THERMES. — MOSAÏQUES
Au midi du Forum, dans la maison théologale, il existe de nombreux vestiges d'ouvrages romains; les savants s'accordent généralement pour reconnaître là les restes des thermes.
Ce qui donne du poids à cette opinion, c'est qu'on retrouve aussi en ce lieu les traces visibles des canaux destinés à y amener les eaux. Ces fragments doivent présenter peu d'intérêt au touriste que la beauté des sites ou des monuments mieux conservés décidera à parcourir le val d'Aoste. mais l'homme sérieusement épris des études archéologiques trouvera dans ces explorations un inexprimable attrait.
Pour peu qu'on fouille le sol à l'intérieur de la ville, on rencontre des traces de maçonnerie romaine. La 'plupart de ces dé-
bris appartiennent aux égouts qui étaient établis sous le pavé des rues, ou aux canaux construits pour la distribution des eaux. Tous ces ouvrages sont enfouis, à trois ou quatre mètres audessous de la surface actuelle du terrain ; leur direction est du levant au couchant ou du nord au sud.
Quelques-uns de ces souterrains ont été l'objet de nies investigations: je puis citer entre autres ceux qui ont été découverts dans l'enceinte du collège, à l'hôpital, et dans une maison particulière de la rue nommée rue Cité.
J'ai admiré aussi plusieurs beaux fragments de mosaïques : à ce propos, je ne puis ni'empêcher de dire combien il est regrettable qu'on laisse périr des objets d'art aussi précieux, faute de quelques soins et de quelque argent utilement dépensé.
La plus remarquable de ces mosaïques est couverte d'ornements composés avec un goût exquis, de fruits et d'oiseaux se détachant sus un fond noir.
Elle sert de pavé à une pauvre écurie située dans une ruelle étroite (1). Pour arriver à voir quelques parties de ce chef-d'œuvre, il faut soulever des couches épaisses de fumier, balayer les immondices qui le recouvrent.
Comment ne pas déplorer alors que ce fragment, digne d'enrichir un musée, se trouve dans des conditions aussi désastreuses pour la conservation ?