PONT DI
par les premiers colons qui, étant arrivés à ce point, croyaient qu'ils avaient découvert le passage conduisant en Chine.
La ville ne présente aucun intérêt spécial : c’est un lieu de villégiature pour les citadins. Le grand intérêt du voyage consiste à sauter les rapides pour revenir à Montréal. Les steamboats, qui descendent du Haut-Canada vers Montréal, correspondent avec les trains et accostent devant le débarcadère du chemin de fer. On monte à bord en prenant bien soin de s'installer à l’avant pour ne rien perdre des émotions du passage. Le bateau double d'abord, au sud, le village indien de CAUGHNAWAGA, ce qui veut dire ‘“ Indien en prière.” (1) Au début, les {ndiens qui s’y établirent étaient des convertis, des ‘“‘caughnawagas.” Puis nous passons, peu après, l’un des plus beaux ponts modernes qui existent au monde : celui qui a récemment été jeté sur le St-Laurent par la compagnie du Pacifique Canadien. Le steamer glisse maintenant dans le courant avec une vitesse qui augmente à chaque instant et semble indiquer que l’on a devant soi un rapide plus formidable encore que ceux que l’on a passés déjà. Tout le monde est sur le qui-vive ; mais le plus grand calme et le plus grand silence règnent à bord du bateau qui est entraîné par l'irrésistible courant jusqu’au point où il opère son premier saut dans le RAPIDE DE LACHINE. Le steamer qui a plongé se redresse aussitôt sur les vagues bondissantes, au milieu des rochers qui l’environnent, et, guidé par le pilote vigilant et éprouvé qui préside au gouvernail, il se précipite de nouveau dans le courant. La parole s’arrête sur les lèvres, et l’on demeure comme pétrifié tant
(1) Nous déclarons que nous avonstiré presque textuellement le reste de ce chapitre d’un opuscule publié par la compagnie du Pacifique Canadien.
est majestueuse et imposante la scène à laquelle om assiste et prend part en même temps.
Au sortir des rapides de Lachine, un autre spectacle d’égale grandeur, mais d'un tout autre genre, attend les passagers de notre stamer : nous voulons parler du Pont Victoria dont nous avons déjà parlé. Le fleuve, à l’endroit qu’il traverse, a plus de deux milles de largeur. C’est surtout lorsqu'on passe dessous et que, du pont du steamer, on regarde cette masse imposante, qu’on peut se faire une idée, jusque-là bien vague et bien faible, des proportions gigantesques de ce chef-d'œuvre de génie civil.
Devant le touriste se déroule maintenant le magnifique panorama de la ville de Montréal, au milieu de laquelle se dressent, imposantes et élancées, les deux tours de l’église Notre-Dame. Le steamer vient accoster au bateau qui part à sept heures pour Québec et le Saguenay. Il y laisse ceux de ses passagers qui ont cette destination et se dirige ensuite vers son quai au bassin du Canal. Dans ce court trajet on a une excellente vue du port et dè cette partie de la ville qui se trouve le long des quais.
Si maintenant on veut revenir de Lachine en voiture, le chemin du bas de Lachine qui longe le fleuve est des plus intéressants, d'autant plus qu’il permet de voir de près, et sur la terre ferme, ces fameux rapides dont le bruit s'entend au loin et aussi parce qu'on peut y visiter les travaux de la COMPAGNIE HYDRAULIQUE DES RAPIDES DE LACHINE, qui sont les travaux hydrauliques les plus considérables qui existent sur ce continent.
Tous les savants qui ent été examiner ces travaux sont revenus enchantés de ce qu'ils ont vu, et étonnés de la grandeur des difficultés qu'il a fallu vaincre pour exécuter l’entreprise.
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