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L'ARBALÈTE

règae de l'empereur Kien-Long (1736), était déjà Irès-répandue en France sous Louis le Gros (11 08-4137). Un canon du second concile de Latran, tenu en 1139, en défend Tusage — entre chrétiens bien entendu, — mais pernaet d'en occire les infidèles et les mécréants.

En Angleterre, Richard Cœur de Lion (1157-1173) donna des arbalètes à un grand nombre de ses hommes de pied, ne tenant aucun compte du bref d'Innocent III, dans lequel fut renouvelée la défense du canon du second concile de Latran. Peu de temps après, Philippe-Auguste (1180-1223) aussi créa en France les premières compagnies régulières d'arbalétriers à pied et à cheval, qui prirent une très-grande importance. (Voy. au?si p. 491 et 492.)

Il est inutile de répéter ici ce qui a déjà été traité dans le chapitre historique, il sufBi de bien désigner les dififérentes espèces d'arbalètes.

A. Uarbalète à pied-de-biche, dont le mécanisme destiné à bander la corde, appelé pied-deMche, est détaché de Tarbrierou y est adhérent, qui se reconnaît par remplacement des deux goujons (servant de point d'appui au pied-de-biche) posés presque à côté de la noix.

Cette arme a été fabriquée avec ou sans étner,

B. Uarbalète à cric à manivelle, dont le cric, appelé cranequin, forme pièce à part. Ou distingue cette arbalète de l'arbalète à pied-de-biche, en ce que les deux goujons «se trouvent ordinairement placés à une distance de 15 cent. au-dessous de la noix^ parce que le cranequin a une prise bien plus longue que celle du pied-de-biche.

e. Uarbalète à moufle^ aussi nommée arbalète à tours, de passe et de passot.

On l'appelle à tours, parce que la partie de la moufle destinée à être adaptée à l'arbrier, dès qu'on veut bander la corde, affecte souvent la forme d'une tour crénelée. L'arbrier de l'arbalète à moufle , où la mécanique détachée qui

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sert à bander est pourvue de deux manivelles et de deux roues à poulie dans laquelle passe une corde, n^a point de goujons ; il est toujours à étrier. C'est de cette arbalète que les arbalétriers génois étaient armés à la bataille d'Azincourt (1420) ; elle était universellement répandue en Belgique, où elle servait particulièrement à la défense des remparts et au tir à la cible. En Allemagne, elle atteignait quelquefois une grandeur de 20 à 30 pieds.

D. Arbalète à rouet d'engrenage^ espèce excessivement rare, que l'auteur n'a rencontrée dans aucune collection, et qu'il ne connaît que par des manuscrits du quinzième siècle. Le rouet d'engrenage, qui remplace le cranequin et le piede-biche, est fixé à Tarbrier dans une entaille, et se tourne au moyen d'une clef également fixe. Un encliquetagey tel qu'il en existe dans les crics, empêche le rouet de reculer dès qu'on lâche la clef. Les dessins représentent ces arbalètes avec V étrier.

E. Varbalète à galet, du seizième siècle, qui tire son nom des cailloux [galets] qu'il lançait aussi bien que des balles en jilomb à la place des carreaux (flèches). L'arbrier, ordinairement courbé entre la noix et Parc, est très-souvent en fer. Cette arbalète, d'une force médiocre, se bandait au moyen d'un levier adhérent à l'arbrier, ou simplement avec la main.

F. Varbalète à baguette^ qui serait mieux nommée arbalète à demi-canon^ puisque son arbrier est surmonté d'un canon en bois ou en métal qui couvre la rainure où glisse le carreau, et dans laquelle passe la corde. Ce demi-canon donne quelquefois à l'arbrier l'aspect d'un fusil à canon. L'arbalète à baguette, qui était en usage au dix-septième siècle, a peu de force, se bande au moyen d'une baguette à poignée avec laquelle on refoule la corde, ou simplement avec la main, et a servi de modèle pour la fabrication des arbalètes modernes.

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