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I. — Observatoires météorologiques

Le bassin supérieur de la Doire Baltée est celui qui possède des données climatologiques plus étendues et plus complètes que toutes les régions semblables du Piémont et de l'Italie entière.

Il y existe en effet cinq Observatoires météorologiques complets, où on s'adonne à des recherches continuelles de climatologie ; et quelques-uns, comme ceux du Grand Saint-Bernard et d'Ivrée, ce sont les plus anciens qu'il y ait dans les contrées piéinontaises, excepté Turin seulement.

Devant dire quelques mots sur la climatologie des régions qui constituent ce riant bassin, il est intéressant de donner avant quelques notices touchant les Observatoires , où on recueille les données qui la concernent.

Il y a cinq Observatoires météorologiques qui étudient le climat de la Vallée d'Aoste. Un se trouve à sa première embouchure, à Ivrée, et un autre à son centre, dans la ville d'Aoste ; ils sont tous deux établis sur la Doire même. Le troisième se trouve au sud-ouest du bassin principal, à Cogne, au bout de la gracieuse vallée du même nom. Les deux derniers sont placés très-à-propos aux extrémités du bassin entier : un au nord sur le haut passage du Grand Saint-Bernard, l'autre à l'ouest sur celui du Petit Saint -Bernard. Je ne m'arrête pas à décrire les circonstances topographiques des positions de ces cinq Observatoires , pour ne pas répéter inutilement ce qui est dit ailleurs. J'ajoute seulement quelques courtes traces historiques sur chacun d'eux, ce que je crois opportun pour complément de ce Guide. Je dispose les stations dans l'ordre chronologique de leur fondation.

1. Grand Saint-Bernard. — Cette ancienne et importante station, jointe au célèbre Hospice, est tenue avec grand soin par les excellents religieux qui dirigent ce dernier. Elle a été établie dès l'an 1817 par Pictet de Genève, qui donna aux Pères de l'Hospice un baromètre à mercure en pouces et en lignes, un thermomètre à mercure, un hygromètre à cheveu de De-Saussure; et les religieux se chargèrent de leur côté de'faire tous les jours des observations régulières, qu'ils n'ont jamais négligées jusqu'à présent.

Jusqu'en 1826 les observations se faisaient deux fois par jour, au lever du soleil et à deux heures du relevée: elles comprenaient la pression, la température et l'humidité de l'air, la quantité de pluie et de neige, et la direction et la force approchée du vent.

En 1826 on y ajouta les thermographes à maxima et à minima, et en 1836 un autre baromètre à cuvette avec un thermomètre, et les appareils pour mésurer le hauteur de la pluie et de la neige. Le nombre et les heures d'observations ont changé maintes fois, jusqu'à ce que commença, en 1851, le système d'observations bi-horaires, de 6 h. du matin à 10 h. du soir, qui continue encore à présent. D'abord cette station communiquait avec l'Observatoire de Genève; plus tard elle a été comprise dans le réseau météorologique suisse qui fut établi en 1864 ; et en 1873 elle commença à correspondre avec l'Observatoire de Moncalieri.

2. Ivrêe. — La station météorologique d'Ivrée fut établie en 1837 par le chevalier docteur Gatta, savant qui a bien mérité de son pays et de la météorologie piémontaise. Il l'arrangea dans sa maison même; et pendant 30 ans de suite, jusqu'en 1867, il y observa les instruments suivants: baromètre à cuvette, thermomètre, thermographe à maxima et à minima, pluviomètre, et par intervalle aussi un hygromètre. En 1873, grâce au concours généreux de Son Excellence Monseigneur Moreno, Evêque de cette ville, un nouveau et riche Observatoire fut construit exprès au haut du Grand-Séminaire épiscopal; et il fut fourni de tous les instruments qu'exige la météorologie moderne, sans exclure ceux qui servent à l'exploration de l'électricité atmosphérique. La direction du nouvel Observatoire a été confiée à M. l'abbé Antoine Bonino, et les observations s'y font trois fois par jour, à 9 h. du matin, à 3 et à 9 h. du soir.

8. Aoste. — Pendant l'année 1840 le regrettable abbé chevalier Carrel, auquel nos montagnes sont justement obligées, fit construire à la Collégiale de Saint-Ours une tourelle fort convenable et gracieuse , pour y placer un Observatoire de météorologie , et depuis lors il continua les observations jusqu'à sa mort, qui eut lieu en 1870. Voici les instruments qu'on y observait: le baromètre, le thermomètre, les thermographes à maxima et à minima, l'hygromètre, et plus tard le psychromètre, le pluviomètre, Fanémoscope. En 1870 la station météorologique a été transférée au Collège St-Benin des RR. PP. Barnabites, et elle fut confiée au E. P. Jean Volante, qui la dirigea avec beaucoup d'honneur, en l'enrichissant de nouveaux instruments, et en observant six fois par jour, chaque trois heures, de 6 h. du matin à 9 h. du soir , jusqu'à ce qu'il dut abandonner cette résidence en 1873.

Cette année les instruments furent reportés dans l'ancienne tourelle Carrel, qu'on a restaurée, où ils sont observés maintenant par M. le chanoine Boson trois fois par jour comme à Ivrée.

4. Cogne. — L'Observatoire de Cogne a été établi en 1865 par les soins et aux frais du dévoué et laborieux Abbé Eecteur Pierre Carrel dans un endroit très-opportun pour la climatologie de nos montagnes, dans le but principal d'étudier l'hypsométrie de la Vallée d'Aoste. En l'an 1871 il commença à correspondre avec la Direction de la Météorologie italienne et avec l'Observatoire de Moncalieri. Les instruments étaient placés dans la Tour de Cogne jusqu'en 1873, où la Tour, ainsi que l'édifice contigu, a été acquise par la Maison Eoyale. Alors ils furent transportés dans la demeure du Eecteur; et ils devaient être replacés dans une tourelle de la même hauteur que la première, que la Maison du Eoi aurait fait construire à ses frais. Cela n'a pas eu lieu jusqu'à présent; et les instruments se trouvent encore dans un lieu provisoire. Nous espérons cependant, que cette station ne tardera pas à être définitivement rétablie, étant de la plus haute importance pour les études qui concernent la climatologie et l'hypsométrie de la Vallée d'Aoste. Les observations s'y font chaque trois heures, de 6 h. du matin à 9 h. du soir, et elles comprennent tous les instruments les plus importants de météorologie.

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