ». Il est tendre et fournit une grande quantité de chair, blanche comme celle du navet. Le tronc de la plante adulte est ligneux, sans consistance durable et ne peut servir à la construction.

Il est rare que l'indigène plante spontanément un arbre qui ne rapportera que dans un temps éloigné. Le palmier élais est dans ce cas et ne produit qu'au bout de cinq années .

A la suite de mesures prises par le gouvernement ( i ) et de la multiplication des postes européens, le palmier précieux s'est encore étendu davantage que par le passé, sage prévoyance dont profiteront les successeurs de ceux qui l'ont propagé.

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