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RÉGION DE STE-SOTÈRE ET GALERIE DE ST-EUSÈBE

voit, en examinant la voûte, qu’une lampe y était suspendue. C’était une crypte liturgique, comme un appendice de celle de Ste-Sotère.

Au fond de cette région se trouve une chapelle à coupole [N] ; une peinture représentant une scène de la vie réelle, une marchande de légumes assise devant une table [e] ; en revenant, après avoir traversé la grande galerie de St-Eusèbe [13], un arcosole [f] dans lequel est peinte la résurrection de Lazare ; plus loin, sur la droite, une grande chambre anonyme [O] où se sont réunis Pomponius Laetus et ses académiciens, ils y ont écrit leurs noms sur les parois : 1475 xv Kl FeB PANTAGATHVS MAMMEIVS PAPIRIVS MINICINVS AEMILIVS VNANIMES PERSCRVTATORES ANTIQVITATIS REGNANTE POM • PONT • MAX MINVTIVS. Une autre main a ajouté : ROM • PVP • DELITIE • (x). Dans la galerie [12] qui conduit de cette chambre à la galerie de St-Eusèbe [13], on remarque, à droite, un' arcosole orné d’une peinture du IIIe siècle qui représente l’Adoration des Mages [g]. A cet arcosole fait face un groupe de quatre chapelles réunies l’une à l’autre et dont trois sont éclairées par un même lucernaire ; elles ont dû servir à des usages liturgiques ; l’une d’elles renferme l’inscription funéraire d’un certain Ulpius Florentius. C’est là qu’ont commencé en 1870 les pieuses réunions qui ont donné naissance au collège des « cultores martyrum ».

A l’extrémité de cette galerie, nous tournons à gauche et nous nous trouvons dans celle de St-Eusèbe [13]. On voit presque aussitôt une inscription ainsi conçue :

PETRON1AE AVXENTIAE • C • F • QVAE VIX1T

ANN -XXX* LIBERTi • FECERVNT • BENEMERENTI -IN - PACK

Cette Pétronia, « clarissima femina », était de famille sénatoriale. La mention des affranchis est assez rare pour mériter d’être remarquée ici. C’étaient apparemment des esclaves mis en liberté au moment du baptême de leur maîtresse.

1. Sur les souvenirs de Pomponius Laetus dans les Catacombes, cf. de Rossi, Monta sotterr I, p. 3-9 ; — Bullettino, 1870, p. 81-94.

158 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

A l’entrée de la première galerie transversale à gauche, une famille s’est fait représenter en peinture au-dessus de son tombeau [1]. Au delà de cet arcosole s’ouvre une chapelle [Q’] au fond de laquelle est inscrit en lettres rouges le nom de son propriétaire PATRICIVS.

Un peu plus loin, dans la galerie de St-Eusèbe, on rencontre une chapelle double éclairée par un grand lucernaire[P]. Une inscription, tracée sur une grille en marbre qui a dû fermer un arcosole, donne le nom du propriétaire de cette chapelle, Sévère, diacre du pape S. Marcellin ; nous savons ainsi qu’elle fut creusée, avec son lucernaire, au commencement du IVe siècle, sous Dioclétien: les chrétiens possédaient donc alors la surface du sol, autrement ils n’auraient pu pratiquer des lucernaires. L’inscription fait l’éloge de la sœur de Sévère.

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Remarquer dans la même chapelle un fragment de marbre portant la mention : |a d m a r T|yres (?).

La chapelle opposée [Q], appelée chapelle des Cinq Saints, appartient à la même époque. La paroi du fond est décorée

région de ste-sotère et galerie de st-eusèbe. 159

de peintures. On voit au milieu d’un jardin, symbole du Paradis, cinq personnes orantes, trois femmes et deux hommes ; leurs noms sont au-dessus : DIONISAS IN PACE

NEMESI IN PACE — PROCOPI IN PACE — ELIODORA IN

P ace — ZOE IN PACE ; et au-dessous, à droite et à gauche de

l’arcosole, deux autres noms, dont un seul reste visible : ARCADlA IN PACE. Il y a aussi des fleurs, des vases auxquels s’abreuvent deux colombes, etc. Toute cette scène rappelle la célèbre vision de Ste Perpétue : « Vidi Dinocratem refrigerantem... (*) » Les noms indiqués ici sont inconnus, sauf

celui de Zoé : on sait qu’une sainte de ce nom, femme de Nicostratus, avait été guérie de la cécité par S. Sébastien et fut martyrisée.

Du même côté de la galerie, à l’entrée d’une autre chapelle

[R] une main chrétienne a tracé à la pointe les noms des SS. Partène et Calocère ; il y eut donc là les corps de ces deux martyrs, victimes de la persécution de Dèce (250). La date écrite, III ID FEFRVA (« tertio idus februarias »), ne correspondant pas à celle de leur mort (19 mai), M. de Rossi a supposé qu’on avait voulu conserver le souvenir d’une translation ; mais l’hypothèse n’est pas nécessaire : le caractère de cette date est tout différent de celui des noms des martyrs, il est permis de croire qu’elle n’a aucun rapport avec la déposition des corps. La chapelle était en si mauvais état, que la Commission d’archéologie a été obligée de la faire reconstruire.

La première chapelle que l’on rencontre ensuite à gauche

[S] est vraisemblablement celle du pape S. Caius. Elle est très grande, et M.de Rossi y a trouvé une inscription grecque qu’il a ainsi reconstituée au fond de la chapelle :

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t / eni crxoTî

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