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LES MONUMENTS CHRÉTIENS D’OSTIE ET PORTO

L’inscription du sarcophage, qui est aujourd’hui dans l’escalier du musée de Latran, est ainsi conçue :

+ HIC REQVIESCVNT CORPORA SCOR

MARTYRVM YPPOLITI • TAVRINI • HERCVLANI ATQVE IOHANNIS • CALIBITIS ■ FORMOSVS EPS • COND1DIT

Après cette translation l’ancienne ville de Porto fut toutà-fait abandonnée, malgré l’importance de ses monuments classiques et chrétiens (x).

Ce que j’ai dit de la basilique de St-Agapit, des cimetières d’Albano, d’Ostie et de Porto, suffit pour répondre au but de cet Itinéraire des catacombes. On peut, avec ces indications, visiter les monuments accessibles. Les autres cimetières suburbicaires sont ou tout à fait dévastés ou à peu près inconnus : le nom, quelquefois un petit souterrain, voilà tout ce qu’il en reste. Inutile donc et même impossible d’en tenter une description tant que n’y auront pas été faites des fouilles régulières.

1. Sur les monuments de Porto, cf. de Rossi, Ballet., 1866, p. 37-50, 63, 99-103 ; — 1868, p. 33, 76 ; - 1869, p. 1, 16.

QUAND la paix fut donnée à l’Église par Constantin, les fidèles purent célébrer au grand jour les cérémonies de leur culte, cachées jusque-là dans les sanctuaires des maisons privées et dans les chapelles des catacombes. Alors se développa la liturgie auparavant très rudimentaire. Il est donc naturel de joindre à la description des basiliques plutôt qu’à celle des cimetières l’étude des rites religieux de l’Église primitive. C’est ce que je me propose de faire dans le volume que je prépare sur les Basiliques et anciennes églises de Rome ; et j’ en prendrai occasion pour parler aussi des coutumes publiques et privées des premiers chrétiens.

Il eût été facile de mêler à la description des catacombes des considérations de sentiment ou de piété. Je m’en suis abstenu. Mon but direct n’était pas d’édifier, mais d’instruire. Aussi bien l’étude sérieuse et critique des catacombes peutelle seule faire naître une dévotion éclairée envers ces vénérables sanctuaires. Ceux qui voudraient surtout des considérations pieuses les trouveront dans d’autres ouvrages, par exemple dans la Roma cristiana nei primi secoli du comte TullioDandolo et l’ Esquisse de Rome chrétienne deMgrGerbet.

Je me contenterai d’emprunter une belle page à ce dernier(I): elle met en un relief saisissant les leçons et les espérances de vie immortelle que l’âme puise dans les catacombes.

« Les cimetières qui recouvrent ce qui se passe dans le sépulcre, les nécropoles de l’Egypte, qui dissimulent, par leurs momies, l’inévitable décomposition de la matière humaine, certaines grottes de la Sicile, qui ont la propriété de conserver les corps, les souterrains du Paris moderne où les murailles d’ossements font voir en bloc ce que chacun a vu en détail, ne permettent point d’observer, comme on peut le faire dans les catacombes, le travail je ne dis pas de la mort,

i. Tom. I, ch. 3 (8e édit., Paris, 1875).

mais de ce qui est au delà de la mort. En parcourant cellesci, vous passez en revue les phases de la destruction, comme on observe, dans un jardin botanique, les développements de la végétation, depuis la fleur imperceptible jusqu’aux grands arbres pleins de sève et couronnés de larges fleurs- Dans un certain nombre de niches sépulcrales, qui ont été ouvertes à diverses époques, on peut suivre, en quelque sorte pas à pas, les formes successives, de plus en plus éloignées de la vie, par lesquelles ce qui est là arrive à toucher, d’aussi près qu’il est possible, au pur néant. Regardez d’abord ce squelette ; s’il est bien conservé, malgré tous ses siècles, c’est probablement parce que la niche où il a été mis est creusée dans un terrain qui n’est passée. L’humidité, qui dissout tant d’autres choses, durcit ces ossements en les recouvrant d’une croûte qui leur donne plus de consistance qu’ils n’en avaient lorsqu’ils étaient les membres d’un corps vivant. Mais cette consistance n’en est pas moins un progrès de la destruction ; ces ossements d’homme tournent à la pierre. Un peu plus loin, voici une tombe dans laquelle il y a une lutte entre la force qui fait le squelette et la force qui fait la poussière ; la première se défend, la seconde gagne, mais lentement. Le combat qui existe en vous et en moi entre la mort et la vie sera fini, que ce combat entre une mort et une mort durera encore longtemps. Dans le sépulcre voisin, tout ce qui fut un corps humain n’est déjà plus, excepté une seule partie, qu’une espèce de nappe de poussière, un peu chiffonnée, et déployée comme un petit suaire blanchâtre, d’où sort une tête. Regardez enfin dans cette autre niche : là, il n’y a décidément plus rien que de la pure poussière, dont la couleur même est un peu douteuse à raison d’une légère teinte de rousseur. Voilà donc, ditesvous, la destruction consommée! pas encore. En y regardant bien, vous reconnaîtrez des contours humains : ce petit tas, qui touche à une des extrémités longitudinales de la niche, c’est la tête : ces deux autres tas, plus petits encore et plus déprimés, placés parallèlement un peu au-dessous, à droite et à gauche du premier, ce sont les épaules; ces deux autres, ce sont les genoux. Les longs ossements sont représentés par

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