SITUATION ET ASPECT DE LA VILLE
NOTES GÉNÉRALES. — Altitude du niveau de la mer 600 m. —
Chef lieu d'arrondissement de la province de Turin. Distance de Turin par Ivrêe 124 kilomètres. Chemin de fer de Turin à Ivrée par Chivasso 33 kil., prix le 7 ; 2e 4 60 ; 3e 3 fr. D'Ivrée à Aoste par diligence 68 kil. Trajet en 9h, dépait de l'hôtel ^Europe à Ivrée.
Population 7769 habitants pour la ville. Écoles 26; élèves 1298. — Lycée et cours technique. Pour l'arrondissement : population 81,260. — Communes 73.
Diocèse avec siège épiscopal, 86 paroisses. — Tribunal civil et correctionnel dépendant de la Cour d'appel de Turin. — Hôtels principaux : Bu Mont-Blanc : Be la Couronne. — Restaurant Lagnier sous les portiques de l'Hôtel de Ville. — Poste et télégraphe à l'Hôtel de Ville. — Guides, s'adresser au concierge de la salle du Club Alpin à l'Hôtel de Ville.
L'antique cité d'Auguste est placée au milieu d'une plaine fertile et riante qui s'ouvre un peu plus haut que le centre du val d' Aoste, au point où aboutit la vallée du Grand Saint-Bernard.
(*) On avait déjà préparé une description des antiquités et monuments de la cité d' Aoste , lorsque V éditeur de ce Guide reçut de la veuve Amyot de Paris le privilège de reproduction en Italie pour les gravures qui embellissent Vouvrage de Mv le chev. É. Aubert, La Vallée d' Aoste.
Apres la splendide illustration de notre ville faite par la plume savante et le pinceau délicat de Mv le chev, Aubert, nous renonçons à notre travail , car, à côté de la sienne que nous sommes heureux de publier pour cette partie, nulle description pourrait faire apprécier avec plus de talent les précieux monuments de notre ville d' Aoste.. B.
Le vaste bassin formé par la réunion de ces deux vallées est arrosé par trois cours d'eau: la Doire, qui passe au midi de la ville ; le Buthier, qui prend sa source dans le lac du Grand Saint-Bernard et va se perdre dans la Doire au levant de la cité ; puis enfin un large ruisseau creusé par la main de l'homme.
Cette rivière artificielle longe les remparts du nord; elle emprunte ses eaux au Buthier, dans un endroit situé à quelque distance et nommé la Mère des Rives. Au midi de la ville, la vue se repose sur des collines chargées de bois et de prairies et couronnées par les cimes élevées du Bec de None et du Mont- Emilius, vulgairement nommé le Pic des Lores.
Au nord, les premiers escarpements de la montagne sont couverts de villas très-heureusement groupées et de vig*nobles renommés pour l'abondance de leurs produits; de ce côté, les glaciers des monts Vélan et Combin s'élèvent à l'extrémité de la vallée qui conduit au Grand Saint-Bernard. Vers le levant, on peut suivre des yeux les détours du val d'Aoste jusqu'à Saint- Vincent, et au couchant la perspective, quoique moins étendue, est peut-être plus belle encore, car le fond du tableau est occupé par les glaciers de Valgrisanche.
De quelque côté que le voyageur arrive à Aoste, ses regards sont charmés à l'aspect de cette paisible cité entourée de frais ombrages, toute parée de ses blanches maisons, du milieu desquelles s'élèvent graves et imposantes les ruines romaines, les tours crénelées du moyen âge et les clochers élancés des églises.
"Une fois dans l'intérieur de la ville, on a devant soi des rues un peu étroites à la vérité, mais propres et sans cesse rafraîchies par des ruisseaux d'eau courante. De vastes jardins séparent en bien des endroits les groupes des maisons; ces espaces inoccupés contribuent puissamment à la salubrité de l'air et à la variété des aspects, mais ils rappellent les terribles ravages des fréquentes invasions dont ce malheureux pays eut a subir les horreurs.
Ce n'est pas sans regrets pour son antique splendeur que l'on parcourt cette ville que son enceinte pouvait à peine contenir au temps des Césars.