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Promenades h Cogne

Il est impossible d'indiquer toutes les promenades variées et agréables que les touristes peuvent faire à Cogne pendant les jours de repos des grandes excursions ; nous nous contentons d'en mentionner quelques-unes, respectant pour les autres la liberté et l'instinct individuel de chaque touriste.

lo Le filon de Liconi. — Ce filon d'un des meilleurs fers de l'Europe se trouve au nord-est de Cogne ; il a fait longtemps la richesse de cette vallée; on le dit inépuisable. Actuellement il n'est que très-misérablement exploité, et il attend les travailleurs. Il se trouve à l'altitude de 2537 mètres au-dessus du niveau de la mer. On peut sly rendre de Cogne en trois heures par une rude montée.

Au-dessus du filon s'élève la pointe de la Craya à 3046 mètres.

Elle est d'une ascension facile, et on y jouit d'une belle vue.

Pour ne pas repasser par la même route on peut effectuer la descente en passant au chalet de la Taverona (belle vue de Cogne), ou tourner le mamelon pour descendre à l'Écloseux.

2o On peut aller visiter le poétique lac des Loyès, dont l'eau forme une fort belle cascade sur le hameau de Lilaz. Ce lac se trouve au fond de l'arête qui sépare Valeiglie du Bardonney.

C'est une promenade de cinq heures entre l'allée et le retour.

On doit monter par la route du Bardonney et descendre par les ravins à côté de la cascade.

3° On peut aller visiter dans le vallon de Valeiglie l'ancienne mine d'argent des Évêques d'Aoste, autrefois seigneurs spirituels et temporels de cette vallée. C'est une promenade de quelques heures sur la plaine, et en se munissant de provisions, on peut finir de poétiser l'excursion par un goûter au Chéleret.

40 A une heure au nord de Cogne sur un charmant plateau se trouve le hameau de Gemillian à l'altitude de 1808 mètres; on y jouit d'une des plus belles vues de la vallée de Cogne.

50 A un quart d'heure au-dessus de la ville ou chef-lieu, au sud-est, se trouve le poétique plateau de Sylvenoire, belle plaine, qu'on dirait le lit d'un ancien lac, au milieu de la forêt.

Aux environs de Sylvenoire on trouve en abondance la plante si rare et si recherchée des Alpinistes, la Linnœa borealis.

Les botanistes se créeront les autres courses.

Le Bee de la Tribulation.

Nous étant transportés dans le petit vallon de la Losa, tributaire de celui de Noaschetta, nous attaquâmes le glacier du Bec de la Tribulation en inciiDant à l'est-nord-est en nous portant un peu plus haut que le col de la Tribulation, qui conduit du vallon de Noaschetta à celui de Piantonetto. Mais à ce point la montagne est taillée à pic et on est forcé de tourner au nord. Là, quittant nos bâtons et tout ce qui pouvait nous embarasser, nous commençâmes à nous cramponner à quatre pattes par des roches lisses et d'une inclinaison vertigineuse. Après deux heures d'une pareille gymnastique , nous arrivâmes sur la pointe sud, le plus élevé des Trois Becs de la Tribulation. Comme il y avait des dangers trop-sérieux à descendre par la route que nous avions suivie en montant , nous nous dévalâmes par la face nord-ouest, et quoiqu'elle se présente horrible, roide et très-brisée , je conseille pourtant aux alpinistes qui voudraient faire l'ascension du Bec de la Tribulation de l'attaquer de ce côté où l'on trouvera toujours un appui sûr pour les mains et pour les pieds. (Avocat Louis Yaccarone).

La Pointe de Gay.

A 4h,15 nous laissâmes l'Alp de la Bruna au fond du vallon de Noaschetta, nous suivîmes la route royale de chasse jusqu'à sa bifurcation : l'abandonnant alors nous nous tînmes, pour ainsi dire, sur la résultante, jusqu'au torrent qui descend du glacier de Noaschetta.

Après avoir traversé le torrent nous attaquâmes les moraines et après une petite heure nous étions sur le glacier de Grancroux, que nous parcourûmes dans la direction nord jusqu'à la rencontre des rochers; alors nous inclinâmes un peu au nord-est et en peu de temps nous nous trouvâmes sur le col de Grancroux.

Nous parcourûmes la crête du nord-ouest au sud-est en nous portant sous la Pointe de Gay ; nous descendîmes vers le sud en côtoyant, sur une corniche de roche assez étroite et courbaturée, les parois perpendiculaires de cette pointe, puis nous attaquâmes les roches et nous cramponnant dans la direction sud-est et sud-sud-est par des pentes roides d'une neige très-dure, nous atteignîmes le glacier de Gay, qui verse ses eaux dans le petit vallon de la Losa, et appuyant au nord, nous arrivâmes en demi-heure, sans rencontrer aucune autre difficulté, sur la sommité de la montagne. (Louis Vaccarone).

Ascension de la Pointe de Cérésole.

L'ascension de cette dent caractéristique de rocher fut exécutée pour la première fois en 1874 par M. Martelli, avec les guides Jean-Joseph Maquignaz et Salomon Meynet et quelques jours après par MM. Baretti et Barale avec les guides frères Castagneri. Ces ascensions eurent lieu par le versant méridional en partant de la vallée de Noaschetta.

VALLÉES LATERALES

Ascension de la Rossa Viva.

Cette crête de rochers forme deux sommités distinctes. La plus orientale moins élevée, fut gravie pour la première fois en 1874, par le versant méridional en partant de la vallée de Piantonetto, par M. Alexandre-Éinile Martelli, avec les guides Jean-Joseph Maquignaz et Salomon Meynet de Taltournanche.

La plus occidentale, visible à quelques minutes au nord du village de Cogne; fut aussi gravie pour la première fois en 1874 par les mêmes. Ils partirent de Cogne par le vallon de Yalnontey, le bord oriental du glacier de Grancroux et par l'abrupte face septentrionale de la pyramide qui présenta de graves difficultés. Sur la sommité ils trouvèrent un petit lac. L'ascension de Cogne à la sommité leur coûta 13 heures de marche. (Informations données par Al. Martelli).

Col de Granerou ou Grand-Croui (3363 m.) de Cogne h Xoasca. dans la vallée de Cérésole en dix heures.

Le col de Granerou ou Grand-Croux (Grand Crou signifie en dialecte de Cogne Grand Creux , grand bassin soit grand réservoir) se trouve au fond de la vallée de Yalnontey , en face du village de Cogne , d'où l'on peut suivre avec une tonne lunette d'approche tous les mouvements des touristes. On suit la vallée de Yalnontey dans toute sa longueur, on gravit la longue moraine et ensuite on monte par le glacier de Granerou Xord, ça et là rapide et crevassé, on arrive au pied d'une roide paroi de glace , par laquelle, après avoir dépassé la Bergschrund, on arrive au col après avoir taillé un certain nombre de degrés avec la hache. Du côté de Xoaschetta. une pente rocheuse sépare le col du petit glacier de Granerou Sud. Après avoir traversé ce glacier, on appuyé à droite et par des couloirs rocailleux on atteint la base inférieure du glacier de Xoaschetta; aussitôt au bord de la moraine, on rencontre la route de chasse de S. AT. qui tournant la base crientale-méridionale du Der-Vert descend au plan de la Bruna. Après avoir traversé le torrent, qui sort des glaciers du Goui, par une roide descente àprécipice on atteint le village de Xoasca sur la route de Locana à- Cérésole»

Il paraît que ce col a été traversé pour la première fois en 1862 par l'alpiniste anglais Tucckett, dont il porte encore quelquefois le nom. J-ln 1574 il fut traversé par l'alpiniste italien ATartelli avec les guides J.-J. Maquignaz et Salomon AEeynet. Le guide Jean- Antoine Carrel, qui devait se rendre à Cérésole, s'unit à cette coniitive dans le désir de connaître cet important et difficile passage. (Eenseignements fournis par M. ALartelli).

vin.

VALLÉE DE VALSAVARANCHE.

La Yallée de Yalsavaranche débouche dans la vallée principale à quelques pas au couchant de Villeneuve; elle n'o're rien d'intéressant dans sa partie inférieure, resserrée qu'elle est entre de hautes montagne?, d'où descendent en roulant de terribles avalanches pendant l'hiver, montagnes

VALLÉE DE VALSAVARANCHE

qui ne s'élargissent de temps en temps que pour laisser place à quelques prairies mi-couvertes de grèves et à quelques petits hameaux. En longeant la vallée de Valsavaranche, il vous parait voir une succession de chalets séparés les uns des autres par des étranglements. Mais la partie supérieure de la vallée est magnifique et imposante, elle offre des pics et des glaciers de toute beauté.

Les habitants sont vifs, robustes et manifestent un caractère sympathique; leur taille, en général, parvient à peine à la moyenne, mais ils sont larges et trapus; la forme de leur visage est ronde, le menton arqué et à fossettes, les yeux et les cheveux plus noirs que 'bruns.

Valsavaranche est le séjour de prédilection de S. M. Yictor-Emmanuel pour ses crTasses aux bouquetins qui abondent dans ces montagnes comme dans celles de Cogne ; aussi des chemins de chasse sillonnent-ils de toute part les montagnes de la vallée, en offrant ainsi une grande commodité et un grand avantage aux touristes, qui devront, comme à Cogne, respecter temporairement les localités où le Roi fait sa chasse ou dirige ses batteurs.

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