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P M X LO C V S B E A T I

BEATVS est ici un nom propre. Deux personnes, Sirica et Beatus, avaient été déposées dans le même tombeau.

Après la paix de Constantin, le pape Jules Ier avait élevé en cet endroit une église en l’honneur de S. Valentin. Comme

i. Elle a été volée. Je l’avais retrouvée, gravée au dos d’une inscription païenne du « collegium Subaedianorum. » Cf. Bulle/t. com., 1877, p. 255.

.. il n’était pas possible de la bâtir sur le tombeau même, à cause de la masse de rocher qu’il aurait fallu abattre, il la construisit un peu à droite, en respectant des tombeaux païens qui existaient sur le bord de la voie. La basilique fut restaurée, presque entièrement reconstruite, au VIIe siècle, par Honorius Ier (625-638). L’Itinéraire de Salzbourg, rédigé à la même époque, mentionne le corps de S. Valentin « in basilica magna », tandis que d’autres martyrs étaient « in aquilone plaga sub terra ». Il y avait donc eu une translation. Le pape Théodore (642-649) fit achever les travaux. Les ruines récemment découvertes indiquent bien un monument du VIIe siècle. On voit, en les étudiant, que la basilique avait

son « atrium » près de la voieFlaminienne, trois nefs, au milieu de l’abside une niche pour la chaire épiscopale, en avant l’autel, précédé de degrés, et la « schola cantorum ». La confession était formée par une galerie souterraine, analogue à celle de Ste-Praxède. A l’extrémité des nefs latérales, il y a encore des traces de chapelles, qui, selon le rit ancien, ont dû servir pour la préparation du sacrifice. Celle^de*gauche était

dédiée aux autres martyrs du lieu et à S. Zénon. On y a en effet relevé des fragments avec les lettres peintes

SCI ET (sanctis)

BEA (tis)

et l’inscription, maintenant dans la crypte souterraine,

Pendant le moyen âge, on venait là en procession, le jour de S. Marc, de l’église St-Laurent in Lucina ; il y avait pour la station une oraison propre, après laquelle on faisait mémoire de S. Zénon. Ce martyr, déposé dans une crypte du cimetière de Prétextât, est appelé par les Itinéraires « frater Valentini », sans doute « frater in passione ». Pascal Ier fit construire en son honneur un oratoire célèbre dans l’église de Ste-Praxède, où on voit encore une mosaïque représentant les deux martyrs Zénon et Valentin.

Pendant les IXe et Xe siècles, la catacombe de St-Valentin resta en honneur. Nous en avons la preuve dans une inscription du pape Jean IX (898) conservée à Ste-Marie in Cosmedin, où il s’agit de donations faites au monastère et dans une bulle du pape Agapit (946-955) qui parle d’un monastère annexé au cimetière et l’incardine à l’église de St-Sylvestre in Capite.

Un pèlerin allemand du XIe siècle raconte qu’il obtint des reliques « a quodam cimiteriorum custode », demeurant sur la voie Flaminienne, près d’un cimetière « ubi semper ardent lampades ». Il s’agit évidemment du gardien de St-Valentin. A la même époque, sous Nicolas Ier (1058-1061), la basilique fut de nouveau, ainsi que le rapporte une inscription conservée à St-Sylvestre in Capite, restaurée par les soins de l’abbé Théobald et solennellement inaugurée le 3 février 1060.

Après la translation du corps de S. Valentin à Ste-Praxède (XIVe siècle), l’église de la voie Flaminienne fut abandonnée. « Ecclesia S. Valentini extra portam non habet sacerdotem », lisons-nous dans le codex de Turin. Au XVIe siècle. Bosio put reconnaître les fondements de la basilique

Élém. d’archéol. chrét. — II.

mais déjà l’édifice n’existait plus. L’illustre archéologue avait au-dessus du cimetière de St-Valentin sa maison de campagne, la « villa Bosia », où sans doute il écrivit une partie de sa Roma sotterranea. La villa existe encore (villa Trezza). Bosio l’avait mise sous la protection de la très sainte Vierge et de S. Valentin : « Sanctus ValENTINVS • MARTYR • LOCI • TVTELARis », dit une belle inscription toujours visible derrière la porte d’entrée. La statue de la Vierge qui s’y trouvait aussi a été transportée récemment au musée de Capo le Case.

De bonne heure, avant même la basilique de Jules Ier} exista près de St-Valentin un cimetière en plein air, le plus grand de tous les cimetières romains de ce genre. Settele, au commencement de ce siècle, y a relevé des sarcophages et plusieurs inscriptions. C’est de ce cimetière que proviennent la plupart des inscriptions disposées sur les parois de la catacombe souterraine de St-Valentin.

Enfin dans les fouilles on a retrouvé des sarcophages ou fragments de sarcophages. Sur quelques-uns sont représentés des sujets analogues à ceux que l’on voit dans les autres cimetières : l’âme introduite au ciel par deux Saints, le pêcheur symbolique, le bon Pasteur, etc. Sur un sarcophage

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