L'ART DE L'ARMURIER
MONOGRAMMES-, INITIAiLES, ET NOMS D'ARMURIERS
Eq Orient, la iàaimi^&a deg armes de luxe avait déjà atteint une très-grande perfection pour la niellure (2) et V incrustation [Tauschierarbeit en allemand, inlaid work en anglais), aussi nommées damasquiaage^ et pour la fabrication du damas (3), particulièrement dans THindoustan, en Perse
i. Aujourd'hui .armueier désigne aaasi bien le fabricant de l'armune défenÛTe que celui des armes blanches et à Xeu. PrimitiTcment le iabricant d'armures, seul, s'appelait armviriefy et art^husier celai gui fabriquait l'arme à feu portatire et deifrcs calibre.
.2. Xa fu'eiZure (£maif on Schmelz tauêchierarbeit en allemand , inlaid ena- «MJ work en anglais), est rincruatatioo de petits lilets 'et d'ornements en émail noir (jgalène) dans des métaux précieux et autres ; la galène est un minerai composé de plomb, de soufre et de matières terreuses. Il y a de la .galène autimoniale, dite galène argentifère , ile la .galène de .bismuth ^ de fer, et de la galène faasse.
Le damcuquinctge est l'inavustation de petits ^ets vd'or au d'argent dans Iç fer et dans l'acieiu
2m Xe damas dit aussi oditr de l'Inde «t ader Woùtz, dont la fabrication ne doit d^ être désignée par le tverbe damasquiner, mais ipar ealui de damasêer^ ëésjgne l'ader moiré de différentes nuanoes. ûa confond eoatinuailement les mots aieUflc, damasquiner et incnister, qui signifient .tons , «ndéfiiùtiire^ incrueter en «élo/ycar i'incruBtatalion en bois<et autres matiàNS ▼égétale&s'^fipeUe margueier.
Le damas est de l'acier fondu dans lequel beaucoup de dMsins «oicés son^
L'AHT DE L'ARUURIUR
an Khoraçan, et même à Java, lorsque la majeure partie de l'Europe se Eervait encore d'armes grossièrement forgées;
cirbun ix Fer emtilliit el
ClDue), en ÎBDl, eel le premier eu Francs qui imili le dimu, dont la fll»ktlion « été grindemeot imélionje depuis p*r Degrind, Gurgey, CDulesui, el parlicgliêrement par Slodirt el Firadaï en 1811. Lei niaDuriclurel da Baucbea-da- Rhàne emojèrent mèine leun lames en dimai plalioé eu Oiienl. Li«ge emploie d«puii longtempi le damas rabaiiné et autres à la Fibricatioil de ks caoïuki de fusilt et cantùnea de chasse, mêinfl pour les plue coiaiDDns, qu'elle fournil ■ da pris d'uD bon marché inero^rable.
Le datiuaqv^agt , qui «t donc nn IrsTiii tout * fall différent de celui de U produelion du damai , et n'est autre chose que l'incnitlalion , s'opère de 1* minlire tuiTinle : après que le damiaquioeur a lait bleuir sur le Feu la lame oh la
lil de métal qu'il achète de refouler i l'aide d'un nùloir [ouUI qai aert • main' ou rendre mit, petit ciaeiu en acier son aigu). Quand le dealn i Fait G«rp«, Il égalité le lout au moreo d'noe line floe et polil aprè*. Le danuqulnage était
en Italie, en Espagne el en AUcBagne. II B'a été Introduit «n Frawie qae •«■• le
règne de Benii IT.
mais l'art de repousser (4] le fer (Treiben des Eùens en allemand, enbossmeni en anglais) et celui de combiner des armures articulées complètes appartient bien plus au moyen âge chrétien et aux peuples du Nord de la plus récente civilisation, qu'à l'antiquité et aux Orientaux.
A la fin du quinzième siècle, le repousseur de l'Europe centrale, qui avait grandement dépassé pour son dessin l'armurier persan et grec, était arrivé au dernier degré artistique en même temps qu'à la plus grande solidité.
La renaissance^ dont Tiofluence se fait sentir dans l'armurerie par ses ornements de détails et ses admirables ciselures [Ausgestochene Arbeiten en allemand, ckasingsen anglais) ne pouvait, dès lors, être qu'une cause de décadence; elle apportait des réminiscences d'une antiquité enjolivée, et dont les tendances et le goût de tradition n'étaient guère en harmonie avec la conception nouvelle et originale qui, après avoir créé le style gothique dans l'art ^t l'individualisme dans l'homme, avait produit la réforme et le droit nouveau.
L'armurier qui était arrivé à marteler le timbre du casque d'une seule pièce sans aide mécanique, avait cependant imaginé des armures dont l'iogénieuse conception et l'admirable travail feront toujours ledésespoir du contrefacteur.
Peu de documents concernant l'armurerie du moyen âge sont parvenus jusqu'à nous. On a vu au chapitre qui traite des armures complètes de cette période la reproduction d'une miniature du treizième siècle, (p. 194), qui montre un armurier forgeant un heaume ; outre cela, le Wetss Kuntg, rédigé entièrement par l'empereur Maximilien P' lui-même, vers la fin du quinzième siècle, montre l'atelier complet d'un de ces célèbres artisans.
4. On eonfond soufrent le repouêsage {Treiben en allemand , enboetmetU en anglais), la ciselure (dcu Ausstechen en allemand, the chasing en anglais), et la gravure (doê Stechen en allemand , the ingracing en anglais), dont la différence est pourtant grande.
Ht L'ART m L'AimOBIBA
Ce sont particnKèremeDt l'Italie et l'AUemagne qui oat jo«i d'ttae grande renommée pour la fabricatmi des armes défensiTes , tandis qœ TEspagne était eonnne pour ses armes blanches, |»armi lesquelles les laoMS de Tolède sont restées réputées.
En Italie, oette iabrication se faisait même souvent sur une si grande échelle, que les armuriers et la seule ^ille de Milan purent fournir en peu de jours, après la bataille de Macalo (1427), des armes et des armures pour 4,001 ca- Taliers et 2,000 hommes de pied. PUippo, NigroH et nés frèrei^ qui travaillaient pour Gharles-Ouiet et pour François I**, Jean Ambrogio tainé^ Bernard» Civo et le Milanais HteroMMo Spacini^ Pauteur du célèbre bouclier de Charles-Ouii^ti de cette époque, sont les armuriers italiens les plus connus auxquels il faut joindre les Figino^ les GhineUo, les Pellizoni et les PiatH, On voit que c'est particulièrement durant l'époque d« la renaissance que l'armurerie italienne a brillé de son plus grand éclat; ses produits du moyen âge ne peuvent pas soutenir autant la concurrence des produits allemands, hispano-musulmans, français et anglais.
Onant à l'arme à feu portative, l'Italie, où le pistolet peut aussi avoir é«é inventé, occupe une des premières places. Àntamo PicininOy Andréa de Ferrare^ du dix^-septtème siècle, pour les armes Uauches ; Ventura Caïd, Lazarino Commazzi, Colombo et Badik, ainsi que Franeino^ MutiOy Berselli, Banùolo^ Giooatane et C^tei^ du dix-huitième siècle, pour les armes à feu, sont des noms qui n^ont pas passé dans l'oubli, car ce sont des signatures qui ont été recueillies sur des armes d'un travail supérieur.
En Espagne, c'est Madrid, Cordoue, Guença, Gatugel, Saint-Clément, Cuella, Badajoz, Valence, Séville, Valladolid, Saragosse, Orgoz, Bilbao et particulièrement Tolède qui sont les villes réputées pour leurs armureries d'armes blanches dont on trouvera plus loin près de deux cents mono-
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grammes qui ne remontent cependant pas au delà dé la seconde moitié du seizième siècle ; mais on peut admettre que la fabrication date , dans plusieurs de ces localités , du treizième siècle, et qu'elle est due, comme toute l'industrie espagnole, aux Arabes. L*acier dont se servaient ces fabriques était tiré des mines de Biscaye et de Guipuscoa.
L'Allemagne, où le moine Schwartz, de Fribourg, en Brisgau, avait, au commencement du quatorzième siècle, fait faire les premiers pas à l'artillerie européenne, brille déjà durant toute la seconde partie du moyen âge et autant à Tépoque de la renaissance par ses magnifiques armes défensives, dont beaucoup passent dans les musées et collections privées pour des produits italiens et espagnols.
Après que Rodolphe de Nuremberg eut trouvé, en 1306, Tart de tréfiler le fer [Drahtziehn), qui mettait dorénavant la cotte de mailles rivée ou à points d'orge à la portée de presque tous les hommes d'armes, l'armure articulée dite à plates, dont toutes les améliorations concernant la défense et peut-être même l'invention sont dues aux armuriers d'outre-Rhin, sortait vers la fin du moyen âge et à Tépoque de la renaissance, en objets d'art, des mains d'un Desiderim Kollmann d'Augsbourg, d'un Lorenz Platiner (l'armoirie de l'empereur Maximilien î"), d'un Wilhelm Seussenhofer d'Inspruck (l'armoirie de Charles-Quint et de Ferdinand I"), et d'autres qui ont laissé ces magnifiques armures, dont le goût se ressent malheureusement déjà de l'influence étrangère. Seussenhofer est mort en 1547, et Kollmann vivait vers 1532, époque où il a fourni, entre autres à Philippe d'Espagne, les belles armures qui existent encore. »
L'admirable harnais complet pour homme et pour cheval, au musée de Dresde,est sorti probablement du même atelier; l'artiste y a représenté les Travaux d^ Hercule. Kollmann, à qui il fut payé 14000 écus, somme énorme relativement à l'époque, pour une seule armure, occupait alors
L'ABT DE L'ABMUfllER
^Mfm^ê^
ET DE LARQUËBUSIËR. SS!t
une des premières places parmi les armuriers aliemauds. H, deHefaer-Alteneckapublié chez l'éditeur BrukmaDn à Munich ' les photographies de 86 des 170 dessins originaux à l'encre de Chine, projets destinés à plus de 26 armures complètes pour hommes et pour chevaus, qui furent
composés et exécutés en demi-grandeur par les peintres Schwarz (mort eu 1597), Van Achen, Brockberger et Jean Miliek (né à Munich en 1517, mort eu 1572], pour les ateliers des armuriers de Munich et d'Augabourg. Ces dessins qui portent les traces de leur emploi, et où tout indique la composition des peintres susnommés d'après des réminis-
I . Diirini 'oTiglnaux de tnaUrti atlemandt pour armurei de tuxt deilMti à rfaj mil de France, publié) pir J, H. do Hofner-AIleoecli , pholsgnphiét 1 l'iulilut photographique de Frédéric Bnikmann, i Hunicta, in-folio.
Queiquciiulreide cei dewini wat le propriËlé du gtainl cherilier de Htiii-
«cquii en 1840 à la vente de li eolleclion du eoDieiller d'ÉUL KirKhbeum.
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eencM de graTenra aUemands (Y. les reptoènetioiis aux pages précédentes de deux de ces dessins, prie au kasard) , sont ks projets de toutes les pièces des armures de François I**, de Benri II et de Temperenr Itodolphe IT, attribuées fonssement jusque-là aux armurerieii italiennes et espagnoles.
L'Espagne aussi a tiré d'Augsbourg et de Munich les plus ricbes armures qui figurent encore à TÂrmeria real de Madrid sous le nom d'armes italiennes et espagnoles. Grâce aux recherches que l'ambassadeur prussien, M. le baron G. de Werthem, a bien touIu faire faire dans les archives, le doute n'est plus permis.
Voici la copie textuelle de la lettre de M. le baron de Werthern :
a Nous avons eu ici Thiver passé deux compatriotes, M. fiergenroth et M. Friedmann, qui étaient venus faire des recherches dans les archives de Madrid et de Simancas pour le compte du gouvernement anglais.
« Une observation jetée dans la conversation par M. Bergenroth, concernant l'influence de Tart allemand en Espagne, m'a donné l'idée d'engager M. Friedmann à rechercher dans les comptes rendus destègnes de Charles Y et de Philippe 11^ s'il ne s'y trouvait pas des noms d'armuriers allemands auteurs de la plupart de ces belles armures conservées à l'arsenal de Madrid, et où le caractère de l'exécution paraît indiquer la main de l'artiste allemand.
« Je vous envore le résultat de œs> recherches qui ont pfoînement eonfirmé mes prévisions. » Et plvs loin : « M. BergeMOlh aussi se souvient parfoitiement d'avoir vii aux afdiives pkiaitiirs comptes rendus du règne de Charles Y, qui montrent eneoce d'autres noms de nos célèbres armuriers allemands.
« Il m'a promis d'en prendre copie à son retour, qui aura lieu l'hiver prochain, etc.„ etc.
« Madrid, 13 avril 1866.
tr Signé : Baron G. de Webthkrn, <c Qimbassadêut priMstM. »
ST B£ L*AJIQUEBUSIGR. 567
Extrait textuel et légalisé des archives :
Simancas Estado. Leg. 1565. Fol. 33.
Anuentas de la capa de don Plùlipe de Austria principe
de Espana.
Augsburg* — 755 1/4 escudos de oro por diez copas de plata donado warpradoc aqui a razonde 17 1/2 y 16 flonucel marco. -^Aug. 25 hebr. 1549.
Augsibourg.-^PoT pagas compradas an Àquela, 1720, due. — Bntôs.90may 1549.
Munich» —Por 8 arcabuzes à Peter Pàk von Jftmoften, 100 escudos de oro. — AfUwerp^ 19 sq>t. 1549.
Auysbourg. — Por ciertts armur que ha de hacer maestre Bulffj veino de Lanuete (mousquet à rouet), 100 escudos de 22 baçor. — Aug., <8 julio 1550.
Auffsbourg, — A Camargo por 5 sacabuches (Passauer Sclrwerter?) por il 80 escudos. — Augusta, IdO ag. 1550.
Augsbovrg.-- AColman (Kollmann), armerode Avgusfa, 2,000 escudos de oro en cuenta de 3,000 -que ha de aver por unas armur que haze pasa mi sevoais. ^ Augusta, 22 ocU 1550.
Munich. — A Peter Pah de Munich^ 52 escudos por ciertos ascabuzer. — Aug. 10 oct. 1550. *
Augsbourg,— A Desideiio Colman armero de Augusta, 400 duc. en cuenta de loque a de aver por unas armas negras que haze para mi. — Augusta, 27 febr. 1551.
Munich. — A Peter Pah por quatro canabuzes 41 escudo. — 19 marco 1551.
Munich, — A maestro Bolfe (Bulff) 250 escudos por unas armas que bace por mi persona 24 mace y 1 50 mas por ciertas armas que hace por don Antonio de Toledo.
Augsbdurg. — A maes1ff*o Haur (Staurt) de Augusta, 50 ducados por ciertas armas que muado hacer y qmedai?on oon il. •^ Augusttty 10 de abril 1551.
Munich. — A M. Pedro MallerOy de Minicb, 114 escudos por ciertas pieças demalla. — Aug.^ 7 abr. 1551.
Munich. — A Pedro, arquebuzes de Munich^ 40 escudos por ciertos arquebuzes. — 28 abr. 1551.
Munich.'-k maestro Vulff (Bolfe? Bulft), 225 escudos, 200 por unas armas doradas que ha de hacer y 25 por unas pillar que hiro por un harneo blânco que havia hecho para mi personia. — Aug., 2 mayol55K