JOURS
Grand S^Bernard
Petit St-Bernard
Cogne
Aoste
Ivrée
i sereios
mixtes
couverts
D'après ces tableau il résulte que dans la vallée d'Aoste le ciel demeure plus fréquemment serein pendant l'hiver, moins au printemps, et spécialement en mai et juin; tandis qu'il est souvent couvert en octobre et novembre. Pendant les deux mois les plus propices aux excursions dans les montagnes, c'est-à-dire août et septembre, il n'arrive pas souvent que le ciel soit entièrement couvert surtout dans les lieux les moins élevés.
Là où l'on jouit le plus des jours sereins, c'est dans les stations plus basses d'Aoste et d'Ivrée ; ensuite vient le Petit St-Bernard, mais il y a aussi plus souvent qu'ailleurs des journées entièrement couvertes. À Cogne l'aspect du ciel est eccessivement variable, car les jours entièrement sereins ou tout-à-fait couverts y sont plus rares qu'ailleurs: et le plus souvent les nuages occupent une partie de la voûte céleste. Au Grand et Petit St-Bernard le nombre des jours orageux est plus grand que celui des jours sereins; il n'en est pas de même dans les trois autres stations moins élevées, et surtout à Aoste où le nombre des jours sereins est double de celui des jours orageux ; ce qui est causé par la ventilation qui règne dans ce gracieux bassin, et qui y maintient l'atmosphère libre de vapeurs, moins humide et libre de nuages.
Ces quelques observations suffisent pour démontrer combien il y a de variété même dans cet élément climatologique, suivant les diverses régions du pays que nous étudions.
§ 6. — Vents.
S'il est vrai que les grandes chaînes de montagnes placées au nord de l'Italie influent sérieusement sur les grands courants atmosphériques qui traversent sans-cesse le Continent européen; cette influence doit être très-grande pour les pays que nous étudions. En effet, cetfè région s'étend du Mont-Blanc au Mont- Eose, et comprend les cimes. les plus élevées de la grande ligne de division des eaux, qui partage l'Europe depuis le cap Finisterre jusqu'à la mer Noire.
Ces grands et impétueux courants viennent quelquefois du midi par la Méditerranée et par la mer Adriatique ; plus souvent ils descendent du nord par la mer du Nord, la mer Bal-
tique et l'Océan Atlantique; en traversant le Continent, ils s'abaissent, et, arrivé* aux Alpes, ils s'y brisent et en dévient de mille manières, à cause des obstacles qu'ils y rencontrent.
Semblables à des torrents renfermés en des bords trop resserrés, ils s' engouffrent dans les vallées et dans les gorges étroites, qui de tous côtés sillonnent les Alpes et, se heurtant et changeant de direction à chaque instant, ils produisent les ouragans et les tourmentes si terribles dans les Alpes.
Ces entraves et ces chocs sont très-utiles à la Péninsule Italienne, parce qu'ils servent à diminuer la force des courants qui viennent du Nord, et qui, comme il a été dit plus haut, seraient beaucoup plus terribles pour nos pays et pour nos mers. Mais souvent ils causent des désastres et de3 ouragans dans les pays où ils se déchaînent. Pendant l'hiver ils soulèvent des tourbillons de neige : pendant Pété ils transportent des nuées de poussière, et parfois, surtout au débouché des vallées latérales, ils produisent de véritables trombes et des ouragans meurtriers.
Il s'en suit, que la direction principale des courants change suivant la direction des gorges ou des vallées, dans lesquelles il s'introduisent; et que dans chaque vallée principale ou secondaire la direction du vent demeure toujours la même.
Ainsi les cols du Grand et du Petit St-Bernard, étant ouverts .au nord-est et au sud-ouest, n'ont en toute l'année que ces deux vents dominants, qui soufflent souvent avec grande violence, et plus au Grand qu'au Petit St-Bernard. Cependant leurs luttes sont plus sensibles au Petit St-Bernard, parce qu'étant plus ouvert il laisse un passage plus libre à ces deux courants, qui en plus grande quantité y laissent tomber la pluie et la neige.
A Cogne, au contraire, c'est le nord-ouest et le sud-est qui dominent toute l'année, parce que la vallée s'ouvre précisément au nord-ouest. Cependant les vents du nord-ouest' l'emportent sur ceux du sud-est. *
Aoste, placé au centre de la vallée principale de la Doire, s' ouvrant de l'est à l'ouest, est continuellement sous l'influence du levant et du couchant ; tandis que les autres vents passent dans les hautes régions de l'atmosphère en emportant tout brouillard et toute vapeur.
A Ivrée le vent est très-variable avec quelque fréquence de
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ceux compris entre le nord et le nord-ouest ; cependant ceux qui parfois y soufflent avec violence, viennent tous de la gorge de la vallée d'Aoste, placée précisément au nord et nord-ouest de la ville.
Cependant, comme les bouffées de vent, qui s'échappent de la dite gorge, rencontrent les autres vents qui proviennent de différentes directions des autres vallées latérales, qui s'ouvrent près du débouché de la vallée principale, ainsi il n'est pas rare d'observer une variabilité extrême dans la direction du vent, par laquelle les girouettes sont poussées de tout côté. Les vents qui arrivent jusqu'à Ivrée d'autre part que de la vallée d'Aoste n'y sont que rarement et faiblement sensibles.
La direction du vent est différente aussi dans les autres vallées latérales à celle de la Doire ; mais jusqu'à présent cela n'a pas encore été étudié.