Cf. Bullett . , 1866, p
LES MONUMENTS CHRÉTIENS ü’oSTIE ET PORTO. 419
une belle collection d’antiquités chrétiennes. L’île du Tibre, « Isola sacra », était consacrée, dans l’antiquité, par le temple de Castor et Pollux.
Ostie possède divers souvenirs chrétiens. Mais nous manquons de documents sur l’origine du christianisme dans cette ville. Il est possible que S. Pierre lui-même y soit passé, venant à Rome. Ostie était alors un grand centre, en relation avec beaucoup de pays, surtout avec l’Egypte d’où venait le blé. Aussi toutes les religions y étaient-elles représentées. La religion chrétienne y était certainement établie au commencement du IIIe siècle: c’est sur le rivage d’Ostie que Minutius Félix place son dialogue entre le chrétien Octavius et le païen Caecilius. Pendant la persécution de Claude II, Ostie donna à la foi de nombreux martyrs, dont les Actes sont malheureusement très interpolés (x). Les principaux sont S. Cyriaque, évêque, le prêtre Maxime, le diacre Archelaus et Ste Aurea, la patronne d’Ostie.
La nature du sol ne permit pas aux chrétiens de creuser un cimetière souterrain semblable à ceux de Rome. On fit, comme en Afrique, des « areae » près des deux grandes voies Ostiensis et Laurentina. C’est près de cette dernière qu’a été trouvée une importante inscription, qui, sans présenter aucun caractère certainement chrétien, semble bien indiquer des relations entre la famille de Sénèque (Annaeus Seneca) et les Apôtres :
P A V L O * PETRO M ANNAÊVS • PAVLVS F I L I O CARISSIMO
Les inscriptions chrétiennes d’Ostie ont toutes été retrouvées hors de leur place primitive. Le Cal Pacca en a disposé
1. De Magistris les a publiés dans ses Acta martyrum. ad Ostia Tiberina sub Claudio Gothico, Rome, 1795. M. de Rossi ( Bullett ., 1866, p. 38, note), a appelé cet ouvrage « un dottissimo romanzo ».
un certain nombre dans le palais épiscopal de la ville. D’autres ont été transportées au Musée de Latran, où elles occupent la 21e travée. La forme et l’épaisseur du marbre sur lequel elles sont gravées montrent bien, en général, qu’elles ne fermaient pas un arcosole ou un « loculus », mais étaient placées sur les « formae » en plein air.
ANICIVS • AVCHENIVS • BASSVS -V -C -ET TVRRENIA • HONO RATA -C - F • EIVS • CVM • FILIIS • DEO • SANCTISQVE -DEVOTI E
Cette inscription dédicatoire n’a rien de funéraire ; elle devait se trouver dans une basilique. Il y eut deux personnages très connus du nom d’Anicius Auchenius Bassus : l’un qui fut consul en 408, l’autre, son fils, consul en 431.
(Mus. Lat., I, 4.)
LVCCEIVS VALERIANVS
Q • VIX • ANN • XXVIII ET LVCCEIVS • VALERIVS