De locis SS. Martyrum
4. Phoebeus, De identitate cathedrae in qua S. Petrus Romae primum sedit et de antiquitate et praestantia solemnitatis cathedrae Romanae, Rome, 1666 .
LE CIMETIÈRE DU VATICAN
doute tout ce qui reste de la chaire primitive. Les décorations sont en ivoire et de style classique ; elles représentent les travaux d’Hercule. On ne les eût pas laissées si la chaire était primitive, si même elle datait du IIIe ou du IVe siècle ; au VIe, elles ne pouvaient plus avoir aucune signification païenne. On n’a d’ailleurs découvert aucune trace d’inscription arabe (x).
On a fait également les suppositions les plus diverses relativement à la STATUE DE S. PIERRE. Les uns ont voulu y voir un Jupiter transformé : hypothèse inadmissible* car d’un Jupiter nu on n’aurait pu faire un S. Pierre drapé, à moins de fondre le bronze ; celle-ci ne peut pas même être, comme le croyait le card. Bartolini (1 2 3), du temps de Philippe (IIIe siècle). D’autres la font remonter seulement au moyen âge (3). Torrigio (4) prétend que ce serait un ouvrage du temps de Léon Ier (Ve siècle). Cette opinion est plus vraisemblable, car on peut certainement reconnaître dans le monument des traces de style antique ; elle est acceptée par les savants allemands Platner et Bunsen (5). Peut-être S. Léon Ier fit-il faire cette statue après avoir chassé Attila, car on sait qu’après la libération de Rome il manifesta envers S. Pierre une vive reconnaissance. On avait pensé qu’elle avait pour auteur un artiste byzantin ; on se fondait sur une inscription grecque que l’auteur du manuscrit d’Einsiedeln a vue « IN IGONA SCI PETRI ». Cette inscription se rapporte plutôt à une statue de S. Pierre honorée à Pavie : le reste du document concerne en effet cette ville (6). La statue du Vatican était placée primitivement dans l’oratoire de St-Martin ; elle fut ensuite transportée dans la chapelle des
1. Cf. de Rossi, Bullettino, 1867, p. 33 sq. — M. Duchesne ne croit pas pouvoir admettre toutes les conclusions de M. de Rossi. Cf. Origines du culte chrétien (ie édit.), p. 268, not. 3.
2. Délia celebratissima statua di bronzo del principe degli A poste H, Roma, 1867, p. g.
3. Wickhofï, 7.eitschrift für bildende Kunst, 1890, p. 109 sq.