Amours médecins (peinture
vestalia, des amours vendangeurs, d'autres qui s'acquittent d'une pompe bachique, et d'autres enfin qui débitent le vin. Dans les petits tableaux au fond noir, qui sont quelque peu au-dessous, par corrélation des candélabres qui coupent les grandes encadrures de cinabre, on aperçoit de charmantes Psychés, dont l'attitude est variée, mais «'occupant toutes à cueillir des fleurs. Les petits tableaux au centre des parois longues présentent trois sujets tirés de la mythologie. Sur la paroi droite on voit Agamemnon entrant dans le temple d'Artémis (Diane), pour y tuer la biche sacrée, et Apollon vainqueur du serpent Python. La paroi gauche présente au visiteur la scène d'Oreste et Pylade en Tauride devant le roi Thoas et Iphigénie. Le lambris des côtés longs est orné avec des figures d'Amazones et de femmes por-
tant les ustensiles pour le sacrifice. Sur le côté du fond on aperçoit une jolie Bacchante et un satyre qui fait le geste de Vccnoaxoiievên'. Les grandes encadrures de cinabre sont ornées dans leur milieu de groupes de figures ailées. Sur la paroi gauche on remarque les figures de Poséidon (Neptune), et d'une femme; sur celle de vis-à-vis les figures d'Apollon et de Daphné, un satyre et une bacchante; tandis que sur la paroi droite ressortent celles de Persée et d'Andromède, et sur le mur à droite de l'entrée on voit Hermaphrodite et Silène.
Les beaux candélabres peints sur les piliers noirs mitoyens ne saïu-aient échapper à ladmiration du visiteur. Ses yeux seront frappés sans doute, à la vue des ornements superbes qui surmontent les encadrures rouges et des belles figures ornant l'architecture de la partie supérieure des parois.
La table à trois pieds est dressée; les convives couronnés de flem-s s'étendent {discumbunt) sur les lits, et le souper commence par une lauta gustatio, qu'ils arrosent de bon vin {Falerno etiam vino inundatur). Un jeune esclave (puer) apporte les mets, dont quelques uns sont contenus dans des plats d'argent (lances argenteae) placés smune table dorée, qu'une statue de bronze soutient des deux mains. Tandis que l'appétit s'aiguise par la saveur des mets, les mélodies des joueurs de flûte apportent leur charme, et les yeux suivent les cadences voluptueuses d'une jolie danseuse. Nous tirons cette belle scène d'une peinture pompéienne, et l'imagination du visitem* peut bien l'évoquer dans ce beau triclinium. Qu'il pense donc aux tapis magnifiques qui en couvraient le pavé, à l'air embaumé par les fleurs du parterre qu'on y respirait au soir, à la lueur de ces candélabres finement ciselés L'aube reparaît et le silence règne dans la
maison, où l'on entend seulement le faible murmure de l'eau des fontaines du péristyle.
En avançant dans la ruelle, du côté du N. on trouve une petite maison (n". 9), dont l'atrium est tétrastyle. Son compluvium à été reconstruit sur les débris antiques. Près des la maison des Vettii, à l'angle N.- E. de l'île XIII on trouve un système de tuyaux {fistulaé) de plomb, qui par son importance technique mérite l'attention du visi-
teur. L'eau qui arrivait à Porapéi provenait d'un point élevé, sans doute des montagnes qui l'entourent à l'E. Ce n'était vraisemblablement qu'une branche de l'aqueduc qui conduisant l'eau à Naples, Pouzzoles, Baies, Misène, dont la source devait être la même que celle de l'eau de Serino qu'on boit à présent à Naples. C'est pour distribuer l'eau dans la ville qu'on avait élevé ces piliers remarquables par leur hauteur qu'on y rencontre bien souvent. L'un de ces piliers était adossé précisément à l'angle de l'îlot dont nous nous occupons. Les réservoirs pour la distribution étaient situés sur ces piliers. L'eau y était poussée par la force de sa pression, qui devait être considérable, et en sortait de nouveau par des tuyaux de plomb, qui la distribuaient aux fontaines publiques et aux maisons privées.
En retournant dans la rue de Nola (qui dans ce point est désignée aussi par le nom de rue de la Fortune, à cause de sa proximité au temple de cette divinité) dans la direction de l'O. on rencontre sur la droite la maison dite du Faune, qui jouit d'une véritable célébrité parmi les archéologues, ainsi nommée à cause de la fameuse statuette en bronze d'un satyre dansant (maintenant au Musée de Naples), qu'on y trouva tout près de \ impluvium de l'atrium principal. Cette maison est connue encore sous le nom de Maison de la glande mosaïque, à cause de la découverte de la précieuse mosaïque représentant la bataille d'Alexandre (au Musée de Naples). Cette mosaïque ornait le pavé du salon (oecus) aux colonnes rouges, adossé au premier péristyle. Nous voyons ici un exemple typique d'une grande et magnifique maison de l'époque antérieure à la colonisation romaine. Ses ornements appartiennent à l'ancien style. Le salut hâve qu'on litsur le trottoir devant la porte n'est pas uniquement une politesse, mais encore plus une invitation à l'hospitalité. Deux atriums précèdent le péristyle, d'oîi l'on passe à un autre péristyle plus ample. Les deux atriums ont le même arrangement que nous avons remarqué dans la maison du Centenaire. Les stucs de cette maison rivalisent par leur beauté avec le marbre. Le pavé du premier péristyle est encore remarquable malgré les atteintes du temps.
Le temple de la Fortune {aedes Fortunae Augustae) s'élève sur le côté gauche du carrefour formé par la rencontre de la rue de Nola avec la rue dite de Mercure. Le culte de cette divinité avait été introduit à Pompéi l'an 3 après J.-C.
Le collège des minisiri, à qui était confié le soin du culte, plaçait, tous les ans, par disposition des duumvirs et des édiles, une statuette (signum) dans le temple. Il est probable qu'à cette époque, ou peu avant, on fit la dédicace du temple que Marcus Tullius, trois fois duumvir, quinquennal, augure et tribun militaire par suffrage populaire, avait fait bâtir sur un sol de sa propriété, à ses frais. Le tremblement de terre de l'année 63 l'ayant endommagé, on l'avait rebâti.
On monte au pronaos par un escalier au pied duquel il y a une plate-forme où s'élève l'autel. Cette plate-forme avait une grille, qu'on pourrait ouvrir des deux côtés de l'autel. Le pronaos a sur son front quatre colonnes corinthiennes et trois de chaque côté, y compris celles des angles. Une édicule est adossée à la partie postérieure de la cella, qui était autrefois revêtue de marbre: on y lit sur l'architrave l'inscription qui fait mention du fondateur. Le murs des côtés ont chacun deux niches pour statues, dont ou n'a retrouvé que deux.
Un arc de triomphe, qui servait aussi de réservoir, s'élève à droite du carrefom*. Cet arc soutenait une statue équestre de bronze, dont on a réunis les fragments, et qui représente Caligula (au Musée de Naples). En avançant dans la rue de Nola ou de la Fortune on trouve à gauche le troisième établissement de bains publics de Pompéi. La construction en date du commencement de la colonisation romaine, c'està-dire, du temps de Sylla. Le duumvir Lucius Caesius, et les édiles Gains Occius et Lucius Nirémius les avaient fait bâtir avec l'argent du trésor public. On y remarque le même arrangement des Thermes Stabiens. Il y a dans le tépidaire un grand brasier de bronze, que Marcus Nigidius Vaccula y avait fait placer avec les sièges. La vache qui orne le brasier, et les pieds des sièges font allusion à son nom. Le lavoir (labrum) fut placé dans le calidaire entre les années 3-4 après J.-C. Il avait coûté 5250 sexterces (1425 francs environ).
Vis-à-vis de ces Thermes, sur la rue de la Fortune, on trouve la maison dite du poète tragique (la maison de Glaucus dans le roman de Bulwer). On y découvrit de remarquables peintures et de précieuses mosaïques, qu'on peut admirer dans le Musée de Naples. Parmi les peintures on ne saurait oublier le tableau si renommé du sacrifice d'Iphigénie, qu'aucun autre ne dépasse par la force des couleurs. La mosaïque d'une grande finesse, qui représente une épreuve théâtrale (au Musée de Naples), fut trouvée dans cette maison: d'où sa dénomination si arbitraire.
Il y avait aussi dans le pavé de l'entrée la mosaïque du chien avec les mots cave canem (prends garde au chien), maintenant au Musée de Naples.
En avançant dans la rue, on rencontre à droite une seconde traverse. Qu'on s'y introduise, et qu'on passe ensuite dans la rue à gauche du chemin consulaire. Dès qu'on vient de dépasser la ruelle à droite on trouve l'entrée de la maison dite de Salluste, qui est bien connue à cause de la grande peinture de Diane et d'Actéon ornant le petit péristyle qui communique avec l'atrium. C'est une belle maison de l'époque samnitique, qui par le bon état de ses ornements sur l'ancien style peut bien rivaliser avec la maison du Faune. En avançant toujours dans le chemin consulaire, par le même côté gauche, on passe devant un établissement public, dont la destination n'est pas certaine. Dans sa proximité se trouve la maison dite du chirurgien, le seul exemple qui soit parvenu jusqu'à nous d'une maison bâtie dans les premiers temps de Pompéi. L'un des traits caractéristiques des bâtiments d'une telle époque, c'était l'emploi de la pierre calcaire {pietra di Sarno).
La chemin aboutit à la porte d'Herculanum (fig. 15, a). Arrêtonsnous un peu pour l'examiner avec les remparts du côté droit. Il est vraisemblable que l'ancienne dénomination de cette porte ait été celle de jiorta Saliniemis {veru sarinu dans les inscriptions osques). C'était par cette porte que se rendaient à Pompéi les Salinienses, c'est-à-dire les habitants d'un village {pagus ou vicus), qui existait près des salines. C'était la plus moderne et la plus belle des portes de la ville. On
l'avait construite, sans doute, avant l'époque impériale, sur l'emplacement d'une ancienne porte. Elle avait dans le milieu une entrée pour les chars, et des deux côtés des passages secondaires pour les piétons. Tandis que les passages latéraux étaient entièrement couverts, il n'en était pas de même pour celui du centre destiné aux chars. La voûte n'en couvrait que la partie antérieure et la postérieure; celle du milieu,
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