‹ Guide des catacombes romainesChapitre 85 sur 283 · LO 1 PAR · texte numérisé non relu

LO 1 PAR

CVNDIANVS\qui credidit CRISTVM IESv\m vivit in E ET FlLlO ET ISP jirito Sancto

La première est dans la grande galerie ; l’autre, dans la galerie au-delà d’Ampliatus, seconde chapelle à droite.

Non loin de là on se trouve dans une région qui appartient à une époque postérieure, et qui, à l’origine, n’a pas dû être en relation avec l’hypogée des Flaviens ni avec la crypte d’Ampliatus.

§ II. Région du IIIe siècle.

Pour visiter la région du IIIe siècle, il faut suivre la galerie qui part du grand escalier et prendre à droite la première galerie latérale.

Cette région possède plusieurs peintures importantes. Dans la quatrième galerie à partir de l’escalier, on voit entre deux « loculi » une peinture de l’Epiphanie. La Vierge est assise, voilée, elle tient l’Enfant Jésus sur ses genoux ; de chaque côté sont les Mages, au nombre de quatre. Si on compare

cette Madone à celle du Prophète ou à celle de l’Epiphanie, qui se trouvent à Priscille (*), on peut juger qu’elle leur est

i. Notions générales , p. 316.

postérieure. Celle-ci appartient au IIIe siècle ; elle est à peine antérieure à celle de St-Calixte. Elle a été représentée là, non à titre de simple sujet de décoration, mais dans une pensée de vénération et de prière, comme pour recommander le défunt à la T. Ste Vierge. Les inscriptions voisines sont également du IIIe siècle.

Dans une autre galerie plus éloignée (région des « grands apôtres ») s’ouvrent des chapelles importantes à riches arcosoles. L’image du bon Pasteur y est répétée quatre ou cinq fois et dans de grandes dimensions ; dans l’une de ces peintures, on distingue au-dessus de la brebis la partie supérieure d’une orante : on a voulu indiquer que la personne enterrée là faisait partie du troupeau du bon Pasteur. Au fond est une vaste chapelle formée par deux niches semi-circulaires de chaque côté de la galerie. Les peintures dont elle est ornée sont de la fin du IIIe siècle ou du IVe : d’un côté le bon Pasteur, de dimensions colossales ; de l’autre, Notre-Seigneur au milieu des Apôtres, magnifique composition qui est comme le prélude des grandes mosaïques constantiniennes : le Sauveur a le type classique romain, sans barbe ni cheveux longs. Sur les parois a été peint tout autour un large tableau, maintenant très effacé, mais où l’on distingue encore des personnes qui montent à cheval, et dans le fond des maisons ; on y a vu une représentation de la sortie d’Egypte et des Hébreux emportant les vases des Égyptiens ; Mgr Wilpert y a reconnu plus justement un marché au blé, des magasins, les barques du Tibre et les ouvriers qui les chargeaient ou les déchargeaient; dans la galerie voisine une boutique de boulanger avec une table couverte de pains, un caissier et un acheteur : cette chapelle aurait appartenu à la corporation des boulangers. En regard d’une peinture de la multiplication des pains, on aperçoit une femme vêtue d’une robe très ample ; d’après Mgr Wilpert, elle prend un pain dans une corbeille placée devant elle et le montre, comme pour vanter le corps de métier qui prépare le pain eucharistique : l’explication pourra paraître plus ingénieuse que solide.

RÉGION DU IIIe SIÈCLE. [2J

Au II Ie siècle appartient encore une chapelle éloignée qui présente une peinture très célèbre et très rare, celle d’Orphée, symbole de la douceur de la doctrine chrétienne. Bosio l’a vue et décrite. Elle est mieux conservée que les deux autres analogues que l’on connaît dans les cimetières de St-Calixte et de Priscille. Orphée est assis, coiffé du bonnet phrygien, et joue de la cithare au milieu des bêtes fauves. Sur le devant d’un arcosole, dans la même chapelle, il y avait une peinture de l’Épiphanie : des maisons représentent Bethléem ; un prophète, qui est évidemment Michée, les indique du doigt.

Dans cette région Bosio a copié plusieurs inscriptions. Il a relevé, tracé sur la chaux, un nom qu’on ne lit ni dans les martyrologes ni dans les Actes (I) :

Cette inscription est certainement authentique. Mais on ne trouve pas dans les manuscrits de cet archéologue très loyal et très judicieux plusieurs autres inscriptions apocryphes, qui ont été insérées dans l’ouvrage de Bosio par un abbé de Crescenzio, au XVIIe siècle. Cet auteur a été plutôt trompé que trompeur : on lui offrait des inscriptions gravées sur pierre, et il les acceptait sans discernement. Deux sont particulièrement célèbres, on les voit reproduites dans divers ouvrages d’histoire ou d’archéologie :

ALEXANDER MORTVVS NON EST SED VIVIT SVPER AS TRA ET CORPVS IN HOC TVMVLO QVIESCIT VITAM EXPLEVIT CVM ANTONINO IMP QVI VBI MVLTVM BENE REDDIT GENVA ENIM FLETENS VERO DEO SACRIFICA TVRVS AD SVPPLICIA DVCITVR O TEMPORA INFAVSTA QVI B VS INTER SACRA ET VOTA NE IN CAVERNIS QVIDEM SALVARI POSSIMVS QVID MISERIVS VITA SED QV1D MISERIVS IN MORTE CVM AB AMICIS ET PARENTIBVS SEPELIRI NEQVEANT TANDEM IN CAELO CORVSCAT PARVM VIXIT QVI VIXIT IV • X • TEM

Rom. soit. y 1. III, c. 23.

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