LA VOIE APPIENNE. — LE CIMETIÈRE DE PRETEXTAT
LE cimetière de Prétextât est mentionné dans les Actes des martyrs et les martyrologes. On lui a donné le nom d’un de ses propriétaires, un parent de Ste Cécile peutêtre, car parmi les inscriptions du cimetière de St-Calixte, nous avons vu celle d’un Praetextatos Caecilianos. Le cimetière a dû être fondé au IIe siècle, puisque S. Janvier, fils aîné de Ste Félicité, qui y fut déposé, fut martyr sous Marc- Aurèle ; une région, aujourd’hui inaccessible à cause de la mauvaise volonté du propriétaire, renferme des peintures qui paraissent également de cette époque (1 2).
Dans ce cimetière furent enterrés, outre S. Janvier, les martyrs S. Urbain, S. Valérien, S. Tiburce et S. Maxime. Pourquoi ces martyrs, dont l’histoire est intimement liée à celle de Ste Cécile, n’eurent-ils pas, comme elle, leur tombeau à St-Calixte ? Probablement pour une raison locale. Le cimetière de Prétextât était alors en relation avec une propriété voisine, que l’on appelait « Triopium Herodis Attici ». C’était la villa de ce personnage, précepteur de Marc-Aurèle ; il y avait élevé un monument à sa femme Annia Regilla ; un village s’était formé à côté. Les inscriptions qui ont pu être recueillies en cet endroit, les fameuses inscriptions «triopéennes » illustrées par E. Q. Visconti (3), sont maintenant à Naples ; le Vatican en possède des copies. On peut reconnaître dans la petite église de St-Urbain alla Cafïarella les ruines du monument érigé par Herodes Atticus. L’évêque Urbain, réfugié à Rome, devait exercer sa juridiction sur le
1. Cf. de Rossi, Bullettino , 1863, p. x-6, 17-22 ; 1870 (éd. franç. ), p. 52-59 ; 1872 (éd. fr.), p. 31-34, 49-9°: i874 (éd. fr.), p. ,,5-37 ; — Kanzler, Restituzione archiiettonica délia cripta dei SS. Felicissimo ed Agapito nel cimitero di Pretestato , dans le Nuovo Bullettino, i8g$, p. 172-181.
2. Voir aussi plusieurs fragments d’inscriptions au musée de Latran (XIX).