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VOIE

NOUS savons par les inscriptions sépulcrales des «Curatores viarum » qu’il y avait autrefois deux voies Auréliennes. La « Via Aurélia vêtus » fut tracée probablement par C. Aurelius Cotta, censeur en l’an 512 de Rome. Elle commençait au Janicule (porte actuelle de St-Pancrace) et descendait vers la mer : c’était la route de Centumcellae (Civita vecchia). On en voit des traces dans la villa Panfili. Au VIIe siècle de Rome, elle fut prolongée jusqu’à Gênes. La route actuelle, Via Aurélia antica, s’identifie à peu près avec elle. — La « Via Aurélia nova », tracée sous Marc- Aurèle, dont elle prit le nom, commençait près du pont Aelius, traversait en partie le Vatican et regagnait la « Via Aurélia vêtus » au 3e mille ; elle sort aujourd’hui de l’enceinte

1. Index coemeteriorum e notitia regionum : « Coemeterium Calepodii ad S. Calixtuni via Aurélia. » — Itinéraire de Salzbourg : « Deinde ambulas ad S. Pancratium» cujus corpus quiescit in formosa ecclesia via Aurélia, quam S. Honorius papa magna ex parte reaedificavit, et in ilia ecclesia intrabis longe sub terra et invenies Ardhimium martyrem ; et in altero loco S. Paulinum martyrem, et in altero antro S. Sobiam martyrem et duae filiae ejus Agapite et Pistis martyres, et ascendis sursum et pervenies ad ecclesiam ; ibi quiescunt S. Processus et Martinianus sub terra, et S. Lucina virgo et martyr in superiori. Deinde pervenies eadem via ad sanctos pontifices et martyres duos Felices. Postea eadem via pervenies ad ecclesiam ; ibi invenies S. Calistum papam et martyrem, et in altero (loco) in superiori domo S. Julius-papa et martyr. » — De locis SS, Martyrum : « Inde haud procul in sinistra manu juxta viam Aureliam S. Processus, S. Martianus, S. Pancratius, S. Paulinus, S. Artliemius, S. Félix, S. Calistus, S. Calopus cura multis sepulti jacent. » — Itinéraire de Guillaume de Maltnesbury : <( Quartadecima porta et via Aurélia, quae modo porta S. Pancratii martyris dicitur, quod juxta eam requiescit in sua ecclesia; et alii martyres Paulinus, Arthemius, S. Sapientia cura tribus filiabus Fide, Spe, Charitate. In altéra ecclesia Processus et Martinianus, et in tertia Felices duo, et in quarta S. Calixtus et Calepodius, et in quinta S. Basilides duodecimo milliario. » — Itinéraire d' Einsiedeln : « In via Aurélia extra civitatem S. Pancratii, in dextera Processi et Martiniani. » — Vila Hadriani I : « Basilicam beati Pancratii martyris nimia vetustate dirutam atque ruinis praeventam in integrum a novo nimio décoré una cum monasterio S. Victoris ibidem sito restauravit. » — Index coemeteriorum e libro mirabilium urbis Romae : Coemeterium Calepodii ad S. Pancratium. Coemeterium S. Agathae ad girulum. Coemeterium Julii via Aurélia. »

de Léon IV par la Porte Cavalleggieri. Au 2e mille, une autre voie s’en détache et se dirige à droite vers Ste-Rufine, dans la direction de l’ancienne « Via Cornelia ».

La topographie des anciens cimetières chrétiens de la voie Aurélienne est très obscure ; on a fait très peu de fouilles de ce côté. D’après les Itinéraires des pèlerins, nous devons y distinguer quatre centres historiques, qui sont, en suivant

l’ordre chronologique, les cimetières des Sts-Procès et Martinien (âge apostolique), de St-Calépode ou de St-Calixte (II Ie siècle), de St-Pancrace ou d’Octaville, et des deux Félix (IVe siècle). L’ordre topographique, conservé par 1 Itinéraire de Salzbourg, la Notitia Rcclesiarum et l’Itinéraire d’Einsiedeln, est le suivant : St-Pancrace, Sts-Procès et Martinien, les deux Félix, St-Calépode. Nous allons les étudier dans cet ordre.

§ I. Cimetière de St-Pancrace.

Ce cimetière a porté primitivement le nom d’Octaville : c’est celui sous lequel il est désigné dans les Actes apocryphes de S. Pancrace, rédigés peut-être au VIe siècle. S. Pancrace est un jeune martyr de douze ans, victime de la persécution de Dioclétien ; une matrone, Octaville, recueillit ses restes et les déposa dans le cimetière privé qu’elle possédait sur la «Via Aurélia ». A partir du IXe siècle, on confondit ce cimetière avec celui de Calépode. Il en était cependant bien distinct. De bonne heure on avait construit sur le tombeau du martyr une basilique qui fut, à la fin du IVe siècle, restaurée et ornée par le pape Sirice (I). Au VIIe siècle, Honorius Ier (630) la rebâtit, changea un peu la position du sarcophage du martyr qui, lors de la construction de la basilique (IVe siècle), avait été laissé à sa place primitive, « ex obliquo aulae », et plaça dans l’abside une inscription qui nous est connue par l’Itinéraire d’Einsiedeln : « Ob insigne meritü et singulare beati Panchratii martyris beneficium basilicam vetustate confectâ extra corpus martyris neglecti antiquitatis extructâ Honorius eps Di famulus abrasa vetustatis mole ruinaq. minante a fundamtis noviter plebi Di construxit et corpus martyris quod ex obliquo aulae jacebat altari insignibus ornato metallis proprio loco collocavit (2). » Le corps n’ayant jamais été transporté à l’intérieur de la ville, ce lieu resta toujours en grande vénération : c’est ce qui explique comment on a concentré là au moyen âge tous les souvenirs chrétiens de la voie Aurélienne.

De l’ancienne basilique il ne reste presque plus rien. On a porté au musée de Latran quelques fragments de mosaïque ayant appartenu à l’ambon, avec l’inscription en vers rimé du Xe ou XIIe siècle :

Qui legit attendat ad quid sacra lectio tendat.

Les reliques du martyr ont été dispersées pendant la Révolution française. Le cimetière et la basilique dépendaient

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