LES REMPARTS
Aoste fût. on le sait déjà, bâtie sur remplacement même du camp de Térentius Yarro Muréna. L'enceinte romaine qui défendait la ville subsiste encore à cette heure presque entièrement (1).
Ces remparts forment un quadrilatère à angles droits, dont les côtés les plus longs, orientés de l'est à l'ouest, ont sept cent dix-sept mètres hors d'oeuvre.
Les côtés les plus courts, orientés du nord au sud. ont cinq cent soixante-trois mètres, aussi hors d'oeuvre. Les quatre angles étaient flanqués de bastions carrés en saillie ; d'autres bastions, symétriquement établis, défendaient en outre toutes les faces de l'enceinte : ainsi les faces méridionale et septentrionale étaient protégées chacune par trois bastions correspondant exactement entre eux ; chacune des faces orientale et occidentale en présentait deux placés à égale distance entre les portes Prétorienne et Décumane et les angles du rempart. Ces bastions, encore très-visibles, sont en saillie de quatre mètres et demi ; leurs fronts présentent un développement de plus de neuf mètres.
C'est sur la côté méridionale, et surtout près de l'angle sudouest que les remparts sont le mieux conservés. Ils ont cinq mètres et demi jusqu'à un cordon saillant tenant lieu de corniche; au-dessus du cordon régnait un parapet haut de soixante-dix centimètres. On peut voir encore, par place, quelques rares tron-
(1) Le prieur Gai fait observer avec raison clans son Coup d'œil sur les antiquités d' Aoste, que cette ville a un avantage sur toutes les villes (TEurope et même sur la capitale du monde chrétien , c'est celui de pouvoir montrer les remparts du siècle d'Auguste qui forment encore son enceinte. Par le nombre et l'importance de ces monuments anciens la ville d' Aoste mérite le titre de Eome du Piémont que lui ont décerné plusieurs illustres archéologues.
çons de cette espèce d attique. Ces étonnantes murailles sont consolidées par des forts éperons en maçonnerie placés à l'intérieur et distants les uns des autres de douze mètres et demi environ. Le noyau des murs est composé de cailloux de torrents, brisés
Plan de li
et noyés sans méthode particulière dans une couche de ce mortier fameux auquel le temps a donné une dureté égale à celle du granit le plus dur; l'extérieur était revêtu de pierres détaille coupées sur un modèle uniforme et jointes avec un soin infini. Ces pierres ont été en grande partie arrachées à la muraille
romaine pour servir à la construction des donjons du moyen âge et des maisons de la ville ; presque partout le noyau des murs subsiste seul ; il en reste cependant encore assez de portions intactes pour qu'il soit permis d'apprécier la perfection du travail.
It-0iirs.
:é d'Aoste.
Au temps des Romains, la cité d'Aoste ne comptait que deux portes : la Prétorienne, aujourd'hui nommée Porte de la Trinité, à l'est, et la Décumane, s 'ouvrant sur la face opposée des remparts, du côté de la Savoie. Les quatre portes pratiquées dans les enceintes du nord et du midi ont été faites postérieurement,
et il est facile de s'en convaincre en examinant avec attention leur structure et leur situation. Parmi ces portes créées après la chute de la domination romaine, une seule a conservé des traces d'architecture : c'est la porte Pertuise, au nord. Là, on peut aisément reconnaître que l'arcade et les pieds-droits qui la soutiennent, n'appartiennent pas à l'art antique, car ils sont imparfaitement reliés au rempart, et les pierres de la voûte ont été taillées avec une négligence que les Romains n'auraient pas supportée dans leurs œuvres.