‹ Guide de la vallée d'AosteChapitre 26 sur 146 · DE VERRES À ST-VINCENT · texte numérisé non relu

DE VERRES À ST-VINCENT

Au lieu de traverser le pont des chèvres, on pourrait remonter par le sentier à gauche et arriver à travers une forêt jusqu'aux ruines du château d'Ussel et se rendre de là à Châtillon par le pont d'Ussel.

En général ces sentiers ou ^chemins sur la rive droite de la Doire sont très-ombragés et conviennent à ceux qui ne sont pas pressés et qui préfèrent une charmante promenade à pied, à l'abri du vent et de la poussière qui dépoétise tout sur la route nationale.

La route se dirige d'abord au sud-ouest de Verrès au milieu de belles campagnes, puis bientôt, à Tarrille, la vallée se resserre et la route est taillée dans la roche sur la rive gauche

I de la Doire. On arrive au pont de Champ-de-praz , dont on voit l'église sur un mamelon au fond de cette sauvage vallée que domine un pic élancé, le mont Aie ou Montavij, dont l'ascension a été faite en 1875 par MM. Baretti et Santelli. La route continue, toujours sur la rive gauche, par un second plateau où elle remonte un peu au village de Ploue, pour rentrer dans la gorge sur le bord de la rivière jusqu'à ce qu'elle arrive à l'église de Mont-Jovet, où elle traverse une plaine souvent inondée par les crues de la Doire. Devant soi, on voit s'élever sur un mont, les fières et imposantes ruines du château de Mont- Jovet qui ferme la vallée. Ce château, d'où la vue est très-belle , possédait autrefois une garnison : on s'y rend ou en prenant le chemin à droite au fond de la montée de Mont-Jovet et montant par la prairie au levant pour arriver par le nord à l'église de St-Germain , ou bien en prenant un petit sentier qui s'élève en lacets au-dessus de la triste bourgade de

; Mont-Jovet pour arriver au midi à l'église de St-Germain, d'où on se rend au château (Voir St-Vincent).

Au bout de la plaine de Mont-Jovet, la route commence à monter, laissant en dessous d'elle l'ancien bourg de Mont-Jovet acculé entre le rocher et la Doire, pour s'engager dans un défilé entièrement creusé dans la roche à une grande élévation audessus de la Doire, qui roule ses flots dans le lit profond et étroit que lui laissent les rochers. En face, de l'autre côté, s'ouvre l'étroit et sauvage vallon de Eodoz ou petit monde de Mont-Jovet. Sur le rocher qui surplombe sur la route on lit

cette inscription qui donne la date de la construction de ce tronçon :

Caroli. Emmanuel. III. Sard. Régis. Invicti. Auctoritate. Intentât am. Romanis. Viam. Per. Aspera. Montis. Jovis. Juga. Ad. Facilioreat. Cohmerciorïjm? Et. Thermarum. Usum. Magnis. Impensis. Patefactam. Augustani. Perfecerunt. Anna mdccxxi, Regni xlii.

D'un détour de la route, au pied du château, au milieu des châtaigniers, on aperçoit le sommet du noir clocher de St-Germain. Au sommet de ce défilé, on voit la vallée s'élargir et l'on a un magnifique coup d'œil sur le pays d'Aoste. A peine la montée est-elle achevée que vient une descente de quelques minutes, au bout de laquelle se présente la longue montée de . Perraz ou des Fourches. De la roche à droite au fond de cette montée, on aperçoit fort bien le sommet du Mont-Blanc.

Au bout de cette seconde montée qui dure un quart d'heure, on voit à sa droite les ruines d'un pont romain, écroulé vers le commencement de ce siècle et traversant un vallon, vrai torrent au moment des grandes pluies. Dans dix minutes depuis le pont on arrive à St-Yincent , bourgade renommée pour son eau minérale. La route, traTersant St-Yincent , redescend bientôt en passant devant le magnifique établissement hydrothérapique de Sellottk, pour remonter ensuite au bourg ou ville de Châtillon, la bourgade la plus importante de la vallée après la ville d'Aoste.

Comme la distance de St-Yincent à Châtillon n'est que d'une petite demi-heure, on a cru bien de réunir ces deux bourgades pour le détail et la nomenclature des excursions, des promenades et des courses qui peuvent également avoir ces deux stations pour point de départ.

St-Vincent. — Altitude 343 m. Population 2239 h. Bureau de télégraphe. — Cette bourgade doit son importance et sa célébrité à sa fontaine d'eau minérale, découverte en 1770 par IL l'abbé Perret, et qui attire chaque été de six à huit cents visiteurs. Cette fontaine se trouve à un quart d'heure de la bourgade dans le vallon de Yagnod ou Bagnod. La commune de St-Yincent, propriétaire du terrain oii jaillit cette eau, a enfermé la fontaine

Pont-Romain de St-Yineent.

Fontaine de St- Vincent.

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