Trou de Eompailly
Au nord-ouest de Brusson, au milieu de la forêt, se trouve un trou ayant bien des traits d'analogie avec le fameux trou des Bomains à Courmayeur. €e sont des espèces de galeries et de puits creusés dans une espèce de calcaire, s'avançant d'abord dans l'intérieur de la montagne pour finir par des puits très-profonds. On appelle cela à Brusson le trou de Rompailly. On n'a pu recueillir sur cette caverne que des légendes superstitieuses avec trésors charmés, dragons, veaux d'or, etc. Pour visiter ce trou et essayer d'aller au fond, il faut se munir de cordes et de bougies ou de lanternes. On peut s'y rendre de Brusson en demi-heure.
6. Col de Joux (1638 m.) et descente à Saint-Vincent. (31* 1[2). — On doit
employer trois heures et demie de Brusson à Saint-Vincent. Le col de Joùx ou d'Amay s'ouvre au couchant de Brusson ; au sommet du col se réunissent les routes de Brusson et d'Ayas pour Saint-Vincent près d'un - petit oratoire. On traverse le hameau de Fontaine, on passe .sur la rive droite du torrent près d'anciennes usines en ruines, puis la route s'engage bientôt dans la forêt touffue jusqu'en haut du col, d'où l'on jouit d'une belle vue sur la vallée d'Aoste. Ce col est devenu célèbre par la rencontre en 1800 de Bonaparte, alors premier consul, avec le commandant autrichien du fort de B .rd. L'histoire a poétisé cette anedocte qui se borne tout simplement à un rendez-vous donné pour l'accomplissement d'une trahison, et l'on doit renoncer à ce fameux coup de théâtre de Napoléon: u Jusqu'ici j'étais votre prisonnier, maintenant vous êtes le mien. r>
La descente se fait par la prairie jusqu'aux châlets, et de là au milieu des champs jusqu'à la chapelle d^Amciy (1490 m.), depuis-là par la descente rapide de Ban&in, à la vieille église de Moron, la plus ancienne du pays, dit-on, puis à la fontaine de Saint- Vincent et de là à la bourgade. (Voir Saint- Vincent).
Bu col, on peut faire l'ascension de la Tète de Comagne (belle vue sur la vallée et la ville d'Aoste).
De Brusson à Ayas (2 heures).
La route sort de Brusson à l'ouest pour prendre depuis Fontaine la direction au nord par les belles prairies de Volon, au bout desquelles se trouve un terrain inondé d'anciennes grèves, qui les séparent &'Estrepiérar sale hameau plein de fumier et de boue. Depuis Estrepiéra, deux routes conduisent à Ayas : la première sur la rive gauche de l'Évançon (voir ciaprès de Brusson à Saint-Jacques d'Ayas) ; la seconde sur la rive droite, et c'est celle que nous allons suivre à présent.
En sortant d'Estrepiéra on traverse le torrent sur un pont en bois, et l'on s'élève en zig-zags jusqu'au pied de la forêt, où l'on rejoint la route de Saint- Vincent à Ayas, laquelle a côtoyé au milieu de la forêt depuis le col de Joux. On traverse les quelques maisons de la Serva (Sylva) pour arriver à la chapelle de Praz-Charbon, sur le bord d'un plateau gazonneux, ancien lit d'un lac, comme tout l'indique. La route s'avance depuis-là en montant doucement à mi-colline, on traverse le hameau de Lignod (lignum), où un peintre a défiguré même le diable en voulant peindre l'enfer sur la façade de la chapelle, et on arrive à Antagnod (ante lignum), chef- lieu de la commune d'Ayas, agréablement placé sur le penchant d'un immense coteau, bien exposé au soleil levant à l'altitude de 1645 mètres au-dessus du niveau de la mer. A Antagnod il n'y a qu'une mauvaise petite cantine à l'enseigne de l'Ours, tenue par un individu du pays, un Rollandin surnommé Eopita. Ayas se distingue par ses nombreuses chapelles ; tous les hameaux en ont une et toutes sont fort bien entretenues. On doit visiter Vêglise ; le maîtreautel offre une grande abondance et de grandes richesses de sculptures et de dorures; le clocher, surmonté d'une grande statue en pierre de la Sainte- Vierge bénissant le pays; le couvert, un peu trop bas et trop massif, em-
Erusson.
VALLÉE DE CHALLANT ET d'aYAS 321
pêche de beaucoup l'effet que produirait cette statue si elle n'était ainsi recouverte: l'asile soit la maison des ejifants, près de la cure, fondé par l'ancien archiprêtre, curé et chanoine Dandrès, où l'on entretient, et où l'on instruit et nourrit gratuitement pendant l'hiver une trentaine d'enfants : la Sacristie, riche en vases sacrés et en ornements d'église.
1. Col de Portola (2436 m.) pour Val ton manche et ascension du Mont-Dzerbion (2744 m). — (Course de cinq heures à cinq heures et demie).
La route prend au couchant d'Ayas, et se dirige un peu sur la gauche jusqu'à la chapelle de Barmaz (lieu de pèlerinage) sous laquelle sort une excellente fontaine; dès lors on monte par la forêt. La dernière partie de la montée est très-roide, cependant les montures peuvent y passer. Pour aller à Valtournanche on côtoyé les pâturages sur sa droite, on passe dans la forêt au-dessus de la Madeleine d' Antey , et par un petit col, on arrive à Chamois (1823 m.), d'où on se rend à Valtournanche, dans une heure, si l'on est à pied, en traversant la forêt du Charvaz, et en deux heures en monture, parce qu'il faut alors remonter aux hauts pâturages de Chamois pour passer le col (belle vue de Valtournanche et du Mont-Cervin), qui conduit aux châlets de Cheneil et de là à Valtournanche.
On peut aussi descendre directement à Châtillon par les châlets jusqu'à Francou et depuis-là par la route de Promiod.
Ou bien on peut côtoyer en descendant sur la gauche jusqu'à La Madeleine et de là à Antey.
Depuis le col de Portola (Portula sur les anciennes chartes) on doit faire l'ascension du Mont de Dzeroion. qui se trouve à sa gauche, et qui domine si majestueusement Saint-Vincent. Le panorama de la vallée d'Aoste y est de toute beauté, et l'ascension ne présente aucune difficulté. (Voir Saint- Yincent).