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LE CIMETIÈRE DU VATICAN

de la basilique, il est un peu à droite : ce détail prouve que l’architecte même de la basilique constantinienne dut tenir compte, en la construisant, d’un monument plus ancien auquel il ne pouvait toucher. Quand on a franchi la porte de bronze qui fait face à la statue de Pie VI, on se trouve dansune petitechambre oblongue terminée parune abside que décore une mosaïque représentant le Sauveur (XIIIe siècle) et les apôtres Pierre et Paul (XVIIe siècle). Dans le pavé de cette chambre, au-dessous de l’autel, on voit l’ouverture d’un puits, près de laquelle sont déposés les palliums avant d’être envoyés aux archevêques. Les Ordines romani du moyen âge rapportent que le pape, le jour de la fête de S. Pierre, retirait un encensoir placé dans ce puits l’année précédente, partageait les charbons entre les assistants, et remettait un autre encensoir. Les personnes qui désiraient avoir des objets ayant touché au tombeau de l’apôtre, « memoriae apostolorum », obtenaient qu’on descendît de même ceux qu’elles présentaient. Au IVe siècle, Rufin demandait de ces reliques pour une basilique de Chalcédoine ; S. Grégoire le Grand en parle dans ses lettres ; une inscription de la basilique de Carthage mentionne celles que l’on y possédait. Tous ces usages sont indiqués dans le Liber pontijicalis, à la biographie de Léon III (VIIIe siècle). Le dallage de la chambre de la confession a toujours été très ornementé. Il était autrefois formé de lames d’argent. Actuellement il est recouvert de bronze doré présentant l’image de la croix, de la tiare, des clefs et de la colombe. L’un des carrés formés par les bras de la croix est une porte qui recouvre l’ouverture du puits. Cette décoration remonte à Innocent X (XVIIe siècle). La « fenestella confessionis » fut ornée par Innocent III (XIIIe siècle). Le sarcophage même de l’Apôtre se trouve au-dessous du petit puits, derrière l’autel que le pape Clément VIII a érigé dans la chapelle souterraine des Grottes.

La Chaire de S. Pierre est le plus important souvenir de l’apôtre, après son tombeau. Plusieurs témoignages anciens font, d’après M. de Rossi, allusion à ce monument et à la

40 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

place qu’il aurait occupée jadis dans le baptistère. Ainsi le vers de S. Damase :

Una Pétri sedes, unum verumque lavacrum.. l’inscription sépulcrale de Sirice :

Fonte sacro magnus meruit sedere sacerdos ;

les paroles d’Ennodius : « Ecce nunc ad gestatoriam sellam âpostolicae confessionis uda mittunt limina candidatos, et uberibus gaudio exactore fletibus collata Dei beneficio dona geminantur », c’est-à-dire le baptême et la confirmation (T) ; — celles de S. Optât de Milève (1 2 3 4) : « Denique si Macrobio dicatur, ubi illic sedeat, numquid potest dicere in cathedra Pétri ? quam nescio si vel oculis novit et ad cujus memoriam non accedit quasi schismaticus ? » Enfin les indications des Itinéraires : « Ibi quoque juxta eamdem viam (Corneliam) sedes Apostolorum. » (3) Nous ignorons où était cette chaire avant la construction du baptistère ; peut-être était-elle dans la crypte. On a supposé que c’était le siège même dont se servit S. Pierre chez Pudens, la chaise curule de Pudens : c’est une fantaisie, enregistrée pour la première fois au XVIIe siècle par Febeo (4). On a aussi beaucoup exagéré en sens contraire : on a dit que cette chaire était païenne, lady Morgan a même affirmé que l’inscription gravée dessus était arabe et contenait une profession de foi mahométane. M. de Rossi a pu l’étudier à loisir en 1867, quand Pie IX la Attirer du monument construit par Alexandre VII et exposer dans la chapelle du T.-S. -Sacrement. Il a constaté que la chaire actuelle n’a pas la forme des chaises curules antiques ; elle est byzantine et a dû être faite au VIe siècle. Quatre ou cinq petits fragments tout rongés y sont enchâssés : c’est sans

1. Liber apologeticus p/-o sy?iod. , cire. fin. (P. L., t. LXIII, col. 206).

2. De schismate Donatistarum,\. II, 4 [P. L. , t. XI', col. 951). Le contexte semble indiquer qu’il s’agit de la chaire spirituelle ; mais l’expression « si vel oculis novit » permet de croire que S. Optât avait aussi en vue la chaire matérielle, symbole de l’autorité apostolique. M. Duchesn ç. [Origines chrétiennes t p. 83 sq. ) émet néanmoins des doutes à cet égard.

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