INSCRIPTIONS
Passons maintenant aux inscriptions que j'ai relevées en différents endroits de la ville, soit dans des lieux publics où chacun peut les examiner en toute liberté, soit dans des maisons particulières où l'hospitalité bienveillante des habitants accueille gracieusement les étrangers qui se présentent au nom de la science et de l'art.
Dans le cloître de la collégiale, sur la muraille de l'est, je trouvai l'inscription suivante :
(1) Eue Trotte-chiens.
Cette pierre fut gravée en l'honneur d'une femme de la famille Térentia.
Le vainqueur des Salasses descendait de cette noble souche, et deux conjectures se présentent ici à l'esprit : ou bien après sa victoire, Térentius Varro s'était fixé dans la vallée avec plusieurs membres da sa maison, ou bien il y avait appelé ses affranchis qui, suivant l'usage, portaient son nom.
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Une belle pierre tombale est scellée dans le mur de la façade du presbytère de Saint-Laurent attenant au portail de la collégiale, à droite de la porte d'entrée. On y lit ce qui suit :
Cette inscription , gravée sur une dalle de marbre d'Aymavilles, est plus ornée que la précédente ; la partie supérieure, sculptée en fronton, est décorée de rosaces.
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Au milieu des pierres de taille qui composent le soubassement de la façade de l'église Saint -Etienne, on trouve ces trois marbres funéraires :
L'un d'eux, conservé dans toute sa beauté, n'a reçu du temps aucune atteinte ; celui qui est à côté , est à demi brisé , ainsi que le troisième. Deux de ces marbres présentent des ornements d'un goût délicat ; ils appartiennent à la plus belle époque de l'art. (Ces marbres ont été trouvés dans le cimitière Saint-Étienne, alors que l'on creusait les fondations de la nouvelle église. Le cimetière chrétien remplaçait sans aucun doute le cimetière romain qui, suivant les lois de Eome, devait être situé au nord, dans Taxe de la ville, hors des remparts et des vergers).
Dans la cour de l'évêché, ou conserve deux pierres très-intéressantes; la première porte l'inscription suivante:
Cette pierre faisait partie de l'un des gros piliers bâtis pour soutenir la maison commune avant la construction du nouvel hôtel de ville. C'était sur cet emplacement, devenu depuis la place Charles-Albert, que s'élevait la basilique romaine. Deux fois transférée, la remarquable antiquité dont nous nous occupons eut à souffrir de nombreuses mutilations, et notamment vers la partie supérieure. Les caractères sont du meilleur style et l'on pouvait, au moment où la pierre fu découverte, lire trèsdistinctement : CAESAKI AYGYSTI F.
C'était, on le voit, une inscription dédicatoire décernée au lils adoptif d'Auguste par les décurions d'Aoste. Dans les colonies romaines les décurions étaient les magistrats membres d'une cour de juges chargée de représenter le Sénat dans les villes municipales.
Ils devaient veiller aux intérêts de leurs compatriotes et portaient un nom qui indique leur nombre. L'élection des décurions
se faisait le 25 de mars; ou ne pouvait être élu avant l'âge de vingtcinq ans accomplis et sans justifier de la possession de certains revenus fixés par la loi : ces élections avaient lieu dans les mêmes formes que pour les sénateurs.
Il est en effet certain que cette inscription se rapporte au fils d' Agrippa et de Julie, à ce Caïus César que la servilité des Romains décora, dès son enfance, du titre de prince de la jeunesse, et désigna pour la charge du consul (Tacite, Ann. 1. 1, c. 3).
Elle remonte donc à la deuxième année avant l'ère chrétienne.
La seconde inscription, à demi rongée par le temps, permet
Elle est gravée sur une dalle de marbre d'Aymavilles, et fut trouvée à l'évêché meure, où elle faisait partie des pierres employées au pavage d'une salle basse. C'est un vœu à Mercure dédié par Tilius Crispus.
Sous les galeries du cloître de la cathédrale, on peut étudier un autel en marbre consacré à Diane par P. SALVIVS.
Ce monument (1), d'une forme simple, mais d'un beau caractère, fut découvert dans la cathédrale même ; il servait de base à une colonne appuyée contre l'un des piliers du chœur du côté gauche.
La première ligne de l'inscription, gravée sur la face principale de l'autel, a été quelque peu défigurée par la dégradation naturelle du marbre, mais le doute n'est pas possible, car à l'époque
(1) Ses dimensions sont: hauteur totale, 0m,S33 ; largeur sur les faces principales, 0ro,543; largeur sur les faces latérales, 0^,394.
encore de distinguer ces mots:
où il fut retrouvé on y lisait très -nette m eut P. SÀLYIYS.
(Le prieur Gai a aussi vérifié cette inscription lorsqu'elle futdécouverte).
Par suite de cette découverte quelques archéologues ont supposé que la cathédrale avait été bâtie sur l'emplacement d'un temple antique , de même que Péglise Saint-Laurent, l'église de Châtillon , et la chapelle Sainte-Colombe sous Châtel-Argent l'ont été sur les ruines de collèges de Sévirs Àugustaux.
Cependant, quoique l'usage constant des premiers chrétiens fût de remplacer par les monuments sacrés de leur culte les profanes
édifices des païens, il est permis dans cette circonstance de ne point adopter une opinion que rien ne justifie. Quant à moi, je suis persuadé que F autel de Diane a été pris dans le temple élevé au milieu du Forum romain. Le Forum, comme on sait , touchait presque à l'emplacement occupé aujourd'hui par la cathédrale,
J'ai ensuite relevé attentivement les inscriptions placées dans le vestibule et dans l'escalier de la maison d'un notaire de la ville.
Voici les quatre principales:
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