PORTATIVE OU A MAIN
L^histoirc de Parme à feu, à partir de son apparition en Europe au commencement du quatorzième siècle, se trouve développée p. 72 à 92, et chaque dessin des différentes armes a été accompagné de détails qui n'ont pu figurer dans le chapitre historique. Rappelons seulement que la poudre à canon remonte à une antiquité indéterminée, et que la première arme à feu était de gros calibre, — le mortier^ — le mortier domestique. En écrasant des mixtions de salpêtre, de soufre et de charbon, Thomme s'est vu rejeter, lui et son pilou, par Texplosion amenée par le pilage. Profitant de la leçon, il a pratiqué un petit trou à rextrémité inférieure de ce mortier de cuisine pour pouvoir y mettre •le feu sans danger pour lui-même, et la première arme à feu fut inventée. Le mortier doit donc être regardé comme la forme la plus ancienne de Tarme à feu de gros calibre; il fut suivi successivement du canon (de quennoriy nom qui dérive de Tallemand A^anne ou Canne ^ pot, etc.] se chargeant par la culasse ; du canon où la charge s'effectuait au moyen d'une
boîte niobik (tes veuglaires *) ; et du canon se chargeant par la volée (bouche).
D'abord en fer forgé, ces armes à feu furent fondues en bronze à partir du quinzième siècle, où apparaissent aussi les tourillons qui supportent le poids du canon, le tiennent en équilibre, empochent le recul sur son affût, rendent le heurtoir superflu, et permettent de donner un pointage facile dans le sens vertical. Les affûts à roues avaient aussi remplacé les affûts immobiles, et bientôt après furent ajoutés les avant-trains.
Le petit canon à main ou la première arme à feu portative est contemporaine du canon se chargeant par la culasse, et remonte, comme celui-ci, à la première moitié du quatorzième siècle.
On a vu que les armes à feu de gros calibre ont pu être réduites à quatre espèces principales, malgré les nombreuses dénominations qui existaient chez les auteurs du seizième siècle, où souvent la môme arme est désignée de dix manières différentes. Le classement de l'arme à feu portative aussi peut être simplifié dès qu'on réduit ses variétés uniquement à celles des mécanismes de la platine ou de la batterie {Gewehrschloss en allemand, gun-lock en anglais), et non pas aux variations de formes et de noms fantaisistes. On peut réduire toutes ces espèces d'armes à feu au nombre de douze, sans compter ni le fusil à vent, qui doit être placé à part, puisque sa force projeclive est créée par la pompe pneumatique et non pas par l'explosion d'une poudre, ni leStecher, appelé improprement double détente en France, pouvant s'adapter à toute arme à feu destinée au tir de précision.
Ces espèces distinctes par le mécanisme de leurs platines sont :
1 . Le système de la charge au moyen d'une chambre à feu mobile est encore actuellement en usage en Chinp, puisque les pièces de rempart de trois mètres de longueur provenant de la campagne de 1860, et conservées au musée d'artillerie de Paris, sont presque toutes des Teuglalres.
510 L'ARME A FKU.
Le premier camn à main du milien dn quatorzième siècle. En fer grossièrement forgé, attaché sur une pièce de bois presque brut, il ne pouvait être épaulé, et son trou de lumière (Zûndloch en allemand, touch-hole en anglais), qui était au-dessus du tonnerre, avait quelquefois un petit couvre-platine à pivot destiné à préserver l'amorce de rhumidité. Plus court, il s'appelait /?e7rma/ et servait à la cavalerie.
Le canon à main à épauler^ de la fin du quatorzième siècle. Il se distingue du précédent en ce que son bois est plus façonné et souvent pourvu d'une crosse [Kolbe en allemand, stock en anglais) destinée à l'épaulement, et que le trou de lumière se trouve du côté droit du canon.
Le feu était mis à ces armes au moyen d'une mèche rfétachée.
Le canon à main à serpentin^ sans détente ni gâchette {mit Schlangenkahn-Lantentrœger ohne Fehder noch Drûcker en allemand, Guncock without trigger and spring en anglais) inventé vers 1424. La mèche était dès lors portée par le serpentin.
Le canon à main à serpentin à gâchette^ mais sans détente encore [mit Schlangenhahn-Lantentrœger and DjUcker ohne Fehder en allemand, Guncock for match with trigger but without spring en anglais) , qui permettait déjà de mieux viser'.
La kaquebuse (du vieil allemand Hack-Busse^ hackbus en anglais), petit canon à main, à serpentin^ à détente et à gâchette^ [Schlangenhahn-Lantentrœger mit Drûcker und Fehder en allemand, guncock for match with trigger and spring en anglais), créé dans la seconde moitié du quinzième siècle. C'est la première arme qui permit de bien viser. Le canon avait ordinairement un mètre de longueur.
1 . Aux Indes, chez les Mahrates , cette arme , introduite par des Européens du c6té de l'Est Ters la fin du seizième siècle , est toiigours en usage. Le serpentin représente ordinairement la tète d'un dragon.
L'ARME A FEU. 5il
La haquebuse doubk {Doppelhacken en allemand, double hakbusen anglais). Elle se distingue de la baquebuse simple en ce qu^elle a deux serpentins qui s'abattent en sens opposé au moyen de deux détentes et de deux gàcbettes. les canons de ces armes mesurent un mètre et demi à deux mètres ; ils étaien i ou supportés par un pied souvent à pointes de fer ou garnis de roues, ou posés sur le mur d^enceinte. Elles avaient à cet effet des crochets {Hacken) d'où peut aussi bien venir le nom de Hack- Busse que du serpentin^ Toutes ces armes, qui n'avaient ni visière ( Visir en allemand, visœr en anglais) ni point de mire [Kern en allemand , point de visoer en anglais) tiraient des balles de fer, de plomb ou de fer recouvert de plomb.
Uarquebuse à mèche qui ne diffère presque en rien, dans sa construction, de la baquebuse.
L^arquebuse à rouet ou Varqttebuse allemande [Deutsche Radschlosùûchse en allemand, arckbus with wheel'lock en anglais), inventée à Nuremberg en 1515. Elle se signale par sa platine à rouet qui est déjà composée de dix pièces et n'a plus rien de commun avec les armes à mècbe, remplacée par la pyrite sulfureuse ou pyrite jaune^ dite aussi martiale eimarcassite [Schwefelkies en allemand, sulphurous pyrite en anglais).
Le Stecher^ piqueur, inventé à Munich en 1543, et impro* promeut nommé en français double détente [trigger en anglais), mécanisme ingénieux destiné à rendre presque inseïisible le mouvement produit en lÀcbant la détente ordinaire, ne peut pas donner lieu à la formation d'une catégorie d'armes, puisqu'il peut être adapté à toutes les platines d'arquebuses.
V arquebuse à canon rayé (Bûchse en allemand, arckbus with rifflet barrel en anglais). La rayure du canon a été inventée en Allemagne, selon les uns à Leipzig en 1498, selon d'autres à Vienne ou à Nuremberg, par Gaspard ZoUner ou Kullner.
Quant au mousquet à rouet (Muskete en allemand, mousket eu anglais), il ne diffère de l'arquebuse que par son plus gros calibre.
Varquebuse ou le fusil à chenapan {snaphance en anglais), dont le nom corrompu de Tallemand Schnapphahn^ coq qui happe, indique Torigine de son invention. Elle remonte au seizième siècle. (V. p. 86).
La batterie à chenapan, qui fonctionnait encore au moyen de la pyrite sulfureuse, était le précurseur de la batterie à silex.
L^ fusil à batterie à silex ^ dite française^ (de Fitalien focile^ dérivé du latin focus^ feu, Flinte en allemand, fusil ou mousquet with french lock îvitk silex en anglais), probablement inventé en France entre 1630-164Q. (V. p. 86 et 87.)
La carabine (de Parabe karab^ arme), qui est une arme à canon rayé, et dont le nom est donné aussi bien à la petite arme de la cavalerie qu'en Allemagne à l'arme de chasse, ne peut former une catégorie à part. C'est l'arquebuse et le fusil à canon rayé.
Le fusil à percussion ou à piston inventé par l'armurier écossais Forsilh en 1807. (V. p. 88 et 89.)
Le fusil à aiguille inventé en 1827 par l'Allemand Nicolas Dreyse. (V. p. 91.)
1. Cette arme, qui était arrivée à une grande perfection, se composait du carum (Lauf en allem.^ barrel en angl.), dont la partie postérieure s'appeUe tonnerre ^ la partie antérieure volée ^ le TÎde intérieur âme et son diamètre calibre; de la platine ( Schloss en allem., loak en angl.) et du bois (Schafst en allem., etock eu angl.}. On appelle queue le morceau de fer du canon qui dépasse la culasse du tonnerre, lumière l'ouverture où passe le feu pour enflammer l'amorce (^ZUndloch en allem., touche hol en angl.), gâchette ([>rilc/r«r en allem,, trigger en angl.) la clef par laquelle on fait jouer la délente {Feder en allem., spring en angl.) pour faire tomber le chien {Hahn en allem., cock en angl.)