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au style gothique , qui était le plus en vogue à cette époque, on y voit cependant des proportions, élégantes et harmoniques , et cet édifice n'est pas surchargé de ces détails minutieux , qu'on nomme en Italie trllumi , dont regorgent presque tous les autres bâtimens de cet âge. La forme de l'église est celle qu'on nomme vulgairement d'une croix latine; sa longueur est de 2.55 pieds à peu près ; sa plus grande largeur est de i65 pieds,* elle a trois nefs, au dehors desquelles se prononcent encore les chapelles , qui sont au nombre de quatorze, sept de chaque côté, sans y comprendre les deux enfoncemens des bras de la croix , et le maître autel. Au dessus du centre d'où partent les bras de la croix , s'élève un dôme, ou une coupole svelte, solide et majestueuse.
6". La façade est surtout digne de remarque î on en commença la construction quelque temps après la mort de Jean GaUace , c'est-à-dire en i47<5 , d après le plan d' Ambrais e Fossano , peintre et architecte très-habile. On a donné quelquefois pour gothique le style de cette façade ; il se détache cependant tout-à fait de celui qu'on apperçoit dans le reste de l'église ; on y voit ce nouveau genre noble et grand de l'architecture renaissante, qui venait de prendre des formes plus élégantes à l'époque de Bramante. Cette
ao6 Ewvincws
façade est ornée dun grand nombre d'ouvrages de sculpture; on y voit 44 statues au dessus, do médaillons dans la base , et beaucoup de bas-reliefs aux quatre grandes fenêtres , à la porte de l'église, et môme entre les fenêtres que nous venons de nommer. Entre les sculpteurs , qui travaillèrent dans cet édifice , dont la plus part étaient du pays , on nomme Jean Antoine Amacleo , Benoît Brioschi , les frères Mantegazza , Hector d Alba , François Pionteïïo , Jaques Nava^ Marc Agrate , Ange Marini , sicilien , André Fu~ stna , Christophe Salaria Baptiste Gattoni, Au* gustin Busti , surnommé le Bambaja , Antoine Tamagnini , Jean Jaques de la Porta, Baptiste et César de Sesto. C'est la liste qu'en a donné Malaspina ; on pourrait élever des doutes sur César de Sesto ; ne serait ce pas plutôt Etienne dont on connaît quelques ouvrages de sculpture ? On donne beaucoup d'éloges aux ornemens tiès bien sculptés, qu'on admire dans les grandes fenêtres de la façade , et aux petites colonnes placées au dessous de l'ogive, qui ont la forme de candélabres ; on les croit travaillées par Augustin Busti, qui se distinguait par les travaux les plus minutieux.
7 La façade n'est pas du tout achevée ; on a très mal supplée ce défaut dans quelques estam-
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pes modernes, en y plaçant une niche ouverte avec des ornemens grotesques , et une statue de la Vierge. Dans une estampe plus ancienne on yoit le sommet de la façade terminé par un grand bas-rélief bien encadré , couvert par un fronton analogue à celui qu'on voit au <Jessus de la fenêtre ronde , située au milieu ; cette idée est plus conforme au goût de l'ouvrage en général ; elle pourrait être même analogue au projet de 1'archLtecte Fossano. C'est d'après cette estampe qu'on a gravé le dessein qu'on distribue avec cette description.
8. L'étranger qui entre dans le temple sera, surpris autant de sa vastité , que de l'élévation majestueuse de la voûte , qui est toute peinte en or et en outremer , ce qui ajoute a la majesté et à la grandeur un air de simplicité imposante. Le parois intérieur de la façade au dessus de 1$ porte d'entrée, est peint à fresque ; on y a représenté l'Assomption de la Vierge avec un cortège d'anges assess nombreux. Les figures ont été peintes par Joseph Procaccini ; l'architecture est l'ouvrage de son frère Charles , chartreux. Ce grand Ouvrage à fresque ne manque pas de mérite , quoique ces deux frères ne fussent pas les peintres les plus vaillans de leur famille.
g. Nous allqns parcourir les chapelle à droite^
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en suivant l'ordre numérique que nous avons adopté quelquefois dans la première partie , afin d'abréger la description , lorsqu'il s'agissait d'un grand nombre d'objets d'art. — Première chapelle : La Résurrection de J. G , et les Maries qui vont visiter son tombeau , peintures à fresque à' André Lanzani: ornemens d'architecture peints par Villa , qui avec un autre ornatiste , nommé ValLetta , travailla aussi dans les autres chapelles. I/autel , de même que tous les autres , est bâti dans le goût de la bonne architecture romaine : ils sont tous construits des marbres les plus fins avec deux colonnes isolées dans chacune des quatorze chapelles, et quatre dans celles des deux bras latéraux de la croix. Les colonnes sont ïa plus part d'une dimension assez considérable, «t elles sont de marbres très précieux. Dans cette chapelle elles sont de lurrtacheile ancienne , qu'on appelle quelquefois d'Egypte. Les devants des autels sont formés d'une espèce de mosaïque en feuillages et arabesques de pierres fines , telles que cornalines, agates, jaspes , lapisiazuli , etc. Ce sont les ouvrages de Charles Baptiste Sacclû et de ses descendans : cette famille s'é.ablit chez les Chartreux, et y séjourna près de trois siècles en s occupant sans cesse de ces travaux • i s sont cependant plus recommandables par le prix de
la matière et la finesse du travail mécanique , que par le gout du dessein. Le tableau lie l'autel représentant S. Véronique , est un ouvrage de Camille Procaccini.
10. Seconde chapelle: Peintures à fresque de Charles Carlone , génois , qui représentent S. Anselme et S. Hugues avec un groupe d'Anges ; bas-relief au devant de l'autel représentant aussï quelques traits de la vie de S. Hugues, titulaire de la chapelle , sculpté par J. B. de Magistris , surnommé le V <)lpino ; tableau de l'autel , divisé en six compartimens , suivant l'ancien usage , et peint avec beaucoup de vérité et d'artifice^ 'du coloris par Jean Jacques Fava> surnommé Macr'mo d' Alba. Troisième Peintures à fresque de Jean Ghisulfi , assez bon peintre de perspective , qui se fit ensuite peintre d'histoire,- on y voit quelques sujels tirés de la vie de S. Bénoît , titulaire de la chapelle , distribués en neuf compartimens. Tableau de l'auiel représentant la môrt de S. Bénoit, peint par Cornara» Devant d'autel en mosaïque, ouvrage de VaUre Sacchi; colonnes de marbre nommé misto di Francia, Quatrième dédiée au Crucifix - deux tableaux à fresque, dont l'un représente J. C. au devant de Pilate , l'autre sa route au Calvaire ; on en, croît Îe6 figures peintes par Frédéric BianchL
Tableau de l'autel , peint sur l?oïs , attribué à Ambroise Fossano , architecte de la façade, dont la manière s'approche beaucoup de celle de Mantegna. Sur le devant , bas-relief du Vol~ pino , représentant le lomheau du Sauveur avec quelques mystères de la Passion * ornemens à l'entour de Charles Baptiste Sacchi ; colonnes d'albâtre oriental. Cinquième.-. S. Syrus au milieu de quelques évêques et diacres , tableau ancien sur bois , attribué à Fossano ; la multiplication opérée par J. C, des pains et des poissons , présentés à lui par S Syrus , peinte par Busca ; devant d'autel en mosaïqne .• colonnes de nero antico. Sixième dédiée à S. Pierre et 8 PauL Le mort resuscité par S. Paul dans la Troade , et le martyre de S. Pierre, peintures à fresque de Montalto. Tableau de l'autel du Guerchin , représentant la Vierge avec l'enfant Jésus au milieu de S Pierre et de S. Paul ; ce tableau a beaucoup souffert; devant cTautel et ornemens de côté en mosaïque de Sacchi; colonnes de fiamma di Francia. Septième : peintures à fresque de Montalto ,• on y voit la Nativité , et les fiançailles de la Vierge , et la Présentation au Temple ; au devant de l'autel basrelief sculpté par Dénis B assola en 1675 ; tableau de l'Annonciation au dessus de l'autel >
ouvrage de Camille Procaccmi ; colonnes de marbre vert de Polcevera.
11. On entre de là dans une vaste sacristie , très bien ornée , qu'on appelle 3a nouvelle sacristie , et dont la voûte est peinte en partie par Pierre Casolani , et achevée par Pierre Sorri. On y voit un autel travaillé en marbres très précieux avec des mosaïques de Sacchi , et des sculptures de Rusnati. Le tableau de l'autel représentant l'Assomption de la Vierge, est l'ouvrage de deux maîtres ; la partie d'en bas est peinte par André Solari ; en haut le pinceau de Bernardin Campi remplaça celui de Solari dé-* cédé sans avoir pu achever ce tableau. On donne des éloges au coloris et à la finesse d'exécution du premier; on admire dans le travail de Campi un dessein plus correct, et un caractère de vérité dans l'expression. Au dessous de ce tableau on voit la Nativité de J. G. peinte sur un marbre noir , qu'on nomme pien e Lydienne , ou pierre de touche , par Jean Antoine Gualt'eri , qu'on donne pour un bon coloriste, et qui travailla quelque fois de conserve avec "Dominique Campagnola II reste encore dans cette sacristie six; bons tableaux de dix qu'on en y voyait: ce sont des ouvrages de Sorri, de Pasignani , de Paggi K 4g Jules César ProcaccinJ ç\ de. Mor^zon^ Qi\
sortant de la sacristie, on trouve un petit cloître qu'on nommé de la fontaine; elle existait réellement au milieu de la cour. La porte par laquelle on passe de ce cloître à l'église , a été sculptée par Antoine Amadeo , architecte et sculpteur de Pavie , qui y apposa son nom: DE MADEO; la partie intérieure du cloître est ornée de très beaux bas-reliefs en terre cuite , dont on ne connait pas l'auteur ; les peintures à fresque, à présent dégradées , sont des ouvrages de Daniel Crespi.
12. La chapelle située à l'extrémité du bras droit de la croix , est dédiée à S. Brunon. Sur le devant on voit deux beaux candélabres de bronze ; ce sont des ouvrages du cél. Annibal Fontana. Au dessus de l'autel on voit un tableau du Cerano , dont le sujet est la Vierge , qui accueillit les prières de S Brunon et de S. Charles ; On donne des éloges à la figure de S Brunon. Les peintures à fresque de la voûte représentent la famille des Visconti agenouillée devant la Vierge \ et qui lui présente le plan de la Charteuse; on attribue cet ouvrage à un Bramante de Milan \ c'est , peut-être, â Bramantino qu'il appartient. Le devant de l'autel est £<rmé d'un bas-relief sculpté par Thomas Orsolino , génois, représentant quelques traits de la vie de S, Brunon*
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le même artiste sculpU aussi les deux statues d'anges qu'on voit des deux côtés de l'autel ; des quatre colonnes deux sont de vert antique, deux de misto di Francia. Près de cet autel on trouve le mausolée de Jean Caléace fondateur de la Chartreuse. On en attribue le dessein à un Galéace Pellegrini , et on le croit imagmé en i/j.00 , quoiqu il n'ait pas été exécuté qu en i5t>2. Vasari parle de plusieurs sculpteurs qui travaillèrent à cet ouvrage; dans une ancienne chronique on nomme un Christophe , romain , qui sculpta les bas-reliefs et les détails des ornemens, et Bernardin de Novi , qui travailla les statues. On ne connait pas l'auteur de celle de la Vierge avec l'enfant Jésus, qui est placée au dessus. Le tombeau est tout en marbre de Carrare , et il est entièrement isolé. Derrière ce monument on voit deux slatues de Lodov'c le Maure et de Béatrice sa femme ; on donne des éloges à la seconde On trouve ensuite le lavoir des moines ; on croit de reconnaître dans un buste de marbre le portrait de l'architecte de l'église. Plus haut on voit un bas^-relief représentant une partie de l'histoire de la Passion, qu'on attribue à Albert de Carrare; une belle peinture sur verre y a été exécutée en 1477 par Christophe de Maltheis.
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i3. Des huit comparlimens de la coupole , et «les huit panaches, trois ont été peints à fresque par Alexandre Casolani , cinq par Pierre Sorri; ces peintures ont beaucoup souffert depuis qm'ou a enlevé les lames de plomb de la couverture du toit. Une grille magnifique par sa grandeur et par un beau travail en bronze , ferme l'église à l'ouverture de la croix ; elle a été dessinée par François VilLi de Milan , et exécutée par un autre artiste milanais , nommé Pierre Paul Ripa. Vis-à-vis de cette grille une cloison de marbres très fins , ornée d'assez bon goût, sépare le chœur des moines , et le presbytère , du bras transversal de la croix On en attribue le plan de l'architecture à Martin Bassi , quoique dans la description de Malaspina on lise Bossi; 'es statues appartiennent au sculpteur génois Orsolmo. La porte de cette eleison est de bois lté avec du bronze ; ou y a encadré des bas-reliefs en petit , relatifs à la vie de S. Hrunon. Les sculptures en bois sont attribuées à Virgile de' Conti. Les stalles du chœur méritent aussi quelqu intention ; ils sont chargés de figures de cette espèce de mosaïque en bois , que les Italiens nomment tarsia ; ce fut un Barthelemi de Pola qui exécuta cet ouvrage en i486 Toutes les peintures à fresque du chœur sont des ouvrages de Daniel Crespi; elles sont assez bien conservées.
Ï>B MIL AIT. 2l5
î4* La balustrade qui sépare le chœur du Sanctuaire, est aussi un ouvrage de Baptiste Sac» chi > dessiné pourtant par le Volpino-, au dessus on voit quatre grands candélabres en bronze , jettes en fonte par François Brambilla , et deux aiguilles , ou deux pyramides modelées par An* nibal Fontana. Dans le sanctuaire au devant du maître autel on voit deux chaires construites de beaux marbres , chacune avec deux statues aux eôlés ; à droite la statue de l'Espérance est un ouvrage de Joseph Rusnati , celle de la Charité l'est de Dénis Bussola ; à gauche on voit la statue de la Religion , qui est encore de Rusnati; celle de la Foi est de Charles Simonetti. Dans les niches du presbytère on voit les statues de S. Pierre et de S. Paul ; derrière l'autel on trouve celles d'Aaron, de Moïse, d' Elie, d Abraham et de Melchisedech ; tous ces ouvrages sont de Thomas Orsolino*
i5. Les murailles aux deux côtés du maître autel sont couvertes de bas-reliefs , divisés en plusieurs compartimens; à droite on voit l' Assomption de la Vierge , le Sacrement de l'Eucharistie, la Noce de Cana et la Prédication dans le temple : on attribue ces ouvrages à Vairano ; à gauche on voit l'Ascension, la Cène d'après U grande peinture de Léonard, et les Juifs, qui
ramassent la manne ,- on donne pour auteur u ces bas-reliefs ua Ê tienne da Sesto. Le maître autel annonce le goût de la bonne architecture ; le plan est assez, bion harmonisé ; le tabernacle construit sur le modèle d'un petit temple rond, lui donne une forme pyramidale, agréable à la vue. L autel est très richement orné en marbres, en bronze, en pierres fines; il Test aussi de quelques belles pièces de sculpture Les mosaïques en pierres fines sont l'ouvrage de Sacchi; le tabernacle a été travaillé en >5i» par François Briosco et Sylvestre de Carate; ses quatre portes en bronze doré sont des beaux ouvrages de François Brambilla -, les petites statues en bronze , qu'on voit au dessus , ont été modelées par Ange Marini. Les deux Anges, qu'on voit sur l'autel, et les deux bas-rfOiffs placés aux deux côtés de la médaille sur le devant , représentants le sacrifice d'Abel. et celui d^ INoe , appartiennent à Orso* lino ; le sujet de la médaille est ta descente de la croix ; l'auteur n'en est pas connu ; mais on serait tenté de l'attribuer à André Solari, â cause de quelques traits robustes dans le style de Michel Ange, que ce sculpteur avait adopté. Les Anges , qui soutiennent le dégré de l'autel , ont été sculptés par le Volpino
ï6. Une porte à gauche à côté de 1 autel in*
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ifoduit dans l'ancienne sacristie ; c'etst le nom dont on la distingue de la nouvelle , que nous avons décrite ci dessus n.° II. Elle est aussi ornée de belles sculptures; on y admire surtout des petits anges qui chantent; ce sont des ouvrages très beaux d'Jmadée, Le buste de Jean Ga* léace , qu'on voit en haut , a été sculpté pac Albert de Carrare. On voit sur l'autel de celte sacristie un bas-relief travaillé dans le goût des anciens dyptiques en dent de cheval marin , ou de narwhal , dans lequel , à l'aide d'un très grand nombre de petites figures , on a représenté toutes les histoires du Nouveau Testament; cet ouvrage a été travaillé par un Bernard degli Ubbrîacchi de Florence Dans le devant d'autel on a ,encadré un autre bas -relief en marbre , travaillé par Rusnat' : il représente l'Annonciation de la Vierge , la Visitation et la Nativité de J G.
17. La chapelle qui ferme le bras de la croix à gauche , renferme un autel . qu'on appelle des reliques - au devant on voit deux candélabres en bronze , qui par la beauté et l'élégance du travail surpassent de beaucoup ceux qu'on voit à droite , quoique ce soient des ouvrages du même artiste , du célèbre Pontana La toile , qui couvre la grille de bronze, où sont renfermées les reli-
ques, peinte par Daniel Crespi , représente J d. au milieu des élus. Les peintures à fresque de la voûte représentent la Trinité avec deux personnes sur le devant , qu'on croit deux individus de la famille P'isconti; ce sont des ouvrages attribués à Bhrthelemi Suardi, surnommé Bramantino. Le devant d'autel en mosaïque de pierres fines coûta à Valère Sacchi dix ans de travail. L'autel est aussi orné de quelques statues ; celle de la Vierge et les deux Anges, sont des ouvrages àOrsolino; on attribue à Charles Baptiste Sacchi les deux statues latérales de deux évêques chartreux. Dans ce cas là ce Sac* chi aurait été à la fois mosaïciste et sculpteur. Des quatre colonnes deux sont de nero antico , deux de misto cli Francia.
;8. Nous allons a présent parcourir les chapelles à gauche , en traçant la liste des objets d'art , qu'on y rencontre. Première ■ dort le titre est le Rosaire. Peintures à fresque de Store r; tableau d'autel de Morazzone , représentant la Vierge avec l'énfant Jésus, S Dominique et Sainte Calhérine de Sienne; petit tableau au dessous , contenant quelques mystères de la Vierge, par Joseph Peroni de Parme. L'Adoration des Rois, bas relief' sur le devait par Volpino ; colonnes de marbre vert de Polcevera. Seconde,
dédiée à S. Ambroise. Quelques traits de sa vie , peints à fresque par Charles Cane. Tableau ancien sur bois au milieu de l'autel représentant le titulaire au milieu de quelques Saints, ouvrage attribué à Fvssano. Ce même Saint dans l'attitude de cbasser les Ariens, bas-relief sur le devant, par Rusrrati. Colonnes de beau marbre antique. Troisième y dédiée à deux Saintes Calhérines. D'un côté c'est Sainte Catherine de Sienne , peinte à frésque par X B. Carlanii de l'autre côté c'est îe martyre de Sainte Calhérine. Carloni peignit les figures j on ne connaît pas 1 auteur du paysage. Tableau de l'autel : les deux Saintes réunies , peintes par le chev. del Cairo, Devant de 1 autel : mosaïque par Sacclii ; des deux côtés bas-reliefs de Rusnati , dont les sujets sont analogues aux peintures. Colonnes de marbre noir antique. Quatrième, Les fresques représentent S. Joseph titulaire de la chapelle, qui reçoit de l'Ange l avis de se sauver en Egypte, et les trois Bois, qui s'entretiennent avec Hérodes ; ce sont des ouvrages à'Hercule Procaccini le jeune. Le tableau de l'autel peint par Pierre Martyr Neri de Crémone, porte la date de 16/j.i ; on compare ce peintre au Malosso. Le massacre des Innocents a été très arlistement sculpté dans le devant de l'autel par Bussola. Colonnes d albâLs
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oriental. Cinquième , dédiée à S. Jean Baptiste, Tableau de 1 autel et fresques de Carloni , meilleur peintre à fresque qu à 1 huile. Devant d'autel et ornemens de côté en mosaïque, par Sa<chi; deux Anges qui soutiennent la sainte table , sculptés par Volp'mo ; colonnes de misto di Francia. Sixième : c'est la chapelle de S. Michel. Peintures à fresque d'un inconnu , dont le sujet est l'histoire d'Abraham. Tableau de l'autel en six compartimens les trois au dessous sont de Pietro Perugino; les trois supérieurs ont été enlevés, et remplacés par un tableau représentant le Père Eternel d'un ancien maître inconnu , qui s'approche tant soit peu de la manière du Perugino. Bas-reliefs sur le devant sculptés par Orsolino ; colonnes de Porto Venere. Septième et dernière , dédiée à Sainte Marie Magdelaine. Peintures à fresque allusives à sa vie, par Frédéric Bianchi. La même Sainte aux pieds du Sauveur , par Peroni de l'arme, dans le tableau de 1 autel ; mosaïques sur le devant par André et Charles Sacchi , frères; colonnes de lumachelle.
19 On voit aussi des tableaux suspendus dans les nefs de l'église, et même à des statues gigantesques, adossées avec leurs bases aux piliers. JMns les plus petites ce sont des fondateurs
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d'ordres monastiques , peints par Busca , Bianchi i Montalto , Abhiati , Ghisolfi et Hercule Pro~ caccini; dans la grande ce sont des patri&rches de l'ancien testament par Panza , Lanzani , Joseph Procaccini , et ce même Abhiati x dans le bras de travers ce sont des Saints chartreux par Blanchi et Panza. On voit aussi dans les difFé^ rentes nefs quelques statues : on attribue celles de la grande à Siro Siculo ; dans celles des plus petites on voit des ouvrages de Dénis Bussola , de François Bozzo , de Joseph Busnatit de Charles Simonetta et de Syrus ZanellL
20. A côté de l'église s'élève un édifice somptueux; c'était autrefois le logement du prieur de la Chartreuse , de quelques moines chargés de l'administration sous le nom de procurateurs, et des étrangers les plus distingués, qui venaient visiter la Chartreuse. De là on entre dans le grand cloître; c'est un carré de 320 pieds d'étendue de chaque côté , tout entouré d' un portique , soutenu par des colonnes de marbre , et orné de médailles et de bas-reliefs en terre cuite. Sur trois de ces côtés sont disposées 24 petits logemens ou Casini , dont chacun est à deux étages et accompagné d'un petit jardin. Depuis la suppression des chartreux, ordonnée par l'empereur Joseph II , on n'a assigné aucu.no destination à ce yaste emplacement.
Btfvracws
21. De la Chartreuse on n'a plus à faire que le chemin de quatre milles à peu près pour se rendre à Pavie. Les itinéraires d'Italie et quelques autres ouvrages indiqueront aux étrangers ce qu'il y a de plus remarquable dans cette ville , comme le palais de i'umversité , les cabineis de physique, d'histoire naturelle et d'analonne , qui sont dignes à tout égard de l'observation attentive des connaisseurs; la bibliothèque très nche , le jardin des plantes, le laboratoire de Chymie; les beaux édifices, qui portent les noms de Collegio Ghislierl et de Colteg'ro Borromeo , où J on entretient gratuitement des élèves jusqu'à ce qu'il aient achevé le cours de leurs éludes, et remporté les grades académiques; la caîhédrale , qui n'est pas encore achevée , et dont le marquis Malasp na a don»é une illustration très élendue ; quelques églises très anciennes la belle collection d'estampes de ce même Malaspina , et sa suite de pierres précieuses , où il y a des morceaux très rares ; quelques beaux tableaux , quelques inscriptions anciennes, etc. Cette vi le mériterait une description particulière, ou un Guide, qui rappellât à l'étranger les objets, qu'on pourrait y voir avec quelque sorte d'intérêt Nous nous contenterons, à présent, pour ce qui concerne les ]?eaux cabinets de l'Université , de recommaade^
ia lecture du charmant petit poème dé Mascheroni y qui a pour titre : Vinvito a Lesbia.
22 Le pont couvert sur Je Tesin , qu'on trouve au bout de la ville , est aussi digne de remarque. La grande route passe de là à une autre branche de la rivière, nommée le Gravtllone , qui marque à présent la ligne de confin entre la Lombardie et le Piémont. En sortant du côté de l'est par la porte qu'on nomme de Crémone , on va à Belgiojoso.i dont le titre est passé à la famille Illustre qui y possè le un domaine étendu et une superbe maison de campagne. Ayant rendu compte dans cet ouvrage des campagnes les plus remarquables qu'on voit dans le rayon que nous avons parcouru , nous ne saurions pas achever ce chapitre sans faire mention du palais magnifique , des jardins délicieux , des belles allées que Ion voit en cet endroit, et qui enrichis même depuis peu de nouveaux embellissemens , constituent ce qu'on appelle en Italie una villa principesca Au de là on trouve le Po , qui forme de ce côté le confin de l'Ê!?t,
élévation de quelques montagnes et de quelques lacs de la Lombardie au dessus du niveau de la mer d'après les calculs de M. le comte Oriani , astronome I, et R.
î. On a exposé les mesures des hauteurs relatives des montagnes etc. en pieds de Paris et en mètres , ce qui vaut beaucoup mieux , que de les réduire à la mesure du braccio milanese , comme on a fait en quelque autre ouvrage odéporique, ce qui ne pourrait que produire quelque confusion dans les rapports , et serait inutile à la plus part des étrangers. Il est bon cependant de remarquer, que le braccio milanese est au pied de Paris à peu près comme 22 à 12, et que le mètre correspond à braccia mïlanesi 1 , once 8 , punti 3 , en ne tenant pas compte des fractions les plus petites. On a marqué l'élévation au dessus du niveau de la mer de quelques montagnes situées hors du rayon que nous avons parcouru , et même hors de la Lombardie , comme <lu Mont Rosa et de quelques autres qui tiennent à la grande chaîne des Alpes ; ce n'a été ^u'afin de rendre plus complette J'esquisse di*
panorama des montagnes, que l'on apperçoit de Milan , de fournir un point de comparaison et de rapprochement avec les monlagnes les plus hautes , qui nous entourent , et d'indiquer plus clairement les rapports qui subsistent entre ces hauteurs différentes.
2. Nous allons donc présenter la table de ces hauteurs mesurées avec la plus grande exactitude. Surface du lac Majeur près d'^f/z-
gera , au dessus du niveau de ?leds- ^tres,
la mer ... 646. 210.
de Corne près de
Menagio .... ... 654» 21 5.
de Lugau à Por-
lezza 874. 284.
Varese . 1226. 398.
Madonna del Monte , mesure prise
du clocher ....... 2695. 875.
Sassô del ferro près de Laveno . 3528. 108*. Pizzo, ou pointe d Orsera . . . 3on. 978 J?ino au dessus de Campagnano . 0690. 1199.
Monte Beuscer 3o53. i25i.
Champ des fleurs 3832. 1246.
Montaveggia. Maison Fumagalli . 1678. 366.
S. Ginesio 2662. 865.
S. Primo en Valassine .... 6249. 1705. Monte Gordona dans la vallée à'In- *
tefvi 4402- 443o
Pieds. Mttret.
Monte Blsbino 4*44 t^4S.
Monte Generoso , ou Calvagi.me . 6020. 1728. Pizzo di Gino dans la v .liée Car
vargna 6995. 2272,
S. Luce dans la même vallée . . 479°- ih&6\ Sommet de la corne occidentale de
Canzo au dessus du lac de Corne i385.
Ceramede au dessus de Tremezzo. 5ni. 1660.
Poncione di Mezedra ou Mezagrù . 6224. 1697 • Calbega , ou délia Gada près de
Porlezza 5264. 1706.
JResegone de Lecco, au dessus du lac. 6824. 1892. Gigna septentrionale, au dessus
du lac . 7453. 2422.
- méridionale 6760. 2106,
Zegnoncino , ou petit Lignon » . 5525.^ 17.30.
Legnone 8i32. 264 t.
Monte Rosa ........ i4'38o. 4736.»
S impion . . . 6174. 2 00 5.
3. Ces mesures s'accordent en partie avec celles données par t es observateurs plus récens ; cependant nous ajouterons les mesures de queU ques hauteurs, données par le doct EW, qui présentent des diîTérencpS considérables en cornparaison de celles que nous avons exposées. Les
diftêrences les plus remarquables ne tombent que Sur les trois montagnes suivantes : pieds. Monte GenéjtosOi ou Cafvagione . . . 5 ^67. Rcsegons ai Lecco ........ 5,^0,3.
Legnone .... 8731.
Il est bon d observer que Pino et Humboldt avaient porté par leurs (Observations la hauteur du Lignon a 864 e pieds ce qui s'approche de plus de la mesure de M. Ebel
4« Nous compléterons c<4 article par le ré* sultat de quelques observations astronomiques faites sur quelques points de la ville même de Milan. Ces apperçus s°ront prut-être accueillis avec quelque sorte d'intérêt par ceux qui s'empressent de bien connaître les circonstances lo^ cales du pays que nous avons décrit.
Le pavé de la grande ég ise, ou del Duomo , la place des Tribunaux , autrefois des Marchands, et le jardin des plantes de Brera , sont élevés au dessus du niveau pieds
de, la mer .......... 3(^4
Le seuil de la porte Neuve ..... 3< 7.
* de la porle Comasina .... 3ç5.
«■ de la porle Vercelline .... 387.
de la porte Romaine . . . . 371.
h de la porle Vigentine .... 370.
Fin de la seconde Partie»