ÉDUCATION SUPÉRIEURE
L'enseignement supérieur est de beaucoup mieux <îoté chez les protestants que chez les catholiques. De V Institution Royale^ fondée en 1803 pour le progrès de l'instruction, mais qui tomba parce que les parents catholiques refusèrent d'envoyer leurs enfants dans ces écoles foncièrement protestantes, une seule maison survécut, grâce à la libéralité d'un
Ecossais qui décéda à Montréal, en 1813, Thon. James McGill, et elle est devenue l'une des plus riches universités de l'Amérique.
L'hon. McGill légua, par testament, à l'Institution Royale une propriété de 64 acres de terrain sur laquelle se trouvaient plusieurs constructions ; il lui légua encore une somme de $50,000, à condition qu'un des collèges de l'Institution portât le nom de Collège McGill.
Outre l'enseignement secondaire, le collège, devenu Université, donne l'enseignement supérieur dans cinq facultés : Lettres, Sciences, Arts, Médecine, Droit. Des facultés de théologie méthodiste et presbytérienne, et une école de médecine vétérinaire y sont affiliées. En 1857 fut inaugurée l'Ecole Normale McGill.
Des legs importants, des dons princiers ont rendu l'Université McGill si riche qu'on évalue ses propriétés à près de huit millions de dollars.
Elle se montra fort généreuse à l'égard des Canadiens-français, qui, n'ayant pas de faculté catholique, voulurent puiser chez elle la science du droit ; non seulement elle leur ouvrit ses portes toutes grandes, mais encore elle compta bon nombre de Canadiensfrançais parmi ses professeurs.
Sa faculté de médecine resta plus exclusive : en 1843, les docteurs Munro, Arnoldi, Badgley, Sutherland et McNider fondèrent, dans un édifice élevé en face de THôtel-Dieu, qui mit ses salles à leur disposition, une Ecole catkoliqt^e de Médecine qui s'affilia, pour pouvoir conférer des diplômes, à \! Université Victo7^ia de Cobourg, (Ontario).
Malgré une violente opposition de l'Université Laval de Québec, le rêve que caressait Mgr Bourget,
depuis 1870, celui de la création d'une Université catholique dans la métropole, se réalisa, du moins en partie : Montréal posséda ses cours de droit, de médecine, de théologie, mais sous le contrôle de l'Université Laval de Québec. Il y avait cependant des intérêts légitimes que l'on ne pouvait sacrifier avec désinvolture, ceux des professeurs de Laval : les deux facultés se fusionnèrent, et l'entente s'établit.
L'installation de la nouvelle succursale fut des plus modestes : les cours de médecine se donnèrent dans une dépendance du château Ramezay, les cours de droit dans une salle de la Bibliothèque paroissiale.
La générosité de feu M. Cherrier et du Séminaire allait permettre une installation plus digne, et l'on vit s'élever, rue St-Denis, un édifice imposant. Aujourd'hui l'Université Laval, à Montréal, possède le contrôle exclusif de ses finances, et n'est plus qu'affiliée à celle de Québec. Les cours de théologie sont donnés -au grand Séminaire de Québec. U Ecole Polytechnique et une école de médecine vétérinaire sont également affiliées à l'Université Laval de Montréal.
Il y a aussi un Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec ; un Collège de Pharmacie^ 595, rue Lagauchetîère ; un Collège dentaire affilié à l'Université Bishop ; Association des Dentistes; une Association des Vétérinaires ; une Société médico-chirurgicale^ au No 2426, rue Ste Catherine ; enfin un Collège des médecins et chirurgiens ho??tœofathes.
En T851, l'évêque anglican Mountain et quelques amis de l'éducation de la ville de Sherbrooke fondèrent le Collège Bishop, établi à Lennoxville, et le placèrent sous la direction du clergé anglican. Vers 1858, ce collège fut élevé au rang d'Université. La
succursale de Montréal occupe un édifice de brique qui s'élève au coin des rues Ontario et Mance. Cette université compte plusieurs Canadiens-français parmi ses élèves.