L'Ormelune — Glacier et pic (3273 m
Entre le vallon de Sarrou qui aboutit au col Yaudet et le vallon de la Grant-Arp qui aboutit au col du Mont, se trouvent le glacier et la Pointe de l'Ormelune, où l'on peut se rendre des deux côtés. Il serait mieux d'en faire l'ascension en partant depuis le Col du Mont et en redescendant par l'autre versant.
13. La Gramle-Roasse — Col et pic — Glacier de Mont- Forciaz ou de l'Invergneux et descente sur les Rkèmes.
En 1S63 et 1861 MM. Xicholls, Blanford et Bowsell firent des tentatives pour atteindre le sommet de la Gran de-Rousse ; en 1863 ils gravirent ]>le Mont-Forciaz, puis le mauvais temps les obligea à laisser là l'ascension.
VALLÉE DE VALGRISAXCHE
En 1864 ils gravirent le glacier de Vlnvergneux, dit aussi Ruise de Mont' Forciaz, jusqu'à la dépression entre la plus haute pointe au nord et le Bec du glaçon au midi; mais ils durent s'arrêter à cet endroit. En 1874 messieurs Martelli, Barale et l'abbé A. Gorret réussirent enfin la première ascension de ce pic dit la Grande-Rousse ou la Pointe de Torrent. Il passèrent la nuit à Fornet, chez Joseph Chamonin, frère du célèbre archiprêtre de Cogne.
Partant de Fornet à quatre heures du matin, ils gravirent la côte pour se rendre près du châiet de l'Épine ; de là, prenant à droite, ils contournèrent une arête qui les conduisit au chalet de Mont-Forciaz, puis ils gravirent sur la rive droite du torrent des pâturages et des rochers jusqu'à l'entrée du glacier, où ils rirent une première halte. Les nuages leur empêchaient un peu la vue. Ils gravirent par le centre du glacier, en devant tailler tout le long des degrés avec leurs piolets jusqu'à la dépression, où s'étaient arrêtés MM. Nichols, Blanford et Rowsell, et où ils déjeunèrent,
Ayant quitté là leurs sacs et leurs bâtons, ils attaquèrent l'ascension de la Pointe. C'est d'abord une montée facile sur du micaschiste désagrégé, puis ils trouvèrent leur route sur l'arête barrée par un grand bec de la roche surplombant sur Valgrisanche au-dessus d'un couloir fort rapide. Liés à la corde, ils passèrent les uns après les autres sous ce bloc, en se cramponnant au rocher ; c'est la seule difficulté qu'ils aient rencontré depuis la dépression dont ils firent bientôt un col. Depuis ce mauvais pas le reste de l'ascension n'est plus qu'un amusement ; on marche sur l'arête à une hauteur prodigieuse au-dessus de Rhênies où la montagne est taillée perpendiculairement. Ils construisirent sur le pic l'homme de pierre que l'on voit fort bien de la prairie au fond du village de Ehêmes X. D.
Revenus à la dépression de la montagne, ils voulurent tenter la descente sur les Rhêmes. Ils descendirent d'abord par un couloir neigeux, puis se dévalant péniblement d'une arête à l'autre, plutôt sur la droite, ils arrivèrent vers le milieu de la montagne; là ils durent traverser un couloir sur la gauche pour continuer la descente. Au fond de la montagne, une bergscJïrund les obligea encore à se tenir sur la gauche pour pouvoir passer de la montagne au glacier. Ils traversèrent ensuite ce petit glacier pour continuer la descente par les touffes d'herbes et les rochers ; mais la nuit les surprit. Ils s'arrêtèrent sous un rocher au-dessus d'un grand précipice jusqu'au lever de la lune ; alors ils continuèrent leur descente jusque vers le bas de la montagne, entre deux torrents. Ils ne surent apercevoir leur chemin et ils passèrent le reste de la nuit sur un dos à l'entour d'un bon feu de racines de genièvre qu'ils arrachaient à mesure que le besoin s'en faisait sentir. A l'arrivée du jour, ils trouvèrent non loin d'eux un petit sentier de chèvres qui les conduisit au chemin des vaches et celui-ci les fit aboutir au hameau du Pelaû, où ils purent commencer à se restaurer avant d'arriver à l'église où ils s'adressèrent à l'hospitalière obligeance du Curé. Ils étaient accompagnés des guides Jean-Joseph Maquignaz et Salomon Meynet de Yaltournanche. Ce col de la grande Rousse a été franchi pour la seconde fois en 1875 par les demoiselles Pigeon, en compagnie du même guide Maquignaz J. -Joseph.