‹ Guide des etrangers a Milan et dans les environs de cette villeChapitre 46 sur 67 · De Incino il n'y a qu'un petit trajet à Pm · texte numérisé non relu

De Incino il n'y a qu'un petit trajet à Pm

DR Mît AS. 1$1

stano* On voil de suite ce beau lac que Plne a désigné s »us le nom de Eupilis II n'a qu'uu mille de longueur à peu près , et il n'a pas autant dans sa plus grande largeur \ à son extrémité orientale ce n'est même qu'un grand marais, mais les collines qui l'entourent , sont riantes ; il y a même à Tentour des villages bien peuplés. Au milieu du lac on voit une isle couverte de cyprès et d'oliviers. Dans le village même de Pusiano on avait commencé la construction d'un palais magnifique , qui n'a pas été achevé. Au dessus de la colline on a bâti une église sous le titre de S. Fermo ; on jouit de cette hauteur d'une vue tout à fait délicieuse. Pour honorer ce lac à jamais, il suffit d'annoncer que sur ses bords naquirent Parmi et Appiani.

g. En avançant par Suello , on passe à Civate ; on voit au dessous l'émissaire d'un autre petit lac, qu'on appelle du Sagrino On découvre ici dans toute son étendue le lac à'Oggiono , qui porte aussi le nom de lac &Annone% parccque l'un et l'autre de ces villages se tnuve sur ses bords. Ce lac est très poissonneux aussi bien que celui de Pusiano ; on y trouve beaucoup de tanches et de carpes De C/vate on peut passer k^Valjnadrera-) village très peuple et très riche,

ïtj2 «AVIRONS où l'on a établi des grandes filatures de soie- On voit ici un flanc du Monte Baro , sur lequel est situé Galbiate , où l'on voit aussi des belles maisons de campagne Sur le sommet de la montagne on apperçoit les ruines d'un Vieux château, et au dessous un ancien couvent de Franciscains, dont on jouit d'une vue très étendue sur les collines des alentours et sur la plaine.

10. On revient de là dans l' arrondissement qu'on appelle précisément la Brianza, et on peut aussi revenir par la route qui de Lecco porte à Monza et à Milan. On ne doit pas pourtant quitter ces collines sans observer les grandes carrières de grès qu'on exploite près de Sirone et de Molteno , et surtout à Vïgano , dont on a fait dériver le nom de Vicus novus. On exécute dans cette pierre connue par le vulgaire sous le nom de molera , une grande quantité d'ouvrages pour la bâtisse; on en fait même des statues, des membres et des ornemens d'architecture. La Porte Neuve* qu'on a construit depuis peu à Milan , est toute en grès des carrières de jffganb* La coupe de ces pierres s'exécute aisément, si on exploite les carrières, qui sont dans la partie la plus haute de la montagne ; les carrières d'en bas donnent une pierre plus dure et «jui résiste bien mieux que les autres aux injures éé l'air.

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il. En se détournant à droite du grand chemin <ie Lecco à Monza on trouve Ello , maison de campagne très remarquable de la famille Calderari, qui a reçu des embetiissernens à différentes époques; et plus bas Mondonico , où I on voit aussi quelques campagnes délicieuses. Près de là est Santa Maria Hoet qu'on regarde comme le centre de la Brianza, et tout autour on voit des beaux villages , des maisons de campagne , des hauteurs d'où l'on jouit d une vue très agréable et très variée sur les collines des alentours. La vallée Greghentina est fermée au n ord par la colline , ou la montagne de S Genèse , au sud par la colline de Montaveggia, dont on découvre une scène très étendue et très intéressante. L'église du village est bâtie sur le sommet de la colline ; on y jouit de la vue la plus magnifique , et on y voit aussi quelques bons tableaux ; on en voit un très beau à Enée Salmeggia dans la chapelle de la maison de campagne de la famille Agnesi , très avantageusement située. C'est de cette famille, qu'est issue la célèbre Maria Gaetana Agnesi , dont nous avons déjà parlé avec éloge , part. I , pag. 72. Le rocher , au dessus duquel est bâti le village de Montaveggia% est composé en partie de pierre calcaire, et en partie de gros sable % sur la surface duquel on voit épars des cailloux

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quart fceux; au pied de la colline on trouve de très bonne argille.

12. La roule de Lecco à Monza continue par Airuno et Calco. À l'est de Calco an vo\l Sartirana , et là près un petit lac , ou un petit marais. Il y a aussi un vallon marécageux près de Calco , qu'on nomme le Ca^endone. Amoretti annonce l'existence de la tourbe da>>s l'un et dans l'autre de ces endroits. De Calco en prenant à droite , •n peut passer à Mtssaglia , village assez considérable , et de là a Montictllo , qu on regarde comme un des points les plus élevés du Monte di Brianza , dont la vue s'étend sur presque toute îa plaine de la Lombardie ; on y voit des belles maisons de campagne ; celle de MM. Nava a été bâtie d'après un beau plan du chev. Canonica Près de MonticeUo on a aussi bâti depuis peu une église d'après un dessein de 1V$, Amati , architecte. Il paroit qu'on a voulu sutvre le plan d'une des plus belles églises de Vénise. — Après ( aico on trouve sur la grande route Carsan:ga , et tout près Merate, où l'on voit une superbe maison de cumpagne de la famille Bel~ giojoso. De là on peut passer à Kob'ate , et se rendre au nouveau carial de navigation, dont on a parlé ci-dessus n. XXIV. On côtoyé dans ce trajet h Monte Roôîq3 qui, aussi bien que Roùiate el

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Robiana , rappelle par son nom le souvenir des Qrobii , qui habitèrent jadis ces collines. La roche entamée et fendue quelque part pour ouvrir le passage , et arranger le chemin , a laissé à dé* couvert des grandes masses de granit entre des couches de grès ; on y voit aussi des boules ou des masses sphéroïdes, ou ovales, que Amoretti 3L]ugê à propos de mettre en comparaison par leur forme avec ces boules volcaniques qu'on trouve dans le Vicentin. Il convient pourtant, qu'on ne trouve rien de volcanique dans ces parages, et que ces boules ne sont apparemment que des masses roulées de grès, lié avec du spath , et quelquefois même avec du trapp , qui exposé à l'air, se décompose, d'où il résulte qu'on ne v it plus que les couches concentriques du sable quarzeux , qui a perdu le ciment qui liait ces mêmes couches. — De Carsaniga par Çernusco Lom-* bardone , Osnago, Usmate , Arcori et la Santa , on passe à Monza. On peut aussi se diriger sur Milan par Ronco , Ruginello , VimercaU , Concorezzo , Moncucco , Cologno et Cresrenzago, Wous avons déjà parlé dans l'article précédent à' Arcori , de Vimercate et de Moncucco ; les autres villages qu'on vient de nommer , ne présentent aucun objet remarquable , à la réserve de quelque église moderne bâtie dans le goût de la>

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b > me architecture, et de quelque jolie maison de campagne.

Route de Milan à Lodi.

î. Nous avons parcouru jusqu'ici les différentes routes qui partent de la Porte Vercelline , de l'arc du Sirnplon , de la Porte Tenaille , de celle de Como , de la Porle Neuve et de la Porte Orientale. G'estja partie la plus intéressant» d'un rayon de trente milles , qu'on peut imaginer tout autour de Milan ; c'est en même tems la plus délicieuse. On ne pourrait pas s'attendre à trouver ces collines riantes , ces points de vue surprenants , ces paysages toujours variés , ces beautés naturelles , ni par conséquent ces palais magnifiques, ces belles maisons de campagne si fréquentes , ces véritables séjours de délices, hors de la Porte Romaine, et de celle de Pavie , et non plus hors des portes intermédiaires à celles , que nous venons de nommer. Ce n'est hors de ces portes, qu'une vaste plaine monotone qui s'étend de quelque côté jusqu'à la mer , c'est une partie , ou une continuation de la vallée du Po , qu'on va join-* dre > ou dont on va suivre le tours en sortant

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de ces portes; c'est un sol très fertile , entreçouné à chaque instant de nombreux canaux, d'irrigation , qui vivifient des prairies et des rizières ; mais cette abondance d'eau. , qui contribue à la prospérité de la végétation , nuit par son évaporation à la salubrité de l'air , qui est toujours numide , et dans quelques saisons elle produit même des maladies dangereuses, aux quelles n'échappent avec peine que les habitans de ces endroits , qui se sont accoutumés à ce genre de température. On n'y voit tout au plus que quelques anciens châteaux , la plus part abandonnés , quelques églises et quelques peintures anciennes , qui cependant ne sont pas des objets à détourner le voyageur de sa route, nj à inviter le connaisseur , ou l'amateur des beaux arts à s'y rendre exprès à travers des marais artificiels. Le cultivateur de la science agraire pourra tout au plus s'arrêter à quelque grange ou chez quelqu un des plus gros fermiers , afin d'y voir ce genre de culhvation , que M. de Chateauneuf n'a pas assez fait connaître dans ses Lettres sur l agriculture de l'Italie, et i| verra aussi avec un« sorte d'intérêt la fabrication qu'on fait tous les jours de ces fromages excellens, qui portent dans le commerce trè^ mal à propos le nom de Parmesan?*

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2. Nous avons déjà parlé, n. I. de celte seconde partie , de l'hospice de Nosè et de l'abbaye de Chiarapafle , monuments d'antiquité , qu'on trouve en sortant de la Porte Romaine. La grande route , qui a été depuis peu reparée et embellie, se dirige sur Margnano , premier relai des postes. Çest un gros bourg , très peuplé et très riche ; c'était jadis un lief du fameux Jean Jacques de Medicis , qui l'avait obtenu des ducs de Milan eu échange des villages assez nombreux , qu'il possédait près du ]ac de Corne > où il s'était vaillamment soutenu par la force des armes. On voit encore à Marignane* des restes de l'ancien château des Me* dics. La grande église est un édifice assez considérable

3. A Marignane* on passe le Lambro sur un pont assez beau, et on se dirige sur Lodi Si après le chemin de deux milles , on se détourne quelque peu à droite , ou trouve un beau canal d'irrigation, qu on a formé en desséchant des petits marais, et qu'on a fait passer en deçà du Lambro, afin de fertiliser les campagnes situées sur sa droite. On a construit à cet effet un po it magnifique en pierre de taille , qui sert de canal, sur le Lambro méridional; et on çn a construit un second en maçonnerie sur le

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Lambro septentrional. Rien de pins beau que ces ouvrages par la grandiosilé du plan , par la précision et le luxe de lexécution. On y voit la plus grande solidité réunie avec le goût et la magnificence. Le premier est un ouvrage digne de la grandeur des Romains ; cependant c'est l'ouvrage d'une petite société de propriétaires , ce qu'on apprend par une inscription placeé à l'un des côtés Le pont aussi bien que le canal, porte le nom de Lorini.

4 La grande rou e continue jusqu'à Lodi, Nous n'entrerons pas en aucun détail sur cette ville , dont on trouve la description dans tous les itinéraires; mais nous ne laisserons pas d avertir le voyageur instruit , qu'à une petite distance de Lodi on trouve un endroit , qu'on appelle Lodi Vecchio ; c'était , peut-être , l'emplacement de l'ancienne ville ; on j découvre sans cesse des vieilles ma* zures , des ruines , des monumens avec des inscriptions romaines, des armes, d s instrumens en cuivre, des fragmens précieux, des monnaies et des médailles , et sur tout d*s médailles consulaires, quelques pierres gravées , etc. Ces monumens ont été la plus part dispersés, ou achetés par des amateurs , on voit quelques inscriptions anciennes , qu'on a encadré dans les murs d'un portique intérieur dans l'hôpital de la ville?

300 ENVIRONS on en voit aussi quelques unes dans la maison de M. Joseph Rossi à Milan , dont on a fait mention bien souvent dans cet ouvrage ; on trouve quelques morceaux d'antiquités, quelques médailles , et un beau fragment d une table en bronze portant le texte d une loi , ou d'un édit , chez M# Cavezzali de Lodi, chymiste et pharmacien très habile. — Quelques milles au de là de Lodi on voit une des plus belles maisons de campagne de la Lombardie: c'est celle de Orio , autrefois de MM. Dati délia Sowaglia , à présent de MM. Solari de Monasîerolo , héritiers de cette famille. Le palais assis sur un tertre élevé au mi* lieu d'une plaine très bien cultivée, est magnifique; il est abrité par sa situation des exhalaisons infectes des près et des rizières, et il jouit d'une vue assez étendue. Il est bâti avec du goût exquis et du luxe $ l'entrée est bien çlécorée , la cour est vaste , et arrangée en belle symmétrie ; les appartemens sont très bien disposas, toutes les pièces attenantes assurent la comodité du service sans nuire à l'élégance du bâtiment. Les jardins qui sont à plusieurs élages , sont aussi très bien arrangés Tout l'ensemble de cette maison de délices annonce plutôt l'ouvrage #t le séjour d'un prince , que la maison de t?ampague d'un propriétaire. Elle a été en effet

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honorée quelquefois par des princes , qui y séjournèrent, ou qui y passèrent à des parties de chasse , auxquelles les alentours se prêtent à merveille par l'abondance du gibier.

Route de Milan à la Chartreuse de Pavie. Nouveau canal de navigation. — Binasco. — Description de ta Chartreuse. — Pavie.

1. En sortant de Milan , par la porte Ticinese , on trouve la grande route de Pavie , qui continue presque toujours le long du nouveau canal , qui du Naviglio grande, porte les eaux du Tesin dans la même rivière au dessous de Pavie , et ouvre par là la navigation libre jusqu'au Po et à la mer. Ce canal, qui a été projette , et même commencé sous les ducs de Milan , et sous les rois d'Espagne , n'a été réellement entrepris avec succès que sous le gouvernement du royaume d'Italie ; les travaux ont été poussés à cette époque jusque près de Pavie , et bientôt on va voir ce grand ouvrage achevé par l immission des eaux dans le Tesin. On peut remarquer sur ce canal les différentes écluses qu'on y a construit; elles sont formées d'après

2 0« ÉNVinOJTS les mêmes principes que celles qu'on voit sur les autres canaux , mais on en a de beaucoup amélioré la construction , et on les a toutes bâties en pierre de taille, ce qui réunit un air de magnificence à la solidité. Près de chaque écluse on a construit un beau pont sur le canal; on trouve un autre pont magnifique , et d une forme très singul ère avant que d'arriver à Bi* nasco. Ces beaux ouvrages ont été la plus part diriges par l'ingénieur en chef et architecte Parea

2 A dix milles de distance de Milan on voit le bourg de Binasco , premier relai de poste , on 1 on voit encore un vieux château dans le quel on enferma Béatrix Lascaris , femme de Philippe Marie Visco»ti% qur , forcée par la violence des tournions, avoua le crime qu on lui imputait d'avoir trahi la foi conjugale, quelle retracta ensuite lors de son exécution sur la grande place de Milan. On parcourt après Binasco 1 éspace de cinq milles , et on trouve à gauche une longue allée plantée d arbres , au bout de laquelle est située la grande Chartreuse de Pavie.

3, On débite bien de contes sur la fondation de cette Chartreuse ; on l'attribue quelquefois à un vœu fait par la femme de Jean GaUac*

Visconti, que son mari voulut accomplir ; d'autres h>is on prétend d'en trouver l'origine dans son orgueil , et dans l'envie qu il avait d'ériger un monument de sa grandeur. Si on fait cependant attention à la cruauté de ce prince , qui fit mourir en prison son oncle Bamako , et ses deux fils , et en usurpa violemmeut les domaines, et si on observe que les nombreuses fondations monastiques de cet âge n'étaient suggérées que par l'espoir que les princes , et en général les grands seigneurs de cette époque nourissaient de pouvoir expier par là leur crimes abominables; on verra que ce fut, peut-être, par ce motif, que Jean Ga* léace se détermina à construire cet édifice admirable Ori commença le bâtiment en 1396 lè 8 de septembre, et en 1399 on y introduisit les chartreux. Ou leur assignai des rentes très considérables , qui s'augmentèrent ensuite par des nou elles donations dont on les combla, et par l'industrie qu'ils développèrent dans le défrichement et la cultivation des terreins qu'on leur avait assigné,

4. Sur la grande porte d'entrée on voit au dehors et au dessus de deux piliers, deux anges, dont l'un soutient les armoiries ducales , l'autre l'enseigne de l'ordre des chartreux Dans les coins de l'arc on voit des peintures à fresque , qui représentent

»2o4 SEVIRONS d'un côté Vange Gabriel, de l'autre l'Annonciation ; dans cinq lunettes au dessus de l are on voit le Père Eternel , et quatre Prophètes , dans l'intérieur du vestibule les figures de S Sébastien et de S. Christophe , peintes à la manière des statues. S'il était vrai , comme on l'a dit quelquefois, que ces peintures fussent de Bernardin Luini , il faudrait supposer que ces fussent des ouvrages de sa première jeunesse, dans laquelle il laissait voir dans ses traits quelque sécheresse , qu'il abandonna ensuite pour se rapprocher de la manière de Raphaël

5. Au de là de cette porte on découvre la façade de l'église magnifique , dont l'architecte n'est pas bien connu. On en a attribué le plan tantôt à Henri Gamodin ou Zamodia, allemand , auquel on attribue aussi le plan de la cathédrale de Milan, qu'on avait commencé onze années auparavant ; tantôt à Marc de Campione. Le marquis Malaspîna , qui a publié une description très exacte de la Chartreuse , observe à ce propos que le plan de la cathédrale de Milan tient au goût de l'architecture gothique-allemande , bien plus que celui de la Chartreuse : de sorte que l'on serait tenté d'attribuer l'église de Milan à l'architecte Allemand , et la Chartreuse à l'Italien. Quoique le plan de la dernière tienne en partie

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