‹ Guide des amateurs d'armes et armures anciennesChapitre 2 sur 255 · X-'ai.* ^''^^^^ <^ans rinvenlion des machines de · texte numérisé non relu

X-'ai.* ^''^^^^ <^ans rinvenlion des machines de

plus }^!^^^ de •

^''^ire if^^^ que ^^^f 9ue quelques auteurs croient avoir été

F^^^ qui «'^ ^'us ûf^"^ destinée à la guerre, était au con-

/^''^ for!f.^%Dail ^^^^^' Toutes ces belles armures en acier

y^^he ?^^^^bles ^^^ ^^^rs lignes sévères et pures, par

• ^ ^'ut.^ liOrhl^^'^^^^^^^'^^e^Pa^ une lourdeur extraor-

r^*^ Cco heure '"'■^'^"^* P^ ^^ supporter le poids au

, ^^oijç, '^îbat à h^^ «"ccomber? La passe d'armes et la

^^l>at ^^^ ^^nslesT^ avec la lance) étaient sans cesse

^^^^ et ^^ °"y^^'s oti Von continuait souvent le

^ 'a ^^ônie armure, après avoir été

66 HI8T0IRB ABBÉftÉK

désarçonné et jeté par terre; les armures spéciales pour combattre à pied sont bien rares» et les desHns du t^mps (quinzième siècle) conservés au musée Maxîroilieo à Aogsbourg démontrent, que même dans les tournois où on se battait à la masaette en bois (KolberUoumièr) ni le coMfm à grille^ ni la massette n*étaient exclusivement employés puisqu'on voit dans la mêlée des chevaliers coiffés du heaume habituel et armés d*épéesattachées avec des chaînes aux plastrons, tandis que d'autres se servent de la massette en bois moins dangereuse.

L'armement gothique, d'origine germanique, s'est répandu rapidement partout où l'esprit chevaleresque s'élait développé. On le retrouve en Angleterre,, eu France, en Espagne et môme sur le sol classique de l'Italie, mais partout il a subi des modifications selon les mœurs et le goût des nations. En Italie l'armement est toujours resté sans style propre et défectueux, quoique très- artistique dans le dessin et dans les détails de l'exécuilou des ornements. Les artistes y étaient tcap tenus sous rinHuenGe des réminiscences antiques pour pouvoir sortir du style païen et s'assimiler le style entièrement, nouveau qui exigea une grande sobriété et un oubli complet dupasse. Les exigences de la défense créées par le changement de la manière nouvelle de guerroyer leur échappaient égatlemenl. L'invasion arabe en Espagne a été plutôt une cause d'impulsion et de perfectionnement pour Tarmurerie de ce pays que de décadence,, comme quelques auteurs le croient à tort, car le déclin q^i s/est manib^sté dansî la fabrication des armes espagnoles ne se fait sentir qu'après rexpulsion des Maures de Grenade (1492), et si pour quelques spécialités le revirement qui ramena les artistes espagnols au caractère de simplicité et au grand style* du gothique fut momentanément favorable,, cette période ne fut que de fort courte durée, puisque la décadence devint complète sous Pinfluence de Técole italienne et particulièrement sousf le

DESi AlWaifr ANCISHnSS. tfT

règne de Ghurlea-Ouini. La peinture seule sut scdébai^ rasser plus tard de cette inflapnce étraugère mal digérée et eréer des chefi^-d'Œuvre: où tout respire rorq^alité et Ia< puissance. Quant aux armes orientales de notm ère, elles< ont peu yarié de forme depuis bien des siècles ; elles sonir pneaque restées telles que les peuples èe l'Orient les mu*-niaient dans Tantiquifé; les manuscrits, particulièrement ouy conservé à la bibliottièque do Munich, la copie illustrée du Scbah-Hameh ou liyns royal composé par' le poète FisdOfliy sous le règne de Mahmoud des Ghazuévide» (999^ ans après Jésus-Christ), montrent que Farmement persan aussi était déjà aai seizième siède ce qu'il est encore aajottidi'bui.

Le* efaangement dans Tarmement chinois et japonais a été bien moins sensible, car si le cosUuiie a éprouvé* un changement qui se manifeste à des époques qui sont éloignées l'une de l'autre de trois à quatre cents ans, la forme désarmes est presque restée stationnaire. Les sabres, fourcJies de gueore^ piques^, épées, et même- le* cuirasses et casques au Musée d*Ârtilleric à Paris, provenant de la dev^ niére guerre, paraissent copiés sur les armes remnntant à plusieurs siècles, conservées à la Tour de Londres ou ail« leurs.

Lea^ machines de gneme:,. VartiUane deff anciens, ont été transmises, comme il a été déjà dit ailleurs, par les Roumains au moyen âge, qui les a peu modifiées, car on voit dans les miniatures' de Tépoque que la construction en était presque la même; L'existence réelle de ces engins a été de nouveau affirmée par des débris de balistes trouvés sous les^ dâcombres du château de Rnasikon, en Suisse^ détmiit par le feu au treizième siècle^ débris qui, avec quantité de lames de grosses flèches, s(MEit. conservés au Cabinet des Antiques, de Zurich. On retrouve dans les dessins avec lesquels Zeitblom a orné, au quinzième siècle, un minuscnt qui appartient à la bibliothèque du prince é%

Waldburg-Wolfegg, la catapulte ou tormentum des Latins,— l'onagre français, — mais d'une construction différente et semblable à celle que donne le Recueil d'anciens poètes français de la Bibliothèque impériale, à Paris. Les archives de Mons, de Tannée 1406, parlent aussi de ces engins, mais nulle part on ne trouve de traces d'un polyspaste. Outre ces machines à trajeciion, le moyen âge en a imaginé quantité d'autres qui servaient aux sièges et à la défense des camps, telles qu'on les voit dans les aquarelles qui reproduisent les armes amoncelées dans les trois arsenaux de Tempereur Maximilien, et qui furent exécutées, vers 4505, par Nicolas Glokentbon. Deux recueils de dessins du commencement du quinzième siècle^ conservés, comme les précédents , dans la collection d'Amhras, montrent même des appareils de plongeurs qui paraissent très-semblables à ceux de la réinvention nouvelle. Il faut cependant se méfier, répétons-le , de l'existence réelle de toutes CCS formes extravagantes qui ornentj les publications et les manuscrits des époques de la fin du moyen âge et de la renaissance, où Timagination fertile a créé autant d^armes pour la destruction des hommes que celles de nos jours, restées en projets.

Si on passe aux armes de trait à main, on trouve d'abord, comme partout, dans Tantiquité, la fronde, la fustibale et l'arc.

L'arbalète, que M. Rodios a cru reconnaître sous la Gastrafete des Grecs, me parait être une invention de l'Europe centrale et remonter tout au plus au dixième siècle, car la princesse Anna Comnène (1083-1148), comment aurait-elle ignoré Texisti^nce de cette arme, que M. Rodios a ainsi reconstruite d'après des textes byzantins? La princesse dit pourtant que : « la tzagara est un arc que nous ne connaissions pas, etc. »

La fronde et sa sœur la fustibale, cette fronde attachée à une hampe, se sont conservées même au seizième siècle, où

elles servaient à lancer des boulets enQammés et des grenades, comme le démontrent les dessins déjà mentionnés de Glockenthon.

L'arc n'avait guère été en usage, chez les peuples de race germanique, qu'à la chasse; Francs, Saxons, Aile* mânes, Burgondes, Angles, Cattes, Chérusques, Marcomands et autres le détestaient à la guerre comme puéril et perfide, et préféraient, même comme arme de jet et de trait, la hache et l'anjon.

Sur la tapisserie deBayeux, Normands et Anglo-Saxons sont armés d'arcs, et on doit admettre qu'à la bataille d'Hastings, les uns et les autres en ont fait fortement usage. Mais les Allemands ont continué, jusqu'à l'apparition de Tarbalëte, de faire peu de cas des armes de trait. L'arc du Normand était petit, d'un mètre à peu près, tandis que plus tard celui des archers anglais, si réputés à partir du treizième siècle, mesurait presque deux mètres et variait selon la grandeur de l'homme, à laquelle il devait correspondre exactement, puisqu'il devait avoir la longueur de la distance qui se trouve entre les deux extrémités des doigts du milieu. L'archer anglais avait fini par acquérir une habileté extraordinaire au tir de la flèche; il pouvait en expédier douze dans une minute en manquant rarement son but.

L'arc italien, le plus souvent en acier, n'avait qu'un mètre et demi de longueur, comme l'arc allemand. La flèche anglaise mesurait 90 centimètres.

Au douzième siècle, l'archer portait deux étuis, l'un, le carquois, le couin; ce vieux Guiver anglais contenant les flèches (du Flits^ allemand), qui, selon les chroniques de Saint-Denis, étaient alors nomraées/ïi7/es eisayettes; l'autre, Varchais^ qui était destiné à Tare. Les pointes des flèches variaient de formes^ dont plusieurs étaient semblables à celles des carrels ou carreaux d'arbalètes, c'est-à-dire carrées, à deux, trois, même à quatre pointes, et aussi à

70 HISTOIRE ABRÉOÉB

barboH, comme les pointes des flèches antiqnes* Il y avait en outre des pointes tire-bouchons, de» pointes pétale», et des pointes luna; ces dernières, en forme de croissant, servaient à couper les jarrets des honmies et des cbeyaux.

L*arbalète, désignée par Anna Comnène sons le nom de tzagra^ est aussi mentionnée par Gruillanme de Tyr, du temps de la première croisade (1098). Sons Louis YI, le Gros (1108*1137], elle était déjà très-répandue en France, et un canon du second concile de Latran, tenu en llâd, en défend TuRage — entre chrétiens-^ bien entendu, tandis quUl autorise de continuer d^en frapper les infidèles et les mécréants 1 En Angleterre , Richard Cœur de Lion (1189-1100)) Bt cependant entrer des arbalétriers dans ses troupes, malgré le bref d'Innocent IIL Philippe-Auguste (1180-1233) aussi créa en France les premières compagnies d'arbalétriers à pied et à cheval, dont Timportance devint telle que leur chef portait le titre, de grand maître d'arbalétriers, charge qui était la première dans l'armée, aprôB celle do maréchal de France, et. qui ne fut réunie qu*en 1515 à oeil g du grand maître de Tartillerie.

La charte de Tliéobald, comte de Champagne, de Tannée 1.220| dit : « Chacans de la commune de Vitré aura XX. livres, aura aubeleste en son ostel et quarrtaux^ etc. » On trouve également une mention sur les arbalétriers dans la chronique de Saint-Denis. Les premières arbalètes reproduites dans les peintures du temps sont celles d'un manuscrit anglo-saxon du ouEième siècle au musée Britannique, et aussi des fresques exécutées au dôme de Brunsvick sous Henri le Lion, mort en.ll95, et à la chapelle de Saiollean , ft Gand , au treizième siècle. On sait que Boleslaus, duc de Schweidnitz,. introduisit dans ses Etats, déjà en 1286, le tira tarbalète^ établi peu de temps après à Nuremberg et à Augsbourg. — En France, où Charles VU avait faii planter dans tous les cimetières de la Normandie des ifs pour la. fabrication de cfitte arme, son usage avait

DES ÂBHES ANGIENlhlS. 71

entiôrenient remplacé celui ée rare, qtie les Anglais oivt conservé jusqu^à la fin da règne de la reine Elirabetii (1538-1603), oà les archers étaient tous armés de brigantines et de casqves. L'arc leur conserra longtemps une 9apérîoritC' de tir «ur rarmôe française, ott Tarbalétrier pouvait à peine répondre par trois traits de carreaux contre douze traits de floches. En outre , la pluie déftendait la corde de Tarbalète, et lui ôtait sa force, tandis que la oorde de Tare pouvait facilement être mise à Tabri de Thumidité. La perte de la bataille de Grée; (1^6) fut en partie le résultat de cet inconvénient, parce qu'aux traits sûrs des archers aisglais, les arbalétriers français pouvaient à peine riposter, et lorsque, en 13d6, après la nonve lie défaite à Poitiers, rioférioritê relative de Tarbalèle se fat de nouveau montrée, on créa en France des corps d'archers dont Thabileté fut bientOrt telle, que k noblesse en prit ombrage et les fit dissoudre. En 1627, au siège de la Rochelle, on trouva môme encore des archers an(^is mercenaires, à la solde de Richelieu, qui y figurent à Tattaque de i'ile de Ré.

L'arbalète, qui était aussi devenue une ame favorite des Allemands, qui ta perfectionnèrent de différentes nnrnières , cessa d'être en usage en France ^u dix-<septâé»e siècle, où les «orps d'arbalétriers ftirent définitivement supprimés. Les arbalètes des compagnies à cheval étaient plus légères que celles des hommes 4 pied, et se tendaient au moyen d^^n simple levier, appelé pied-de^biche; le cric à manivelk^ appelé cranequm^ qui serTait à monter Tanne de rinfanterie, fit donner à ces aTbalétriers le nom de emnequeniers. Le chroniqueur Monstrelet (i 390-1453) les appelle cependant petauéiers et inbaudàers.

Il y a sept espèces distinctes de ces armes^ ce sont :

LwbaHkU à jried de biehe^ arme propre à la cavalerie ; Varbalète à cric à mtmwelle, appelée arbalète à cmne-

7^ HISTOIRE ABIÉGÉB

//M/w, a(îC(J»8olre qui fit doancr aux arbalétriere à pied, mmm^ U vient d'être dit, le nom de m»«yt«îcrs;

//nrhalètâ à moufle, aussi aommée i tamr et de passât, Udi'[n'0\m aux sièges et aux tirs de cible. Ccstde cette ttrlHil(^l« <|uo les arbalétriers géoois étaient annés à la Imluillii a'Aî5lncourt(U20);

linrlmlèie allemande ou d roue/ (TengroÊOge dam far-

brhr /

i:avlmlht0 à galet, du seizième siècle, qui tire son nom rtt'rt piUlU chIIIoux ronds qu'elle lançait, aussi bien que des hiilluti i\i\ plumb et do terre cuite à la place des carreauxiMM'\m. \m Allemands rappelaient balesire dès qu'elle tiim iVm cullbro un peu grand.

h'nrlmlhi^ à baguette, arme lourde et sans force, du

lij|M|m il» LuuU XIV.

Ki Miilln, l'arbalète chinoise, pourvue d'un tiroir qui llWtfm t^wY l'arbrler, au moyen d'un levier à poignée, et qui foiMMÎl vlii«t fuU une flèche nouvelle, comme un fusil à r^|i<^lllloti fournit huh charges.

hi^tt lirnjiu'tlloa lancés par les arbalètes, à l'exception des ttt'lHilMuH ti «ultHn, s'appelaient carrels oncarreaux^ dont le nom Unir vinittU do la (orme du fer qui garnissait la pointe, «rdliialrMimMit carrée. Le vireton était un carreau em- [Humti (lu plumoii, ou de lames de bois ou de cuir inclinées Mur l'axe pour Imprimer au trait un mouvement de rotation. Le carreau assommant appelé matras était terminé par un dli<que rond qui tuait en assommant, trait de chasse plutôt que de guerre. On s'en servait contre le gibier dont on voulait conserver la dépouille intacte et sans taches de sang.

Quand on arrive aux armes à feu, dont Tusage en Europe ne remonte pas au delà du quatorzième siècle, la question se complique.

La poudre ix canon, connue déjà des Chinois durant des siècles avant qu'elle ne fût répandue chez nous, où elle

avait été regardée pendant longtemps comme Tinventio» des moines Constantin Amalzen on Schwarz (4280-1320), d'un couvent de Fribourg en Brisgau, parait aussi avoir été connue des peuples celtiques et de tous les anciens. Les palafittes ou habitations lacustres en Suisse, qui, grâce aux travaux du docteur Keller, ont été pour ainsi dire reconstruites, contiennent quelquefois des boules incendiaires dont la composition pourrait bien être celle de la poudre à canon. La dénomination de Shet-à-gene [centueur], et à^agenaster (armes à feu?) des livres sacrés indiens, ainsi que les engins au moyen desquels, selon Dion Cassius, Caligula imitait le tonnerre et le feu du ciel, peuvent également autoriser d'admettre Texistence d'une poudre explosive de guerre queVossius [Liber observationum)^ croit reconnaître dans une description de Jules T Africain qui vivait Tan 215 de notre ère.

La /Vi/arfij't/e des Romains , usitée aussi au moyen âge, cette espèce de flèche incendiaire que Grégoire de Tours croit d'origine celtique , n'était probablement pas antre chose qu'une préparation de matières semblables à celles employées à la fabrication delà poudre à canon.

Les trois sortes de feu grégeois que le grec Gallinicus avait appris à composer chez les Arabes et dont il communiqua le secret à Constantinus Pogonatus, pendant le siège deConstantinople, comprenaient une espèce qui parait avoir été semblable à la poudre actuelle. Les armes à feu^ dont selon Hagiacus les Arabes se servaient en 690 devant la Mecque, peuvent encore faire supposer que Tlslamisme n'a pas seulement été répandu à son apparition au moyen du sabre, mais aussi par la poudre à canon, dont le secret était probablement venu de l'Inde, car les Arabes appellent le salpêtre Theb/Sini, ce qui veut dire neige indienne ou chinoise, comme les Persans rappellent* 7VifmeA:-7'5cAmi, sel indien ou chinois. Les embrasures pour canons, ménagées dans le mur de la Chine , construit deux cents

7 k HI8T01BB ABl^BÉB

ani avant notre ère, ne ^^^^^^^^..f^itT^^ceU^ preuve que les CUnoiB connaissaient déial^w^ ^^^^

époque? Le Liber ignium «^ «wii*ii»««to âas«» tu. Gimu. (846 ans après Jésufr-Christ) donne d^a^c^^ remaut la recelte pour composer la poudre ^^ P ^^^

l'auteur connaissait même la raquette ; cette rec« ^^ Haut, entre autres, six parties de salpêtre, deux « at deux da cUarbon. En 1232, l'emploi régulier ae i* i^ dre h canon dans la guerre entre les Tartar^et ^^ ^ nuU, ainsi qu'au siège de SévUle, en 1^7, est "*^^ j^ la ûompobilion de cette poudre, aussi bien ^\^:,T ^^^ raquaita, donnée dans De Mirabilibus mundi de * Jj^ Albanua Magnus du Ratisbonne (1280), permet de hmt^ datas eertainaa, ^^^

Jusqu'au commencwnent du quatorzième siècle, c ^ l'on appelait armes à feu parait ualquem^t avoir «^^ Europe, à mettre le feu dans les plaoca assiégées et aiu^ cendiar lus machines des assiégeants,, mais non pa» lancer des projactiles en pierre, en plomb oa en fer ; et ce n'aat qu'à partir de cette époque que l'histoire de Lartillerie ou dua armes à feu en général, commence.

Avant remploi de la poudre à canon, le succès de la guerre résultait autant de la force musculaire des troup^ employées que de la concepUon stratégique de leurs chfl&' et de la furia des combaltanU ; car le capitaine avait b«ii manœuvrer, la fin décisive résultait toujours d'une \nUe corps, à corps, luttes acharnées, épouvantables, dont 1» guerres modernes, malgré leurs formidables moyens iB destruction, n'offrent point d'exemple-

Dès que Temploi de rautillerie eut changé la base de b guerre^ les batailles changèrent entièrement de caractère. On no débutait plus par des attaques où, afwrès* quelque» traiu de flèches ou de carels, les combattants, rarise nianchfi. à. la main, se ruaient de suite les uns sur lesautnssun commençait à se décimer de loin au moyen de corps

DBS ARIfBS AMOIBHirBS. 78

projetés par des forces explosives etmécairiqnee, et ce n^est qu'à la fin de Faction, qoand il s'agissait de rester ou de se rendre maître d'une localité de la possession de laquelle dépendait le gain de la bataille, qu'une lutte à Tanne blanche était nécessaire pour décider de la journée. La poudre à canon, dont le grenage était connu dés 1453, on ne peut assez le répéter, a, aussi bien que ^imprimerie, puissamment aidé à sauvegarder la civilisalion actuelle du sort des civilisations perdues.

Pour procéder avec système, il faut diriser les aimes ù feu en deux parties principales, dont Tune comprend toutes les armes à feu de gros calibre (canons, etc.),rautre les armes à feu portatives.

Il est rationnel d'admettre, avec la tradition, que l'idée de se servir, au moyen âge, de la poudre pour projeter des corps par un gros tuyau de métal, est venu à l'homme par un accident. En écrasant dans le mortier des mixtions de salpêtre^ de soufre e\ de charbon^ il s'est vu rejeter, lui et son pilon, par Texplosion amenée par le pilage : c'est avec ce même mortier domestique y qu'il doit avoir formé m première bouche à feu ^ en pratiquant un petit trou i l'extrémité inférieure, pour pouvoir y mettre le feu sans danger pour lui-même. Le mortier doit donc être regardé comme la première forme de l'arme à feu européenne. Peu de temps après l'apparition de cette arme, on confectionna déjà des pierriers ou mortier», au moyen de barres de fer forgées, réunies entre elles, comme les douves d'un tonneau, par des cerceaux, genre de bouches à feu dont l'arsenal de Vienne possède la plus monstrueuse (1 m. 10 c. de diamètre sur S m. 50 c. de longueur.) Le premier CO" non proprement dit (nom qui dérive de l'allemand : Kanne ou Canne, pot, canette), ordinairement désigné sous le nom de bombarde également en fer forgé, était encore un mortier, mais ouvert aux deux extrémités. On y introduisait la charge à l'extrémité inférieure (la culasse), et on fer-

76 HISTOIRE ABRÉOâE

mait cette ouverture aven des coins en métal ou même en bois, d'une seule ou de plusieurs pièces, que Ton enfonçait à coups de maillet; c*est ce mode, le plus ancien dans la construction du canon que Ton retrouve encore en Allemagne au seizième siècle, mais perfectionné: Il fut suivi par celui de la charge à la boite mobile (canon qui était composé dès lors de la volée et de la chambre à feu, et s^appelait veuglaire^ de Tallemand Vogler oiseleur] et enfin du mode de la charge par la volée (bouche) .

En se rapportant aux textes et aux dessins plus ou moins fantaisistes des auteurs du quinzième et du seizième siècle, on devrait placer Tapparition de la bombarde ou canon ouvert aux deux extrémités t après leveuglairCy canon cornpoié de deux parties et se chargeant par la boite mobile dite chambre; les pièces qui existent, et dont l'origine et l'époque de fabrication sont connues, démontrent cependant que le veuglaire est plus moderne que la bombarde.

Les canons en fonte ont succédé aux canons en fer forgé.

La première mention du ces nouvelles armes à feu, ou mieux dit à poudre, qui, pendant bien longtemps encore, ne purent entièrement supplanter les vieilles machines de guerre, dont Tusage dans les sièges s'est continué jusqu'à la fin du moyen âge, remonte à Tan 1301, où la ville d'Âmberg, en Allemagne, avait fait confectionner une grande bouche à feu^ et où Brescia avait été accablé sous un feu dariiuebuses (?). En 1313, la ville de Gand avait aussi déjà des pierriers^ et c'est peut-être des Flandres qu'Edouard III fit venir ces nouvelles armes pour s'en servir, en 1227, contre les Écossais.

En 1325, la république de Florence accorde aux prieurs, aux gonfaloniers et aux douze bons hommes (magistrats municipaux) le droit de nommer deux officiers chargés de faire fabriquer des boulets de fer et des canons de métal pour la défense des châteaux et des villages appartenant à la république.

Peu d'anuées après, en 1328, Tordre teutonique, tout au nord de l'Europe, disposait déjà ieyrands canons^ dont il fit usage dans ses guerres en Prusse et en Lithuanie. C'est à cette époque que toutes les villes libres d'Allemagne commençaient aussi à se pourvoir d*artillerie.

L'histoire constate qu'en France, aux sièges du Puy- Guillem et de Cambrai, par Edouard III, en IddO^ le canon a déjà joué son rôle, comme à la bataille de Crécy, en 1346, où les Anglais se servirent de canons, dont les reproductions existent en dessins.

Si on se rapporte à un passage de De remediis utriuS" que fortunœ, de Pétrarque (1382), il existait alors en Italie des canons en bois. J'ignore si les petits canons en bois, formés de douves épaisses recouvertes de cuir, qui se trouvent à Tarsenal de Gènes, remontent à cette époque ou s'ils appartiennent à Tépoque des canons en cuir suédois de la guerre de Trente ans.

En i428, les Anglais firent jouer, devant Orléans, quinze bouches à feu se chargeant par la culasse.

Lorsque la charge par la volée eut remplacé celles par la culasse et par la boite mobile , on introduisit d'abord la munition au moyen d'une chargette en cuivre, qui se trouve encore représentée dans Touvrage de Fronsberg, du seizième siècle, et dont l'arsenal de Soleure possède un exemplaire. Entre la charge de poudre et le boulet (d'abord en pierre, appelé pierre tout court) se plaçait la bourre, qui était en bois. Le feu fut d'abord mis à la pièce au moyen d'un charbon ardent ou d'un fer rougi; ce n'est que plus tard que Ton se servit de la mèche attachée à une hampe. Les mantelets ou blindes mobiles en bois (Schirmdaecher)^ qui s'abaissaient pendant que l'on chargeait les canons, servaient à mettre à Tabri le canonnier ou constable, et son aide, le servant. C'est à Tournay, en i346, qu'un nommé Piers fit le premier essai avec des projectiles longs et pointus, qui peuvent être regardés comme les précurseurs des

78 HISTOIRE ABBftOHE

boulets coniques actuels, et c'est l'artillerie du duc de Brunswick qui, selon la Chronique tburingeoise de Rothe, employa, en 4165, les preniers boulets en plomb, nouveau genre de projectiles que quelques industriels alleniands expédièrent peu de temps après, avec un grand nombre de canons en fer, aux Vénitiens, qui s'en servirent avec succès au siège de Claudia- Fossa.

Vers 1400, le boulet en fer remplaça le boulet en plomb. Un manuscrit du quiniième siècle, conservé à la collection d^ Ambras, à Vienne, contient des dessins où, entre autres, on voit le canonnier occupé à charger sa pièce, par la culasse, de bouleii rougis au feu. Ce même manuscrit, ainsi qu'un autre de la collection Hauslanb, à Vienne, montre aussi de quelle manière on se servait du peHt baril mcendiaire dans les sièges de cette époque.

En Suisse, Tintroduction de l'arme à feu date de phis tard ; Bùle flt fondre ses premiers canons en 137i, Berne en

En 1372 déjà, à la bataille de Bbodes, des vaisseaux français tiraient des caronade;

Quant à l'emploi du bronze pour la fonte des bouches à feu et à remploi des boulets creux en plomb («t en Ver, il n'en est question qu'en 1378, à propos de trente pièces coulées & Augsbourg par le fondeur Âarau.

La fonte de canon de bronze en Italie ne remonte que vers 1470.

Les tourillons ou goujons, qui supportent le poids du >canon^ le tiennent on équilibre, atopéchent son recul sur'l'affût et rendent le heurtoir superflu, apparaissaient également déjà en Allemagne vers le milieu du quinzième siècle, sans qu'on sache qui, le premier, a introduit cette amélioration, dont la découverte surpasse en importance tout ce qui avait été réalisé à cette époque dans l'artillerie ; elle permettait de donner un pointage sûr et facile dans le sens vertical.

DBS ÂBVBS ANCIENNES. 79

L'artillerie du Téméraire n'avait pas de tourillons comme on le croit; en se basant sur des docnments peu authentiques. Les pièees prises à Morat (1476), conservées au musée d'artillerie de Paris et au gymnase de Morat aussi bien que celles prises à Grandson et à Nancy et conservées à Lausanne et à Neuville, n'ont |K)int de tourillons.

Le canon fut introduit en Russîeen i3iB9 ; et les Taàorms^ les vengeurs de Hus /se servaient déjà d'obusiers en 1494.

D'abord immobiles et ordinairement posées sur des poutres oa dans des bottes {effûis fixes ), ces bouches à feu furent pourvues, vers 1492, d'a/fâ^5 moM/ev qui permettaient de diriger le tir en tout sens. La scala librorum^ mesure de calibre, inventée en 1440 par Hartmann , de Nuremberg, fut introduite dans toute l'Allemagne, ot le délabre fondeur de Charles-Quint, Georges Lofler, à Augsbourg, répandit aussi Yunité des quatre calibres (de 6, de 43, de 24 et de 40). C'est à cette époque que Ton voit apparaître le boulet en fenie^ qui devait apporter une révolution dans TartiHerie.

Quant aux mm^ v, poudre^ qui furent précédées, au moyen âge, par les mirif^ à brûlots^ an admet ordinairement que leur premier emploi a eu lieu en ISOd à Naples, assiégée par le général espagnol Gonsalve de Cordoue, quoique Yannoccio Biringuccio Pattribue à Tingénieur italien Francisco dl Giorgio.

Les bouches à feu, fixées d'abord sur des poutres et des bottes en charpente, furent bientôt placées sur des aJStvts à roues, et dotées peu à peu d'engrenages et d'avanttrains. Vers la fin du quatorzième siècle, on commençait à pourvoir l'ancien «chariot hérissé de lances, et destiné à la défense des camps, de petits canons encastrés dans du bois , chariots qui prirent alors le nom de ribaudequim (nbaud, aide^artilleur); ils continuaient à servir contre les surprises de la cavalerie. Ces engins, ordinairement placés sur deux roues , se retrouvent encore dans les dessins de Nico-

80 HISTOIRE ABRâOÉE

las Glokenlhon, exécutés en 1505, d'après les pièces existantes alors dans les arsenaux de l'empereur Maximilien.

Il est très-diJDQcile , sinon tout à fait impraticable, de classer exactement toutes les espèces de bouches à feu selon les noms en usage à cette époque, où souvent la même espèce d*armes était désignée de différentes manières, dans chaque grande ville. Il y avait des serpentine^ (Roihichlangen^ en allem.), couleuvrines {Feldschlangen)^ demicouleuvrincs, faucons [Fatkaunen ou Faikhahne)^ et fauconneaux [Faltonette). Il y avait aussi des mortiers (/l/c«"5^, ou Boelieron Holier^ en allem.), qui étaient transportés, comme les picrriers, sur des chariots. Passe-volants, basilics, spirales, bombardes, veuglaires et pierriers sont encore de ces désignations vagues dont on se servait en France, h'orgue à serpentins (Orgelgeschûtz , en allemand), et le aerpentin revolver^ arme composée d*un grand nombre de canons de petit calibre et se chargeant ou par la volée ou par la culasse, avait ses âmes engagées jusqu'à la volée dans une monture de charpente ou de métal ; on les tirait par rangée ou tous à la fois. En allemand , ils portaient aussi le nom d'orgue de mort ( Todtenorgel), ce qui fait aire à Weigel (1698) à propos de l'arsenal de Nuremberg : a\?\ 1^ *^*^' ^^® orgues de trente-trois tuyaux, sur les-

arme's d ""^'^ ^''"'''^ ^* ^^°'^- " ^°^ ^®^ P^"^ anciennes «iôcJp fll ? ^®°^®' ^^^ premières années du quinzième charge par l'^Vl '^, °^"^^« ^« Sigmaringen. Elle se fer forcé JrnJoA ®^ ®^^ composée de petits canons en

d'arbrefauf p«! i T'°' °'''°*^' ^*''' """^ '^'^^ ^^ ^"^^"^ tives sans U?« T"" transportable par deux roues primi-

^<^bre, dessiné ve' Kf "/'' f "*"" "'«"^ ^" ^«'"^ »"«- Maximilien nar n1 . ' ^?' ^^' arsenaux de l'empereur de forme càr^rée ^ '^.' Glockenthon, a quarante canons fiurun affût à ban^« ''°'?' '^"^"'^ ^^^'^^ ^«^ et montés «ièmeexemplarre T T'' ^' ^'^^^^ ^^ campagne. Un troi-

*"aire du dix-septiôme siècle, de

quarante-deux

DBS ARMES ANCIENNES. 81

canons, montés de manière à former un triangle et fournis* sant six décharges successives, est conservé au musée de Soleure. Il parait, d'après les Etttdes sur l'artillerie par Temiiereur Napoléon III, publiées en 1846, qu'il a existé de ces orgues qui tiraient jusqu'à cent quarante coups à la fois. Quant aux grenades^ leur première apparition remonte à 1536, tandis que l'emploi ûes pétards^ dont l'invention est attribuée aux Hongrois, ne date que de 4579.

Les Suédois avaient, dans la guerre de Trente ans, des canons en cuir doublés d'un tuyau de laiton ou de cuivre jaune. Ces canons, dont quelques exemplaires se trouvent dans les arsenaux de Berlin et de Hambourg ainsi que dans le musée d'artillerie de Paris et dans la collection d'armes du roi de Suède, ont 2 mètres de longueur. Le tube intérieur, en cuivre mince, est entièrement ficelé d'une grande corde qui sépare le fourreau de cuir du tube de laiton. Ces bouches à feu n'avaient qu'une portée médiocre et ne purent supporter que le quart d'une charge ordinaire, elles furent supprimées après la bataille de Leipsig, où elles étaient tellement échauffées qu'elles se déchargeaient spontanément. On les remplaça par l'artillerie appelée alors, par les hommes du métier, suédoise^ arme qui différait, sur plusieurs points, de celle de l'armée impériale autrichienne, et qui avait été proposée par le comte de Hamitton. L'arsenal de Zurich possède un autre genre de canons, fort semblables à ces bouches à feu suédoises en cuir. Comme celles-là^ ce canon est formé d'un tuyau de cuivre jaune, mais qui est plaqué tout autour, entre le fourreau extérieur de cuir et le tuyau intérieur de cuivre, d'une épaisse couche de chaux, et entouré en outre de plusieurs cerceaux en fer forgé. Cette arme , très-propre, à cause de sa légèreté, à être transportée à dos d'homme, dans un pays aussi montagneux que la Suisse, est à tourillons comme les canons suédois, et pourvue d'un couvre-platine à charnière; elle a 2 mètres 30 centimètres de longueur.

82 HISTOIRE ÂBRÉaÉB

La rayure du canon des armes portatiTes, inventées en Allemagne yers la fin du quinzième siècle^ avait été aussi appliquée, un peu plus tard, aux canons de gras calibre, comme le démontrent le canon allemand rayé du seizième siècle, au musée de La Haye; le canon en fer à treize raynres, daté de 1661, à Tarsenal de Berlin, et le canon en fer forgé à huit raies, daté. de 1694^ conservé k l^uremberg. On ne s'est sérieusement occupé de la rayure du gros canon qu'après que TÂnglais Benjamin Rubens, membre delà Société royale de Londres, né en i707, l'eut soumise à une étude mathématique. Depuis, Ta rtillerie moderne a été pour ainsi dire renouvelée par les travaux de Paixhans, publiés en 4822 , par ceux d'Armstrong, et par les progrès extraordinaires que M. Krupp a fait faire à la fabrication des canons en acier fondu, dont il a exposé, en 1867, un modèle qui pesait cinquante mille kilogrammes et se chargeait, par la culasse^ d'un projectile égalemenat en acier fondu, de cinq cent cinquante kilogrammes.

Les armes à feu portatives se confondaient en Europe, dans les premiers temps de remploi de la poudre, avec les pièces de l'artillerie de gros calibre. On ne rencontre de traces d'armes à main que vers le milieu du quatorzième siècle, et il parait que les Flamands en avaient introduit chez eux l'usage avant qu'il ne fût répandu ailleurs. La ville de Liège avait déjà fait plusieurs essais pour la fabrication des petits canons à main^ de ces armes portatives appelées, par les Allemands, Knallbûchsen^ adoptés à Pérouse, en 1364, àPadoue, en 1386, et en Suisse en 4393, canons que l'on voit figurer en 1382 à la bataille de Rosbecq, en 1383 au siège de Trosky en Lithuanie, et que les archives de Bologne de 1899, appellent «^/o/to, d'où dérive selopeio et escopette»

A Arras, en 1414, ce petit canon ^ main servait déjà à lancer des balles de plomb, comme au siège de Bonifacio en Corse (1420), où ces balles perçaient les armures. En 1429

DES ARMBS AJfOIBNNBS. 83

et ca 1430, la nouyelle arme connnençait à servir auiir de cible, à Angsbourg et à Nareinberg, et à partir du quinzième siècle, à. la caralerie, comme le démontre Texpressien de Equesseoppetarius, employée par Paulus Saactinue.

Les modifications ai^ortées contiDuellement dans la fabrication des différentes espèces d'armes portatives inventées depuis -rapparitif» du canon à main, ont donné le jour à de plus nombreuses dénominations encore que celles imaginées pour les armes à fen de gros calibre. En les dassant rigoucenaenient selon leur mécanisnie, on peut cq»endant les réduire à treize espèoea distinctes, ce sont :

Le canon à main dn milieu du quatorzième nècle, arme grossière en fer forgé, attachée- sur une pièce de bois bniAe et impropre à répaulement; son trov de lumière, d'abord plaoé au-dessua du canon, est quelquefois pourvu d'un couvre^lumière à pivot ou à charnière, et destiné k préserver de Thumidité. Quelque temps après son apparition, le trou fut placé du tàié droit du canon, Oetite. ame primitive se retrouve encore dans les aquarelles déjà mentionnées, que Gâockenthon a exécutées vers^505, d'après les pièces existantes alors dans les arsenaux de l'empereur Maximyien; on y v«it quatre de ces petits canons attachés aux quatre angles d'une plandiette et que l'arquebusier fiadt partir au moyen d^une nièebe détachée. Ce canon à muni était souvint deservi pardevx hommes. De petite diraenaoniet destiné k l'usage du cavalier, le canon, à main élait appela «i français pMnnai du vieux mot e^agnol pcdemal (pièce âiféu)^ ou peutrétrede ee qu'on Tappuyait, en déchargeant, contre la- ouirasse.

Le aanom à mam à épaukr de la fin du« quatorzième sècie ; il se distingue du précédent par une sorte de crosse groesièceraent façonnée; Le' trou de sa lumière est ordi^ nairement à droite du canon. Toutes oes armes sont à mèche d^chée.

Le canon à main à serpentin ou à dragon sans détente ni

Hk HISTOIRE ABRfiGfiS

gâchette^ inventé vers 1424. La mèche était dès lors attachée à Tarme même, où elle était portée par le serpentin. Mieux fabriqué, on appelait ce canon à mains : couleuvrine à main et aussi pétrinal on poiirinai dès qu'il avait une crosse pour pouvoir être appuyé sur la cuirasse.

Le canon à main à serpentin, sans détente^ mais à gâchette ^ qui permettait déjà un tir plus sûr par Tépaulcment.

La haquebuse (du mot allemand Hack-Busse ou canon à crociiot] à serpentin, à détente et à gâchette, de la seconde moitié du quinzième siècle. C'est Tarme déjà perfucllonnée et Taïeule de nos fusils modernes : son canon avait environ un mètre de longueur.

La double haquebuse [Doppelhacken en allemand), arme à feu à double crochet ou serpentin. Elle servait ordiaairunient à la défense des remparts et avait de I mètre à 3 niùtres de longeur. La platine se distingue de celle de l^baquebuae simple en ce qu'elle avait deux serpentins qui l'ubuttaicnt en sens opposés. Elle était souvent supportée pur un pied garni au bout de pointes de fer ou de roues qui B'appolait fourquine. Toutes ces armes n'avaient encore ni visière, ni point de mire, et projetaient des balles en for, en plomb ou en fer recouvert de plomb.

L'arquebuse à rouet ou arquebuse allemande (Deutsche ou lladschlosbûchse en allemand), inventée en 1515, à Nuremberg. Elle se signale par sa platine à rouet qui est ordinairement composée de dix pièces et n'a plus rien de commun avec les armes à mèche remplacée par la pyrite sulfureuse o\x pyrite jaune, dite aussi martiale et tnarcasfUe, que Ton trouve en cubes d'un jaune d'or très-brillant. C'est cette même combinaison naturelle de soufre et de métal dont les patrouilles militaires romaines ne manquaient jamais d'emporter avec elles afin de se procurer rapidement du feu. Frottée par le rouet, la pyrite metlait le feu à la lumière.

DKS ARMES AMGIBNNBS. $5

La nouvelle arme n'a cependant jamais pu remplacer entièrement la haquebuse à mèche dont le mécanisme était bi^n plus simple, bien plus solide et bien plus sûr : durant Taction la pyrite sulfureuse, très-fragile, se cassait facilement.

Le musée de Dresde possède un petit canon à main de 28 centimètres de longueur et d'un calibre de 12 centimètres, du commencement du seizième siècle, qui parait avoir précédé Tinvention du rouet et en avoir donné la première conception. Une râpe fait jaillir des étincelles par son frottement contre de la pyrite sulfureuse, dès qu'on la retire de la plaline. L'ignorance y vit pendant longtemps la- première arme à feu^ inventée par Berthold Schwarz (4290-1320), moine allemand, à qui Ton avait aussi attribué Tinvention de la poudre. Le troupeau des compilateurs continue toujours d^appeler ce canon à mains, Moenchsbûchse (haquebuse de moine) et de le désigner comme' la première arme à feu I

Le mousquet^ àoui la construction et le mécanisme sont les mômes que ceux de Tarquebuse, est également, ou à mècbe, ou à rouet, et il ne diffère de Tarquebuse que par son calibre ; la cbarge et le projectile ont le double de Yolume. Beaucoup plus pesant, il nécessitait l'emploi d'une fourche à appui, nommée fourquine, comme celle de la double haquebuse. Le mousquet français, en 1G94, était ordinairement, selon Saint-Remy, du calibre de vingt balles de plomb à la livre; il avait 3 pieds 8 pouces de canon, et, avec son fût ou monture, 5 pieds.

Larquebuse ou le mousquet à canon rayé et à balles forcées par le maillet. Le canon rayé inventé en Allemagne, selon les uns,' à Leipzig, en 1498, selon d'aulres à Vienne, par Gaspar Zollner, ne fut adopté dans l'armée française, qu'en 4793: c'était la carabine de Versailles.

L'arquebuse ou le mousquet à chenapan, dont le nom corrompu, de Tallemand Schnappluihn ^ coq qui happe,

iod^qoe ForisYiie ée »c nr^^rton qui remonte à la seconde HTcité *tt 5eiii^3e «î-^e. puisque Ton connaît la mention d'cD payement fût m 1588 par le chambellan de Norwich en Anglecerre à rarqneboâer Henri Radoc, pour avoir cbargil à na pîitolet. la platine à ronet en batterie à chenapan. Le nom de chenapan fnt bientôt donné en France aox bmiits armés de cette nonrelle anjnebose. On y appriait anssi bien chenapans ks mîqnelels des Pyrénées, enrégimentés sons Louis TITT, que les larbets des Alpes, ces dernier? débris des malheoreux Tandois, forcés par Tlntolérance religieuse à se faire maraudeurs et contrebandiers. La batterie à chenapan, qui fonctionnait toujours encore au moyen de la pyrite sulfureuse, peut être regardée comme le précnrseur de la batterie française à silex qui en est le dériTé. Presque toutes les armes orientales et particulièrement les fusils turcs, à partir de cette époque, sont à chenapan.

Le fusil à batterie française à sibx, selon toute probabilité inventé en France, yers 1640. Ce fusil est aussi nommé fusil-mousquet, dès qn*il est à baïonnette à douille dont l'inrention est attribuée à tort au général anglais Mackay, en 1091, et qui fut introduit dans Tannée ^ançaise par Yauban. La douille permettait de tirer en conservant la baïonnette sur le canon. D^abord à manche, elle devait être fixée dans le canon même au moment de Fattaqne à Parme blancbe, ce qui offrait de grands inconrénients.

Ooelques auteurs italiens^ ont touIu attribuer à leur pays Finvention du fasil, parce que son nom parait venir du fbcUe italien, qui dérive du latin foeus, feu ; mais comme le root fasil apparaît déjà en France, dans des ordonnances de chasse de Tannée 1515, c'est-à-dire près de cent cinquante ans avant le remplacementdu rouet par la batterie à Ml r ^^^^ a^roettre que le nom de fnsil était alors applicable aux arquebuses des anciens systèmes. H a été dit plus haut, que Finvention de la douille de la baïonnette

DBS AJUIB8 AMCIKMIIES. 87

est attribuée à tort au général anglais Mackay en 4691. M. Gulemann, à Hanovre, possiHie une arquebuse à rooec de la fin du seizième siècle, où une longue baYonneite, dont la lame qui sert en môme temps de grattoir de canon, est à douille.

Le changement que la platine de Tarme à feu subit par Tinvention de la batterie à silex était important, mais ni subit ni radical, puisqu'il avait été précédé de la platine à chenapan qui avait déjà le cUen et la batterie. Bans la liâtterie française, la pyrite était remplacée par le silex qui» serré .dans les mâchoires du chien, était choqué avec force contre la pièce d'acier de la batterie^ dès que le doigt lâchait la détente en s'appuyant sur l^gâchette^ et faisait jaillir des étincelles qui enflammaient la poudre du bassmet là où débouche le trou de la lumière.

Yauban imagina aussi un fusil à double feu^ d'après Tarquebuse à double feu à serpentin et à rouet, pour que, dans le cas où viendrait à râler la batterie , un serpentin à mèche pût mettre le feu à Pamorce. L'ancien mousquet à mèche ne fut définitivement remplacé dans Tarmée française par le nouveau fusil à batterie que vers 1700.

Le prince Léopold P% d'Anhalt-Dessau, i'oi^gaoisateur de l'infaoteiie prussienne, introduisit en 1698 la baguette enfer dans l'armement de «es troupes, et cette amélioration contribua, en 1741, au gain de la l^taille de Molwitz.

La cartouche^ c'est-à-dire la charge de l'arme à feu renfermée toute composée dans un seul étui, parait avoir été mise en usage, pour la première fois , en Espagne , vers 1569 : elle ne fui adoptée en France qu'en 1644, en même temps que la giberne inventée par tiustave- Adolphe, vers 1630.

La carabine est une arme à canon rayé ordinairement plus court et destinée à la cavalerie, mais on appelle aussi carabine les armes à leu de chasse et de guérie pourvues de canons rayés.

Le mousquet' tonnerre ou mousquet tromblon (Streubûchse en allemand), avait le canon largo et la volée en trompette; il lançait 10 à 42 balles à la fois.

Le pistolet, ce diminutif de Tarquebuse et du fusil dont le nom dérive probableinenl àepistailo, pommeau, garniture, en italien, et non pas de Pistoia^ ville, parait être originaire de Perugia où, en 4364 déjà, on a fabriqué de ces canons à main de la largeur d'une palme,

\jQ coup de poing ^ appelé en allemand Tercerole, est un petit pistolet de poche, probablement d'origine italienne.

Le fusil à percussion ou à piston^ dont Tinvention est attribuée à tort au capitaine anglais Fergussou, commandant d'un régiment hessois dans la guerre d'Amérique (1775- 4783) ne date que de 1807, où son véritable inventeur, l'armurier écossais Forsitb, prit un brevet pour le fusil à percussion. Les premières recherches chimiques concernant les composés de matières détonantes (ammoniures^ fulminants), qn*\\ ne faut pas confondre avec les /îi/iwtnates^ paraissent dues à Pierre Bouldurc, en 1699. Nicolas Lemery continua ces recherches en 1712. Bayon, pharmacien des armées sous Louis XV, parait avoir fait connaitre, en 1764, le fulminate de mercure, sel composé de carbone, d'azote, d^oxygène et de mercure, dont l'invention est attribuée à tort à Howard, qui, en 1800, composa h première poudre explosive de fulminate de mercure et de salpêtre, composition propre à remplacer la poudre d'amorce dans les armes à feu. Liebig et Gay-Lussac ont fait en 4824 les analyses des fulminates, et c'est àFourcroy,àVauquelin et à Bcrlbollet que l'on doit, entre 1785 et 1787, la découverte des sels fulminants d'ammoniures d'or, d'argent et de platine, ainsi que le muriate oxygène de chlorate de potasse.

En 4808, Tarmurier Pauty, qui avait modifié le fusil de Forsitb, l'introduisit en France. On peut encore citer le fusil à percussion de l'Anglais Joseph Eggs, parce qu'il amena. ce même arquebusier à l'invention de la capsule

OU amorce, petit cylindre en cuivre, ouvert d^un côté et rempli de fulminate. £o 1826, M. Delvigne trouva la méthode de forcer la balle dans le canon rayé de la carabine, sans l'emploi du maillet, et de manière à éviter les inconvénients des systèmes essayés avant lui.

Le Stecher , piqueur , fort improprement nommé en français double détente^ mécanisme ingénieux destiné ù rendre presque insensible le mouvement produit en lâchant la détente ordinaire,- et qu'un armurier de Munich avait inventé en 1543, ne constitue pas un système de plus, mais seulement une amélioration qui peut être adaptée à la plupart des carabines, et dont presque toutes les anciennes armes allemandes de précision, du seizième au dixrhuitième siècle, sont dotées.

On a vu que la platine à rouet à été de tout temps fort peu en usage à la guerre; mais son adoption pour les armes de luxe et de chasse élait universelle, et elle n'a cédé la place qu^à la percussion.

L'arquebuse et le mousquet à mèche et à rouet sont deux genres, il faut le répéter, qui ne diffèrent l'un de l'autre ni par le mécanisme ni par la forme, mais seulement par le calibre; C'étaient les armes des corps de troupes constitués. Les arquebusiers étaient pourvus de grosses poires à poudre, iepulvérins^ àPusage de Tamorce, de plusieurs mètres de mèches et d'un sac de balles» Les mousquetaires avaient, outre le cottssin et Vépée, un baudrier garni de capsules en bois, dit Pulvermassen^ eiiallem., un pulvérin, un sac à balles, des mèches et un couvremèche, ustensile en cuivre inventé par les Hollandais, et qui était presque identique avec le couvre-mèche des grenadiers^ au dix-huitième siècle.

L'origine des armes à feu portatives se chargeant par la culasse^ celles à plusieurs canons^ et même des armes à revolvers tournants, remonte au commencesient du seizième et même à la fin du quinzième , elles paraissent d'ori-

gtne allemande. Le Musée d'Artillerie de Paris possède une arquebuse allemande à rouet du seizième siècle, se chargeant par la culasse au moyen d'un tonnerre mobile, et une autre, également du seizième siècle, où le canon coupé se charge au moyen d'un dé mobile, système qui a été repris dans les temps modernes.

Vamussette du maréchal de Saxe [1696-1750), au musée d'Artillerie de Paris, se charge également par la culasse. On trouve encore de ces armes à la Tour de Londres, aux musées de Sigmaringen, de Dresde et à Tarsenal impérial de Vienne. Le musée de Sigmaringen possède une arquebuse allemande, du seizième siècle, à reyolrer tournant de sept coups ^ et un fusil allemand du dix-huitième, qui est à quatre coups. Le musée d'Artillerie de Paris cobserve une de ces armes dont la platine est encore à mèclie. En France, dans les temps moderaes, ce sont Pauly en 1808, Leroy en 1813, et plus récemment Lepage, Gastine- Renette et Lefaucheux, qui ont imaginé divers systèmes de fusil à percussion se chargeant par la culasse; celui de Lefaucheux seul est resté en application pour la plupart des armes de chasse, après que Grévelot eut introduit une si notable amélioration dans la fabrication des capsules.

Le fusil-revolver ou à répétition non-tournant^ ou mieux dît à coulisse^ c'est-à-dire Tjarme dont le canon reçoit plusieurs charges se plaçant les unes sur les autres, cft que Von peut faire partir successivement, n'est pasuon plus d'invention moderne. Le musée de Sigmaringen possède un ancien fusil de ce genre; il est à coulisse et tire successivement six coups.

Depuis que l'Amérique a commencé à confectionner des cartouches métalliques, le fusil à répétition a reparu dans ce pays, où Spencer et Winchester ont imaginé des systèmes différents.

Le pistolet-revolver ou à répétition, remis en usage en

1815 par Tarinurier Lenormand, à Paris, qui confectionna une de ces armes à cinq coups , fut bientôt suivi du revolver Devisme , à sept coups, et du revolver Hermann , à Liège; du pistolet Mariette à vingt-quatre coups, et enfin, en Ï835, du revolver Coït, le meilleur de tous, et dont le système est celui de ces armes actuelles.

Après la description ou la meation de ces divers systèmes d'armes à feu, il ne reste qu'à parler du célèbre fusil à aiguille et se chargeant par la culasse. L'inventeur, Jean- Ni(!blas Dreyse, né en 1787, à Sœmmerda, près d'Erfurtb, fabriqua le premier fusil à aiguille en 1827, après dixsept ans de recherches, et obtint en 1828 un brevet de huit ans pour son aiguille-ressort et sa cartouche fulminante. Ce fusil, dont le premier modèle définitif fat adopté en Prusse vers i84i, a eu bien des changement à subir depuis son invention : ce n'est qu'en 1836que le chargement par la culasse a été adopté dans la fabrication de cette arme. Depuis, chaque peuple a produit son fusil à aiguille et tàohé d'inventer une arme même supérieure à celle qui avait donné de si terribles résultats dans la dernière guerre. Il est difficile de dire à laquelle de ces améliorations on peut décerner la palme.

Les résultats d'un tir comparé, qui a eu lieu, le 5 septembre 4868, à Técole de tir de Spandau, avec les modèles de fusils à aiguille adoptés parles diverses armées, sont, selon le rapport officiel, les suivants. Le fusil à aiguille prussien peut tirer, par minute, 42 coups, le chassepot 41, le fusil Snîder (Angleterre) 40, le Romington (Danemarck) 14, le Peabody (Suisse) 13, le fusil Wœnzl (Autriche) 10, le fusil Wemdl (même État) 12, et le fusil à répétition d'Henri Winchester (Amérique du Nord) 49. Sous le rapport des ^Udhés^ le modèle Henri Winchester est à placer en dernière ligne, il n'a, sur 49 coups, que 41 touchés.

Page 1