ESVIR0S
5. Mais l'église a été conservée en qualité de paroissiale } et c'est l'objet qui peut intéresser la curiosité des étrangers à cause des belles peintures qu'on y voit de Daniel Crespi, et d'autres maîtres très habiles du siècle XVII. Le premier représenta dans ses fresques plusieurs traits de la vie de S. Bruuon , fondateur des Chartreux. On y admire encore la fraîcheur du coloris, réunie à l'exactitude du dessin , à la force de l'expression , à la sagesse de la composition. Dans le presbytère on voit des fresques de Simon Preterezzano, Cette église a été même ornée de quelqu'ouvrage de Barthelemi Roverio , surnomme Genovesino, qui y apposa s©n nom et la date de 1626; il avait apposé la date de 1614 à un Crucifix qu'il avait peint dans le réfectoire. Ces faits ont été reconnus par Lanzi, qui a parlé avec éloge de ces peiniures.
6. Une maison de campagne autrefois appartenante à la famille Simonetta et passée ensuite à la famille de Castelbarco , porte encore le nom de Simonetta , et n'est éloignée que tout au plus de deux milles de la ville ; on y va en sortant par la Porte Tenaille* Cette maison est célèbre à cause d'un echo surprénant , qu'on entend dans une cour, fermée d'un coté par une muraille d'une hauteur assez considérable. On prétend que c^et echo répète jusqu'à trente fois !• coup d'une.
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arme de feu. On a compté quelquefois de 26 h 27 répétitions bien nettes. On se doute pourtant que quelque réparation qu'on a dû faire à cette muraille, ait diminué tant soit peu le phénomène de cet echo merveilleux.
7. En passant de Y Interuo à Gar/'gnano et à la Simonetta , on trouve très souvent des ruisseaux, qui proviennent de sources très peu éloignées et qui servent à former des canaux d'irrigation très utiles. On les appelle dans le pays Fontanili, parce* qu'ils dérivent des fontaines; et les étrangers instruits , surtout en matière d'agriculture, seront bien aisés d'en trouver ici quelque notice. On profite de l'abondance des veines d'eau, que l'on trouve dans cette direction jusqu à la distance de 8 à 10 milles de la ville ,• on creuse des fossés assez profonds pour attei ndre la source , et même en quelques endroits des espèces de puits , dont les bords sont revêtus de planches afin d'en éviter le comblement ; on creuse ensuite des canaux par lesquels on conduit les eaux Jusqu'à ce qu'elles se trouvent au niveau de quelques terrains plus bas et surtout des près qui sont les plus proches de la ville. C'est par ces moyens qu'on peut les arroser même au milieu de l'hiver , et qu'on y maintient l'herbe toujours verte : c'est ce qu'on nomme le marche ■ un voile d'eau courante y
couvre dans toutes les saisons le terrain bien nivelé , et nourrit par là les rarines des lierbes ; il sert en même tems à prévenir la gélée , si pourtant le froid n'est pas excessif. Ces eaux de eource servent aussi à l'entretien des rizières , mais il est défendu d'en former dans le rayon de cinq milles tout autour de la ville, afin que l'air ne soit pas infecte par les émanations putrides qui en sortent à l'époque où on laisse les rizières à sec.
8. Hors de la Porte Romaine à trois milles de distance on trouve l'ancienne Abbaye de Chiaravoile , autrefois possédée par les moines de Citeaux. L'église et le cloître sont des édifices dignes de remarque. L'église est ornée de peintures à fresque par les frères Fiammenghini et par Barthelemi Roverio , ou le Genovesino. Dans îe maître autel on voit un ancien tableau sur bois , et au dessus les quatre F.vangélistes ; ces ouvrages annoncent le même pinceau. Dans la troisième chapelle à dioite on voit un Crucifix avec quelques Saints , qui est encore une ancienne peinture de l'école Milanaise ; à cette école appartient aussi le tableau de la première chapelle à gauche , où l'on voit J. G. lié à la colonne. A droite sous le dôme on Jrouve un escalier, par lequel on va voir une Vierge avec
l'enfant Jésus et des Anges , ouvrage à fresque de Bernardin Luini. L'architecture mérite aussi quelqu'attention : elle est dans le goût , qu'on appelle sémigolhique. Le clocher qui est trè* solide et d'une hauteur assez considérable , est assis sur le dôme, ou sur la coupole de l'église , qui est elle même soutenue par des piliers très massifs , de sorte qu'on voit les cordes des cloches pendantes au milieu de l'église, — Du coté du nord on v©it le cimetière , où sont placés les tombeaux des Torriani , qui luttèrent avec les Visconti pour le domaine de la ville et de l'état : on y voit aussi le tombeau de la célèbre Guglielmina Boema. Le chev. Amoretii avait compilé des notices de cette femme , qu'on n'a jamais imprimé ; le but qu il s'était proposé dans cet ouvrage, était celui de prouver, que cette femme avait été, peut-être , condamnée à propos pour avoir dogmatisé à Milan , et pour avoir taché d accréditer des nouvelles doctrines et des cultes nouveaux ; mais que c'était à tort qu'on l'avait accusée d'avoir introduit la pratique de quelques obscénités révoltantes.
o. On voit aussi hors de la même porte dan* un hameau , qui porte le nom de ISosé , ou Noseto , une auberge, dont la cour est entourée $e portiques à la fajon des couvens. C'était un
6 EtfvmoTva hospice très ancien , annexé à une église de S. Georges , où logeaient les évêques de la province , lorsqu'ils venaient payer leur tribut de dévotion au tombeau de S. Ambroise. On y Voit encore une peinture très ancienne de S. Georges à cheval, et au dessous on voit deux autres personnes aussi à cheval avec de petites mitres sur la tête , ce qui désigne probablement des évêques.
10. Hors de la porte secondaire , qui porte le nom de Ludovica , on trouve au de là de Morîvione la grange de Castellazzo , autrefois des moines Hiéronymites j ce n'est qu'à la distance de deux milles de la ville. Dans l'ancien logement des moines on voit une représentation exacte , ou une copie de la Gène de Léonard „ peinte à fresque par Marc ci* Oggiono , son élève. Elle est à peu près de grandeur é^ale à l'original, et on y a gardé les mêmes proportions de ce fameux ouvrage , dont on peu regretter la perte presque totale. Gette copie au contraire est très bien conservée ; c'est même d'après ce fresque précieux, que IYI Matte'mi , à présent professeur à Venise, chargé alors exprès par S. A. R. le grand duc de Toscane de copier le tableau de la Gène de Léonard , a tracé le dessin de cette fameuse peinture, qui a été gravé par Morghen.
Description de la route depuis Milan jusqu'au lac Majeur. — Rho. — Leinale. — Legnano. — Busto Arsizio. — Gallarate. — Soma. — Arsago. — Besnate. — Sesto Galende.
1. De Milan on passe à Rho, première station 4es postes. On sort par le Portello di Porta Vercellina , ou del Castello , et à deux milles de distance on rencontre la grande route du Si m pion, qui commence depuis l'arc, dont on a entrepris la construction à côté delà place d'armes, et dont on a donné la description dans la première partie lorsqu'on on a traité de la P. Vercelline, n. XIII. 3. Près de Rho, et précisément sur 'a grande route on voit à droite une église magnifique , dédiôe à la Vierge. L'architerluie est du cf'lèbre Pelle* grini ; l'église a une seule nef avec une coupole majestueuse. L'édifiée n'était pas pouriant achevé ; 3a façade n'a été construite que depuis peu d'après le plan de l'architecte Léopold Polack , qui mourut penda t qu'il s'occupait de la direction de cet ouvrage , ce que l'on apprend par une inscription placée derrière la façade dans un des enfoncemens portés par la prominence des; chapelles. Après sa mort le soin de la construc-»
tion à été confié à son fils. O retrouve une description imprimée de ce sanctuaire, où cependant I on ne voit rien d'intéressant en fait de peintures.
2. En tournant à droite derrière l'église , qu'on vient de décrire , on trouve la route qui porte à Leinate; on ne se dérange de la grande route que de deux à trois milles, et c'est là qu'on voit une maison de campagne délicieuse de la famille Litta. Le palais n'est pas achevé: mais l'architecture est d'assez bon goût , et au dedans on trouve des apparlemens très bien arrangés. Le jardin est l'objet qui mérite le plus l'attention de l'étranger- il est très bien entretenu ; on y voit des belles serres remplies de plantes les plus rnres, des parterres de fleurs, des gazons, de* bosquets, des allées, des orangeries, un parc assez vaste . etc. Les eaux jaillissent de tout côté et forment des jets variés dans les avenues , dans les grottes et dans quelques galeries ornées de mosaïques et d'ouvrages dans le genre des grotesques. Dans ces galeries et dans le jardin on voit des statues, des groupes et d'autres ouvrages de sculpture , entre lesquels il y a quelque morceau antique, un beau buste de Laocoon , qui a été gravé dans l'édition de TVinckelmann , qu'on a fait à Milan , et quelques grandes statues en bronze , dont la plus belle est une statue de
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Mercture. On voit dans les appartemens au rts~ de-chaussée quelques morceaux de cristal de roche et d'autres objets d'histoire naturelle, qui ne demandent qu'à être classés et disposés méthodiquement. Des grandes allées , qui s'étendent très loin dans la campagne, forment le dernier ornement de cette maison de délices.
5. La grande route depuis Rho passe à côté de 'Nerviano, village assez considérable, où l'on voit dans l'église paroissiale un beau tableau peint en 1527 Par A&&fQW Egogui , imitateur de Léonard, dont Lanzl parle avec éloge. On ne pourrait pas supposer qu'on se fut trompé dans le nom de ce peintre , en prenant Borgognone pour Egogui , parceque Lanzi parle de l'un et de l'autre, et d'ailleurs, ni la manière Léonartlesque , ni la date du l jblem ne pourraient s'accorder avec Ambroise Fossano^ surnommé le Borgognone. — A gauche du grand chemin , qui passe à Legnarello , est situé aussi un gros bourg, nommé Legnano , dont l'église passe pour un ouvrage de Bramante; on y voit aussi dans le chœur des belles peinture à fresque de Lanini. Piès de Legnartllo , ou Legnanello , on voit des peintures à fresque très anciennes sur le dehors des murailles d'un ancien hospice, connu sous le titre de S. Erasme.
4» A la Castêllanza , p«tit village , qu'on
K^rvrnoiva
trouve un mille au delà , on passe la rivière d'Olona, qui a donné pour quelque tems le nom à un département. C'est une petite rivière , qui sort ici d'une vallée profonde et resserrée t où elle gonfle quelquefois au point d'inonder toute la vallée. On quille ici la plaine et on monte à une espèce d'étage plus élevé , dans lequel la vallée a été creusée. On voit ici les maisons de campagne Fagnani et Brambilla ; cette dernière a été bâtie depuis peu sur un beau plan de l'architecte Peslagaïli. — Oâ trouve peu après le second relai des postes , et bientôt on voit à gauche la route qui porte à Busto Arsizio , qui n'est éloigné que de deux milles du grand chemin. C'est un gros bourg très peuplé , où l'on a établi un grand nombre de manufactures de toiles de coton. On y voit une ancienne église de forme circulaire, dédiée à la Vierge, dessinée par mante. Dans cette église on voit au dessus du maître autel un superbe tableau de Gaudence Ferrari, représentant l'Assomption de la Vierge: c'est un de ses meilleurs ouvrages et il est très bien conservé ; c'est aussi à ce grand maître qu'appartiennent quatre tableaux , qu'on voit à côté du maître autel, dont les deux plus grands portent les figures de S. Jean Baptiste et d« S. Michel , et les deux plus petits représentent
$. Jérôme et S. François. Les décorations de l'église ont élé peintes par Benoit Tutti de Varese , Raphaël Crespi de Cerano et Jean Baptiste délia Cerva ; ce dernier orna aussi de quelques peintures à fresque les murailles des côtés du maître autel. La voûte a élé peinte avec beaucoup de goût par Jean Pierre Crespi Castoldi de Busto ; c'est , peut-être , à cause de ces deux peintres de la famille de Crespi , qu'on a attribué quelques peintures de cette église à Daniel Crespi , dont le prénom a été probablement échangé contre celui de Raphaël. Cette faute s'est propagée dans toutes les éditions du Voyage aux trois lacs, publié par Amoretti-, il est cependant hors de doute , que les peintures de cette église datent de la première moitié du siècle XVI , et Daniel Crespi n'avait acquis de la célébrité par ses ouvrages , que vers la moitié du siècle suivant. Ge Jean Pierre Crespi de Busto était l'ayeul de Jean Baptiste Crespi , surnommé le Cerano , dont nous avons annoncé très souvent des ouvrages dans cette description.
5. Le grand chemin depuis le second relai continue presqu'en ligne droite jusqu à Gallarate, Dans ce trajet on voit des deux côtés des grandi, espaces de terres incultes, où il ne croit que des fougères et des plantes désignées pas les nalura-
>4 *tf VIRONS
listes sous le nom de erica. Le manque «Veau e| la rareté extraordinaire des fourrages , et par conséquent du bétail et des engrais, sont les, causes principales auxquelles on peut attribuer le défaut de culture et la stérilité de ces terres , que l'on désigne comunemment par le nom de bruyères o brughiere ; on sait cependant que le gouvernement a étendu ses vues sur cet objet d'économie rurale, et qu'il a fait pratiquer des recherches sur la possibilité et sur les moyens de rendre ces terres cultivables.
6. Gallarate est un gros bourg très peuplé , où l'on fait un trafic assez considérable , où l'on tient un gros marché de bestiaux , et où MM. Pond ont érigé une belle iilalure de coton avec des machines à l'anglaise, Dans la tour qui sert de clocher de 1 église prépositurale , on voit une ancienne inscription , qui a été publiée dans plusieurs collections. Une autre inscription romaine est enchâlrée de même par hazard dans la base d'une espèce d'obélisque , qu'on voit sur la place de l'église. Quelques antiquaires font dériver le nom de Galhrale de G dlomm area ; ou pourrait admettre cette conjecture plutôt que de supposer avec Amoretti, que le nom à'Jrno, donné à u .e petite rivière, ou à un torrent, qui passe près de ce bourg, retrace le souveneir des Etrusques.
jDE biilav. *6
7. Près de Gaïlarate et surtout du côté de Cassano Magnago , de Bolladdlo , de Carnago , commence une suite de petites collines , qui S'étendent très loin, qu'on désigne en quelqu'endroit par le nom de Monticdli , et qui portent en gé-éral celui de Montagnola. Les noms de quelques villages rappellent le séjour des Gaulois Insubriens dans ce pays ; on y trouve aussi plusieurs aneie s châteaux des Visconti. Tout près de Carnago on trouve Kico-Seprio et les ruines cte l'ancien Casitl Seprio , qui devait être dans une époque reculée une place très considérable. Les marbres qu'on y a trouvé avec des sculptures et des inscriptions, ont été recueillis par des amateurs •• on en voit une partie dans la belle collection de M. Josenh Fossi dont nous avons parlé avec défal en décrivant les monumens de la Porte Neuve. On en voit d'autres dans le jardin de MM. Parrocc1 eiti à Gornate Inferlore. On fait dériver le nom de Seprio et de Vico- Seprio de Subrinm, ou Insnbrium, ou mè ne de Ficus Severi.
8. De Gallara'e on passe à S orna qui n'est éloigné que de 4 milles. C'est encore un bourg assez considérable. Ou y voit quelque château et quelque maison de campagne de la famille Visconti: on y trouve aussi quelques restes d'à npiens monumens et quelques inscriptions romaines
l6 ENVIRONS dans les maisons et les jardins des habilnns. JVT. Campana en a publié quelques unes avec un commentaire en latin , sous le titre de Manumens de Soma et du voisinage. Milan , 1787 , 8.°
9 Entre les monumens les plus remarquables des alentours on doit compter un ancien temple octogone , que l'on voit à Arsago , qui servait autrefois de baptistère, et qui parait élevé sur les ruines et même avec les mazures d'un temple des payens d'une époque plus ancienne. Dans les murailles de ce temple on a enchâtré lors de la bâtisse une inscription romaine en beaux caractères anciens. On en voit quelques autres dans le jardin d'une maison située tout près de l'église et ailleurs. Ces inscriptions ont été publiées par Campana , qui s'est laissé entraîner par la manie d'assigner à la construction de ce temple une origine plus ancienne qu'elle ne l'est en effet.
10. Besnate n'est pas bien loin ftstfrsago. On y voit tout près un marais assez vaste et une tourbière; à laide de quelques travaux on y a formé une petite rizière. Dans l'église paroissiale on voit dans la chapelle , qui se trouve à gauche du maître autel, des belles peintures encadrées dans les compartimens d'un dessus d'autel travaillé en bois doré. Ce sont des ouvrages de quelque peintre très habile de l'école Lombard?
DE MILATV. 17 du siècle XVI ; on pourrait les adjuger à quelqu'un des élèves de Léonard.
11. De Sonia la grande route passe à Sesto Çalende , où Ton trouve le troisième relais. On laisse à droite le village de Vergiate , la patrie de l'historien Landolphe , où l'on voit quelques inscriptions et d'autres remains de 1 antiquité. Le bourg de Sesto est aussi très ancien ; on y voit les restes d'un pont, que Ton a prétendu construit par les Gaulois , mais qui ne le fut apparemment que par les Romains. On y voyait autrefois plusieurs inscriptions romaines , dont quelques unes ont éf.é transportées à Milan par les Archintï , et sont dans la collection de M. Rossi , dont on a parlé ci dessus n. 7. Sur la route de Sonia à Sesto on voit des cailloux roulés , et môme des gros blocs de granit et d'autres roches primitives : ils onfc été observés aussi par M. Ebel
12. C'est ici qu'on voit l'extrémité méridionale du lac Majeur, et que le Tesin en sorlant du lac recommence son cours , qu'il continue jusqu'à Pavie et à son embouchure dans le Po au dessous de cette ville. Cette rivière constitue à présent le confin de l'État de la Lombardie et le sépare du Piémont. La ligne de confin est ensuite déterminée par le lac , de sorte que la route du, Simplon ) qui continue sur la rive gauche du,
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lac , se trouve sur les États de S M le roi de Sardaigne ; et la rive à droite , que nous allons parcourir , forme encore partie du royaume Lom* bard-Vénitien.
Route depuis Sesto Galende jusqu'aux Isles Borromées. — Angera. — Arona. — S. Cattern a del Sasso.
1. En parlant de Sesto Calende par le lac , on voit à droite Lisanza , ancien château ruiné, et on arrive à Angera , bourg assez considérable situé au bord du lac. C'était autrefois un comte , qui faisait partie des domaines et des titres des ducs de Milan ; il passa ensuite en fief à la famille Borromeo. On voit son château sur une îiauteur ; c'est un ancien bâtiment, où l'on voit dans une grande salle quelques peintures anciennes, qui ne sont par dépourvues de mérite. L histoire «le l'archevêque Otbon Visconti en forme le sujet. Dans d'autres salles on voit aussi des anciennes peintures , qui méritent quelqu'attentioru On trouve quelque marbre ancien dans le jardin , et entre les inscriptions romaines il y en a une qui est dédiée à un Metilius Marce linus avec la qualification Patrono Coloniae Foro Julurlen^ +7#772 , si pourtant la copie, qyCAmorstti en 3 ;iré , est exacte.
2. Dans le baptistère situé à côté de l'église , on voit deux statues en marbre de S. Pierre et S. Paul; ce sont des sculptures du bas âge. Mais sur la place on voit les débris de quelques colonnes anciennes et d'un bas-relief très beau , qui faisait partie d'une frise. Il est aisé de concevoir 9 qu'il y eut en cet endroit une ancienne station romaine, ce qui est même confirmé par le nom cle Stazona^ qu'il portait autrefois, plutôt que de chercher l'origine du nom d 'Angara , qui n'est pas bien vieux, dans la déesse Angemn a ou d'en attribuer la fondation à un neveu d'E.iée.
5. La même roche, sur laquelle Angera est assise , se montre de l'autre cote du lac au dessous de la ville et surtout de la forteresse d ■ Arona , qu'on a démoli dans les dernières guerres. C'est une pierre calcaire surimposée à un schiste argiileux. C'était, peut-être , une montagne qui contenait dans cet endroit les eaux du lac, à travers €Îe laquelle le Tesin s'est frayé le passage , d'où iî est résulté l'élévation , aussi bien que le penchant, qu'on voit de chaque c<Ué. La ville d'A~ rone , quoiquassez petite , est très peuplée, et on y fait beaucoup de trafic. Dans la cathédrale on voit des belles peintures, qui portent le nom de G.mdence Vinci* Ne se pourrait il pas , que ce nom eut été ajouté dans une époque postérieure.
et que ces ouvrages fussent de Gaudence Ferrari , imitateur de Vinci et originaire de Valduggia , qui orna de ses peintures d'autres églises de cet arrondissement ? Il est bien constaté d'ailleurs, qu'on ne connaît jusqu'à présent aucun ouvrage de ce Gaudence Vinci : cependant l'abbé Lanzi ne s'est pas refusé à le classer entre les peintres dans son ïs'oria pîttorica. Ou voit dans la même église d'autres peintures à fresque de Mazzuccheill, surnommé Morazzone; et derrière le chœur un tableau de Niwolone Panfilo , et un tableau représentant la Nativité de J. C. , qui est un des premiers ouvrages à' André Jppian}.
4. Tout près de la ville du côté du nord la roche se montre à découvert , et on y voit plusieurs carrières , d'où on tire le plus souvent de la pierre à chaux. On en a tiré aussi de la pierre de taille pour la construction des édifices ; c'est même de ce marbre grossier qu'on a fait usage pour bâtir la cathédrale de Pavie. On y voit des tâches dendritiques. — Au dessus de celte roche , qui s'élève graduellement , et où l'on trouve en montant quelques chapelles , est placé la statue colossale de S. Charles, qui est sans contiedit un objet d'admiration par son hauteur , par sa matière et par la façon dont elle a été travaillée, hauteur de la statue est de 66 pieds de Paris }
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Celle au piédestal , qui est tout en granit , est de 4^- La têle , les mains et les pieds sont en bronze ; ces parties ont été modelées par le Côrano , comme on l'a indiqué ailleurs en parlant de la Bibliothèque Ambroisienne ; tout le reste de l'ouvrage est composé de lames très épaisses de cuivre battu. Ce travail a été exécuté par Syrus Zanelli de Pavie et par Bernard Falconi de Lugano. Au milieu on a établi une aiguille formée de grandes pierres , dont on a fait sortir plusieurs Larres de fer , afin de consolider les diiTérentes parties de la statue et de la mettre en état de résister à la fureur des vents. On peut monter à l aide de ces barres de fer jusqu'à la lêté , où un homme d une taille ordinaire peut se tenir assis à son aise dans la cavité du nez. Ce qu'il y a de plus admirable dans cet ouvrage , c'est l'éxactitude des proportions- On ne voit pas des colosses en Europe , qui soient comparables par la finesse du travail à celui que nous venons de décrire.
5. Après quelques milles de navigation sur le lac , on voit à droite la pointe de Ranco , qui est formée par un grès disposé en couches, dans lequel on rencontre de petites hiacynlhes et des schorîs , qui ont l'apparence du Titane. — Au delà des montagn.es qui ferment le lac de ce côté>
22 EVVIROXS on trouve quelques villages et Jeux petits lacs, dont l'un porte le nom de lac de Comabio ou de Ternate, et l'autre de lac de Monate. Le premier se décharge dans 1« lac de Varese , dont nous parlerons ailleurs ; le second se décharge par un ruisseau , qui passe près de Jspra, dans le lac Majeur. Monate et Brebbîay qui n'est pas bien loin, étaient autrefois des villages, ou même des bourgs très considérables ; il y avait même des chapitres de chanoines, et on y voit encore les restes de quelques anciens édifices. Près de Brebhia on voit Besozzo , petit bourg très bien situé. Près de là passe l'émissaire , par lequel les eaux du lac de Varese se déchargent dans le lac Majeur.
6. Sur le bord du lac à droite on voit aussi S. Catterïna del Sasso. Dans la voûte de l'église près du chœur on voit une grosse pierre qui est tombée de la montagne, à ce qu'on dit, et qui a percé la voûte sans l'enfoncer. Elle parait en quelque façon suspendue en dépit des lois de la gravité ; mais c'est le contraste que ce bloc de pierre trouve contre une pointe de la roche, qui en empêche la chûte. On raconte cependant , que la pierre tomba du haut de la montagne après que l'église était bâlie, et qu'elle écrasa même un chapiteau de «ranit , ce gui paraîtrait surprenant,
DE MILÀ1V. ?d si on pouvait ajouter foi à ce récit. La montagne porte le nom de Sasço Ballaro. La profondeur du lae dans cet endroit est très grande; on a calculé que le fond y est plus bas que la surface fie la nier de Gênes et de la mer Adriatique.
Isïes Borrorrées.
i. Lorsqu'on entre dans le sein du lac, ou sont placées 'es isles Borromees, on jouit d une belle perspective au loin s on voit dai»s le fond les montagnes de Bavtno et de Montorfano , qui s'élèvent graduellement jusqu'à la cime du Simplon , le plus souvent couxerte de neige ; sur ce fond se détache, lorsqu'on en approcha , Y isola Bella , qui présente une scène théâtrale ravissante de dix terrasses , placées les unes au dessus des autres i on découvre en même tems d un côté une petite forêt de vieux orangers , surimposée à des arcs jettes sur le lac ; sur le derrière on toit s'élever un bois touffu de lauriers, qui conservent dans toutes les saisons de l'année leur verdure Les tours, les arcs, les statues forment une espèce de contraste, et ôlent la monotonie des citronnières toujours verdoyantes , adossées fcux murailles, devant lesquelles sont disposés des
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parterres de fleurs de loule espèce et des couleurs différentes. Un Pégase gigantesque en marbre , placé sur la plus haute des terrasses , donne à l'isle et à l'ensemble des décorations la forme pyramidale. Les lauriers couvrent les murailles du côté du Nord, où les citronniers ne pourraient pas tenir à cause de la rigueur du froid. Le jardin très bien entretenu, est orné de quelques statues ; on y dislingue un beau buste d'Achille et un dauphin , dont sortent des jets d'eau , qui tombent dans un bassin.
2 . Le palais magnifique s'élève à côte de quelques cabanes de pêcheurs; ce qui forme un contraste frappant , qui relève de beaucoup la magnificence et la somptuosité de l'édifice. Les apparie mens et les meubles qu'on y voit , portent l'empreinte de la grandeur et de l'opulence plutôt que du goût le plus exquis ; cependant on admire dans les galeries et dans quelques chambres, des tableaux de beaucoup de mérite , tels que des ouvrages de Luca Giordano , de Camille Procaccini , de Schedoni, de Le Brun et de Tempesta, qui séjourna pendant quelques années dans ces isles. Dans les souterrains attenants au jardin, on a arrangé un appartement orné de mosaïques dans les parois et dans le pavé; on y voit aussi quelques belles statues en marbre , qu'on a tiré de Rome et
Î>B MÎLAtf. $5 d'autres objets des beaux arts Le goût le plus fin et la magnificence éclatent surtout dans la grande salle, qui a été depuis peu construite et ornée d'après le plan dr chev- Zatioja-, professeur d'architecture. La cbapelle aussi est très bien arrangée; tout l'ensemble de ce palais et des jardins doit exciter l'admiration , si Ton observe surtout que ce n'était auparavant qu'un rocher triste et désert , une roche schisteuse au milieu du lac , qu'on a transformé flans un séjour délicieux.
3. Ce fui le comte Vitalien B orf ornée % qui conçut le projet de forcer la nature et de construire un palais d'Ànnide sur cette roche inhabitable; il entreprit l'exécution de son plan en 1S70 , ou peu après ; il y employa des sommes très considérables , dont là dépense, suivant la phrase de Biancovi , en aurait peut-être imposé à des têtes couronnées L'architecte Morelli a fourni un dessin et même un modèle du palais , dont plusieurs parties n'ont pas été achevées. — Près de Y isola Bella la profondeur du lac est de 600 pieds j entre les isles elle n'est que de 18, d'après les observations du D. EbeL
4. Près de V isola Bella on trouve une autre isle , qui porte le nom de l'isle de dessus , ou Ylsoletta : elle n'est habitée que par des pêcheurs
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au nombre de 200 à-peu-près ; c'est sur celle isle, qu'on a établi une paroisse. — L' isola Madré est plus éloignée • elle portait autrefois le nom de S. Victor. Elle n'est pas si ornée par les efforts de l'art , que 1* isola Bella , mais elle abonde de beautés naturelles. Les terrasses y sont au nombre de sept .• au dessus des terrasses s'élève le palais, construit sur un plan, qui réunit la simplicité à la grandeur : c'est dommage qu'il ne soit pas achevé. Au sud et à l'est on voit cinq jardms assez longs, avec des bosquets et des treilles de citronniers et d'orangers • au nord et à l'ovest ce sont des bois d'arbres verdoyans, entremêlés de quelques vignes. Les bois sont peuplés de faisans et de poules de Numidie. Dans le palais on voit d'assez bonnes peintures sur le marbre. U agave Ame ricana croit spontanée sur les rochers autour de cette isle.
5. Une autre isle se montre près de Pa)~ lanza ; on l'appelle Ylsolino , ou l isle de S. Jean s elle appartient de même à la famille Borromeo, on pourrait y établir une maison de délices, puisque le terrain serait très propre à recevoir toute sorte de plantations. Amoretti est d'avis qu'on pourrait y furmer un bois d'oliviers*
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Route du Simplon,
1. Nous placerons ici un apperçu de la route du Simplon , puisque on y passe des isles Borromées à l aide d'un petit trajet , et c'est le chemin que prennent très souvent les voyageurs soit en allant, soit en venant des alpes. — De Sesto Calende la route du Simplon passe à Arona ; de là elle continue tout le long du lac jusqu'à Belgirate , bourg assez considérable et bien peuplé. Ou laisse à droite les villages de Meiria et de Solcio-. on voit en haut à droite ceux de Daniente et de Màsslno : ce dernier était un ancien domaine des moines de S. Galle, dont il passa à la famille Viscouti. ht Lésa on voit quel pie belle maison de campagne : Belgi* r.ite rivalise à présent avec Arona par son trafic.
2. Rien de plus beau , rien de plus magnifique que cette roule , construite à grands frais par le gouvernement de 1 ancien royaume d'Italie. La route est délicieuse , parce qu'elle suit pendant plusieurs lieues le bord du lac s elle est formée quelquefois de grosses pierres de taille ,
qu'on y a conduit , quelquefois elle est creusée dans la roche à force de ciseau; on y voit partout des murs de soutien et des parapets de pierre , les ponts qui sont très fréquens, sont aussi magnifiques i ils sont construits en granit, quoti a trouvé par fois dans l'endroit même où les travaux le demandaient. Entre Belgirate et Stresa on a découvert quelques petits filons de cuivre et de pyrites. Près de Gralla on a trouvé d'autres pyrites , que l'on suppose aurifères.
3. A. Stresa on voit le palais bâti par la famille des Crevenna BolengarL De là on passe à Raveno , ou Ton voit les carrières , dont on a tiré les plus beaux granits , que l'on a employé, dans la construction de la cathédrale de Milan et d'autres édifices. C'est dans les fentes et le* cavités de la roche graniteuse , qu'on trouve quelques petites cristallisations quarzeuses , et ces beaux cristaux de feldspath rouge , qui ont été illustrés par le prof. Plno , membre de l 'institut. Ces cristaux à quatre faces sont entremêlés de cristaux de quartz-héxagones , de belles cristallisations métalliques , et d'autres de spath fluor de couleur verte, violette, ou blanche, avec des pyramides triangulaires , qui forment des solides à 8 et à 9 faces. On voit les plus beaux granits routes et blancs, qu'on désigne dans 1$
DE MILAX. 2$
pays par le nom de Migllaroli , en suivant le ruisseau , qu'on nomme le Fiume , et en passant au de là de Trafiume. Dans quelqu'endroit on voit dans le granit le Kaolin , du mica noir, du quarlz blanc, et de Phorniblende, En quelqu'endroit au lieu de feldspath on trouve des hiacynthes rougeâtres , de ta grandeur d'une noisette.
4» Les carrières du granit sont anciennes ; ou fit usage de celle pierre dans le XV siècle, et même, peut-être, dans le XIV; mais on ne sait pas si c'était de quelques blocs détachés de la montagne , qu'on tirait à celte époque les pierres de taille , plutôt que des carrières, — Dans le village de Baveno on voit l'église la plus ancienne, que l'on trouve dans ce parage; au dehors on voit une inscription romaine , où il est question d'un Trophimi.s Darinidianus.
5. De Baveno on passe à Ferîolo , et de là à Cravallona , où l'on a jetté un pont sur la Strona , torrent qui porte des sables aurifères. À Gravallona Ton fond des mines très riches de fer , que l'on exploite enlre Lorelia et Lus» segno. Près de Feriolo on trouve encore du granit» Cette roche s'étend jusques près de Omegna , et se montre sur la rive opposée du lac à'Orta, entre les .vallées de Bagnola et de Valduggia*
3o BNYXRONI
On passe par Arona , et môme de ces 'villages à Orta , où sur le penchant de la montagne on a bâti 26 chapelles d'après des plans variés ; elles ont été enrichies de quelques ouvrages de plastique en terre cuite , et de quelques peintures , qu'on attribue à d'assez bons maîtres du siècle XVI. L'église de S. Jules a été bâtie dans le VI ; on y voit deux belles colonnes de porphyre, des restes d'anciens mosaïques, et quelques anciens tableaux. — L'émissaire du lac d'Orta porte le nom de Negoîia Au dessus à'Omegna on trouve l'issue de la vallée de Bagaola ; à l'autre bout de cette vallée on voit une longue caverne , d'où sort quelquefois un torrent , dont les eaux sont rouges. — Prés de Maggiom on trouve une roche porphjritique , qui pose sur le schiste micacé , et au dessus est couverte par une couche de pierre calcaire. Une montagne qui s'est affaissée en partie près de Maggiora , a laissé à découvert les débris d'une forêt, qui se trouve à la profondeur de 100 pieds au dessous du sol. Ce sont pour îa plus part des sapins ; quelques troncs sont pétrifiés : ils sont tous couverts p-jr une couche de terre argilleuse blanche de quelques pieds d'épaisseur , et par une couche qui n est épaisse <$ue d'un de^ni pouce, de sable ferrugineux ma-
DE ItfJXAK. û\
gnétique. Les couches de pierre calcaire s'étendent dépuis Arona jusqu'à Invorio sur la route ftOrta ; près &lnvorio commencent les schistes micacés. La pierre calcaire de ces endroits est très souvent parsemée de dendrites i il en est de même de la roche sur laquelle Ja forteresse à Arona était assise.
6. Après le passage de la Strona, la grande route du Simplon continue jusqu'à Ornavcsso et à Cuchiago, où Ton a construit un pont superbe tout en granit sur la Toce , ou Tosa; on passe cette rivière , et on la côtoyé après le passage pendant quelque lieue ; on passe à Prémoselo , et au dessous de Vogogna , et on repasse encore celte rivière ; ensuite par Pallanzeno et ViVa, où l'on rencontre la r ivière d' Ovesca , on arrive à Domo. Depuis ce bourg une route en ligne droite conduit à Creola , où l'on passe une autre rivière, nommée le Vedro; on continue le chemin sur la gauche de cette rivière jusqu'à Varzo , de là à IseUa , à S. Marc , à Gondo , où l'on trouve la grande galerie appellée du Frass'mone. Après celle galerie, qui est un ouvrage surprenant, on repasse sur le bord de ïa même rivière à droite , et on arrive à une seconde galerie , nommée de! Gabbio% du non* d'une rivière que l'on passe sur un pont de bois.
3 2 BNVlllOWS On monte de là au village du Simplon ; on passe par un hameau , qu'on appelle Camasca t on monte au point le plus élevé de la roule , qu'on nomme le Plateau , d'où l'on descend ensuite en suivant le cours d'un torrent, qui va se jetter (lans le Rhône , et en côtoyant cette même rivière , on arrive jusqu'au bord du lac de Genève.
7. Cette route au milieu des montagnes entrecoupées de torrens et des rivières , dont quelques unes sont même assez considérables, est à présent une des plus belles routes de l'Europe : elle annonce la grandeur et la magnificence du projet et de son exécution. Les différents ouvrages , qu'on a construit dans les endroits les plus dangereux , afin de la mettre à l'abri des ravines , ont été disposés avec beaucoup d'intelligence et ils ont pourvu a la sûreté des voyageurs. Il y en a beaucoup à présent , qui choisissent exprès ce passage des Alpes, autrefois peu connu; il serait fâcheux de voir que des motifs de politique locale pussent retenir quelq'un des étals, à qui il appartient, de concourir à l'entretien de ce chemin , et qu'il dévint impraticable , faute de réparation. G est un ouvrage, qu'on jugerait d'gne de la grandeur des ancien^ Romains.
Tour du lac Majeur à coté et au de là des isles Borromées* — Pallanza. — Iutra. — Selasca. — Canobio. — Loearno. — Magadino. — IYlaccagno. — Luvino. — Porlo. — Laveno.
i. Sur la côte septentrionale du lac à peu de distance des isles Borromées on trouve Pallanza , qui porte le nom de ville , et qui sous le gouvernement du Piémont a toujours formé le chef-lieu d'une province. On a fait dériver son nom d'un Pallanfe grec, on d'un Voilante libert de Tibère et môme de la Déesse Pallas. Quoiqu'il en soit , on y voit des restes d'anciens monumens, et entrautres un beau cippe avec un bas-relief, représentant un sacrifice et une inscription , où il est fait mention d'un Narcissus qui offre un sacrifice aux: Matrones pour le salut de César. Ce marbre est adossé au mur au dedans de l'église de S. Etienne; il vaudrait mieux qu'il fut toutà-fait isolé, puisque sur le revers de la pierre il y a un autre bas-relief qui représente les trois Grâces, qui dansent. Dans une autre église, qu'on désigne par le nom de la M adonna di campagna, on voit des belles peintures à fresque ; \1 y a aussi quelque bon tableau.
54 r^viR^TVs
3. SI Je Pallanza on veut aller par lerre à Inira, on passe la rivière de S. Bernardin et on voit sur une hauteur une église dédiée à S. Reim^, qu'on prétend avoir remplacé un ancien lemple de Venus. Le promontoire qui se trouve entre Pallanza et Intra, est formé de schiste micacé. Le gros bourg d' Intra , 1res peuplé et très riche par son commerce, est situé au milieu de deux rivières , celle de S. Bernardin , qu'on vient de nommer, et celle de S. Jean. On y a érigé dans un couvent supprimé une grande manufacture d'étoffes de coton ; sur le cours des rivières on •voit plusieurs usines , des martinets , des moulins à scier les planches , etc. Dans quelques forges on travaille le fer et le cuivre, que l'on tire des jnines de la vallée de Strona et de Y Ossola
o. Un mille au delà d' Intra on voit le petit hameau de Selasca , ou. l'on travaillai) autrefois beaucoup de minerai de fer, d'après le récit de 1 historien Morigia , il ajoute qu'on fondait îe métal dans des creusets d'une argille noire très réfractaire , et Amoretti croit que c'était de la plombagine, dont il prétend môme d'avoir trouvé des indices anx environs. Un torrent, qui descend du Mont Simolo , forme des grottes et des cascades pittoresques; on y voit aussi quelques filons de trapp , dont on a fabriqué des bouteilles noires
DE MIL.iTV. 35
à Intra dans la verrerie de MM. Peretti. Ce trapp est, parsemé de petits cristaux de feldspath blanchâtre , qui étant en haut plus fréquens , forment une espèce de porphyre à base de trapp , et dans la vallée d' Tntrasca une espèce d'amygda* loide ou de mandelstein.
4» De Selasca par Canero on passe à Canobio. Au dessus de Canero un village très ancien poi te le nom de Tulliano , emprunté probablement de quelque soldat vétéran , nommé Tullius. A Ca< nero quelques brigands avaient bâti deux châteaux au commencement du siècle XV; à présent ils tombent en ruine. Canobio est célèbre par ses tanneries : la prospérité de cette manufacture dépend de la quantité prodigieuse d'écorce d* chêne, qu'on y apporte de la vallée connue sous le nom de Canobina. L'architecture de l'église est l ouvrage de Bramante; on y voit des* beaux tableaux et des belles peintures à fresque, dont quelques unes sont attribuées à Caudeuce Ferrari. On y voit aussi quelques anciennes in-» scriptions avec les noms de Primitwa et de C<?minia ; on croît que le village de Comignago , qui n'est pas éloigné, ail tiré son nom de cette dernière.
5. De Canobio par S. Agathe, S. Barthelemt *t Ctro, on arrive à Brissago , qui est le pre~
36 ENVIRONS mier village de la Suisse de ce côté; et de lâ par Losone et Ascona on passe à Locarno. C'est une petite ville très bien située contre le sud-est et abritée des vents du nord par une montagne. Autrefois le lac baignait les murs de celle ville, à présent le lac se trouve à la distance de 3oo pas; ce sont les dépôts de la rivière de Maggia, qui ont produit l'aUérissement qu'on voit entre le lac et la ville. Les rivières Maggia et Verzasca tombent dans le lac entre Locarno et Magadino. Trois milles au dessus de Locarno les deux rives du lac se rapprochent , et le lac se rétrécit extraordinairement à cause de ce rapprochement , et de deux ou trois isles , qui appartiennent à la famille Borromeo. Elles présentent un coup d'œiî romantique. La douceur du climat de Locarno se manifeste surtout entre Locarno et Brissago ; on y voit les citronniers et les orangers en pleine terre; le jasmins, le romarin et le myrlhe fleurissent dans les hayes. — Toutes les montagnes à l'enfour sont de gneiss; dans les vallées de Maggia , de Verzasca et de Ossernone on voit les angles rentrans des couches verticales , qui correspondent des deux côtés.
6. C'est à peu de dislance de cet endroit, que c« lac reçoit les eaux du Tesm; Poleggio esfc
situé au bout de la vallée Levenline ; c'est un, village du canton du Tesin, où le cardinal Frédéric Borromée fonda un séminaire, dépendant de l'archevêque de Milan. Ce vifcage est élevé de 398 pieds au dessus du lac Majeur , et la chute du Tesin depuis Airolo jusqu'à Poleggio forme une ligne verticale de 2730 pieds de longueur, La vallée de Blegno n'est pas bien éloignée ; l'affaissement d'une montagne en i5i2 , et une inondation terrible en 1747» affligèrent et dépeuplèrent une partie de ce pays. Les montagnes depuis Poleggio jusqu'à B.llinzona sont formées de granit et de gneiss. Près & Abiasco on trouve des grenats, qu'on montre quelquefois dans les vieux cabinets sous le nom de rubis de Locarno; on raconte qu'un des Visconti ducs de Milan fit remasser une grande quantité de ces pierres , et qu'on les trouva comparables par leur beauté aux grenats orientaux.
7. En passant de l'autre côté du lac on voit Magadino , village situé tout près de l'embouchure du Tesin,- de là par Camarino, Vira, S* Nazare , Abondio , Bas San o , Mussignano et Campagnano , on vient à Màccagno Regio , oit supérieur, où l'on a établi une rafinerie de sel pour le compte des Suisses. Le sel y vient de Vénise par le Po , en remoutant ensuite le Tesin
58 ENVIRONS el le lac Majeur On passe ici le torrent donna et on gagne Maccagno Impérial, ou inférieur, c'est une des seigneuries de la famille Borromeo.
8. En continuant le chemin, par Colmes;na on arrive à Luvino ; c est un gjos bourg , riche et bien peuplé , où la famille des Cfwelli possède un palais magnifique, dessiné par l'architecte Félix Soave. C'est de ce bourg , qu'est issue la famille de Bernardin Lu ni ou I ovino , ou da Lov'mo , peintre célèbre, dont deux fils professèrent l'art de leur père — Toutes les montagnes autour de Luvino sont primitives- — De Luvino on peut passer à Lugano par Bedero , M es en z a no > Voldom io , Mon legrino e t Gran to la . Entre Grantola et Cunardo on trouve ces monticules ronds, rougeâtres , et dépouillés de verdure, que quelques naturalistes or,f jugé volcaniques, et que d'autres prétendent formes d'un porphyre noir à base d'asphalte, dune apparence vitreuse, qui s'approche beaucoup de 1 obsidienne , et d'un porphyre à base de jaspe rougebrun , qui co- lient des cristaux de feldspa'h, et qui en se décomposant, présente une surface toute parsemée de cavités.
9 T)e Lovino en suivant le bord du lac , on passe la Très a , rivière qui sort du lue de $0*0, et par Germi^naça et la pointe de VAvello,
r>B util an. 5g «on arrive à Porto-Valtravaglîa. A Gernùgnaga aussi bien qu'à Colmegna , on voit quelqu'indice tle pyrites Dans le premier de ces villages on a établi une fabrique de colle forte. De G rmignaga part la route, qui traverse les vallées Travailla et Cuvia, et par laquelle on se rend à Varese* La pointe de YAvello est formée la ■plus part de schiste calcaire bitumineux. — A Porto on a établi une superbe verrerie , où l'on fabrique du verre blanc, et toute sorte d'ouvrages qui rivalisent avec les produits des fabriques de Bohême. On a tiré parti pour cela de quelques couches , qu'on a trouvé tout près de là , de safyle quartzeux trrs blanc et très fin. On le traite avec le charbon de bois, et les sels tirés des cendres du pays. On y cuit aussi beaucoup de pierre à chaux dans les fours , et on l'expédie presque toule à Milan.
10. Sur la route de Porto à Laveno on voit un ancien château ruiné; c'est l'ancienne forteresse de Coldiero. Laveno est un village situé au bord du lac , où l'on tient chaque semaine un marché de bled assez considérable, auquel concourent les Suisses. Le nom de Laveno dérive, peut-être, d'un Labienus ; cependant on a voulu le déduire de labium , parce qu'il est placîi au bord de l'eau. Une fontaine qui tombe
en cascade de la montagne , qu'on voit à côté, fournit au village une eau pérenne et salubre » on la voit sortir écumante de la roche en quelque saison de !' année. La roche est calcaire entremêlée de petites couches irrégulières de pierre siliceuse. — De Lapeno on peut passer à Varesef par Gemona, Trévisago , Coquio> C orner o y Ba* rasso, Luinate , Colciago et Masnago* La plus part de ces villages , assise sur la colline qui se trouve au dessus du lac de Varese, Jouit d'une superbe vue , qui s'étend au loin , et d une belle perspective des villages placés à l'entour. En réparant le chemin près de S. André, on a découvert les couches irrégulières de pierre calcaire, qui est la roche dominante dans toute cette région.
Coup d'œil sur le lac Majeur en générât.
1. Le lac Majeur y désigné par les Romains sous le nom de Verbanus , est de la longueur de 44 milles d'Italie à peu près: sa plus grande largeur, qui est entre Laveno et Fariolo, n'est que de 7 à 8 milles. Strabon avait marqué la plus grande largeur dtt lac de Laveno à Togo-
DB MÏLAX. 41
grta, comme étant de i5o stades, ce qui ferait à peu près 18 milles d'Italie. Entre la Tcce et Belgirate la profondeur du lac est de 1100 pieds, de 1800 entre V Isola Bella et Laveno.
2. Les rivières principales , qui se jettent dans le lac , sont le Tesin , la Verzasca , la Maggia , la Toce ou Tosa> dans laquelle coulent toutes les eaux qui sortent du lac (xOrta ; l'émissaire du petit lac de Margozzo &a Mergozzo , la Tresa , qui est l'émissaire du lac de Lugano j les émissaires des lacs de Varese , de Monate et de Cotnabio; le lac reçoit encore toutes les eaux qui tombent de la vaste chaîne des montagnes, qui commence à l'ovest du Mont Rosa , et qui s'étend jusqu'aux montagnes qui séparent le lac de Como de celui de Lugano,
3 Ge lac, suivant l'observation du docteur lïbel) présente un aspect majestueux et sauvage en même tems , qui réunit quelquefois les beautés d une nature douce et riante, et d'une belle végétation. La vue se trouve par fois resserrée dans des bornes très angustes, par fois elle s'étend sur un horizon immense; des montagnes très hautes Venlourent au sud-ovest , à l ovest, au nord et au nord-est; celles de l'est et du sud descendent par dégrés jusqu'aux plaines de la Lombardie. Quelques unes de ces montagne^
4<: EffVIilOIVS S élèvent tout à coup du sein des taux jusqu* îa hauteur de 6o<>o pieds ; on les voit entre Magadino et Laveno.
4» La plus grande partie de ces montagnes eit de formation primitive; la plus petite appartient aux Alpes calcaires méridionales. De Solcio jusqu'à Belgirate les roches sont composées de schistes micacés et argilleux. Dans la Valcuvia 9 la Valtravaglla et la Val^ana^ la pierre calcaire repose sur la roche primitive , qui se montre presque partout à découvert , et dans laquelle on distingue plusieurs sortes de porphyre La Valtïctvaglia est traversée par le bord septentrional de la chaîne des Alpes calcaires surimposées à la roche primitive , et dirigées vers le sud des Alpes centrales. La roche primitive se montre partout où les bancs de pierre calcaire ont été détruits, ou emportés par les eaux Dans les montagnes calcaires de cette vallée ou trouve des pétrifications ; dans quelques endroits on trouve aussi des indices de charbon pierre et de pétrole. 3N"ous avons déjà parlé dans l'article précédent des monticules de Grantola ; ils sont composés d'une espèce de porphyre vitreux. Le jaspe rouge, qui entre dans la composition d une partie de ce porphyre , contient beaucoup de fer , qui par son oxidatipn donne à la pierre une couleur
DE MILAN. 4^ krune roueeâtre , lorsqu'elle est exposée à l'action de l'air , elle se casse en prisme romboidaux ou tétraèdres < elle contient aussi du mica et des veines, qui courent irrégulièrement, de quartz, de cornaline, de jaspe et de pélrosilex; elle a aussi des pôles magnétiques. Quelquefois on voit ce porphyre surimposé à des bancs de pierre calcaire. Dans toute la Valtravaglia le porphyre est disposé en couches assez régulières ; dans quelqu endroit elles sont verliea.es. Deux variétés de porphyre alternent enlrelles, et avec d'aulres couches de granii , de gneiss, de schistes, ie plusieurs espèces d'amygdaloides , etc Dans un endroit on voit le porphyre alternant avec le granit, et celte pierre près du porphyre est aussi remplie de cavités. Près de la Ferrera on trouve aux deux côlés du jaspe une terre d'un belle couleur rouge , les uns ont jugé que c'était une pouzzolane ; d autres ont cru que c'était une espèce de terre bcta're ; on en trouve de même à Maggiora et à Biella.
5m Le trapp primitif des montagnes S'imolo et Tarione au dessus d ïntra et de Selasca , d'où tombent dans la petite rivière de S Jean plusieurs morceaux de basalte , se montre en couches verticales ; ce trapp a la couleur de la cire, et ses couches ont quelque ressemblance avec les
'44 twinons' bancs de lave des territoires de Padouet de Vicence et de Péroné* On voit du trapp primitif même dans les vallées à'ïntrasca et de Canobioi à Cossogno on voit des couches de pierre ollaire.
6. Le Simolo , le Jklargozzolo et plusieurs mon* iagnes des alentours de Baveno , sont composées de gneiss, et leur surface est couverte de morceaux granitiques de toute grandeur ; on observe la même chose dans plusieurs montagnes calcaires près de Varese. A très peu de distance de la cime du Marl*ozzolo on voit une couche de cailloux roulés de granit et de gneiss ; au dessous il y a un lit de tourbe , dans laquelle on reconnait les troncs et les branches des sapins, que l'on ne trouve plus à présent dans le voisinage. — La vallée de Vedasca est située sur la frontière du canton du Tesin ; elle est arrosée par le torrent Gionna, e t elle aboutit à la rive orientale du lac au nord de la Tresa.
7. Il partit que le lac Majeur pénétrait autrefois jusques dans la vallée inférieure de VOssoIa , et même , peut-être , jusqu'à Domo. Si l'on pouvait croire ce que l'on raconte de S. Jules , qu'il passa en bateau du lac à'Oita dans le lac Majeur, il faudrait en conclure, que le niveau de ces deux lacs était bien plus élevé dans le siècle IV, qu'il n'est à présent, et dans ce ca^
là le lac Majeur aurait pu inonder la \allée d'Ossola. — Toute s les montagnes de cette vallée sont primitives. La colline du Calvaire et le mont Trontano sont composés de couches verticales de schiste micacé , qui courent du nord» est au sud-nord. Entre Villa, Piedimulera et Beola on trouve des gneiss feuilletés à la façon des ardoises, dont on apporte une grande quantité en Lombardie sous le nom de Serizzi et de Beole. Des carrières de la Gandoja on a tiré pour la plus part les blocs de marbre , qui ont servi à la construction de l'église métropolitaine de Milan. On trouve fréquemment dans celte vallée des morceaux épars de pierre ollaire; ils viennent apparemment de la vallée d'Anirona. À Cesona près de Domo on trouve du bleu de montagne ; dans les vallées d'Antigorio , d'Jntrona et d'Anzasca on trouve quelque mine d'or ; il y a aussi des pyrites de cuivre dans la montagne t que l'on voit au dessus du Muggiandone , et on les fond à Ornavasso; au dessus d'Ornavasso on trouve une mine de plomb argentifère , et en a soupçonne aurifères des pyrites trouvées au dessus de Vogogna*
8. La micrographie du lac Majeur se réduit en conséquence , d'après les notes de M. Edel> k une mine de fer , et à quelques indices de mi*
4$ EtfVIROWS
ut rai dor dans la vallée de Strona; à un filon de cuivre au dessus de Baveno , exploité par MM. Franzosini à'Intra ; â quelque mine de pl ;mb et de cuivre dans la % allée inférieure de l'Ossola; aux pyrites aurifères, que l'on trouve au dessus de Gralia , et peul-êire aussi près de Vogopna : à une mine de plomb près de Gbissio , à une de suivre près de l'embouchure du ruisseau , qui porte le nom de Fiumey à quelque veine de cuiv e , qu'on voit près de BameHa au de 1 * de Jntra , el aux pypfes de cuivre qu on trouve entre Cernera et Canobio^el sur le bord du torrent nommé Giovna*
9, Le lac est assez poissoneux; on y pêche le plus souvent les poissons , que 1 on rencontre ordinairement dans les eaux de la Lombardie ; les truites , les tanches , les penches , les anguilles, etc. On y trouve des bons pêcheurs; on pourrait souhaiter , qu'il y eut d'aussi bons bateliers, et que les bateaux fussent en général mieux construits , et pour la plus part moins délabrés. — Les montagnes autour du lac sont en partie couvertes de bois et de verdure : on voit sur quelques côtes des vignobles bien entretenus. — Les birds du lac sont assez peuplés ; les hommes en général ont de l'esprit; plusieurs s'adonnent w commerce* — Le trafic «ju'pn faj£
DB MILAX. 47
avec le lac , consiste le plus souvent en bois , en planches et en solives , en vin , en châtaignes , en pierre de chaux, en pierres de iaiiîe ; la plus grande partie de ces objets passe à Milan et à JPavie»
Route depuis h lac Majeur jusqu'à Milan par le Tesin et le canal nommé Naviglio grande.
1. A Sesto Ca'ende on peut s'embarquer sur le Tesin. Cette rivière coule tantôt dans un lit assez vaste , et c'est alors que sa marche est douce et paisible , tantôt resserrée au milieu de deux rivages très élevés , et alors elle court d'une marche très rapide avec des vagues écumantes ; son cours est même entravé quelquefois par des rochers, et embarassé par des appareils des pêcheurs; on ne court cependant aucun danger, s'il n'y a pas un défaut d'eau extraordinaire , par lequel le bateau soit prêt à toucher , et les pilotes sont ordinairement a-sez adroits pour éviter tous les risques de cette navigation , qui d'ailleurs est très agréable.
2. Dans la période tout au plus de quatre heures , et souvent encore plus vite , on par-
court un espace à peu près de 3o milles, et on arrive au dessous de Tornamento ou Tornapento , à un endroit , qu'on appelle la casa delta Caméra. Cette maison entretenue par l'État, a été bâtie précisément dans l'endroit où le canal, qui porte le nom de Naviglio grande , sort du 'Jesin. L'eau qui reste dans la rivière , couie de là jusqu'à Pavie , et à son embouchure dans Je Po, et la rivière est encore navigable dans tout son cours. Au dessous de l'endroit où sort le canal , la rivière roule du sable aurifère , dont on extrait dans quelque commune les paillettes d'or par le lavage.
3. On commença la construction de ce canal dans le siècle XII; il ne fut cependant continué pendant quelque tems , que jusqu'à AObiategrasso; ce ne fut qu'après un siècle, qu'il fut prolongé jusqu'à Milan , quoiqu'on prétende , qu'on jouissait de la navigation intérieure dans la ville avant le siècle XV, ce qu'on pouvait obtenir par l'introduction des eaux dans les fossés où coule à présent le Tfaviglio de la Martesana, à l'aide de quelques écluses, dont il est fait mention dans quelques actes de it\55. On ôterait par là à Léonard da Vinci la gloire d'à* voir inventé ces écluses , qu'il aurait cependant réformées et améliorés, s'il était vrai <ju/il n'en put pas été l'inventeur.
4* En suivant le cours du canal après sa sortie du Tesin , on voit à gauche Tuii/igo , Castelltito di Cuggiono et Buffalora. De ce dernier village on peut se rendre à Milan par terre en suivant la grande route , qui vient de JVovare et du Piémont. On prisse par Magenta, qui est un bourg assez considérable, par Corbetta, par Sedriano , premier relais après Buffalora, par S. Pierre de lOhno, par le Cascine d'Olona, où l'on passe ceile rivière et on arrive à la capitale.
5. Si on suit au contraire le cours du Naviglio après Buffalora , on voit Robecco , où les familles Bigli et Albani ont des belles maisons de campagne , et on arrive à Castelletto , où le canal se divise en deux branches , dont l'une se dirige vers Abbiategrasso , et de là à l'aide de quelques écluses à Bereguardo , situé à peu de distance du Tesin , d'où on faisait passer les marchandises sur des chariots jusqu'au canaU A présent on peut se passer de tout ce travail , puisque le nouveau canal de Pavie le rend inutile. Abbiategrasso est un bourg riche et bien peuplé , fameux par les batailles , qu'on y a donne. H y a d'assez bonnes peintures dans l'église , et on y voit deux hospices , l'un pour les hommes , 1 autre pour les femmes , où l'on recouvre , et l'on nourrit les pauvres, afin de les soustraire à \% mendicité*
6. L'autre branche du canal depuis Castelletto passe à Gaggiano , à Corsico , où l'on voit des grands dépots de fromages , et où l'on a bâti depuis peu une belle église en forme de croix grecque, avec un pronao sur le devant d'après le dessein de M le comte Jean Luc de la Somaglia , gentilhomme très instruit en fait de beaux arts ; et de là elle arrive à Milan. — Le çanal n'est pas seulement destiné à la navigation ,• il est aussi très avantageux à l'irrigation j et par là à la fertilité des terres ; il en sort dans toute sa longueur des petits canaux , qu'on rencontre très souvent , et qu'on nomme dans le pays bocche di estrazïone ; elles sont modelées et arrangées avec beaucoup d'intelligence, de sorte que la quanâté d'eau qu'on tire du grand canal, est toujours la même ; on les ouvre et on les ferme à clé , et elles ne servent qu'à l'avantage des propriétaires , qui ont le droit d'en faire usage , et qu'on nomme par conséquent gli utentu
JDB MILAW.
Route depuis Milan jus/u'à Varese. Bollate. — Caronr.o — Caste'lazzo. — Saronno — Mozzate. — Tradale. — Castiglione. — Schianno.
1. On sort de la porte Tanaglia, et par la Cagnola on arrive près de Bollate , gros village , dont l'église est ornée de bonnes peintures D là on
.^passe à Caronno , où dans l'église de la Purification on vo't des belles peintures à fresque , que dans le Viaggio ai tre laghi on a attribuée^ à un Ambroise Luini , qu'on donne pour frère de Bernardin , et qui n'est pas connu dans l'histoire de l'art. Ne serait ce pas Aurèle , fils de Bernardin , que Amoretti aurait pris en échange pour Ambroise ?
2. Dans la route de Sar nno on laisse à côté Caste/lazzo, où. l'on voit une superbe maison de campagne, appartenante autrefois à la famil ie Arconati . à présent à celle des Busca* La maison est construite dans le goût du siècle XVII, avî'C beaucqup de magnificence; or voit à côté des b^aux jardins, e! un parc assez vaste , où erre- î librement des bêtes fauves. Dans la ynaison on voit quelques tableaux de mérite , et
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on a placé dans un cabinet quelques uns de ces bas-reliefs en marbre \ que I on voyait sur le tombeau de Gaston de Foix, représentants quelques uns de ses exploits» Vasari trouvait ces ouvrages ftAugusiin Busti travaillés avec tant de finesse , qu'il élait tenté de les croire tra» vailles en cire. C'est dommage , que la plus part de ces bas-reliefs a été gâtée. On voit aussi dans le même palais une statue de Pompée , qu'on ne donnerait pas sans difficulté pour la statue , prés de laquelle César fut assassiné. Àu^ pied de la statue on a gravé dans une époque postérieure une inscription tirée de Pline.
3. Saronno est un bourg très considérable , près duquel on voit une église de la Vierge , qui porte le nom de sanctuaire. On en attribue le dessin à Pellegrini ; mais l'édifice fut commencé en i4$8 d'après le plan de Vincent àel- VOrto de Seregno , que nous avons nommé ailleurs avec éloge , et cet architecte étant décédé avant le complément de l'ouvrage , son plan fut changé en quelque partie. L'architecture de la façade est d'un goût tout différent ; elle est surchargée d'ornemens , et elle n'a été vraisemblablement ajoutée , qu'à une époque plus récente. Il y a pourtant quelqu'un qui l'attribue h Pellegrini, et on dit que par sa mort elle
DE alILAlV. 55 fut achevée par Lélius et Charles Buzzi. On nomme aussi entre les architectes de cette église , Bernardin Lonato , Jérôme Quadrio et Vincent Cinisello , qui en modela la voûte. Entre les sculpteurs on cite Antoine Pristinari, Léon Leoni de Menagio, et Jacques Boni de Campione. L'église fut aiongée dans le siècle XVI , on y ajouta la partie où est situé le maîlre autel , les deux chapelles latérales , et la coupole, Il parait que cette partie de la construction , aussi bien que celle du clocher , ait été dirigée par Paul Porta , milanais. La forme de 1 église à cause de ces additions n'est pas bien fégulière ; les chapelles latérales sont trop enfoncées en proportion du reste de l'édifice.
4. Dans les premières chapelles on voit entassées des figures en bois , sculptées dans le siècle XVI par un maître André de Milan , et peintes dans une époque plus récente ; quoiqu'on en loue la sculpture , ces statues ont l'air d'être des bamboches , et elles ne conviennent pas à la majesté de ce temple. Dans la chapelle où l'on a représenté la cène des apôtres, les tableaux, et la partie du milieu qu'on appelle la credenza , sont des ouvrages de Camille Procacçmi ; dans l'autre on voit des peintures à fresque de Bernardin Luinu Gaudence terrari oran
^4 EtfVIROtfS la coupole de celle chapelle; au dessus des Sy-» billes travaillées en bas relief , il représenta les hiérarchies célestes.
5. Les ouvrages les plus admirables de Ber- Tiardin Luini , sont les tableaux à iresque, que l'on voit dans une espèce de vestibule de la grande chapelle , dans l'un des quels il peignit îçs fiançailles de la Vierge , dans l'autre J. C. disputant au milieu des docteurs de la loi Dans ce dernier on voit entre les Riîbiss un belle tête de vieillard barbu,- c'est, le portrait du pendre , qui a été très bien conservé Les deux tableuux des côtés de la grande chapelle sonf aussi de Bernardin ; il représenta dans l u t des deux la Nativité de N. S. et 1 À oration des Rois , dans l'autre la Purification de la S Vierge , avec la présentation de J. G. au temple. A ce dernier tableau le peintre apposa son nom et la date de iÔ25; c'est l'époque à laquelle l'ouvrage fut achevé A ce même neintre appartiennent aussi les quatre Evangéiistes , qu'on voit dans la coupole , et les quatre Docteurs de 1 église , au~,si bien que l'Annonciation de la Vierge, qu'il peignit au milieu des fenêtres en haut. On voit deux ouvrages de ce tn and maître dans le chœur; il y peignit sainte Glaire et Sainte Apollonie , ^v<c-, deux anges dans l'attitude de desservaris
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l'autel. Le même pinceau traça quatre figures de -aints sur les portes de la sacristie et du clocher On voit aussi un autre tableau du même auteur sur le mur au bout du portique , par lequel on passe de l'église dans la maison des prêtres desservans, et des députés au maintien du sanctuaire.
6. On voit aussi dans cette église des belles peintures de César Magno élève de Gaudtnct Ferrari: Bernarl n Lauino de Verceil représenta des histoires du vieux testament « ans les panneaux triangulaires , situés au. cressons de la coupole — L.rizi, en parlant des ouvrages de Xb/hï quon admire dans cette église, dit que ce sont ceux qui s'approchent le plus de la manière de Raphaël, que les figures sont toutes douées d'une beauté qui convient à leur caractère ; que les têtes ( nt 1 air d'eue vivantes , que les regards, les altitudes, les mouvemens semblent exiger des réponses ; qu'on y voit variété d idées , de draperies, de sentimens , qui sont tous puisés dans la nature ; que dans ce style tout parait aisé et naturel, quon n'y voit aucune recherche ; que ces ouvrages gagnent le cœur aussitôt quon les voit, qu'on ne peut pas laisser de les observer en détail , qu'on ne peut s'en détacher sans peine. Quelques unes de cç&
peintures ont été gravées par des artistes très habiles ; on en grave d'autres à présent. On trouve une description de celte église , imprimée depuis long tems , et qui contient bi«n de choses inutiles.
7# Dans le bourg de Saronno sur l'angle extérieur de l'église de S. François du côté du nord , on voit une ancienne inscription , que le docteur Labus a publié. À Saronno on trouve ïe relai des postes pour Varese,
8. De Saronno par Cislago^ village qui portait dans le bas âge le nom de Cistellacum , on passe à Mozzate , autre village remarquable par des belles maisons de campagne , appariemantes aux familles Dugnani et Castiglioni, et par les plantations très considérables d'arbres de toute espèce, et même exotiques, que Ja dernière y a ordonné au milieu des bruyères et d'autres terrains incultes , dont on ne tirait aueun parti. A présent on y voit des bois touffus, très utiles, qui rivalisent avec les plus beaux de la Lombardie. On laisse à droite la r©ule (VJppianoy gros bourg assez riche, et à garuch* celle qui porte à Gorla Minore, où il y a un collège ou une maison d'éducation assez vaste. Par Carùonate et Locate, où l'on a trouvé dans le voisi* page un» argille réfractaire ; et par AMiat$
DB mLxy. h*]
Guâzzone , village très ancien , et , peut-être , anciennement très considérable , on passe à Tradate. C'est aussi un bourg très bien situé où l'on voit quelques belles maisons de campagne. On y voit aussi dans l'église de S. Barthelemi un vieux tombeau d'un Valpert , ouvrage qu'on attribue aux Romains , et qui a été publié par Giulini.
g. Sur la route de Tradate à Vedano , on passe tout près de Cast/glione , où Ton voit une ancienne église , bâtie par le cardinal Branda Casttglioni, originaire de ce village. Il mourut en 1 443 î son tombeau est l'ouvrage d'un sculpteur nomme Confade Grrffi, de Varese. Sur la porte de l'église on voit un bas-relief beaucoup plus ancien : lè travail en est assez bon. Dans la cour de l'hôtel des chanoines on trouve une espèce d'unie cinéraire avec une inscription ancienne; dans la chapelle du cardinal on voit des peintures à fresque , d'un style assez bon, qu'on ne pourrait pas nommer Léonardesque , comme il a été dit par quelqu'un , ces peintures étant d'un demi-siècle plus anciennes de l'époque des triomphes de Léonard. C'est dommage -que tout l'édifice est délabré et abandonné, et que ces peintures s'approchent d'un dépérissement total.
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10. Près de Vedano on passe la rivière d'Olona. I<a rouie qui monte presque toujours en avançant , a été très bien réparée. De Vedano on passe à Lozza , dont on voudrait faire dériver le nom de Lucus ♦ de Lozza à Bizzozzero , de là à Schîanno , qu'on prétend connu sous le nom de ScLmnus dans le siècle VIII , et on arrive à Varese.
Varese.
1. Ce n'est que depuis quelques années, que le bourg insigne de Varese a été élevé au rang de ville; il était bien digne de ce litre par sa vastité , par sa nombreuse population , par la richesse et le luxe de ses habit ans. Les anciennes histoires ne parlent pas beaucoup de cet endroit ; mais on supposa que ses habitans se mêlèrent dans les querelles et les fartions qui s'élevèrent contre les habitans dp Caste! Seprio , et que la villp de Varese, si elle était décorée de ce nom , fut détruite dans une époque très ancienne par les habitans de Como L'église collégiale de S Victor n'est pas bien ancienne ; mais le culte de S. Victor y était établi depuis
plusieurs siècles, puisque clans une belle peinture sur verre du siècle XIV , possédée par les éditeurs de cette Descrip on on voit ce saint sur une montagne avec u°e espèce de bonnet phrygien sur ia tête , et au dessous ces de^x m.'ts Tutor V\risti. Très ancien est un petit temple octogone qai sert de baptistère , et que l'on juge bâti à l'époque des Longobards La CaveAra. ou casa vecchia . auir^fVs maison des Humiliatiy ensuite s*ège d'une abbaye , est aussi très ancienne.
2. Dans la ville même de Varese et dans les alentours on voit plusieurs maisons de délices. La pins remarquable est celle qui appartenait jadis à François IÏ duc de Modène , et qui pass en héritage à la famil'e de Serbelloni Zinzendorf ; elle est magnifique, soit par l'architecture du oalais , soit par la vastité et l'élégance des jardins • elle était dig ne du pnnce qui y a séjourné assez long tems. La maison de campagne autrefois Bossî , à présent Schinçhinelli à Bi /m* près de Varese , est aussi magni- £qu . Au dessous u"e autre belle maison avec des jardins à l'anglaise très bien arrangés , a été construite depuis pen par M. Clerlci La maison des Biumi à B'/umo si/pt.'riore surpasse toutes les autres par la vue pittoresque et très
étendue dont on y jouit. Sur le penchant de la colline de Biumo , et au bout de la ville , le comte Dandolo a fait bâtir tout de nouveau une maison très comode, d'après le plan de l'architecte Polack; le jardin annexé à cette maison est magnifique. C'est dans ce séjour délicieux , que cet habile chymiste , membre de l'institut des sciences , s'occupe sans cesse d'objets d'agriculture et d'économie rustique ; il a déjà publié plusieurs volumes sur l'éducation des vers-âsoie , sur l'art de faire le \in , sur la culture des pommes de terre, etc.
3. Les belles maisons de campagne de MM. Kevenhùlfer> Recafcciti, De Cristoforis , Maestria San Vito , et celle de la famille Recalcati à Casbegno, sont aussi dignes de remarque, soit par le coup d'œil ravissant, dont elles jouissent, soit par l'élégance des bâtimens , soit par l'aménité et l'arrangement agréable des jardins. L'ami des beaux arts s'empressera surtout de visiter la maison autrefois Orrigoni , à présent Litta Modignani , à Biumo znferiore. On y voit des très belles peintures à fresque de Mazzucchelli > surnommé Morazzone , de Store? , et de Ghisolfi : cette maison a été rebâtie depuis quel" que tems , et considérablement embellie d'après le plan de l'architecte Simon Cantotù.
HE Mit ASC. 6î 4. On a même érigé depuis peu dans cette ville une nouvelle salle de spectacle. La ville fait beaucoup de trafic , soit dans l'intérieur de l'élat , soit avec la Suisse. On y a établi des filatures , et quelques manufactures de soie , et des déchets de soie , de mouchoirs , de rubans etc. On y tient chaque semaine un gros marché , et quelques foires dans l'année ? on y voit dans ces occasions une foule de peuple extraordinaire.
Madonna del Monte,
1. C'est le nom d'un ancien sanctuaire , que lés dévots visitent avec empressement afin de vénérer une image miraculeuse de la Vierge , les amis des beaux arts afin d'admirer les belles constructions , les sculptures et les peintures , et les curieux en général afin de jouir d'une scène tout à fait pittoresque, d'où l'œil s'étend très loin sur la plaine. On passe de Varese à la montagne qu'on appelle sacrée, pat S. Ambroisey Robarello et Fogliano. On va presque toujours en n ontant, mais le chemin est très beau , et très bien entretenu. On a pratiqué
dans la montagne même des allées magnifiques ; au bout de ces allées on a construit des chapelles j dont le nombre s'élève à quatorze. L'architecture de la plus part de ces chapelles est assez bonne.
2. Dans chacune de ces chapelles on a représenté quelque mystère de la vie et de la passion de J. G. , et cela par des assemblages de statues en plâtre , en stuc , ou en terre cuite , dont quelques unes sont d*une grandeur au dessus de la naturelle. On j voit aussi plusieurs bas-reliefs et plusieurs morceaux de peinture. Entre Ces derniers on dislingue quelques ouvrages de Morazzone , du chev. Isidore Blanchi , de Pavfilo , de Lepnani , et d'autres célèbres artistes. Entre les ouvrages de sculpture ou de plastique , on cite quelques travaux de Pristinari C'est, peu! -être, par erreur, que dans les anciennes descriptions on a classé le nom de cet artiste parmi les peintres.
3. L'église qui se trouve en haut au bout de la montée , présente une architecture d'un goût assez raisonnable ; elle est aussi ornée de quelques peintures de mérite. On prétend que la statue de la Vierge en bois ait été sculptée par S» Luc. Gomme c' est l'usage qu'on attribue â ce saint toutes les anciennes images de la Vierge-,
qui forment pour les dévots des objets d'adoration, très souvent sur les sommets des montagnes, comme on le voit près de ivOulogne et ailleurs; on sest occupe de quelque recherche touihdnt ce Lu peintre , qui n'était pas aussi ancien que le Luc évangéhste ; mais personne ne s'est avisé de parler d'un S. Luc sculpteur. Amorstti a tranché court en disant que S. Luc évangéliste pouvait être à la fois médecin , peintre et sculpteur. Quoiqu'il en soit, cette statue de bois, quoique vermoulue, ne pourrait jamais avoir éié sculptée dans une époque , dont il nous reste très peu de monumens en pierre.
4- La vue dont on jouit de la place où l'église est située, est sans doute magnifique 1 elle est sur tout embellie par la variété ,ies objets , qui se présentent en même tems à l'œil de 1 observateur. Au sud-ovesl elle s'étend sur le lac de Varese , sur les petits lacs de Comibio de Monate et de Biandrono , et sur une partie du lac Majeur ; à 1 est elle s étend sur l'ancien département du Lario , au sud sut la grande plaine de la Lombardie jusqu au de là de Milaq. La perspective n'est bornée que par les hautes montagnes de la Savoie , et par la chaîne des Apennins.
S Au dessus d'une porte de l'église on voij
$4 BflVIROtfS les restes de la peau d'un crocodile, au propos de laquelle on débile des fables absurdes On dit quelquefois , que cet amphibie séjournait dans une vallée tout près du lac Majeur ,• d'autres fois ont raconte qu'il exerçait des ravages terribles dans les troupeaux d'une autre vallée située entre le lac de Lugano et celui de Como. Anioretti a rejette, comme de raison, tous ces contes ridicules , mais il s'est laissé entraîner par le récit de quelque chasseur , et il a supposé qu'on eut pu trouver dans les Alpes, et même dans les régions subalpines , des lézards monstrueux de la longueur de deux mètres , et d'une grosseur proportionnée , qu'il a jugé de l'espèce des iguanes. Il est aussi absurde de supposer l'existence d'un iguane dans ces parages , qu'il le serait de supposer celle d'un crocodile ; mais dans plusieurs endroits fréquentés par les dévots , on aime d'entretenir par des contes et des objets de cette nature la crédulité' du vulgaire. A Orta , qui n'est pas bien loin , on a suspendu et on montre au milieu de la sacristie une vertèbre de baleine on ne manque pas de raconter , qu'elle appartenait à un serpent énorme , que S. Jules chassa de l'isle.
6. Près de i'eglise existait autrefois un couvent de religieuses ; il a été supprimé, et dans
ira MiLAff. 6 S
remplacement du couvent on a établi à présent quelque bonne auberge pour les étrangers. On trouve une description de ce sanctuaire imprimée , qui n'en donne pas pourtant une idée trop exacte — La montagne est une roche calcaire ; c'est un marbre grossier , dont on a cependant travaillé quelques colonnes, qu'on voit dans les chapelles. Amoretti est d'avis que cette roche soit assise sur un granit , qui ressemble beaucoup nu porphyre. Au dessous de la petite montagne de Pugazzano , on a tiré d'une grotte de l'albâtre il était disposé en forme de stalactites. Au dessus de la montagne , où l'on voit le sanctuaire , on a trouvé du grès très fin , qui peut servir de pierre à aiguiser»
XH.
Détail des environs de Varese — Masnago, Calcinate , Colciago , Morazzone. — Lac de Varese. — Petits lacs de Comabio et de Monate. Route de Varese a Gallurate.
1. Tout autour de Varese on voit Masnago,. Calcinate , Colciago , Bîzzozzero , Morazzone 9 Mainate y et d'autres petits villages. Près de Masnago on a trouve une bonne argille potière»,
66 BXVJROXâ cl quelques vases anciens de belle forme , qu'on n jugé fabriqués avec cette argille. Ou trouve aussi de bonne argille pros de Calcinate. Col* cîago est très bien situé. M. Paul Andreani , le premier aeronaute italien , y avait commencé 3a construction d'une belle maison de campagne. Nous avons fait mention ailleurs de Bizzozzero. Morazzone est la patrie de ce Pierre François Ma^zucchelli , bon peintre , plus connu sous le nom de sa patrie que sous le sien. Dans une maison de ce village, qui lui appartenait, on voit au dessus de la cheminée de sa cuisine une figure de Vulcain debout , peinte à fresque , qui est d une beauté et d'une vérité imposante. Ou y a bâti depuis peu une église d après un beau plan de l'architecte Çantoni.
2 Le lac de Varese est situé à la distance de deux milles de la ville. Il est à peu-près de la longueur de 6" milles , et on en compte 4 dar,s sa plus grande largeur. Tout au tour on trouve Azzate , ancien domaine de la famille Bossu Borlio , d'où il passa à la vallée attenante le nom d* vaUîs Bossîa ; Cazzago , et de laulre côté Gavirate, Baràeilo et Biandrono , qui se trouve près d'un petit lac fort poissoneux. Au dessous de Gav rate on trouve une roche calcaire, qu'on appelle la Sasso di Gavirata c'est