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LE COCOTIER

Dans l'archipel indien, le cocotier est sans contredit un palmier aussi utile qu'est l'élais pour la côte occidentale d'Afrique.

Le cocotier, Cocos nucifera, est le plus beau représentant de la famille si nombreuse des palmiers. Sa taille atteint 25 mètres et ses feuilles majestueuses 7 mètres de longueur. Il porte des régimes, quatre ou cinq, soutenant chacun en moyenne une dizaine de fruits : les NOIX DE COCO. Son tronc s'élargit fortement près du sol, formant une base solide dans le sable des grèves.

Acclimaté en Afrique, le cocotier borde aujourd'hui toute la côte d'une dentelle élégante. L'État du Congo l'a introduit à Banana et

(i) Un décret du Roi-Souverain daté du i5 août i88g prescrivait de prendre des mesures pour assurer le reboisement du Bas et du Moyen-Congo au moyen de palmiers élaïs; l'objectif à atteindre était de planter cinquante millions de ces palmiers devant occuper 5o,ooo hectares, soit un centième du territoire de l'État entre la côte et le Pool.

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à Borna (i); deux spécimens prospèrent à Léopoldville et il y en aurait, paraît-il, plusieurs à Luluabourg. Ce palmier se plaît dans les sols sablonneux, il aime l'air du bord de la mer ; pour suppléer, dans l'intérieur, à l'absence de latmosphère saline, on saupoudre de sel les emplacements destinés aux jeunes plants.

11 n'est pas une des parties de ce gracieux végétal qui ne soit utilisée : ses racines constituent un remède contre la fièvre; son tronc, un peu mou, le m porcupine wood n (bois de porc -épie), est usité comme bois de menuiserie; les feuilles servent dans la vannerie; les fleurs sont utilisées en médecine ; de la sève on extrait l'alcool, le sucre et le vinaigre. Les fibres du brou filamenteux qui entoure la noix, connues sous le nom de « coir n, servent à faire des cordages, des brosses, des nattes, des paillassons, des tapis. — Ceux de l'Exposition congolaise tout entière sont en fibres de coco, mais celles-ci ne proviennent pas du Congo. La coque de la noix peut se polir et on en tire des objets de fantaisie; l'amande séchée, .n coprah n, est oléagineuse, et la cavité de la noix est remplie d'un liquide rafraîchissant, le h lait de coco ».

Du coprah on extrait l'huile par compression à chaud; dans nos pays cette huile offre l'apparence du suif et on en fait principalement du savon qui est très mousseux. En raison de la propriété qu'elle possède de durcir beaucoup, on ne l'emploie pas seule, on la mélange avec des huiles fluides, sans quoi on obtiendrait des savons trop cassants.

Cette huile convient pour le graissage des essieux de wagons de chemins de fer et le tourteau est réservé à l'alimentation des bestiaux.

Le coir vaut de 275 à 3oo francs la tonne, le coprah, 25o à 275 francs, les noix elles-mêmes, provenant d'Afrique, fr. 37-60 les So kilos.

Le cocotier est un arbre d'avenir pour la colonie.

LE B RAPHIA VINIFERA »

Rappelé ici pour mémoire.

Ce palmier est plutôt utile pour ses fibres et c'est dans l'examen des produits textiles que nous en parlons.

Ses fruits sont portés par un énorme régime rappelant les cônes de pins par son aspect, mais la composition en est fort différente : l'écorce fraîche est grillée légèrement et mangée telle quelle par l'indigène qui s'en régale malgré son amertume de quinine; entre lécorce et le noyau se trouve une couche d'huile de 2 millimètres

(i) De» instructioDS sur U cultuie de ce palmier onl été imprimées à Borna par les soins du gouvernement.

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d'épaisseur dont le noir récolte d'énormes pots ; cette huile, dite « huile 4e bambou » dans le Haut^Congo, est rougeâtre et plus fluide que l'huile de palme ; elle est très utilisable en cuisine et surtout pour le graissage des machines de steamers. (Lemaire.)

LE « PENTACLETHRA MACROPHYLLÀ »

C'estîTa owala » du Gabon, appelé MULLA PANZA dans le Mayombe et scientifiquement Pewtoc/e/Ara macrophylla qui fournit ces grandes graines plates et brunes, très oléagineuses, que le Bas- Congo exporte déjà en certaine quantité.

L'arbre est une Papillonacée atteignant 20 mètres de haut et portant des gousses de 3o à 40 centimètres de long qui éclatent à maturité en se recroquevillant et jetant ainsi les trois graines qu'elles contiennent.

Un sérieux avantage du Pentaclethra est de résister aux défrichements et même aux incendies des herbes. (Laurent.) Sa croissance est très vigoureuse. Son bois, de couleur rougeâtre, est de bonne quaUté. Les graines sont comestibles ; Lemaire dit que les naturels du Haut-Ubangi et de TUelle les mangent et que les Mongo en font des pains. Au Gabon, la graisse que Ion en retire est mélangée à celle de l'oba.

La ({ mulla panza » est travaillée depuis quelques années en Belgique, grâce aux arrivages du Congo, En juin iSgS, M. Ch. Delacre fit une étude chimique de la a muUa-panza » et envoya à l'État du Congo un rapport très complet. Pour la partie commerciale, le distingué chimiste enregistre l'opinion de M. Eeckelaers sur Thuile qu'il en avait extraite : a Cette huile, dit M, Eeckelaers, se saponifie très bien ; c'est un produit d'avenir qui trouvera son emploi dans la savonnerie. Ce qui pourrait nuire à son succès, c'est sa nuance. Si on parvenait à la décolorer, son emploi deviendrait peut-être très important, car je trouve qu'elle ressemble au beurre dé coco. »

Il faut remarquer que cette huile n'avait pas été épurée.

M. Bollinckx, de son côté, communiquait, toujours par l'entremise de M . Delacre, à propos d'acides gras qui lui avaient été soumis : « Cette substance a beaucoup de points de ressemblance avec l'acide cérotique. Ils ont le même point de fusion, sont tous deux solubles dans l'alcool bouillant et tous deux fondus se prennent par refroidissement en une masse fort cristalline. Si on pouvait bien blanchir ce produit on pourrait en faire des bougies fort brillantes, mais ayant le défaut d'être onctueuses, friables et d'avoir une mauvaise odeur.

En raison de cela, il vaudrait mieux faire avec ces acides des bougies composées. »

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