‹ Guide des catacombes romainesChapitre 151 sur 283 · SANCTO MARTYRI LAVRENTIO IVLIA EXIBIT III KAL OCT DEP KAL SS · texte numérisé non relu

SANCTO MARTYRI LAVRENTIO IVLIA EXIBIT III KAL OCT DEP KAL SS

Boldetti vit aussi une précieuse inscription, dont malheureusement il ne fit pas grand cas, et qui parlait d’un tombeau acheté IN CRYPTA NOBA RETRO SANCTOS. Marangoni découvrit une crypte ornée de mosaïques. Le P. Marchi (x) a publié plusieurs monuments de ce cimetière, mais en se plaçant surtout au point de vue architectural. Les constructions du cimetière moderne ont beaucoup endommagé la catacombe. Commencé en 1837, ce cimetière ne comprenait d’abord que la partie basse où s’étend le portique ; plus tard, on eut la fâcheuse idée de le prolonger jusque sur la colline appelée « Pincietto » ; alors beaucoup de galeries furent détruites ; des inscriptions, des arcosoles, des peintures, restèrent en plein air, exposés à toutes les dégradations ; et les choses demeurèrent en cet état jusque vers 1894, malgré les protestations des archéologues. Enfin le conseil communal a accordé un subside qui a permis de faire quelques restaurations et de prévenir de nouveaux dégâts.

Actuellement on peut visiter trois régions de la catacombe ; on y pénètre par trois entrées distinctes (1 2). La première et la principale avoisine la basilique de St-Laurent et arrive jusqu’au tombeau de Pie IX et à la chapelle de Ste-Cyriaque ; la porte d’entrée est près du caveau de la famille Odescalchi [a]. Non loin de l’entrée, on remarque un arcosole qui porte l’inscription : ZOSIMIANE IN DEO VIVAS, et dont les peintures représentent, au milieu, le Sauveur assis entre deux Saints ; sur les parois latérales, Jonas et Moïse ; à la voûte, le bon Pasteur au milieu d’arbres ; à droite et à gauche,

1. I vionumenti delle arti cristiane primitive, p. 109-121, 225-227.

2. Vu la difficulté de lever un plan exact du cimetière dans son état actuel, j’indique seulement les entrées de la catacombe dans le cimetière moderne de manière qu’on puisse les retrouver sans peine.

le jugement de l’âme ; à la partie antérieure de l’arcosole, des brebis paissant devant une grille, pour donner l’illusion

d’un tombeau isolé. Près de là, dans une galerie à droite, on voit une inscription grecque dans laquelle le monogramme sert encore d’abréviation du nom du Sauveur :

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PEU QCZHGN

« Antonin, vis justifié dans le Christ !

Un peu plus loin, après plusieurs galeries, à gauche, on pénètre par un trou moderne dans un petit hypogée très curieux [h], que l’on prit d’abord pour une chapelle chrétienne, qui est en réalité un colombaire païen, ainsi que le prouvent les urnes et les inscriptions. Il y avait primitivement une porte spéciale, dont les traces sont encore visibles, et un escalier aboutissant à la rue ; au siècle dernier, les chercheurs de reliques sont passés par là et ont percé les parois pour arriver

à la catacombe. On peut signaler dans ce colombaire une marque de brique jusqu’ici unique, avec les mots (I)DIBVS MART (J). Faut-il y voir un souvenir de la mort de César arrivée à la même date ? Une inscription est encore à sa place :

M - AEMILIO • ELPIDE PHORO • P A P I R I A • SE C V R A • COIVGI • BENE MERENTI • C V M • QVO . VI X I T - ANN - VIII - M -III Q V I • VIXIT -ANN • XXXX F E C I T

— De la région de ce colombaire on peut arriver jusqu’à la basilique de St-Laurent. Les tombeaux sont pauvres ; beaucoup n’ont jamais été ouverts. Les noms sont simplement tracés sur la chaux. Il y a cependant aussi quelques fragments de marbre, sur l’un desquels était gravé le buste d’une défunte entre deux saints.

Une seconde entrée [c] se trouve sous la chapelle même de Mgr Annivitti. Dans cette région, comme dans la précédente, les tombeaux, dont un grand nombre sont encore intacts, ne présentent rien de remarquable.

Enfin il y a une dernière entrée [b] à côté de la tombe De Romanis. Près de cette entrée, les travaux du cimetière moderne avaient mis à découvert un arcosole peint très important ; on l’a transporté dans un « cubiculum » construit tout exprès. La peinture est du IVe siècle. Elle représente Notre-Seigneur au milieu des vierges sages et des vierges

1. Les ides « parricides ». Les consuls nommés sur la brique sont ceux de l’année 123 : PETINO • ET • APRON • CONSS . La fabrique est appelée EX • FIGLI • MIRINIANIS.

folles; le reniement de S. Pierre, dans le style des sarcophages; le miracle de la manne ; une Epiphanie, dont il ne reste qu’un mage et l’étoile au milieu de laquelle est inscrit le

monogramme ; enfin, à la partie antérieure, une orante introduite par deux saints dans les tabernacles célestes (r). Cet arcosole était évidemment le tombeau d’une vierge chrétienne. — Dans les galeries de cette région on peut remarquer l’image du gril de S. Laurent tracée sur la chaux de plusieurs « loculi », et un « graffîto » recommandant un défunt aux saints martyrs : SENIVM IN MENTE HABETE.

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