HISTOIRE DE MONTREAL
La Compagnie de la Nouvelle-France avait concédé l’île de Montréal à la Société de Notre-Dame de Montréal, composée de MM. Olier, de la Dauversière, de Fancamp, etc. Celle-ci prépara une petite expédition de soldats et d'ouvriers qu'elle plaça sous le commandement de M. Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve.
C’est le 18 mai 1642, que les hardis pionniers abordèrent à la Pointe à Callières, au lieu où s'élève aujourd’hui la douane. Îls étaient accompagnés du gouverneur de la Nouvelle-France, M. de Montmagry, du père Vimont, supérieur des Jésuites, de M. des Puyseaux, de Melle Mance, la fondatrice future de l’Hôtel-Dieu de Montréal, et de Mme de la Peltrie,
Un fort en bois fut aussitôt commencé, et fut entouré d'une palissade de pierre sèche : un fossé, qui allait de la rivière St-Pierre au fleuve, complétait la défense extérieure. Mais on jugea bientôt ces fortifications trop primitives contre le danger imminent des attaques des Iroquois, et, dès l'automne de 1643, M. d’Ailleboust les changea en un quadrilatère régulier, dont chaque face avait 320 pieds de long, et qui était flanqué de quatre bastions en maçonnerie, avec des courtines en bois de deux toises de hauteur. Des trois portes qui y livraient
accès, l’une donnait sur le fleuve, l’autre sur la rivière St-Pierre, et la troisième sur la campagne. A l'intérieur, la chapelle s'élevait au milieu d’un bâtiment à deux ailes, autour duquel se voyaient les logements des soldats et des colons, les magasins et l'hôpital. Enfin, près du fort, on établit le premier cimetière.
Les travaux avaient été interrompus brusquement par une inondation, qui faillit tout emporter ; les eaux s'arrêtèrent heureusement au pied des remparts.
Bientôt de nouvelles constructions s’élevèrent de côté et d’autre en dehors de l'enceinte du fort : elles étaient généralement en pierre et aménagées comme des postes fortifiés ; des maisons de colons se groupèrent alentour. C'étaient l’hôpital, à l’endroit où sont les magasins des sœurs de l’Hôtel-Dieu ; la chapelle de Notre-Dame de Bonsecours ; l’église de St-Joseph, au coin des rues St-Paul et St-Joseph (St-Sulpice).
Le tracé des premières rues fut fait en 1672 par l’arpenteur Benigne Basset : c’étaient la rue St-Paul, qui allait du fort à l'hôpital, les rues St-Jean-Baptiste, St-Pierre, St-Vincent, St-Joseph et Notre-Dame. L'église paroissiale fut construite cette même année, 1672, sur la rue Notre-Dame.
La population n'augmenta guère dans le XVIIe siècle, par suite des attaques continuelles des Jroquois, et de la mortalité qui décima, dans les premiers temps, les enfants des colons. En 1642, commençant avec 72 personnes, elle n’était, en 7650, que de 196, en 1660, de 372, en 1665, de 525, en 1672, de 830 ; en 1710, elle atteignait 3472 habitants pour l'île de Montréal.
La première école fut fondée en 1658 pour les garçons et les filles, par la mère Marguerite Bourgeoys,
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Dès 1658, M. de Queylus, supérieur du séminaire de St-Sulpice, faisait élever, sur l'emplacement actuel de la gare de l'Est, un moulin qui fut entouré d’une palissade, d’un fossé et de quatre bastions. Dans la suite, ce moulin devint la citadelle En 1684, le Séminaire construisit le séminaire actuel. En 1692, les Jésuites faisaient bâtir, sur le terrain où s'élèvent aujourd’hui l’Hôtel-de-Ville et le Palais de Justice, une maison, une église et une chapelle, qu’un incendie dévora en 1803. En 1698 s’éleva, entre la rue St-Paul et celle des Commissaires, le palais de l’Intendance, qui fut rasé en 1792. Enfin, en 1723, le gouverneur de Montréal, M. de Vaudreuil, élevait le château de Vaudreuil, qui devint Collège en 1773, et qui fut détruit par un incendie en 1803.
Québec était la tête et le cœur de la Nouvelle- France ; Montréal n'était, pour ainsi dire, qu’un poste de traite des pelleteries avec les nations sau-
vages. L'industrie était nulle et le commerce était entièrement dans ies mains de la Compagnie des Cent Associés ; en fait d'industrie, on ne pratiquait guère que celle du tissage. Quant à la culture, elle était sans cesse arrêtée par les incursions des sauvages; souvent aussi, des gelées précoces firent manquer les récoltes.
Enfin, la prospérité commença vers 1840 ; la population de l'île était alors d'environ huit mille âmes et celle de tout le Canada se montait à cinquante mille habitants. On avait créé, en 1717,une Bourse pour la réunion des négociants, et, en 1721, un système de Postes et de Messageries, pour le transport des lettres et des voyageurs entre Montréal et Québec.
Les fortifications n’étaicnt qu'ébauchées ; en 1716, le Régent imposa à la ville, dans le but de les élever, une contribution de six mille livres, dont deux mille devaient être versées par le Séminaire. Les fortifications ne furent commencées qu’en 1722, sous la direction de M. Chaussegros de Léry, mais ne furent jamais complétées ; on les démolit en 1804, et c’est de cette époque que dete l'extension des faubourgs St-Laurent, des Récollets, et de Québec. Les muraiiles en pierre brute, garnies de barbacanes, avaient dix-huit pieds de haut ; elles présentaient treize bastions, et on pénétrait dans la ville Par huit portes et huit poternes.
Tout le monde connaît la magnifique épopée qui se termina en 1760, par la reddition de Montréal. Enveloppé, avec moins de trois mille hommes, par vingt mille Anglais, de Lévis consentit à se rendre, mais en réclamant pour ses troupes les honneurs de la guerre ; cette demande si légitime fut refusée. Indigné, il se retire dans l’île Ste-Hélène, résolu à y vendre chèrement sa vie. Sur l’ordre formel de M. de
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