‹ Guide des catacombes romainesChapitre 269 sur 283 · LE CIMETIERE D’ALBANO · texte numérisé non relu

LE CIMETIERE D’ALBANO

LA Via Appia, au delà du tombeau de Caecilia Metella, continue en droite ligne vers les monts Albains. La première station postale était au pied de ces montagnes, au lieu appelé Boville, « ad Bobellas » ; il existe encore quelques ruines près de l’auberge « delle Frattocchie ». La seconde se trouvait à l’Ariccia. L’emplacement actuel d’Albano était en pleine campagne, ainsi que l’indiquent les tombeaux construits à droite et à gauche de la voie qui traverse la ville moderne. Tout le pays s’appelait « Albanum, » du nom d’Albe la Longue, l’ancienne ville qui avait été le berceau de Rome et qui était située sur le lac, à peu près où est le couvent de Palazzola. Après que Clodius, Pompée et les empereurs y eurent acquis de vastes propriétés, on lui donna le nom d’Albanum Caesaris. Sous les empereurs, il y eut là une station militaire, non de prétoriens, comme l’ont cru Nibby et quelques autres, mais de la IIe légion Parthica, ainsi que l’ont prouvé les dernières découvertes, celles en particulier de M. Henzen. Parmi les ruines imposantes de la villa de Domitien, que l’on voit dans la villa Barberini, il y a des logements militaires. Il reste aussi des traces d’une partie de l’enceinte, de réservoirs d’eau, de temples, d’un amphithéâtre (près de l’église des Sts-Pierre et Paul). Les légions romaines se fixaient pour longtemps, quelquefois un siècle et plus, au même endroit. Autour du « castrum » se groupaient des maisons ; c’est ainsi que se formèrent plusieurs villes dans le nom desquels entre le mot « castrum » (Manchester, Winchester, etc.), et telle fut aussi l’origine d’Albano.

La foi chrétienne dut être prêchée à ces soldats de très bonne heure, probablement dès le Ier siècle. La ville et le campement furent ensuite abandonnés, car au IVe siècle,

CIMETIÈRE DALBANO. 4 I 5

Constantin donna à l’Église d’Albano « sceneca deserta vel domos intra urbem », ainsi que le rapporte 1 z Liber pontificalis dans la vie de S. Sylvestre. Le cimetière de la communauté chrétienne se trouvait non loin de là. Bosio ne l’a pas connu ; il a été retrouvé par Boldetti (1720), étudié par Riccy (*), d’Agincourt (1 2 3), de Rossi (3), et dernièrement par M. Franconi (4).

L'Epitome de locis SS. Martyrum quae sunt foris civitatis Roinae indique nettement la position de ce cimetière : « Per eandem vero viam pervenitur ad Albanam civitatem et per eandem civitatem ad ecclesiam S. Senatoris ubi et Perpétua jacet corpore et innumeri sancti et magna mirabilia ibidem geruntur. » Il faut donc le reconnaître dans le cimetière qui se trouve au delà de la ville, près du pont de l’Ariccia, sous l’église de la Madonna délia Stella. Son origine peut se rattacher à la persécution de Domitien, aux spectacles sanglants qui se donnaient dans l’amphithéâtre voisin et où l’on pense que mourut le consul Acilius Glabrio. Les saints Senator et Perpétua, aussi bien que les « innumeri sancti » dont parle XEpitome , sont inconnus. De S. Senator nous savons seulement ce qu’en dit le Martyrologe romain (26 sept.): « In Albano S. Senatoris ».

Le calendrier Philocalien mentionne dans le même cimetière un autre groupe de Saints (8 août): «VI Idus Augusti, Secundi, Carpophori, Victorini et Severiani, in Albano ». Et le même jour: « Cyriaci, Largi et Smaragdi », transportés de la Via Salaria au VIL mille de la voie d’Ostie. L’identité de trois de ces noms avec trois autres du groupe des Quatre Saints couronnés a fait penser qu’il n’y avait aucune distinction entre les martyrs d’Albano et ceux du cimetière de la voie Labicane, fêtés le 8 novembre. Mais cette opinion n’est pas admissible, car le manuscrit de Berne du martyrologe hiéronymien donne l’indication précise de la sépulture

1. Memorie storiche dell' antichissima città di Alba longa e dell' Albano moderno ,

Page 1