‹ Guide de PompéiChapitre 17 sur 17 · Vue (le la voie des tombeaux · texte numérisé non relu

Vue (le la voie des tombeaux

par le siège semi-circulaire {schola) appartenant au tombeau d'Aulus Veius (fig. 15, ô) duumvir, quinquennal et tribun militaire par suffrage populaire. Il est enterré derrière le siège et la base qu'on voit avec l'inscription soutenait sa statue.

On passe au tombeau de Marcus Porcins, l'un des deux fondateurs du théâtre couvert et de l'amphithéâtre ou peut-être quelqu'un de ses parents. Ce tombeau a la forme d'un grand autel.

Un siège semi-circulaire, se présente immédiatement aux )eui. Il appartenait à la prêtresse Mamia (fig. 15, c) qui y fut enterrée. Un

monument sépulcral avec des niches pour les urnes cinéraires est adossé a ce siège; il appartenait probablement à la famille distinguée des Istacidii.

A côté de l'hémicycle de Mamia, il y a l'issue (maintenant murée) d'une me, sur la gauche de laquelle on lit l'inscription (en copie) qui nous apprend que le tribun militaire Titus Suédius Clément, par ordre de Vespasien, avait restitué à la colonie de Pompéi les terrains de la commune, usurpés par les particuliers.

En rebroussant chemin, on rencontre sur le côté droit de la voie, â partir de la porte, un grand monument sépulcral en forme d'autel, dépourvu de toute inscription (fig. 15, d) et à une petite distance le tombeau (fig. 15, e) que Fabie Sabine fit élever à son époux, l'édile M. Térence Félix Major. En laissant de côté quelques tombeaux sans nom et sans importance, nous nous arrêterons devant le tombeau aux guirlandes (fig. 15, /■) qu'on désigna ainsi en vue des ornements du côté droit.

On passe ensuite au tombeau du verre bleu {g) daas lequel on trouva la belle urne de verre bleu dont les bossages blancs représentent des amours vendangeurs (maintenant au Musée de Naples). On remarque ensuite la niche demi-circulaire (^), dont le propriétaire était encore en vie à l'époque de la catastrophe; voilà pourquoi il n'y a aucune inscription sur la dalle de marbre du fronton. En proximité il y a deux villas (fig. 15, A et B) dont la première était ornée des colonnes en mosaïque qu'on conserve dans le Musée de Naples.

Sur le côté gauche de la voie il y avait la prétendue villa de Cicéron, qui suivant le mauvais système des anciennes fouilles fut remblayée. On remarque ensuite un tombeau dans la forme habituelle d'autel (0, qui est suivi du sépulcre d'Umbricius Scaurus (/), orné dans le côté antérieur de bas-reliefs de stuc qui représentent des combats de gladiateurs, en souvenir, sans doute, d'un spectacle que ce personnage avait donné au peuple.

On trouve, successivement, un tombeau rond {m) avec son columbarium; le sépulcre de l'augustal Gains Calventius Quietus {n), à qui le conseil municipal avait accordé l'honneur du bisellium, c'est-à-dire le droit de s'asseoir au théâtre sur un siège semblable à celui des déçu-

rions ; le monument sépulcral du paganus Numerius Istacidius Helenus et de sa famille (o) et enfin le tombeau que Nsevoléia Tyché {p) avait fait élever pour soi-même, pour Gains Munatius Faustus paganus du faubourg Augustus Félix, et pour les affranchis de tous les deux. Sur le devant de ce dernier monument on voit le buste de Naevoléia, qui surmonte la représentation du sacrifice funèbre. Sur le côté gauche est sculpté le biselliiim, en souvenir de l'honneur qui avait été décerné à Munatius Faustus, tandis que sur le côté droit on voit un navire qui s'approche du port, pour symboliser le cours de la vie humaine. Le triclinium funèbre {q) de Cnaeus Vibrius Saturninus ferme la série des tombeaux sur ce côté de la voie.

Nous voilà maintenant devant la villa si vantée de Diomède(fig. 15,C).

En conformité du précepte que Vitruve a donné pour les maisons de campagne, celle-ci manque tout-à-fait d'atrium. Son entrée, par conséquent, conduit directement au péristyle.

Cette villa, qu'on avait bâtie sur le penchant escarpé du côté 0. de la colline, se composait de trois étages, en échelons.

Les pièces pour habitation et pour le ménage sont situées autour du péristyle, dans une large galerie en couloir qui est adossée à ce dernier et où l'on entre du tabliiium, et enfin autour du grand jardin de l'étage inférieur. Au-dessous de celui-ci, une cave s'étend sous les trois côtés du portique du jardin. On y trouva un grand nombre d'amphores vinaires et les squelettes de dii-huit personnes adultes et de deux enfants, qui s'y étaient réfugiés. On ne saurait trouver hasardée l'hypothèse qui fait du propriétaire de la maison un négociant en gros de vins, chez lequel venaient se fournir les marchands en détail de la ville.

Sur le côté opposé de la voie, au pied d'une petite élévation où la route se partage en deuï branches, on aperçoit le beau sépulcre en travertin (fig. 15, r) qu'AUeia Decimilla, prêtresse de Gérés, avait fait construire pour son époux Marcus Alleius Luccius Libella, duumvir et quinquennal, et pour son fils, qui occupait la charge de décurion.

Un peu plus avant est situé le tombeau fermé par une porte de marbre (s) qui contenait une urne cinéraire en albâtre, et différentes" urnes en verre, en terre-cuite et en marbre.

Parmi les tombeaux qui sont situés sur la petite élévation dont nous Tenons de parler, il ne faut pas oublier le monument de Lucius Céius Labéon (t) deux fois duumvir et quinquennal, celui de Marcus Arrius Diomède (ii), et le tombeau d'Arria, dont le précédent était un affranchi. Ce dernier avait occupé la charge de magister pagi Augusti Felicis suburbani; les faisceaux qu'on voit sur le côté antérieur du sépulcre rapppellent cette circonstance. C'est sans aucune raison qu'on supposa que ce Diomède était le propriétaire de la villa de vis-à-vis.

Près du sépulcre des deux Libella et du monument à la porte de marbre, on remarque trois constructions sépulcrales inachevées, dans l'une desquelles {œ) on a prétendu de reconnaître un ustrinum (lieu pour la crémation des cadavres).

Dans la branche de la voie qui se dirige du côté droit et passe derrière ces tombeaux on a découvert une partie d'une nécropole de l'époque antérieure à la domination romaine. Ses tombeaux, formés de grandes dalles calcaires, renfermaient des squelettes qu'on n'avait pas brûlés, et des vases peints du IIP ou du IP siècle avant J.-C.

Le visiteur, rentrant dans la ville par la même porte d'Herculanum, n'aura qu'à enfiler la première ruelle à gauche, après un carrefour, et il se trouvera tout de suite dans la rue de Mercure. De magnifiques maisons s'élèvent des deux côtés de cette rue, où demeuraient sans doute les familles les plus distinguées de Pompéi.

En se dirigeant du côté des remparts, il ne faut pas négliger d'entrer, à gauche, dans la maison d'Adonis, si renommée pour la grande peinture qui représente Adonis blessé et expirant entre les bras de Vénus, et dans les maisons de Castor et PoUux, du Centaure et de Méléagre, qui sont à droite.

Le cabaret qu'on aperçoit dans l'angle S.-E. du carrefour est très intéressant pour les peintures de genre de son arrière-boutique.

Dans la direction du Forum on rencontre, à droite, deux maisons avec une fontaine en mosaïque dans le jardin.

Le visiteur voudra bien se donner la peine d'admirer dans la bou- *tique angulaire du côté gauche une élégante gouttière en terre-cuite, qui décorait le compluvium d'une maison antique.

Pour terminer cette visite pressée de Pompéi par des impressions

analogues à celles qu'elle produit sur notre esprit dès qu'on entre dans la ville, nous nous arrêterons un istant dans la collection De Prisco. On y trouve une partie des objets, qu'on a découverts, il n'y a pas longtemps, en déblayant une ancienne villa romaine près de Boscoreale.

On conserve dans la première salle un petit moulin restauré, et un autre engin (pareillement restauré) par lequel on écrasait les olives avant de les assujettir au pressoir. La deuxième salle renferme le moule en plâtre d'une armoire, dont les charnières en os n'ont pas quitté leur place. Les moules des corps humains nous prouvent à l'évidence les vains efforts de ces malheureux pour se soustraire aux exhalaisons asphyxiantes du volcan. C'est dans ce but qu'ils essayaient de se couvrir le visage.

On aperçoit enfin dans la troisième pièce un calidaire qu'on a reconstruit, tel qu'on le retrouva dans le bain de la villa.

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