GALERIE DES ARTS
GUIDE DE MONTRÉAL 57 de fer du Pacifique, est l'emplacement de l’ancienne {citadelle française qui s’y dressait jusqu'en 1819, ‘époque à laquelle le gouverneur, le comte de Dal- *housie, la fit raser. Cette éminence portait autrefois ‘le nom de côte de la Citadelle.
La citadelle consistait en un blockhaus qui commandait toutes les rues de Montréal d’un bout à “l'autre, et son emplacement fut occupé dans la suite par l’un des aqueducs primitifs de Montréal. Les “murs de la ville finissaient là par la PORTE DE Qué- BEC, qui a fait donner, à tout le quartier situé à l'ouest ‘de la gare Dalhousie, le nom de FAUBOURG QUÉBEC, “que conserve fièrement la population canadiennefrançaise.
La gare Dalhousie est bâtie exactement sur l’em- Iplacement de l’ancien arsenal français, employé en e. ‘dernier lieu comme casernes, par la garnison anglaise.
Lors des démolitions faites, il y a quelques années, = (pour construire la gare. on a définitivement détruit : les derniers vestiges de fortifications françaises. Une “plaque commémorative fixée aux murs de la gare ‘porte l'inscription suivante :
. “Ce square occupe l'emplacement de la citadelle “bâtie en 1685, remplaçant le moulin élevé par Maisonneuve et Daillebout en 1660. Batterie royale en “1723. Rasée et offerte à la ville par le comte de “Dalhousie, gouverneur-général, A l’extrémité est de % rue Notre-Dame, sur ce square, s'élevait la porte t. Martin, Porte Québec où entra Ethan Allen, omme prisonnier de guerre en 1775. (Cette station Ene l’Arsenal français détruit en 1881, avec les. ss vestiges des fortifications françaises de U721.”
1 La hauteur où s'élève la gare Dalhousie présente une particularité d'origine commune d'ailleurs à toute la colline sur laquelle est bâtie la partie de
Montréal située entre le fleuve et la rue Craig, oùk passait autrefois ce qu’on appelait la petite rivière del Montréal. C’est tout un terrain d’alluvion formé entre les deux bras du fleuve, et ayant acquis un élévation absolument extraordinaire, au point d former presque une montagne. On signale plusieu cas de monts formés de la même façon à l’embou: chure de rivières canadiennes. Il en existe en part culier un à l'embouchure de la rivière Châteaugua située à près de quinze milles de Montréal.
Maintenant que voici le touriste introduit dansk Montréal, par l’une quelconque des grandes entrée nous allons le faire voyager dans la métropole can dienne.
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Mi Le point initial de toute promenade à Montréal est Èxiste en parti.4
a PLACE D'ARMES d’où se comptent toutes les disances. La population canadienne choisit, comme “point de départ, la PAROISSE, c’est-à-dire introduit dansl'Eczise NOTRE-DAME, dont les tours élancées domi- -andes entrée ent tous les environs, et la population anglaise a dopté le BURFAU DE PosTE dont le clocheten élevé et le cadran facile à distinguer offrent un point de “repère que l’on trouve facilement. Ces deux édifices “Diacés chacun sur l’une des faces de la Place ‘n'Armes font de ce lieu l'emplacement central de la WEité.
À C’est donc de là que nous allons rayonner dans Hiverses directions pour tracer des promenades “intéressantes et suivies aux voyageurs, aux touristes “ui désirent visiter Montréal d’une façon utile.
M Le square qui orne la Place d’Armes est un peu étri- ‘oué par les énormes bâtiments qui l’entourent et par . les édifices qui le surplombent. Très ensoleillé, il est cu fréquenté des flâneurs et sert surtout de passage ' ide et de voie de liaison entre les deux grandes ærières commerciales, la rue Norre-DamE et la rue Pr -JACQUES.
Quelques érables assez vigoureux, en dépit de la
Œhaleur brûlante qui monte de l’asphalte des rues, Rue plates-bandes avec des fleurs banales, @n peu de gazon, voilà le bilan de cette oasis histoique où ne fait que passer le flot montant et des- Æendant de la gent affairée.
Au centre, s'élève la STATUE DE MAISONNEUVEN œuvre du sculpteur canadien PHILIPPE HEBERT et Ie plus beau monument artistique qui existe au Canada, Dans un autre chapitre, relatif aux statues et mon: ments d'art de Montréal nous en donnons une des: cription complète ; il nous suffira de relater 1 incident bizarre et assez comique qui marqua l’érec#} tion de ce colosse de bronze. Les citoyens de Montréal, pris d’une belle fièvre artistique,décidèrent# un jour d’avoir sur une de leurs places publiques statue du fondateur de leur cité. Cette idée ét due surtout à un sentiment d’amour-propre un pe froissé de voir que seul NELSON, le héros de Tra falgar, jouissait de l’honneur de figurer triomphale ment sur un monument public. Une souscriptior fut lancée par les soins d’un comité de citoye nommé en réunion spéciale ; aussitôt qu'elle e atteint un certain montant, le modelage de la statue fut commencé, le modèle fut accepté et coulé er bronze. Mais quand la statue arriva au Canada, i ne restait plus d'argent pour construire le piédestal
Cette mésaventure n’est pas nouvelle, et l’on st# rappelle que le colossal chef-d'œuvre de BARTHOLDIMR la LIBERTÉ ECLAIRANT LE MONDE,” qui se dress aujourd'hui sur BEDLŒ ISLAND à l'entrée de NEw# York, et que les Américains avaient reçu en cadeauM faillit rester sans piédestal, et ne serait pas encor“ édifié si M. PuLirzer, le gérant du Wor/4 de New York, n'avait pas pris la chose en mains, et n’av pas fait réellement hont: à ses concitoyens, el recueillant piastre par piastre le montant nécessairés pour élever une construction capable de soutenir las colossale représentation de la grande déesse améri# 1 caine.
Le pauvre Maisonneuve subit un sort à peu pre semblable : pendant deux ans on le promena def local en local, on l’exhiba même au milieu de figure
è : GUIDE DE MONTRÉAL 61
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de cire ; tout un hiver, chassé du musée, il fut remisé dans une misérable cabane en planche édifiée dans un coin du square, et finalement un sentiment {de pudeur envahit les âmes de ses concitoyens qui mirent tous la main à l’œuvre, et s’occupèrent de recueillir l’argent nécessaire pour l'érection d’un
…piédestal, digne de l’œuvre. C'est celui qui existe aujourd’hui.
Si maintenant nous prenons la direction de l’est, c'est-à-dire celle de la partie française de notre cité, Acelle qui porte le nom de FAUBOURG QUEBEC, nous suivons d’abord la RUE NOTRE-DAME, rue commerante ornée de nombreux et beaux magasins. La er triomphale#frue Notre-Dame n’a cependant plus cette animation, 1e souscriptionäicette vie d'autrefois. Le commerce, qui suit son té de citoyen#imouvement invariable vers le nord, a abandonné, en tôt qu’elle eulpartie du moins, cette artère pour se concentrer age de la statuéllisur la RUE STE-CATHERINE dont nous parlerons plus té et coulé er “Hard. Le premier point notable à citer sur la rue a au Canada, i Notre-Dame dans notre marche vers l’est est l’interire le piédestalh section de la CÔTE ST-LAMBERT.
elle, et l’on sel
4 A cet endroit la RUE ST-LAURENT, la GRAND’ RUE, de BARTHOLDIMX
Main Street) comme on l'appelle suivant la vieille / qui se dresshabitude française, la grande voie par laquelle arrientrée de NEwMvait autrefois tout le trafic du nord, se trouve bruseçu en cadeau#quement coupée de son terminus rationnel, c’est àdire de son accès au fleuve, par la paroi sud de la orld de NewMue Notre-Dame. On a beaucoup parlé de percer ains, et n’avalla continuation de la rue St-Laurent jusqu’au fleuve bncitoyens, etlipù elle doit fatalement aboutir, mais certaines spérétulations ont empêché la réussite de ce projet.
De la rue Notre-Dame en passant au carrefour de a Côte St-Lambert, on a un aperçu magnifique de la rande voie élargie de la rue St-Laurent jusqu’à la ort à peu prèue Ste-Catherine ; cet alignement absolument droit,
promena déui se continue pendant plusieurs milles, donne ilieu de figure
déesse amérill
immédiatement une impression assez exacte de l'importance de la cité.
Quelques minutes de marche sur la rue Notre- Dame amènent le touriste devant le PALAIS DE JusTicE, au confluent des rues St-Jacques et Notre- Dame. La rue St-Jacques qui vient se jeter ici passe devant le Square de la Place d’Armes sur la face nord, court parallèlement à la rue Notre-Dame, puis s’infléchit brusquement pour disparaître dans celle-ci. La seule mention spéciale que mérite la rue St-Jacques, dans cette portion, du moins, en dehors de la grande activité qu’elle présente comme rendez-vous des bureaux d'avocats, notaires, banquiers, agents d’affaires, etc., c'est d’être la rue des journaux : le Star, la Patrie, le Monde, la Presse, tous journaux quotidiens à fort tirage ont là leurs bureaux et leurs ateliers. Des bulletins constamment affichés tiennent le public au courant des nouvelles télégraphiques du monde entier, et sont lus avidement par une foule anxieuse, qui se renouvelle constamment en face de chaque journal de son choix.
Le Palais DE JUSTICE occupe un emplacement considérable, et sa lourde masse maladroitement surmontée d’une coupole en zinc qui dépare un peu le style généralement académique du monument, en fait un des édifices notables de la cité. Le parterre ombragé qui s'étend le long de la rue Notre-Dame modifie un peu l’aspect généralement sévère de la rue. |
L'HÔTEL DE VILLE fait pendant au Palais de Justice, et son architecture Renaissance forme un contraste agréable à l'œil avec le style pesant du monument d'à côté. L’escalier et la porte centrale du Palais Municipal ont une assez jolie allure.
Entre le Palais de Justice et l'Hôtel de Ville se trouve une petite place, au milieu de laquelle on
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