‹ Guide de la vallée d'AosteChapitre 70 sur 146 · Col de Perausa · texte numérisé non relu

Col de Perausa

Du chef-lieu on descend par la route ordinaire jusqu'aux premières maisons sous la route en dessous de la chapelle de Yignerausa.

Là on prend à sa droite, on traverse les hameaux de Loré et de Yérana, on traverse le torrent sur un pont en bois, et Ton monte jusqu'à la chapelle de L'outrelève (en de là de l'eau). De là on continue à monter dans le vallon de la Lègne par un petit sentier à travers les clapeys et les pâturages, on traverse le torrent de la Lègne ; au sommet d'une montée on trouve un vieil oratoire, dit de Saint-Antoine, sur un roc. tn peu en de là de l'oratoire, on traverse de nouveau le torrent et aux premières maisons que l'on trouve à sa droite, on prend directement la rapide montée à droite qui conduit aux châlets de Pérausa {pierreuse), d'où en 1t2 h. on se rend à V entaille de la roche, que l'on voit du chalet, et qui forme le col de Perausa. De là un petit sentier conduit par les pâturages à Yaîprà.

Be Champorcher en Talchiusetla par le col de la Lègne. ou des Corni.

On suit la route du col de Perausa jusqu'à l'oratoire de Saint-Antoine, et de là on continue par le centre du vallon jusqu'au haut du col que i"on voit fort bien de la route que l'on suit.

VALLÉE DE CHALLANT ET D'AYAS.

t. Cette vallée s'étend dans la direction du midi au nord sous la figure a'un S bien délié. Elle s'ouvre à Yerrès (417 m.\ et aboutit au pied des glaciers de Yerraz et de la Yentina dans le massif du Mont-Rose. Sa longueur n'est pas moindre de. 35 kilomètres. Elle renferme les territoires de quatre communes: les deux Challant, Brusson et Ayas Cette vallée pré-

VALLÉE DE CHALLANT ET d'aYAS

sente dans chacun de ses détours un aspect différent, a (Géographie de la Vallée d'Aoste).

Comme la vallée change d'aspect, le caractère et les mœurs des habitants changent aussi, ils ne conservent de commun que l'usage d'une lourde chaussure en bois appelée Sabots, chaussure malcommode, mais fort hygiénique pour l'hiver et pour les temps pluvieux et humides.

Les habitants de Challant, pays productif et fertile, pourraient avec plus d'activité dans le travail de leurs terres se créer des ressources abondantes; ceux de Brusson se livrent avec ardeur à l'élève et au commerce du bétail; les habitants d'Ayas ont un type distinct, ils sont en général robustes et de haute taille, ils émigrent comme scieurs-de-long, les femmes portent un grand chapeau rond ; les habitants d'Ayas ont en général la bouche taillée en ligne droite sans la moindre inflexion et la voix creuse, ils sont spirituels et moqueurs, ils jouent si habilement sur les mots, qu'on peut croire souvent, qu'ils jouent la chose ; mais si l'on ne peut leur reprocher des convictions trop enracinées, ils possèdent par contre à un haut degré le don de l'à-propos et des circonstances; l'esprit de nationalité, de solidarité et de clocher les unit par des liens qui les fait en toute occasion, quand ils se rencontrent à deux, recourir à leur exécrable dialecte et à leur jargon, ce qui contribue à les rendre moins sympathiques.

De Terrés à Brusson {3 heures et ij2).

On pourrait passer visiter le château de Terrés et rejoindre la route à Challant Saint-Victor, en passant le pont à Isolas et visiter en passant la belle cascade de l'Évançon, en descendant sur le bord du torrent après avoir dépassé le hameau de Rovarey. Par cette route on abrège aussi le trajet pour arriver au chalet et au Col de Dondueil pour faire l'ascension de la Becca Torcé.

(Pour Yerrès, voir la Vallée centrale).

On part de Yerrès par la place $ar la rive droite de l'Évançon, et l'on s'élève par une montée rapide jusqu'au hameau de Targnod, d'où l'on doit un petit détour sur la droite pour aller admirer la belle cascade de ucon qui se voit cependant mieux de l'autre côté du torrent, route continue à monter pour traverser les hameaux de Villa et de an, d'où la montée devient plus douce ; mais on peut passer par la sentier conduit à l'église de Challant Saint-Victor qui , dit-on,, e siècle, mais qui a subi tant de replâtrages, qu'on n'y distingue plus aucun style ; on y remarque quelques peintures curieuses et la chapelle que les comtes de Challant y avaient d'abord fait bâtir pour leur sépulture. Challant Saint-Victor se trouve à l'altitude de 730 mètres. A) De Challant Saint-Victor se flétaeiient trois routes : 3. Pour le Col de Dondueil, en traversant le torrent à Isola. (V. Issime). 2. Pour Mont- Joe eU — On s'élève depuis le hameau de Villa en se tenant sur la gauche, on passe au pied du mamelon, qui supporte les ruines de l'ancien château de la puissante maison de Challant , on passe sur les

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"bords du lac de Villa, qui est très-poissonneux, et, après avoir traversé une arête de rochers, on descend sur Mont-Jovet.

3. Pour Êmarèse et Saint-Germain. — On monte depuis Nabian sur la gauche par le hameau d'Abaz jusqu'à la croix sur l'arête, d'où un chemin redescend pour aboutir à Saint-Germain, et un sentier tout à niveau conduit à travers une forêt et sur les bords d'un ruisseau à Emarèse, ayant continuellement devant .soi une vue splendide de la Vallée d'Aoste depuis Saint-Vincent jusqu'à Saint-Pierre de Châtel-Argent.

Dans une heure on arrive à Challant Saint-Anselme au milieu d'une belle prairie, mais n'offrant rien de particulier ni de remarquable aux visiteurs.

Ce village se trouve à l'altitude de 1046 mètres.

B) De Challant Saint-Anselme* partent aussi trois sentiers, buts d'excursions différentes.

1. Pour le Col de Chasten et l'ascension du Mont-Néri on Bec de Frudière, dit à Challant, Point de Tsamsec (Voir Issime, Col de Chasten).

2. Pour Saint-Germain et Êmarèse. — On monte à gauche de l'église pour atteindre le village d'Orbeillia, d'où l'on suit le ruisseau d'Émarèse qui vous conduit à la Croix d'Abaz, où l'on réjoint la route de Challant Saint-Victor pour Saint-Germain ou pour Êmarèse.

3. Pour Sommarèsa sur Êmarèse. — On monte directement de Quinçod, chef-lieu ou village de l'église, au haut plateau d'Arbaz, d'où un petit chemin conduit à Sommarèsa au sommet d'Émarè-se et de là au Col de Joux, en suivant 3e lit de l'ancien ruisseau.

Cette promenade est de toute poésie et de toute beauté, la vue sur la Vallée d'Aoste est splendide. On peut sur le trajet avant d'arriver à Sommarèsa descendre quelques pas pour aller visiter la glacière naturelle d'Émarèse qui se trouve au milieu d'un clapey entre Sommarèsa et Cheissan. M. le curé d'Émarèse tient la clé de l'entrée de la caverne glacée. On pourrait encore embellir cette promenade par l'ascension de la Tele de Comagne.

Depuis Saint-Anselme la route continue en pente douce jusqu'à Maê, où il y a une petite montée. «

On peut s'exempter de donner le détour au milieu du hameau en prenant le petit sentier dans la prairie. On arrive à Arsêza, premier hameau de Brusson, au bout d'une plaine, qui figure le lit d'un ancien lac. On traverse le torrent et au bout d'un quart d'heure le chemin remonte pour atteindre la chapelle de Saint-Valentin, qui traverse le chemin, et une dernière montée à travers les champs vous conduit à Pila soit Brusson (1348 m.). L'auberge du Lion <2'or, tenue par Vuillermet Joseph dit Pollon, est assez bien ; c'est la halte obligée des voyageurs qui vont de Saint-Vincent à G-ressoney ou vice-versa en traversant le Col de Joux et le Col de la Eanzola.

Brusson, grand village dans une magnifique position, mérite d'arrêter quelques moments le touriste ; il présente de fort belles promenades, trop négligées jusqu'ici. L'église, rebâtie à neuf dans le style moderne, mérite d'être visitée.

1. Château de Graines. — Cet antique manoir, dont les ruines sont en-

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core aujourd'hui si imposantes, ne conserve plus de son antique splendeur que la grande tour carrée, tout le reste a subi les injures du temps et l'on n'y voit plus que de grands pans de murailles ébranlées. Ce château constituait auparavant une partie importante des possessions de la riche et puissante famille de Challant ; la juridiction du châtelain de Graines comprenait Brusson, Ayas. quelques villages de Challant sur la rive gauche de l'Évançon et une partie importante de G-ressoney. La tradition porte que les habitants d'Alésa, Moussanet et Tolègne sur Challant, et ceux de Graines, Arsêza, Curien, Féniglia et Stoul sur Brusson, avaient pour obligation envers les seigneurs de Graines d'aller terrer le glacier qui se trouve au pied des Becs de Torcé, dits à Brusson pointes de Chasten. afin que ce glacier n'eût pas avancé dans la vallée, et afin aussi que l'éclat de la réverbération n'eût pas offensé le teint frais et vermeil des châtelaines. Ce château domine à une grande hauteur le torrent de Frudière ; il se trouve sur un mamelon entre Graines et Arsêza ; on y montre encore une citerne creusée dans la roche vive, des souterrains, des prisons, etc. Il faut employer une heure de Brusson au château.

2. Lacs de Bringuez et de Palasina. — C'est une magnifique promenade à faire par une belle journée ; on monte de Brusson par le chemin du Col de la Banzola jusque près du torrent ; au lieu de passer le pont, quelques pas- en dessous on prend à sa gauche le chemin rapide qui monte dans la forêt jusqu'aux châlets de Bringuez, d'où, par les pâturages et une montée roide, on arrive au lac en deux heures depuis Brusson. Ce lac, fort profond, est encaissé de trois côtés par les rochers ; il y a un magnifique écho. On peut en une heure faire l'ascension du pic à sa gauche; on y jouit d'un beau panorama. Après s'être reposé sur le bord de ce lac, dans cette position sauvage et isolée, on grimpe le petit col au nord-est, et l'on passe sur l'autre versant aux quatre ou cinq lacs de Palasina, se déversant les uns dans les autres et placés au milieu de magnifiques gazons. Au lieu de redescendre à Brusson, on peut passer à Gressoney soit en grimpant au col de Waldomer (très-rapide des deux côtés), soit en côtoyant les pâturages jusqu'à la Banzola.

3. Lac et col de Frudière %t ascension du Bec de Frudière. — On suit la route de Frudière depuis le hameau de Graines, et depuis là par le centre •du vallon jusqu'au col. (Voir Gressoney).

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