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LE POIGNARD, LE STYLET, LE KHOUTTAR, LE CRISS, ETC

Cette espèce d'armes, le diminutif de l'épée, le couteau de guerre, était en usage chez tous les peuples et à toutes les époques. Les nuances qui indiquent la différence entre le poignard (du latin pungere^ piquer, ou pugnus^ point ; Dolch en allemand, poniard en anglais) et la dague^ (du celtique cfap', pointe, Grosser Dolch ou Dolchmesser en allemand, daggeren anglais] sont souvent insaisissables, et ces deux armes sont continuellement confondues. Le poignard proprement dit est plus petit et plus court de lame que la dague, Tancienneépéecourte et large des peuples primitifs.

On a vu que le poignard a joué son rôle durant Tàge de la pierre brute ou taillée par éclat et de la pierre polie, époque à laquelle les armes danoises étaient les mieux finies et les plus artistiques.

Durant Tâge du bronze, le poignard régna également partout; — c'est le parazontum des Anciens porté du côté gauche, tandis que Tépée pendait du côté droit chez les Grecs et les Romains, mais du côté gauche chez les Égyptiens et les Assyriens.

La dague des Germains était le scramasax (v. ce nom), espèce de coutelas à un seul tranchant et à très-longue soie.

1 . Ea terme de vénerie, on nomme dague le premier bois qui pousse i la tète du cerf vers la seconde année } d'où le nom de daguêt donné au jeune cerf qui n'a pas trois ans.

LA DAGUE. 42 i

Les gardes du poignard et de la dague^ aussi bien que celles de Tépée, aident grandement à fixer les époques de leur fabrication, et on remarque particulièrement que, durant le treizième siècle, les bouts des quillons étaient légèrement inclinés vers la pointe de la lame.

La miséricorde est un poignard dont le nom provient de ce qu'elle servait à donner le coup de grâce à l'adversaire renversé ; ordinairement à lame triangulaire , elle était propre à être passée à travers les défauts de l'armure, ce qui la fît appeler en Allemagne Panzerbrecher (briseur de cuirasse). La miséricorde française du quatorzième et du quinzième siècle était cependant bien plus grande que le Panzerbrecher allemand^ et elle servait aussi eu Angleterre, sous le règne de Jacques I" (1603), à être fichée dans le sol, pour y attacher le cheval.

La dague simple à rouelle [Dolch mit Daumring en allemand, dagger withikumb-ring qvl anglais), en usage à partir de i4i0, est le long poignard espagnol dont la garde, audessous des quillons, offre un gros anneau pour pouvoir y placer le pouce. On la portait, vers lafin du quinzième siècle, au côté droit' et aussi sur les reins. Elle était à double rouelle au seizième siècle, où on s'en servait pour la placer au bas des piques pour repousser la cavalerie.

La langue-de-bœuf^ appelée en Angleterre enelace^ probablement parce qu'on la portait jadis suspendue à un anneau, se distingue par la largeur considérable de sa lame, dont la forme^ très-développée en haut et très-aiguë, ressemble à celle d'une langue pointue. Le petit couteau qui se trouve souvent sur le fourreau de cette arme^ fabriquée eu majeure partie k Vérone, s'appelait bâtardeau,

La dague de lansquenet, de la fin du quinzième et du commencement du seizième siècle, était assez longue, et se portait sur les reins, comme le montrent les gravures du temps. La dague du lansquenet suisse était plus courte, sorte de poignard à fourreau d'acier.

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