‹ Guide de la vallée d'AosteChapitre 88 sur 146 · De Yalpeliine h OUomoiit (1 heure · texte numérisé non relu

De Yalpeliine h OUomoiit (1 heure

Du village de Yalpeliine on prend à gauche, en passant devant l'église, et l'on s'engage par une belle route qui s'élève en zig-zags dans l'étroite ouverture de la vallée d'Ollomont. En arrivant à Ollomont la vue s'élargit et l'on se trouve au milieu d'un magnifique bassin de prairies, couronné par de beaux pâturages, au-dessu3 desquels s'élèvent la calotte neigeuse du Vélan et la tête majestueuse du Grand Combin.

A un quart d'heure à* Ollomont se trouve une mine fort renommée de cuivre pyriteux, exploitée déjà depuis longtemps. On a fait des travaux et des dépenses immenses pour l'estraction de l'eau qui envahissait les galeries et il paraît qu'en 1875 on a découvert une nouvelle couche fort riche et fort abondante de cuivre; on doit exploiter incessamment ce nouveau gisement qui donnera une nouvelle vie à l'industrie de cette vallée.

Près du filon, en 1874, Bosset Joseph, dit Bazot, construisait une maison où il se proposait d'établir un hôtel soigné, fourni de tout le confortable que peuvent désirer les touristes en montagne.

Si ce dessin se réalise, Ollomont pourra devenir un centre agréable de belles excursions sur les montagnes qui forment le massif du Grand Cpmbin, surtout depuis l'ouverture de la route muletière qui traverse le col Fenêtre de Balme; comme guides actifs et de bonne volonté à Ollomont, on peut recommander Bosset Joseph, dit Bazot, et Diémoz Constant, instituteur.

Pour visiter les galeries du filon, il faut s'adresser au directeur ou au caporal de la mine.

S. D'Ollomont à Chable dans le val de Bagnes par le col de Fenêtre de Balme (2786 m.).

D'Ollomont on se dirige au Xord, on traverse le hameau de Yau, sur la rive droite du torrent; sur la rive gauche on voit de belles forêts de mélèzes s'élever jusque vers la sommité des monts.

Après avoir traversé une petite plaine, qui porte encore des traces évidentes d'inondations, la route s'élève sensiblement et décline un peu àgauche pour arriver au sommet de la montée, à Cheval liane, d'où elle reprend tout-à-fait à droite par la côte qui se trouve en dessous du Plan de bonne mort, où furent livrées de sanglantes batailles entre les Yaldôtains et les Yallaisans.

Au point où la route reprend à droite, on quitte le chemin qui conduit aux châlets de By, à un petit quart d'heure de distance. C'est à ce point que commence la nouvelle route muletière construite en 1874 en suite d'une souscription faite sous les auspices du Club Alpin d'Aoste.

La route côtoie la colline pour arriver aux châlets de la Balme de Bal, d'où l'on traverse quelques rochers pour arriver au vallon que l'on suit par une succession de plateaux et de clapeys pour atteindre le col (2786 m.), entre le Mont-Avril et le Mont-Gelé. La vue y est magnifique. Sur le col on voit encore les ruines de deux maisons. C'est en traversant ce col que Calvin s'enfuit de la vallée d'Aoste en 1536.

Lu col on descend aux châlets de la Grande Chermontane par des plateaux souvent recouverts de neige (il faut avoir soin de se iTènir plutôt sur 3a gauche à la base du Ment-Avril), puis par des pentes roides recouvertes

VALLÉE DE VALPELLINE 357 de -azons. La Grande Chermontane appartenait anciennement à Ollomont et estait exploitée par le col de Fenêtre de Balme. Le passage du col offre des vues magnifiques sur le grand glacier d'Otcmma et sur une multitude de glaciers plus petits.

Des chalets de Chermontane, où, au besoin, on pourrait loger, on prend à sa gauche, pour aller traverser le pied du glacier de Mont-Durand qui ferme complètement la vallée et va s'appuyer sur les rochers du flanc opposé de la vallée. Ce bout de glacier se traverse sans difficulté, et il a même été question d'y placer deux cantonniers pour tenir la route ouverte au passage des montures.

Depuis le glacier, la route qui traverse deux fois la Dranse, s'avance par les chalets des Vingt-huit et de Torembec pour arriver à l'Hôtel de Gêtroz ou de Mauvoisin, situé dans la position la plus pittoresque sur un mamelon de la rive gauche, presqu'en face du glacier de G-étroz.

On doit écrire non pas Monvoisin, mais bien Mauvoisin, abréviation de Mauvais voisin, à cause de la proximité du glacier de Gétroz qui jette ses terribles avalanches de glaces du haut de la montagne et vient barrer le cours de la Dranse, ce qui a causé de terribles inondations dans la vallée, surtout en 1818, où l'eau du débordement, lors de la rupture de la digue de glace, atteignit au pont de Mauvoisin une hauteur de plus de dix-huit mètres. Depuis l'Hôtel de Mauvoisin, la vallée porte tout le long les traces de l'inondation de 1818.

On descend de l'Hôtel par la forêt pour aller traverser le pont, jeté à une grande hauteur sur la Dranse ; depuis lors on avance par une série de chalets séparés par des forêts jusqu'à Champsec, où commence la route des chars et de là à Châble (Tzâblo), chef-lieu de la belle, pittoresque et intéressante vallée de Bagnes, dont aucun village ne porte pourtant le nom.

De Chable on peut se rendre en quatre heures à Martigny, ou en sept heures au Grand St-Bernard.

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