‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 15 sur 67 · I06 PORTS · texte numérisé non relu

I06 PORTS

6. L'Ascension qu'on voit peinle à fresque du côté de la porte en dedans , est l'ouvrage de Lanzani; quatre grands tableaux, qui étaient des portes ou des panneaux des orgues , ont été peints par Jean de Monte de Crema ; le Panfilo peignit S Jean Baptiste et S. Jacques , le Ce» ravo modela S Charles en terre cuite , et François Rîeloni sculpta en marbre blanc , appelle di fabbrica , la statue de la Vierge avec l'enfant Jésus , que Ton voit dans une chapelle à droite* Bans celle de S. Matronien est enterré le célèbre Manfredo Settala , homme très instruit, et un des premiers , qui réunirent chez nous des collections d'histoire naturelle et d'autres raretés. Charles Cane peignit le tableau de Taule! , et Lanzani et Panza ornèrent de leurs peintures les deux murailles latérales.

6\ Aux frères Galliari , suivant l'avis de quel* ques uns , et selon d autres , au vieux R ccardi, on attribue les peintures du chœur et de la voûte: quiconque en soit l'auteur \ on lui doit savoir gré d'avoir conservé quelque portion des anciennes peintures de Camille Procaccini. On ne tient pas compte de la coupole , qui a été peinte ^>ar Abbiati et par Jf&gg*. Dans une chapelle à gauche on voit un beau tableau de Bernardin Lanino , peint sur bois, représentant la Cène de

ROMAINE. *)7 Tf. S. Dans une autre on voit une statue de S Uldéric.

7. Mais un ouvrage très estimable de Lanino se trouve dans la petite église dp Sainte Catherine , qui est annexée à celle de S. Nazare , et que l'on croit dessinée par Bramante. L'architecture est très belle, l'église est surmontée d'une coupole très hardie. On y voit une grande peinture à fresque du susdit Lanino , dans laquelle ce peintre in<* troduisit le portrait de Gaudence Ferrari, que l'on voit disputer avec Jean Sella Cerva, dont Lanino était l'élève. Dans la fenêtre qui est au dessus de la porte d'entrée , on voit une belle peinture sur verre , relative aux actions de Sainte Catherine: elle est conduite dans le style de Luc de Hollande.

8 Dans une rue qui n'est pas é'oignée de cet endroit , et qu'on nomme de Posfagketto , demeure le professeur de chirurgie CI arles Fri* ger>'o, possesseur d'une collection de tableaux, où l'on admire entr'autres un superbe tableau de la Vierge avec S Géminien , et d'autres Saints à ses côtés , que l'on attribue au Corrègey et qui pourrait bien appartenir à tout égard à ce grand maître On pourrait même le supposer la première composition du tableau de ce fameux peintre , qu'on voit dans la galerie de Dresde , dont le sujet est le même , quoique

les dimensions et )a disposition des figurert Soient tant soit peu variées.

Eglise de S. Antoine.

1. Celte église était autrefois desservie par des moines de S. Antoine^ nommés Antoniens , qui avaient pour enseigne le T , qu'on voit encore sur le sommet du clocher* A ces moines succédèrent les Théatins ; et l'église gothique, dont on voyait une esquisse dans urte colonne surmôntée d'une pyramide , qui était placée devant la porte, et qui n'a été ôtée que depuis peu de cette place, fut rebâtie par ces derniers sur un plan d'ordre corinthien. ïlile est à présent composée d'une seule nef avec trois chapelles de chaque Coté , et un presbytère qui s'ouvre . et s'élargit en forme de croix. Le plan est de l'architecte Bichini. T*a voûte a été peinte par les frères C aplani , Génois, avantageusement connus par leurs fresques,- dans le chœur le pinceau de Moncalvo rivalisa avec celui de Ces deux fières#

2. Dans un premier espace à droite AmLroiss ffigmi peignit la Vierge qui écrase le serpent ; il peignit aussi dans un tableau latéral la Na*

tivité dé J, G. ; dans la seconde chapelle on voit S. André Avellin peint par le chev. ciel Caito S dans la troisième on voit sur l'autel une belle statue de la Vierge , dont la Nativité est peinte d'un côlé par Figfni § et de l'autre on voit la Vierge elle même avec Sainte Catherine et S. Paul, peinte par Bernardin Campi , qui y apposa sa signature et la date de i565 Dans la quatrième chapelle on voit l'Ascension peinte par Malosso , c'est à dire par le chev. Trotti de Crémone ; et d'un côté le Cerano peignit la Résurrection, de l'autre Vajani, surnommé le Florentin, la Descente du S. Esprit Dans les chapelles à gauche on voit S. Cajétan peint par le Cerano, l'Annonciation de la Vierge peinte par J. C Procaccini, qui orna aussi de ses peintures les deux côtés , J. C. qui porte la croix, peint par Palma le jeune , et d'un côté le même J. C. cou. ronné d'épines peint par Maganza , de Vicence » de l'autre la Flagellation par un maître inconnu.

3. Le maître autel et le tebernacle sont ornés de pierres fines; les peintures latérales sont de Pierre François Mazzucchelli , surnommé Mwh razzone , et du chev. ciel Cairo Les lentations de S. Antoine, que l'on voit dans quelques tableaux dans le chœur, ont été peintes par Camille Procaccini Au dessus de la porle delà Sacristie

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on voit une Nativité peinte par Annibal Caraccï 3 qu'on ne compte pas au nombre de ses meilleurs ouvrages.

4. Eu sortant de l'église on voit le palais Greppi , rebâli depuis peu sur le dessein de Pier* marinii dans une salle d'ordre corinthien les ornemens en sluc on été travaillés par Albertolli; les peintures de la voûte sont de Knoller. Un de «os peintres de perspective, nommé Scotti, orna les murailles et la voûte du grand escalier; il travailla aussi avec beaucoup d'intelligence dans le jardin.

5. En suivant cette rue à droite , on trouve au bout une autre grande rue qui porte le nom de Contracta larga; c'est ici que l'on voit la façade du théâtre de la Canobiana, dont nous avons parlé ailleurs. Une rue qui s'ouvre » côté , et qui suit le flanc du théâtre , porte au palais des Postes , dont la façade , d'une architecture très régulière, à été dessinée par Polak , que nous avons déjà mentionné ailleurs avec éloge.

Église de S. Jean de Latran.

1. Le nom de Latran est dérive à cette église «le la concession des indulgence* des stations dç

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Rome, qu'elle obtint de Léon X. L'intérieur de l'église est d'ordre corinthien ; dans la façade on a employé l'ordre ïoniqué. C'est un sculpteur , nommé Carlo Boni , qui l'orna , et qui sculpta aussi le bas-relief représentant la Décollation de S. Jean.

2. On trouve dans l'intérieur quelques peintu* res , qui sont l'ouvrage à' Hercule Procaccini le jeune. Ce peintre orna cette église avec le tra-^ vail de son pinceau , et il y fut aussi inhumé.

Sainte Marie près de S. Satyre.

î. On peut concevoir dans cette église la réu* nion de deux , qui comuniquent entr'elles , outre la Sacristie , qui mérite la plus grande attention. L'une des deux est petite et très ancienne ; elle est dédire à S Satyre, frère de S. Ambroise ; la seconde , plus ample , fut construite à la fin du XV siècle , afin d'entretenir le culte d'une image miraculeuse de la Vierge. La première date , à ce qu'on croit , du siècle XL; mais elle était apparemment plus vaste , puis-* qu'elle avait obtenu le nom de basilique. La seconde fut bâtie pair ordre de Ludovic Sforza t

lia PORTÉ

et on y voit le goût des ornemens de l'architecture, qui venait alors de renaître. Dans la façade on voit près de la base quelques médailles en bas-relief , sculptées avec beaucoup d'élégance.

2. L'intérieur a la forme de la lettre T , puisque le bras nécessaire au complément de la croix n'a jamais été construit. Le bras le plus long a trois nefs : les deux latéraux n'en ont que deux , c'est-à-dire la grande et une autre qui se réunit au bras formant le pied de la croix. La grande nef est séparée des autres par des piliers et des arcs ; aux premiers sont adossés d'autres piliers composés ; les arcs sont surmontés d'un architrave , d'une frise et d'une corniche,- mais on ne voit de base dans toute cette construction. L'architecte a supplée au défaut du bras de la croix qui manquait, par une perspective fort ingénieuse, qui pouvait produire une espèce d'illusion , lorsqu'elle était dans toute sa fraîcheur. Dans la voûte on a pratiqué une espace de coupole avec des roses, et une lanterne ; c'est dans cette coupole qu'on voit les quatre Évangélistes, peints par Bra-< mantino*

3. La sacristie est un chef d'ouvré d'architecture. C'est un petit temple octogone > dessin^

ROMAINE. Jll 3

par Bramante. Les piliers sont ornés avec élégance ; la frise est embellie avec des bas-reliefs et des têtes par le célèbre sculpteur et ouvrier en nielles, Caradosso Foppa. Ce morceau d'architecture est comblé d éloges par Vasar'u Dans une seconde sacristie on voit quelques peintures anciennes; on prétend qu'un tableau représentant S. Barnabas soit un ouvrage de Beltrafio*

4- L'image de la Vierge , qui passe pour miraculeuse , a été peinte , è ce qu'on dit , dans le siècle XI. Le chev. Peruzzini d'Ancone peignit dans une lunette l'excès d'un insensé , qui perça cette image d'un coup de poignard. lia mort de 8. Joseph a été représentée par Frédéric Biancki ; S. Antoine avec un autre saint dans sa gloire, l'a été par De Giorgi-, Joseph Peroni de Parme , élève du fameux 3natomiste Hercule Lelli de Boulogne , peignit l'image de S. Philippe *S"eri. On dit de ce peintre , qu'il dessinait assez bien , mais que son coloris n'était pas toujours exactement vrai.

PORTE DE PAVIE ou TICIXESE,

Église de Sainte Marie Beltraàc.

t. La route qui passe devant l'église de S. Satyre , conduit presqu en droiture à la Porle dite Ticinese. Si on prend cette route en sortant de l'église, on trouve à droite une petite rue, qui porte à 1 église de Sainte Marie Beltrade , «qu'on croit ainsi nommée à cause de sa fondatrice , et qu'on croit érigée à peu près dans le siècle IX.

2. Elle fut rebâtie en 1601 , réparée en 16*17, et embellie en 1794 Le maître autel , qui est construit en forme d'urne sépulcbrale , et qui n'a pas par conséquent de ces devants d autel de rechange , a été dessiné par l'architecte Polak. La chapelle de ia Vierge, qui se trouve à droite , et où Ton adore aussi une image miraculeuse, «st ornée de beaux marbres et de bronzes. Il y a quelques peintures d'Etienne Legnani Une statue de Sainte Ma ne Magdelaine est l'ouvrage d'Etienne S Pietro ; celle de S. Jean Evangéliste a été sculptée par Jean Dominions Cette église a été dernièrement enrichie de quelques belles peintures à fresque par Philippe Bellati.

JPORTB TICIXBSE.

S. Sébastien.

1. Dans la même rue , qui forme ensuite ce qu'on appelle le cours de Porta Ticïnese , on trouve à droite l'église de S. Sébastien. Elle fut bâtie pour l'accomplissement d'un vœu fait par la ville après la pestilence de 167 S. Le plan fut dressé par le célèbre Pellegrinî. Il imagina un temple circulaire à la réserve d'un enfonce-» ment , où l'on a placé le maître autel. Des piliers doriques accouplés , placés en dehors an rez-de-chaussée, portent l'édifice à une hauteur remarquable , et laissent un espace convenable pour les portes d'entrée. La hauteur du socle continué qui règne au dehors, correspond à celle du pavé intérieur de l'église. L entablement placé au dessus de ces piliers est très bien orné ; il reste ensuite à vide tout l'espace des chapelles, et on voit au milieu la coupole entourée d ornemens d'ordre ïonique , a\ec la lanterne placée en haut, de façon que la diversité des plans ne nuit point à la ligne visuelle, et on apperçoit de tout côté l'édifice qui s élève en forme pyramidale. Les portes sont au nombre de trois , dont celle du

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milieu est ornée de colonnes; l'église est simple au dedans aussi bien qu'au dehors. On y voit une suite de piliers, disposés à l'entour, avec des chapelles placées dans les arcs au milieu des piliers , dont la profondeur est égale par tout , à la reserve de l'espace où est placé le maître autel. C'est une des plus belles églises de celle ville , de l'avis de tous les connaisseurs.

2. Dans la première chapelle à gauche on trouve une ancienne peinture représentant le Martyre du titulaire: on la croit un ouvrage de Bramante» La chapelle suivante , dédiée au Cru» cifix , est décorée d'un autel , construit depuis peu. Dan» une lunette en haut Corneliani peignit le Père éternel avec des Anges qui l'entourent. En passant de gauche à droite , puisque les chapelles ne sont qu'au nombre de quatre , on voit dans la première la Vierge avec l'enfant Jésus , peinte par Barthelemi Roverio , nommé Genovesino ; la lunette en haut avec des Anges est encore l'ouvrage de Corneliani , qu'on vient de nommer; dans la seconde Êtienne Danedi , surnommé Montalto , représenta le Mystère de 1 Annonciation et le Massacre des Innocens. Blanchi et Ruggieri représentèrent S. Charles et S, PhU 1 ippe dans les tableaux qu'on voit aux deux côtés xlu chœur j ils peignirent aussi dans la sa*

TICIIÏESEc 117

CTÎstie le Crucifix avec la Sainte Vierge , le Disciple et la Magdelaine.

S, Alexandre in Zehedia.

1, Une rue qui s'ouvre à gauche tout près de la Balla, où l'on tenait autrefois le marché du beurre, qui a été transporté sous une espèce de hangard sur le devant du grand HôpitfJ , porte à une place qui n'est pas bien loin , où l'on trove l'église de S. Alexandre. Ou prétend qu'elle ait été bâtie sur l'emplacement d'une prison ancienne, où un enseigne de la légion Thébéenne , nommé Alexandre fut martyrisé. Ou a fait quelque mention de cette église dans le XII siècle ; el'e tait déjà au nombre des paroisses, lorque les Bamabites y entrèrent davs le AVI. L'église qu'on voit à présent ne fut bâtie que dans le siècle suivant

2. L'architecte de cet édifice fut un de 'es religieux nommé par quelques ur s Laurent Biffit par d'autres Laurent Binaghi Sa forme es! celle d'une croix grecque avec une coupole très ample et magnifique , un chœur assez vaste , un presbytère très comode ; il est disposé de façfon ,

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qu'il forme trois nefs , correspondantes à trois po/tes qu'on voit dans la façade, vis-à-vis desquelles se présentent trois autels. De chaque côté il y a encore trois chapelles , une plus grande au milieu , et deux petites à côté ; et devant chacune de ces chapelles on voit une espèce de nef, résultante de l'espace entrecoupé par les piliers , ce qui dorme à tout l'édifice un air de grandeur et de magnificence , en conservant l'euritmie de toutes les parties.

3. La façade correspond au plan général de l'église i elle est d'ailleurs très ornée , et le flanc à droite , qui s'étend le long de la rue dite de Zebedia , mérite aussi quelque attention. Dans la construction de cet édifice on a adopté par tout l'ordre composite, comme on peut le voir dans les piliers ce n'est qu'aux deux côtés de la grande porte , qu'on a placé deux colonnes. Cet ordre d'ailleurs commence du côté de la façade depuis la hauteur de l'escalier magnifique , par lequel on monte à l'église , du côté droit depuis la hauteur du socle en bosse. Dans la façade on voit les statues des trois Vertus théologales.

4. Cette église étant dédiée au titulaire et à tous les Saints , comme on apprend par l'inscription gravée sur le fronton , §n couvrit de pein*

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tures îa voûte et la coupole , et on réserva à la représentation des exploits du titulaire la tribune du maitre autel et le chœur. C'est là que deux peintres milanais, Philippe Abbiati et JFWdéric Bianchi, exercèrent leur pinceau. Ils représentèrent aussi dans la coupole la Trinité avec une suite innombrable de Saints. Dans les espaces interpesés entre les fenêtres on introduisit des sujets tirés de l'histoire du vieux Testament. Cignaroli de Vérone peignit le passage de la mer rouge ; Angujani milanais la reine Saba à la cour de Salomon ; quelques autres sujets furent traités par des peintres de Boulogne.

5 Dans les quatre grandes arcades on plaça les Evangélistes , les Docteurs , les Patriarches f t les Prophètes. La première du côté du maître autel fut peinte par Roch Bonola et Jacques Pallavicini , milanais; Angujano peignit les deux latérales; l'autre fut peinte par Cignaroli. Dans d'autres voûtes on plaça des troupes de SS. Innocens , Vierges , Hermites et Pénitens. Ces ouvrages furent conduits par les peintres Blanchi , Abbiati et Maggi. Les deux premiers ornèrent de leurs peintures les dessus des portes en dedans.

6. Dans la première chapelle à droite le Martyre de S. Pancrace est un ouvrage de Jsan Baptiste d'Ossona; les peintures des deux côtes

sont de Charles Cornara, Dans la suivante, au milieu de quelques ornemens en marbre, on voit un des meilleurs tableaux d'Augustin S. Jgostino , qui peignit aussi les tableaux , que l'on voit à côté , et les fresques de cette chapelle, L'Assomption de la Vierge a été peinte dans la troisième par Camille Proccacini , mais le plus bel ouvrage de ce peintre est placé dans la chapelle suivante , qui répond à la porte du côté droit 5 c'est la Nativité du Seigneur , à côté de laquelle Moncalvo peignit à fresque l'Adoration des Rois. Ce peintre, et le Fiammenghino travaillèrent aussi dans la voûte , et enrichirent de quelques figures les parois de la chapelle. C'est entre ces deux chapelles qu'est placé un monument assez petit à cause de l'espace très borné , mais sentimental et bien imaginé , à la mémoire du mathématicien Paul Frisi ; il a été élevé par le comte Pierre Verri , son ami , et homme de lettres distingué.

7. Le maître autel mérite quelque attention , en tant qu'il est tout enrichi de pierres fines , d'agates, de calcédoines, de cornalines, de jaspes de différentes couleurs, de lapislazuli , de pierres chatoyantes, etc. On y voit un œil de chat d'un volume très considérable. De ces pierres , recueillies originalement par un marquis Aïe^afi-

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cire Modroni, on a orné aussi la chaire du côlê de l'évangile > et une confession près de l'autel du côté de l'cpitre. Le deux grands tableaux à côté du maître autel, sont des ouvrages du peintre S. Agostino , dont on a parlé plus haut.

0. Dans la première des chapelles à gauche le Crucifix, qu'on y voit, a été peint par Ca~ mille Ptocaccini; la seconde fut ornée par Pierre Maggi; la troisième renferme une Décollation de S. Jean Baptiste peinte par Daniel Crespi; et celle qui se trouve vis-à-vis de la porte latérale de ce côté , est toute ornée soit pour ce qui con* cerne les tableaux à l'huile, soit pour les fresques , par le pinceau de Louis Scaramuccia de Pérouse , à qui I on doit un ouvrage qui a pour titre : Le finezze dei penneUi Ttaliani. Augustin S. Agostino fut aussi un des premiers, qui s'empressèrent de décrire les ouvrages de peinture, répandus par la ville : le tifcre de son livre est : Le glorie del pennello , etc.

9. Dans la sacristie on voit quelques bons tableaux , entr'autres l'Assomption de la Vierge à' Antoine Campi, et un? A dora lion des Rois à fresque, peinte par Daniel Crespi. Les peintures de la voûte so.ii 1 ouvrage de F ammsnghini.

10 A coti ue l'église on trouve à droite le palai s eçoles, Elles furent fondées en 16055

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par un Arcimboldi, dont elles portèrent le nom assez long teins ; elles passèrent ensuite aux Barnabites, qui en augmentèrent le plan,- à présent c'est un des Licées, établis, et entretenus par le gouvernement. On y voit un beau cabinet d'histoire naturelle , commencé par ordre de la cour depuis 1772. Le célèbre prof. Pirio , membre de l'Institut I. et R. , a très bien mérité de cet établissement; c'est lui qui n'a rien épargné pour l'enrichir, pas même les soins les plus assidus , les voyages , les dépenses , les travaux de tout genre. Cette collection est très riche sur tout en fait de minéralogie : c'est ici que l'on voit les beaux cristaux cubiques de feldspath rouge, trouvés dans les granits de Baveno,- des superbes échantillons des mines de fer de l'isle d'Elbe, des beaux morceaux del'adulaire du S. Gothard; objets qui ont été tous illustrés par le savant professeur ; une masse de fer natif, qu'on croit un aerolithe ; des beaux échantillons des mines de Hongrie, et plusieurs autres raretés, accompagnées de précieuses suites des piecès , qui servent à l'instruction. Les autres écoles sont aussi dirigées par des professeurs très habiles, surtout dans la partie physique et mathématique.

TJCl^YESE.

Palais Trivulzi et ArchintL

I. Il serait injuste de passer outre, et de ne pas s'arrêter à ces deux palais , dont l'un se irouve vis-â-vis de S. Alexandre, et l'autre n'est pas bien loin de cette église, puisque dans ces palais on voit des objets, qui peuvent intéresser singulièrement l'amateur des beaux arts. Dans le premier on trouve une belle collection de tableaux , entre lesquels on distingue un bel ouvrage de Mantegna, très bien conservé ; une bibliotèque nombreuse et choisie, très riche en manuscrits, en éditions du siècle XV* /en grands papiers et eu <Tautres raretés bibliographiques ; et un cabinet d'antiquités recuillies originalement par le célèbre Charles Trivulzi , à qui on a gravé une médaille avec le titre de Philologus prœstantissimus , et augmentées par ses successeurs, héritiers de son goût aussi bien que de ses trésors. On admire dans ce cabinet une lasse de verre avec une espèce de reseau jette artistement par dessus, ouvrage, peut-être , unique , ou le seul qu'on ait trouvé aussi bien conservé, dont on a parlé et gravé la figure dans V Histoire de lari de TVinckelmann , édition de Milan, et dans les Observations sur le

Sacro Catino de Gènes , de M. le chev. Bossl On j admire aussi quelques dyptiques consulaires , dont un de l'empereur Juslinien ; un superbe Faune en marbre rouge ancien ; plusieurs vases étrusques , dont un de la plus grande beauté ; plusieurs beaux camées; des sculptures en ivoire, une suite de médailles impériales en or, des médailles et des monnaies en argent et en d'autres métaux , etc.

2. Dans quelques chambres du palais Archinti on voit des peintures de Lanzanl ; dans d'autres salles on voit des peintures de Tiepolo et de Piazzetta , peintres Vénitiens très connus. Vie» toire Bigari de Boulogne , assisté à? Etienne Orlandi son concitoyen, orna de même quelques autres pièces. On voit aussi dans ce palais des ouvrages très précieux des anciens peintres, des ouvrages en bronze très estimables par leur grandeur et par la finesse du travail , et une bibliothèque , où l'on trouve quelques premières éditions très rares et très bien conservées,.

S. Eustorge. Porte Ticînese.

i. Puisque nous avons quitté pour un instant le Corso di Porta Tidnese , nous avancerons du

TIClffESE* ia5 côté de l'église de S. Michel à la Chiusa, où l'on ne trouve pas d'objets d'art , ni d'antiquités , mais qui est pourtant une église très ancienne, qui tira probablement son nom d'un grand réservoir ou d'un bassin où coulaient en grande partie les eaux de la ville. Tout près de là on trouve l'ancien hospice de la Chartreuse de Pavie, à présent converti dans une maison à l'usage des particuliers , où i'on voit encore quelques belles peintures à fresque des écoliers de Léonard. On passe le canal sur un pont, qui tire son nom de quelques peupliers, dont il était entouré. On voit à droite le palais Andieoli, avec un jardin de plantes rares très bien entretenu ; et on arrive, en côtoyant un fossé, à une grande place tout près de la porte TicintSe,oh est située l'égli e de S. Eustorge.

2, C'est une dej plus anciennes de la ville, et on prétend qu'elle ait été rebâtie dans le siècle IV. Elle devait se trouver alors assez loin de la ville , qui ne sétendait pas beaucoup de ce côté; c'est, peut-être, pour avoir été ruinée dans les incursions des barbares , qu'elle fut rebâtie dans le siècle IX ; et même aujourd'hui on \oit à gauche quelques chapiteaux, que Ion croit appartenir à cette construction. On lagran-» dit avant le XIII , ce qui est prouvé par U$

ia<> PORTE

voûtes anciennes qui ne sont pas aiguës dans le goût gothique allemand, qui s'introduisit après cette époque. Ce ne fut qu'à la fin de ce siècle que l'église fut confiée aux Jacobins , qui la réparèrent, et deux siècles après on éleva la partie du chœur , et on revêtit de maçonnerie les piliers qui étaient construits en pierre. Certain Tosano, surnommé le Lombardino , fut l'architecte de cette réparation ; Richini dans le siècle suivant y ajouta quelques ornemens , surtout des chapiteaux et des corniches. Le clocher est d'une hauteur assez considérable et très bien construit ; il fut achevé en 1009 : on prétend que ce fut la première tour dans la ville , où l'on vit les heures marquées sur un cadran.

3. L'église a trois nefs avec trois portes correspondantes. Dans la première chapelle à droite , que l'on croit dessinée par Bramante , on voit un autel à trois compartimens , peint par Borgognone. Les fresques qui devaient être très beaux , quoique d'un auteur inconnu , sont presqu' effacés. La chapelle qui suit, est toute peinte à fresque par les Fiammenghini , del Sole, Cornara et Blanchi. La chapelle du Kosaire a été décorée d'ouvrages en marbre, et des dorures, d'après le plan de François Croce Rainini , CornAiani , êfissi , Biançhi , et peut ètve. de Vomi/iici* , l'or*

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nèrent de leurs peintures. On attribue à ce dernier la Goronation de la Vierge. La chapelle de S. Thomas qu'on trouve ensuite , a un beau tableau peint par Landriani , surnommé le Duchino. Ou y voit le mausolée d'Etienne Visconti , érigé par Matthieu , surnommé le Magno , son père. Dans la chapelle qui suit, dédiée à S. Vincent: Ferreri, on voit des peintures assez médiocres & Antoine Lucini dans 1 autel, et dans les tableaux à côté; mais on y admire la voûte peinte par Charles JJrbin. De là on passe à celle de S. Jean , fondée par Pierre Visconti, oncle de Matthieu: le dessus de l'autel est de Fratazzi de Boulogne. Le susdit Landriani peignit aussi S. Martin ^.Dominique et S. Agnès dans la chapelle des Tor» riani, où I on voit d'un côté le Massacre des Innocens peint par Storer, de l'autre la Décollation de S. Jean Baptiste, peinte par les trois frères Procaccini } Jules César , Camille et Charles Antoine,

4. La chapelle que l'on voit ensuite, forme en quelque façon le bras droit de l'église; on n'y voit que le tombeau de Frédéric Maggi évêque de Bresse. On a négligé presqu'entiérement les xîeux qui viennent aprè* -, on voit pourtant dans la première S. Ambroise à cheval peint par Fi-~ gwo% et dans la, voûte au deltors de çes cha-

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