‹ Guide de Montréal et de ses environs [microforme]Chapitre 32 sur 98 · LA BANQUE · texte numérisé non relu

LA BANQUE

\ "remarque un bassin surmonté de quelques groupes \ 4 4! de bronze un peu mesquins et déplacés, mais qui font \gl “les délices des oisifs qui attendent. assis sur les # M rebords de la fontaine, le transbordement des pri- M) sonniers, des cellules de la police aux cachots du tribunal.

En face du bassin, du côté du fleuve, s'élève la TATUE DE NELSON érigée sur la PL ACE JACQUES CARTIER qui descend jusqu'au fleuve. Ce site est un des jolis points de vue de Montréal : on aperçoit de là les principaux quais des compagnies de navi- Mgation fluviale, l'ILE STE-HÉLÈNE, l'autre côté de la “rive du St- Laurent, etc.

La colonne Nelson et la statue qui la surmonte n'ont rien de particulièrement artistique ; c’est du mauvais plâtre verdi par le temps, désagrégé en certaines places ; mais la population anglaise considère ce monument comme un palladium. A différentes reprises, on a parlé de l’abattre. de la transporter, ou de la changer, mais rien n’y a été fait. Les groupes britanniques se sont émus, et ont exigé le maintien de Nelson en son lieu et place actuels. Le but de cette exigence est la satisfaction d'un peu d’amourpropre spécial à la nation anglaise.

Le centre où s'élève la statue de Nelson est un entre éminemment français ; aux pieds du héros de Trafalgar se tient,chaque mardi et chaque vendredi, le marché aux provisions, L’habitant canadien, le vieux type du cultivateur du pays, arrive sur la place avec sa charrette chargée de fruits ou de légumes, et s’installe du mieux possible pour faire valoir sa marchandise, qu'il offre avec une énergie et une vivacité incomparables aux clients matinaux, chefs de grands hôtels, cuisinières de bonnes maisons, petites bourgeoises, vieux rentiers. C’est alors une babel de cris, d'appels, d'objurgations au milieu des tas de choux, de patates,

de citrouilles, avec une foule bigarrée qui se heurte, se bouscule et se pousse! L'aspect de la Place Jacques-Cartier, les jours de marché, est une des choses les plus pittoresques que l’on puisse voir,

Pour revenir à Nelson, qui tourne le dos à tout ce : remue-ménage et qui contemple stoïquement le très vilain petit NEPTUNE du bassin qui lui fait face, il ne reste en place que pour satisfaire quelqu'amourpropre borné qui pense rappeler ainsi aux Canadiensfrançais leur état forcé de sujétion à l'Angleterre. Mais ce petit sentiment, très petit et très mesquin, ne tient pas devant les faits. Toutle monde sait que M Nelson trône là parce que cet emplacement se trou- # vait autrefois à côté de la demeure Ges gouverneurs, 4 le CHATEAU RAMESsAY, et sur ce qui était alors la * partie anglaise officielle de la cité de Montréal. Par ? un curieux phénomène de migration, les Anglais, * qui occupaient alors la partie est de Montréal, ou M plutôt qui s'étaient établis à l’est du groupe français M massé autour de la paroiïissse de Notre-Dame, sont maintenant partis vers l’ouest. Où s'élève la statue de Nelson aujourd’hui, c'était le centre militaire, avec le Château Ramesay, les CASERNES un peu plus à l’est, le CHAuP DE Mars en face. Rien d’étonnant à ce que le lieu fût choisi, mais aujourd’hui il n’a aucune signification.

Devant les deux grands édifices du Palais de M Justice et de l'Hôtel de Ville, sur leur façade nord, se trouve le CHAMP DE Mars, où les troupes de la milice font l'exercice. C’est un assez vaste terrain qui suffit amplement aux besoins militaires de la cité. Etabli depuis très longtemps, le Champ de Mars, entouré de peupliers presque centenaires. a eu le curieux avantage de servir de lieu d'exercice aux Américains, aux BosToNNaIïs, comme l’on disait alors, qui, dans la guerre de 1812, occupèrent Montréal. Depuis lors, plusieurs régiments américains sont

qui se heurte, D TOVenUs MORSNVEE, mais cette fois c'était en visite t de la Place cordiale et amie.

, €st une des M Retournons à la rue Notre-Dame ; nous sommes Juisse VOIr. en face de l'Hôtel de Ville, et, derrière nous, s'élève e dos à tout ce M le CHATEAU RAMESAV, le plus ancien monument hisjement le très M torique qui soit conservé à Montréal, Ilen est fait i fait face, il ne (M Mention dans le chapitre spécial consacré aux mo-

| Lo

V5 « : . , quelqu’amour- M numents, ce qui me dispense d'en parler davantage. aux Canadiens- M En continuant vers l’est, nous arrivons au croise: à l'Angleterre. À ment de la RuE Bonsecours et de la rue Notre-

rès mesquin, ne M Dame. C’est généralement en cet endroit que le onde sait que M touriste, qui n’entend pas faire une visite en détail, cement se trou- M mais simplement une promenade dans Montréal, es gouverneurs, M modifie sa direction pour prendre vers le nord, c’est- | était alors la M à-dire remonter la Rue ST-DENISs. Nous suivrons Montréal. Par M d'ailleurs cet itinéraire, mais avant de nous y lancer, on, les Anglais, M nous allons décrire quelques-uns des endroits à voir Montréal, où M dans différentes orientations, et que l’on peut atteingroupe français M dre en n'importe quel temps, en prenant ce carrefour tre-Dame, sont M comme point de repère.

‘élève la statue M ntre militaire M Si vous descendez vers le fleuve par la rue Bon- | lus M Secours, vous aurez le plaisir de visiter l'EGLIsE Es un peu plus # | ‘en d'étonnant M BONSECOURS dont il est parlé au chapitre des mo- Ourd’hui il n’a 8 numents religieux, et qui est un des monuments Îles jourd’hui na Rae … plus remarquables de Montréal, ainsi que le MARCHÉ … Boxsecours dont la visite présente, surtout, un vif du Palais de M intérêt, les jours où les maraîchers et cultivateurs de

façade nord, se M la banlieue viennent apporter leurs produits ; c’est

oupes de la mi- # alors que l’on peut étudier sur le vif la population aste terrain qui M canadienne et dénicher des tableaux de mœurs ires de la Cité. Mamusants. La façade du marché Bonsecours longe amp de Mars, M le quai et l’on y a une très bonne vue du Port de nuires. a eu lei Montréal.

d'exercice aux , ai ;

on: disait alors, Revenons maintenant à l'intersection des rues No-

, 1h 0 0 . , , 128 tr : . eo rent Montréal. li tre Dame et Bonsecours. Si 1: touriste dispose d’un

méricains sont Peu de temps pour sa visite, il pourra pousser une

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pointe dans l'Est en suivant la rue Notre-Dame qui va jusqu'au BouT DE L'ILE de Montréal. Sans toutefois sortir des limites de la cité, on remarquera, sur le parcours, l'HôpITAL NOTRE-DAME, la GARE DALHOU- SIE, gare du chemin de fer du Pacifique, dans la partie est, qui est en train de faire place à la GARE DE L'EST, construite en façade sur le JARDIN VIGER.

Plus loin, le PARC SOHMER, jardin d'été où se fait d'excellente musique avec des représentations variées, Au Parc est attaché un JARDIN ZOOLOGIQUE, contenant un assez grand nombre d'animaux de valeur. La rue Notre-Dame passe ensuite devant le CARRÉ PAPINEAU, place publique célèbre par les assemblées populaires qui s'y tiennent à chaque élection, puis devant la PRISON DE MONTRÉAL, édifice très ancien et fameux par les souvenirs historiques qui s’y rattachent. C’est là que furent détenus les PATRIOTES arrêtés pour avoir pris part à la RÉBEL- LION DE 1837 ET DE 1838 À cet endroit,la rue Notre-Daine se rapproche du fleuve qu’elle longera maintenant constamment.

Un peu après la Prison, nous trouvons le PARC BELLERIVE, parc élégant, longeant la rivière et où la population ouvrière du Faubourg Québec peut venir respirer la brise rafraîchissante du St-Laurent après les grandes journées de chaleur. Au pied du Parc se trouve la TRAVERSE DE LONGUEUIL où attend le steamboat qui mène à ce charmant village situé directement en face, de l’autre côté du fieuve, Maintenant, la rue Notre-Dame traverse un quartier industriel sans attrait pour le touriste, et sort de Montréal pour atteindre MAISONNEUVE, la LONGUE POINTE, la POINTE AUX TREMBLES, le BourT de L'ILE, une foule de jolis villages échelonnés le long de la route et que l’on visite facilement en prenant, au terminus des Tramways Urbains, le CHEMIN DE FER

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