‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 16 sur 67 · SORTIS · texte numérisé non relu

SORTIS

pelles on observe une Adoration des Rois, peinture à fresque , qui a été attribuée à Luini, mais qui est sans doute d'une date plus ancienne. A cette peinture était adossé un Crucifix très ancien peint en 1288, dans le goût de ceux, que l'on voit peints par le nommé Simone dei Cro~ cefissiy qui ne fleurit cependant qu'un siècle après cette époque. Ce Crucifix a été depuis quelque tems transféré dans une chapelle. On trouve aussi à droite la chapelle des Mages, ou il y a un dessus d' autel de Fratazzi, un basrelief, encadré dans la muraille à gauche, travaillé en marbre en i347 , qui est, peut être, l'ouvrage de quelqu'écolier de Jean di Balduc* cio , et la caisse de marbre , couverte de stuc mal à propos, que l'on croyait le tombeau des trois Rois ; mais les corps qui y reposaient , ont été transférés à Cologne par un archevêque de cette ville , qui avait suivi Barberousse lors de sa descente en Italie , et la caisse n'est autre chose que le tombeau de quelque féudataire du bas âge.

5. Ce que l'on appelle dans les églises d'Italie la Confession , repose ici sur des petites colonnes, dont la base est au niveau de l'église. Un bas-relief en marbre , donné à cette église par Jean Galeace Visconti , représente la Passion de

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J. C. avec un grand nombre de figures; c'est un ouvrage assez beau pour l'époque, à laquelle il a été travaillé. La voûte est peinte par Fiammenghino. Rien de beau dans les deux chapalles , qui suivent , quoiqu'on attribue à Charles Urbin les peintures de la première. Celle qui est dédiée à S. Pierre Martyr , a été bâtie par Pigello Porlinari , florentin , agent de Corne des Médicis } en 1462 ; on y voit le goût de l'architecture renaissante. Peut-être ce fut Michelozzo , élève de Donatello , et imitateur de Brunelleschi , qui en fournit le plan ; cela est d'autant plus probable , que Michelozzo avait été chargé par C$me d'orner le palais, dont le duc de Milan lui avait fait présent , et que l'on voit encore dans la rue dei Bossi. Dans une ancienne peinture, qu'on voit en dedans sur la porte d'entrée de la chapelle , on apperçoit Pigello agenouillé devant le Saint ; une inscription annonce la fondation de la chapelle. Le tombeau qui renferme le corps du Saint, entouré de petites colonnes, était situé autrefois dans un petit emplacement à gauche j à présent on le voit derrière la chapelle. Il a été sculpté en i33o. par ce Jean de Balduccio , qu'on vi^nt de nommer , et qui en reçut le prix , exorbitant pour cette époque , de 2000 écus d'or: il y a un grand nombre de fi-> gurejj qui, ns sont pas dénuées de mérite. N

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6. Dans la coupole on voit des pein lares de Vincent Civerchio , dit le vieux. Il avait aussi travaillé dans leslunetles, et Vasari loue beaucoup ces peintures , mais on a blanchi le mur où elles se trouvaient. Aux deux côtés du maître autel on voit des peintures de Storer et de Ghe» rardini. Quelques Anges ont été peints dans la voûte par Hercule Procaccini* Dans la chapelle de l'Annonciation on voit des beaux fresques de Daniel Crespi-, qui souffrent beaucoup de l'humidité. Il y avait aussi uu beau tableau d'autel peint de sa main ; mais il Sexiste plus dans cette église.

7. Dans la sacristie on trouve des tableaux assez dignes de remarque: ils proviennent d'un legs fait à l'église par un certain Marone , qui institua aussi des écoles , qui étaient confiées de même que cette église aux Jacobins. On y distingue Gaïn peint par le Cerano , une Bersabée par le chev. del Cairo , une Vierge avec l'enfant Jésus, peinte en camaïeu par Daniel Crespi, et quelques peintures de Jules César et de Camille Procaccini. Tout prés de la sacristie est placé le tombeau de George Merala, historien, et homme de lettres très distingué. Dans l'ancien couvent on a érigé une caserne magni* frque pour le. logement des troupes.

TICIStS-E. lot 6\ Au bout de la place de S. Eusforge est située la porte Tîcmese nouvellemert bâtie en forme d'un arc , ou d'un pont triomphal , orné de colonnes de grat it rouge d'une dimension très considérable Cet édifice a été érigé sur le plan de l'architecte marquis Cagnola par uts* contribution volontaire de plusieurs citoyens; aux deux côîés l'architecte plaça très à propos deux maisons, qni servant de local aux bureaux et au logement des douaniers , servent aussi en même lems à régulariser et à symétriser la disposition de la porte. — Un autre beau pont a été construit hors de la même porte par le soin de l'ingénieur architecte Parea. — C'est tout près de cet endroit , qu'on voit s'effectuer la réunion des eaux de l'Adda avec celles du Tesin. On avait formé du tems de Galéace Visconti le projet de continuer le canal jusqu'à Pavie , de réunir par là les eaux du Tesin et de l'Adda avec celles du ^o, et d'ouvrir aux marchandises un débouché à la mer Ce beau projet, cultivé, peut être , sans succès sous les rois d'Espagne, a été exécuté en partie à l'époque du Royaume d Italie qui a cessé d exister, et ce grand ouvrage touche presqu'à sa fin Le canal qui vient du lac Majeur, ou le Navilio grande, avait été creusé en 1177, Ie petit ou celui qui vient de l'Adda,

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qu'on nomme aussi de la Marlesana > l'a été en ï4^7 Mais il parait qu'en i388 on naviguait déjà dans les fossés intérieurs de la ville , ce qu'on ne pouvait pas faire, qu'au moyen des écluses, dont on ne pourrait pas par conséquent attribuer l'invention à Léonard da Vbxi , quoiqu'il soit très probable qu'il en ait amélioré par son génie la construction et l'usage.

Sainte Marie de la Victoire*

ï. On ne connaît pas la victoire, à l'occasion de laquelle cette église a été érigée, et on ne sait pas non plus si ce nom n'a pas été donné à la Vierge plutôt qu'à l'église , de la même façon qu'on la voit appellée dans l'Ecriture Sainte Castro» rum acies ordinata* Fabius Mangone donna leplan de cette église, qui n'est pas entièrement exécuté à l'extérieur. Le cardinal Omodei y ajoufa quelques ornemens, que l'on croir dessinés par Bernini. Le ciboire en bronze sort assurément de ce te école ,* il fut envoyé de Rome par le cardinal, aussi bien que les staîues en marbre. Quelques uns font honneur à Jean Baptiste Paggi , peintre génois , du plan d'une partie des ornemens

de ce temple; mais le plan en était plus ancien, et f'aggr n'eut, peut-être , d'autre mérite , que celui de 1 exécuter.

2 Ce temple est composé de quntre grands arcs surmontés d'une conpole. l es espaces vuides des arcs sont remplis 1 un par le mpltre autel, les deux latéraux par deux chapelles, et le quatrième par la porte d'entrée. les piliers sont d'ordre dorique corn osé , et striés, placés sur Un socle de la hauteur du presbytère; ces piliers accouplé ^ sous la cou oie laissent de chaque côté un interstice , qui est occupé par quatre pyramides de marbre noir arec des médailles en bro-r/e et des inscriptions, dressées par le susdit cardinal fondateur à la mémoire de ses frères. Tout l'édifice a un air de grandeur et de magnificence.

3. Dans la chapelle à droite Jfyadhte Brandi , peintre milanais, écolier de L affranchi , qui s'était élabîi à Rome , peignit S. Charles , qui administre l'euchari tie aux pestiférés Les Amies en beau marbre blanc de Carrare qui soutiennent le tableau , sont sculptés par Dénis Bussola II y avait dans le maître autel un beau taî lpau de Salvator Rosa , représe ntant l'As., somption de la Vierge. Ce tableau fut transporté au delà des Alpes , et on ne le revit pas de

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rétour. À présent on y voit le même snjel peint par une autre îuain. Le ciboire e6t soutenu par des Anges en bronze. Aux deux côtés on voyait des beaux tableaux ; à droite S. Paul l'hermite , peint au milieu d'un très beau paysage par le même Salvator Rosa, que nous venons de nommer, à gauche c'était S. Jean peint par Molat au milieu d'un paysage peint par Guaspard Poussin-, ces tableaux sont passés dans la galerie du palais des sciences et des arts , et en retour on y a placé deux autres tableaux , la Descente du S. Esprit peinte par Camille Procaccmi, et Sainte Lucie et S. François par un maître inconnu. Dans la chapelle à gauche il y a un tableau de Jean Ghisolji , représentant S Pierre délivré de la prison par un Ange. Ghisolji peignit ce tableau à Rome ; il passe pour avoir été le camarade , ou l'élève de Salvator Rosa* Les anges en marbre, qui soutiennent ce tableau , sont l'ouvrage d' Antoine Rangiy surnommé le Lombard, écolier du Bernini , qui sous sa direction exécuta la statue du Nil, qu on voit à Rome dâflhs la fontaine de la piazza lSavona>

4. Dans le couvent supprimé des religieuses , qui se trouvait près de celte église, on a établi des fabriques d'étoffes de soie et de laine , de mailles, de rubans, de galons, etc. — Dans

ticevest:. i3i 3 endroit nommé Viarenay peut-être à cause d'un ancien cirque qui y existait, on voit de grands magasins et dépôts de marchandises. On y trouve un oratoire sous le titre de S. Jean Baptiste, ma*is on n'y voit rien , qui puisse intéresser l'amateur des beaux arts.

Colonnes de S. Laurent,

1. C'est un des plus beaux monumens de l'ancienne grandeur de cette ville, et surtout d<* son état florissant à l'époque des empereurs romains; c'est aussi le seul de tous les monumens. mentionnés par Ausone, qui se trouve encore debout ; c'est en même tems un des monumens les plus considérables de l'art et de la grandeur romaine qui se trouvent loin de Rome. Ces colonnes sont au nombre de seize , elles sont de marbre blanc et d ordre corinthien. Quelqu'un a cru de trouver quelque ressemblance entre ce marbre et celui de Musso sur le lac de Gomo : il parait que le grain de celui des colonnes est plus fin et plus serré. Chacune de ces colonnes est composée de quatre pièces, y compris le chapiteau et la base, à laquelle se trouve jointe

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une petite portion de la colonne ; elles sont cannelées , et elles ont entrelles la distance de deux diamètres et un quart , mesurée au pied de la colonne, ce qui forme, selon Vitruve , une proportio i régulière des intervalles. Celui du milieu cependant, au lieu dêtre composé de trois diamètres, en comprend quatre , ce qui est , peut être , la cause que l architrave a disparu, s'étant cassé vraisemblablement à cause de sa longueur.

2. lia hauteur des colonnes , tout compris , n'arrive pas à la mesure de 10 diamètres , ou de io têtes de colonnes, comme on dit comunement en Italie ; le chapiteau est un peu plus haut que celui des colonnes, qui soutiennent le portique du Panthéon à Rome; il a des ornemens dans la courbure , ou l'ove de l'abaque: ï»*is ces ornemens sont plus simples, que ceux que I on voit dans l^s mêmes colonnes à Rome au Campo Vaccina et ailleurs. Les cornes n'ont pas d'échancrures , ce qui donne un air plus robuste à ce membre da.ehitecture ; entre l'abaque et l'architrave on voit un petit dé , aussi large que le fût de la colonne à peu près , et cela a été , peut-être, imaginé afin d éviter toute sorte de danger dans le placement de 1 architrave sur les chapiteaux; c'est ce qu on a pratiqué aussi dans ^uekjues é-îifices anciens de Jtame.

3. La base de ces colonnes est attique, ou atticurge , comme elle l est à l'ordinaire pour les colonnes corinthiennes; elle repose ici sur un socle continu , formé d'une brèche grossière , qu'on nommé ceppo dans le langage vulgaire de oe pais. Ce socle était couvert , et il était ce«* pendant bien haut : on le construisit probablement de cette forme et de cette hauteur par égard au niveau de l'eau , qui devait servir à l'usage auquel on avait destiné l'édifice , dont les colonnes faisaient partie. La suite de ces colonnes est terminée de chaque côté par un pilier, qui n'a ni base, ni chapiteau; mais il parait , que ces piliers ont été ajoutés dans une époque plus récente , quoique on puisse supposer , que les colonnes ne surpassaient pas originairement le nombre de 16. Dans le pilier, qui est tourné vers le centre de la ville, on voit une inscription latine en honneur de Lucius Aurelius Verus-, mais on peut aisément se per* suader qu'elle n'appartient pas à ce monument , et qu'elle a été enchâtrée par hazard dans la maçonnerie du pilier. Elle est d'ailleurs cassée, et elle l'était vraisemblablement avant que d'être employée dans cette construction.

4. La hauteur des architraves égale les deu:ç tiers du diamètre des colonnes ; ils ont trois

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bandes , comme c'est l'usage dans l'ordre corinthien. On ne trouve aucun vestige de frise , ni des autres pièces de l'entablement ; mais en déduisant la hauteur de la frise de quelques coins de pierre , qu'on voit au dessus de chaque chapiteau , et contre lesquels s -nt dirigés les arcs qui soutenaient les marbres, dont était composé Je couronnement , on voit qu elle était plus haute que l'architrave d'un douzième de la hauteur de 1 architrave entier — On croit que le mur, qu'on a percé pour donner l'aocès à quelques boutiques sur la ligne des colonnes , soit posé sur un autre aussi ancien que les colonnes elles mêmes ; puisque non seulement il est parallèle à leur alignement , mais il est aussi distant d'elles l'espace de deux entre-colonnemens , ce que l'on voit constamment observé dans les vieux édifices romains bâtis avec le plus soin.

5 Dans un bloc de marbre inséré dans le socle près de la dernière colonne du côté du centre de la ville, on voit les lettres suivantes, gravées en beaux caractères, dont la forme an* nonce l'ancienneté :

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c est , peut-être, un fragment de l'inscription principale , qui caractérisait le monument.

6. La cour , ou la place de l'église , dans laquelle on passe par une entrée que Ton trouve au milieu des colonnes , est entourée à présent des maisons canonicales, que le cardinal Frédéric Borromée fit bâtir, à ce qu'on dit, sur le plan donné par Fabius Mangone. Cet emplacement devait être occupé anciennement par un portique rectangle continué, qui présentait de chaque côté le même aspect, que l'on voit à présent â l'extérieur dans la suite de ces 16 colonnes ; ce qui est prouvé évidemment par la découverte que l'on a fait de quelques parties des murail* les , qui supportaient les colonnes des portiques placées à l'entour. Qn a découvert ces restes de murailles en creusant à l bazard pour la formation de quelques caves; on a même pu déduire de ce qu'on a trouvé , que le portique devait avoir deux côtés , ou deux ailes parallèles plus, longues que les deux autres : le plus longues devaient comprendre onze entre-colonnemens i les plus courles n'en avaient que neuf On t iussi remarqué dans as fouilles, que les ailes plus courtes devaient être ornées de grandes ca- L'&hbé Uggeri, qui connaissait très bien >.ix\Ï6 de l'architecture ancienne, et qui

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avait même entrepris dans un modèle le coraplettement le plus vraisemblable du Colisée, a dressé avec beaucoup d'intelligence un plan, ou, comme on l'appelle en Italie , una pianta , de cet édifice , déduite de ce qu'on en avait découvert en plusieurs endroits , c'est-à-dire sous quelques maisons canonicales » sous la chapelle de S. Aquilin , et sous celle de S. Sixte. On peut juger par là, qu'on ne doit pas rejetter , comme étant mal fondée l'opinion de tous ceux qui ont supposé l'édifice , dont les colonnes faisaient partie , destiné à l'usage de thermes , ou de bains publics. Ces thermes étaient , peu-être, dédiées à Hercule , comme ou le voit indiqué par Ausone : ce qui est plus raisonnable que de croire , qu'elles eussent été bâties par Maximïlien Hercuieus. lia construction même de l'édifice , ou de ce qui en reste , sert d'appui à cette opinion; puisque tout annonce que c'était un bain plutôt qu'un temple , et on voit même que l'architecte a dû conserver le socle à une certaine hauteur, parceque les chambres des bains étaient souterraines, ce qui est analogue à ce qu'on a reconnu à Rome dans les thermes de Titus.

7. Nous nous sommes étendus sur ce sujet un peu plus qu'à l'ordinaire , parceque ces notions peuvent servir de guide dans les çontro-

TICïltfFSB. l4* verses , qui se sont élevées au sujet de ces colonnes, que quelques personnes respectables ont supposé dernièrement avoir été transférées dans cet endroit , de sorte qu'elles ne se trouveraient pas dans leur place originaire, ni pTès de 1 édifice qu'elles étaient destinées à orner. Le transport de ces colonnes d'un endroit à un autre , leur déplacement de l'endroit où elles se trouvaient debout, et leur nouveau placement dans celai où elles se trouvent à présent, sans qu'on en assigne l'objet, ni l'époque, présentent sans doute quelqu'mvraisernblance , quoique les auteurs de eetle conjecture l'aient étiyée de beau» coup d'érudiùon; mais il est évident d'après ce qu'on a exposé ci dessus , que par dessus les argumens qu'on peut tirer tout simplement du raisonnement, il y a des observations de fait, qui s'opposent à l'établissement de cette conjecture ingénieuse. — Dans l'ancienne maison Arcttinti , à présent Rossi , qui se trouve le long àniiaviglio de la porte itfeuve près de l'église de S. liarthelemi , où l'on voit plusieurs marbres anciens , on voit aussi un fragment, où sont sculptées trois têtes de lion, avec trois trous, que l'on croit disposés pour le passage de l'eau froide , chaude et tiède. Quelques uns sont d'avis, que marbre ait appartenu à ces thermes de mOrns

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que les colonnes. — Nous ajouterons ici peur l'usage des artistes , que le diamètre des colonnes près de la base est de 33 pouces de Paris, ce qui donne une règle proportionnelle pour déduire toutes les autres mesures relatives à la construction de ce monument.

Eglise de S. Laurent.

i. Cette église , qui doit avoir existé depuis plusieurs siècles , et peut-être tout de suite après la destruction des mouumens du paganisme, ayant été ruinée par les flammes en 1071 , fut rebâtie , à ce qu'on croit , dans une forme plus petite et tomba de même eu ruine en 1673. Ce fut alors que 8. Charles s1 dm pressa de îa rebâtir , et que le cel. architecte Martin Bassi fut chargé de sa construction. Il profita en partir, des anciens fondemens , et il éleva le bâtiment jusqu'au dessous de la coupole: mais on commença alors par accuser son plan , et on excita des doutes sur la possibilité d'asseoir sur ce bâtiment le dôme, qu'on avait projetté ? ou suspendit donc les travaux, et les débats durèrent jusqu'à l'année 1690 , à laquelle .époque oà décida en

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fsveur de Bassi-, mais cet architecte 1res habile mourut la même année, ou la suivante, et il ne put voir l'exécution complelle de son plan.

2. L'ensemble de l'édifice est composé d'un octogone, formé par quatre grandes arcades et quatre plus petitesses premières ont des grandes ouvertures ornées de doub'es portiques, dont les uns sont au dessus des autres; les dernières n'ont qu'un arc placé au dessus , dont la cornicîie passe dans les grandes niches , où les ouvertures des premières. Au dessus on trouve encore une autre corniche dotique parfaite avec des triglyphes » à laquelle on voit imposée la coupole qui couronne tout l'édifice. Tout à l'entour on a établi une espèce de loge, ou de corridor , qu'on a fait ingénieusement passer à travers les quatre tours anciennes , qu'on a laissées , pour servir de soutien à la voûte du dôme , d'une construction très hardie , et qu'on a percées à cet objet. Tout i ensemble d* cet édifice présente un coup d œil imposant, surtout à l'égard des proportions et des dimensions très remarquables de la coupole.

3. Dans les chapelles à droite on voit un Cru^ cifix et le Baptême de HT. S. peints par Aurtle IfUini. Derrière le chœur Hercule Procaccini le leune peignit dans une chapelle le Martyre du Saint titulaire de l'église. Dan$ les chapelles k

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gauche Rîpola peignit l'Assomption de la Vierge > Blanchi la Visitation ; dans tfelle qui est dédiée à S. Antoine , on voit des ouvrages de Blanchi et d'autres peintres milanais , de Legnani, de Mollna et de Vimercatu

4- On trouve du côté du midi une chapelle , ou plutôt une petite église tout à fait séparée, et dédiée à S. Aquilin , qu'on croit bâtie par Galla Placld'a^We de Théodose, et dédiée originairement à S Genèse ; on y a ajouté dans une époque plus récente une coupole avec une lanterne Bïanconl est d'avis, que cette chapelle, 'aussi bien que elle de $t Sixte, qui est aussi une pièce détachée de l'église , où l'on trouve le baptistère i soient bâties au dessus de auelqnes chambres octogones des anciennes thermes. L'ancienne porte de la petite église de S. Aquilin, richement ornée , esf un beau monument , que FumasraUl a fait crravpr dans le frontispice de son ouvrage, qui a pour titre* Le vlcenàe dl Wilano , imprimé en 1778. Dans cette église, ou chapelle . on voit le tombeau de Calla Placldra et d' Jtaulpht son marî, or^é de sculptures, qui o^t été ïîhïstrées dans qu^ques dissertations par le savant P A^e^ranza C est une indécence que de voir des ba^es et ries chaises ad lossées à ce monument respectable. Dans une apsis de cette

biapelle on voit une ancienne mosaïque crétî ; le susdit Allegranza a cru d'y reconnaître J. G. disputant avec les Docteurs : d'autres sont d'avis que ce soit J. G. assis au milieu des Apôtres / de ses pieds jaillit une fontaine , cfui est le symbole de sa doctrine céleste.

5. Le Martyre de S Aquilin a été peint par Charles Urbin dans l'intérieur de la façade de cette chapelle : ce n'est pas un de ses ouvrages qu'on esbme le plus. Dans les autels et les compartimens placés .ulour de la chapelle, on voit des peintures , dont quelques unes sont anciennes. — Magçi et Storer ornèrent de leurs peintures la chapelle de S. Sixte , qu'on a indiquée ci dessus, cornue êlani posée sur une ancienne chambre thermale . Storer De"*'it aussi la VOÛtd de la petite rotonde, que l'on rouve en entrant dans l'église du côté de la Vetm. — Dans urt oratoire, qui est situe, au dessus do chœur; ou voit un tableau de la Visitation péiîif! par Mô^ razzone.

6 Dans la sacristie on conserve Une peinturé sur bois, représentant J^us et S Thomas, ouvrage estimable de Jean Baptiste de'In C^rva. Ort voit dans la même sacristie un autre tableau ancien qui représente S. Barthelemi , sur lequel on lit au bas le nom de Cristop/ie Bosst , et

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