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soins qui sont pris pour garantir les marins, non-seulement fies dangers de lamer, mais encore de ceux qui résultent des naufrages ; on en trouvera de nombreux exemples aux articles qui traitent de leurs phares. Cependant comme ces dernières précautions n’entrent point dans le cadre de mon livre, bien quelles y aient le plus' grand rapport, j’en donne ici un exemple, tiré de Blunt’s American Coast Pilot, persuadé qu’on ine pardonnera facilement l’emploi de quelques pages utiles, qui placent sous ce point de vue les Américains à la tête de toutes les nations du monde.
La côte orientale du comté de Barnstaple, depuis le cap Cod ou Race Point, jusqu’au cap Malebarre ou Sandy Point de Chatham, étant entièrement déserte, les membres de la Société humaine y ont fait construire différentes huttes et autres maisons , où les marins naufragés sont assurés de trouver du secours.
Non loin d eRace Point, commence une côte sablonneuse qui se termine à Stout’ s Creek, et qui doit sa solidité et son existence à une plante marine connue sous le nom de beach-grass. C’est à mi-chemin de cette côte, que les naufragés ne doivent point quitter sans courir les risques de se noyer dans des fondrières ou se perdre dans les bois du voisinage, que la société a fait construire une maison, à
Î irès de a i/a milles de Race Point : uneremarque sert à la aire distinguer. Les naufragés y trouvent du secours ; et pendant les ouragans du N. E., s’ils la laissaient au vent dans leur route, et qu’il leur fût impossible de marcher contre le vent, en continuant leur chemin ils arriveraient bientôt à Race Point, où il existe une douzaine de huttes de pêcheurs, avec feux, etc.
Une seconde baraque est construite sur la pointe de Stout’ s Creek. Cette crique ne mérite certainement plus ce nom, puisqu’on n’y voit qu’une légère dépression dans le sable entièrement couvert de leach-grass. Non loin de là se termine la chaîne de Province-Town; et dans le cas où on ne trouverait pas la maison, en faisant le tour de cette crique à l’O, ayant les montagnes à droite et en suivant la côte de East- Harbour-in- T mro, port dont la crique cidessus n’est qu’une petite branche, en moins d’une heure les naufragés arrivent à Province-Town.
Digil
vu
Pour empêcher, autant que possible, les aceidens qui peuvent arriver à cette construction, on l’a élevée sur ut» endroit entièrement couvert de beachrgrass ; ce qui en raffermit les fondations. Plusieurs habitans du voisinage se sont chargés d’y porter leur attention.
Après avoir dépassé le fanal des Clay -Ponds , à feu fixe* les vallées deDyer,- de Harding , de Painet, de B rush, de New- Comb, de JVelffleet , de Pearce, de Cohoon , de Snmv, de Plumb , où l'on trouve partoutdes maisons habitées et du secours, on arrive à la côte de Nansct, où la société a fait construire une troisième hutte. Cette côte comprend dit 4i° 5i' au 4t° 4i' de latitude, et elle est séparée en deux parties, par une espèce de havre (de Nausct), formé par la iner; c’est à i 1/2 mille N. et sur une éminence, qu’on a élevé cette maison. A 10 . S. O. 1 1/2 mille de distance, on trouve l’église d’Eastham, et à 1 1/2 mille de la même hutte, O. 1/2 N., on distingue le sommet des ailes d'un moulin. Plusieurs gentilshommes du voisinage se sont également engagés à. tenir cette hutte en bon état.
Au S. du port de Nauset,e tà mi-chemin de Chatham, la sodétéfait ériger une quatrième hutte, à l’E. de file Sampson de Plcasant-Bay.
De crainte que les naufragés ne manquent cette-hutte, en venant atterir sous le vent, une autre baraque a étéélevée sur cette côte, à t mille N. du port de Chatham, à l'E. de l’église et à l’opposé de la ville.
La société en a placé une sixième sur la plage du cap Malebarre ou Sândy-Point de Chatham, à 600 pieds de la mer, 1/2 mille S- É. du IVreck-Covc. Du commencement de cette plage à la hutte, on compte 6 milles, et de cette dernière jusqu’à son extrémité, seulement 4- U faut encore ajouter, qu’à 2 milles au-dessous de cette hutte, on trouve une maison de pêcheur , couverte en paille; on la renouvelle tous les ans, et ell» se conserve très bien pendant les ouragans de l'hiver.
Les six baraques dont on vient de désigner l'emplacement, ont les mêmes dimensions; elles sont bâties sur piliers, ayant 8 pieds de long et autant de large, sur 7 de haut elles ont une porte à coulisse au S., une fenêtre égalementà coulisse à l’O., et une perche ayant 1 5 pieds au-dessus de
>ogle
la hutte, à l’E. A l'intérieur, on trouve du foin ou de la paille, des bancs et autres objets de première nécessité.
Un autre exemple de cette généreuse tendance à secourir, à sauver la vie aux naufragés, se trouve dans la société maritime de Newbury , qui lit construire plusieurs huttes sur l’ile Plumb , dans lesquelles on trouve des fournitures pour faire du feu, de la paille, etc. Le nombre des malheureux qui doivent la vie à ces nobles efforts, est considérable; c’est sans doute la plus douce récompense de ces sociétés bienfaisantes; mais on n’en doit qu’admirer davantage la persévérance avec laquelle elles sont parvenues à vaincre les obstacles que leur présentaient la nature des orages qui régnent dans ces climats, et l’aridité des sables sur lesquels elles devaient placer leurs secours.
Ces citations suffiront sans doute pour montrer combien le nouveau monde l’emporte sur l’ancien , et combien un peuple à peine sorti du berceau , nous devance du côté de l’humanité. En se reportant sur notre continent, la comparaison ne saurait nous être favorable , puisqu’il n’est que trop avéré, que les navires qui viennent s’y briser, n’ont souvent point d’espoir de salut; et, comme il est important de ne rien avancer au hasard en pareille circonstance, je citerai le Grec , qui, en i8a5, fut se briser à Alderney, et dont l’équipage, après avoir conjuré l’orage par des efforts inouïs , fut mis à nu par la civilisation européenne du 19 ' siècle*. ••
'Naufrage du brie grec le Cimoni , cap. Miaulls, mr l’pe Alderruy (Moniteur i, .1 .. . du i3 novembre i8»5).
•• Je quitte à l'instant les débris du bric naufragé le Cimoni, qui avait à « bord une riche cargaison ; mais je regrette d’avoir à vous dire que je n’ai
- jamais vu une telle scène de pillage. Les deux tiers au moins des objets pré- « cieux qui étaient à bord, ont été volés et einportés à la 'ville, ou cachés daus « le sable, jusqu’à ce qu’on pût venir les prendre avec 'sûreté. Un jeune « homme, mime de très bonne famille , a emporté une poche pleine de cuiller* •< d’argent, et d’autres, des sabres montés en argent. Des femmes ont volé des
- pièces entières de mousseline et de hatisle, de 65 verges chacune. D’autres « objets ont été emportés par des^nfans. Assurément, les gens placés là
- pour protéger la propriété des naufragés , h’auraient pas dù souffrir ces
- infamies. » " - . • , ■ >•• .
Pus lgin.. v « I,cs canons sont encore sur le [xml , mais si le navire se brise,
Cependant, voyons comment se conduisaient nos aïeux , en parcillecirconstanee, dans leurs phares. Dans la tour dite Men-Tor, dediée à Menés, dans l'île de Crète, on adorait cette divinité en faisant couler le sang humain , par exemple , celui de la jeunesse d’Athènes, qui y était annuellement sacrifiée : peu importe de savoir si c’était sous l'invocation hiéroglyphique de Minotaure ou toute autre. Il en fut de môme des Carthaginois, qui envoyaient leurs enfans à Tyre. Scylla*, sur la cote du Rliegiuin, était une autre de ces tours, également redoutée des marins, dont le temple était à Petra, et dont les chiens si célèbres n'étaient que des prêtres, Cahen. On croit qu’on y mangeait de la chair hnmaine. Ulysse vit six de ses compagnons saisis par Scylla , et autant dans la caverne des Cyelopcs, dont l’œil frontal n’était, en effet, que la machine circulaire contenant le feu placé au haut de leurs temples ou leurs phares , pour guider les marins. Les Arimarpes , ou Cydopes hyperboréens, entretenaient également un feu perpétuel au sommet de leurs temples nommés C/taris ou Charisia, et suivaient les mêmes coutumes. L’histoire avec raison re-
« ils seront perdus , car on ne fait rien pour les sauver, tant on est occupé à « piller. »
Les gens de l'équipage avaient des effets à bord, qu'ils ont tenté de sauver; mais ils n'y ont réussi qu'en partie: aussi pourraient-ils bien s’écrier , comme l'un d'eux l’a fait ce matin : Oh! plut à Dieu que /eusse /ait naufrage sur quelque rivage turc ; là je me serais attendu à la mon et me serais résigné; mais ici, parmi les chrétiens , / attendais charité et protection , et n'ai trouvé que le pillage et f insulte.
Comment exprimer l'horreur et l’indignation qu'on éprouve an récit de ces atrocités? Que les Anglais de i8a5 se mettent, aux yeux des Grecs, plus bas dans l'échelle de la civilisation, que lus Turcs, leurs plus cruels ennemis, cela ,se conçoit après leur traité de Parga; mais que, dans leurs reproches si justes , les malheureux Grecs s'adressent aux chrétiens en général , n’est-ce pas compromettre toutes les nations civilisées? Espérons que la main seCourahle que la France leur a tendue dans ces derniers tenu , leur permettra de juger si nous devons être confondus avec les chrétiens d’Alderoey , de Parga, etc.; espérons qu'ils sauront distipgncr eutre l'humanité qui a fait racheter leurs compagnons de l’esclavage d’Egypte , et celle qui a (ait river leurs chaînes et permis leur transportation sur le sol égyptien.
* Le sommet de la roche Scylla est encore surmonté d’un château , bâti probablement sur les ruines de la tour antique dout il est ici question.
proche à ceux d’entre eux qui habitaient les provinces siciliennes de Leontium et de Xuthia (qui avaient Poliplième pour chef), la çruauté de leur caractère ; ils étaient dans l'habitude de sacrifier tous les étrangers qui abordaient à leurs côtes. Euripide fait déclarer à Silène, que la chair de ces malheureux était considérée comme délicieuse; et quant aux prêtresses Cananéennes ou Cuthites, qui vivaient principalement sur les côtes de la Campanie, les plagesoù se trouvaient leurs temples, dit Virgile, étaient couvertes d’ossemens des marins qui y avaient abordé, séduits par les chants harmonieux de ces Syrènes. Leurs hymnes sacrés et leur musique antique, furent, en conséquence, ce
3 ue Circé recommanda à Ulysse d’éviter. Les prêtres qui esservaient les tours maritimes dédiées à Jupiter Lycœen ou Apollon , avaient également introduit les sacrifices humains, et donnaient la préférence aux enfans , etc. C’est à de semblables erreurs que la' raison humaine fut conduite par la religion naturelle, et c’est de semblables forfaits que la religion chrétienne nous a enfin délivrés.
Mais la cruauté des rites du paganisme et la perfidie de ceux qui gardaient les passages les plus difficiles , sont suffisamment connus, sans avoir besoin de recourir à- l’histoire des Lestrygons, des peuples du Leontium , qui portèrent leur cruel caractère dans toute la Grèce, le Pont, la Libye; ni à celle des Furies et des Harpies, qui étaient également des prêtresses du/eu, et qui poussèrent ces excès si loin , qu’on finit par les confondre avec lps démons.*
* Leur manière de sacrifier les étrangers, consistait à tes forcer à combattre un prêtre athlétique , dans une cour préparée à cet usage , devant le phare ou le temple, té dernier , habitué à oct exercice et familiarisé avec l’œuvre de la mort , avait bientôt abattu sa victime , puis on procédait aux autres parties du sacrifice. Il est inutile de rapporter ce qui se passait chez les Drnides ou les Ibèrer; mais il est digue de remarque , que le despotisme fanatique produisait, en 1 8a 7, encore des exemples- de cruautés semblables i ceux de l'antiquité , précisément dans le même pays. Des jeunes gens , reconnus innoccns, y sont exécutés sans le moindre remords , et les derniers instans de leur agonie salués par les discours du bonheur étemel, dont va les faire jouir leur martyre , et de la reconnaissance qu’ils doivent à leurs souverains , pour leur sanctification. Nous ignorons si les exécutions fanatiques avaient lieu autrefois avec ce raffinement de cruauté ; mais certes, il y a lieu de s’en étonner au 19* siècle: c’ett une insulte à la Chrétienté.
D’après ces faits avérés, si l’on réfléchit à la ténacité avec laquelle les préjugés religieux, les coutumes et les usages, s’implantent dans l’esprit des hommes, on se convaincra facilement, que nous avons beaucoup acquis depuis l’époque dont je parle. Les peuples de nos côtes peuvent bien, en i8a5, piller quelques navires naufragés, lorsqu’ils en trouvent l’occasion , mais il y a mille à parier contre un , qu’il ne s'écoulera peut-être pas dix siècles, sans qu’ils ne deviennent dignes d’être comparés aux Américains du Nord. 11 ne faut sans doute que s’occuper un peu sérieusement de cette grande question d'humanité en soignant leur instruction, pour voir finir un état de choses qui dépend entièrement des gouvcrnemens, qu’un plus long retard pourrait faire accuser d'incapacité. On n’ose presque pas l’avouer, mais il existe encore aujourd'hui, en Europe, des phares qui peuvent le disputer à ceux de l’antiquité, et qu’on n’éclaire occasionnellement que pour tromper les marins et concourir aux naufrages; malheur aux navires, qui, sortant de la mer Noire, voudraient donner de confiance dans le canal de Constantinople, en prenant imprudemment pour se guider, les deux feux qu’ils y rencontrent! les hahitans des côtes voisines, éteignant ceux qui pourraient réellement servir, pour en •allumer d’autres où il n’existe pas de passage, leur tendent le piège le plus perfide, et en quelques heures, les navires et leurs équipages sont pour ainsi dire anéantis, pour ne laisser aucun indice de leur crime. — Des exemples trop nombreux attestent cette vérité. Il est reconnu que cette perfidie y a été pratiquée de tous tems, mais il est également vrai de dire, que si ces rivages appartenaient à quelques-unes des nations civilisées de l’Europe plutôt qua la Turquie, ces abus seraient réprimés depuis long-tems.
D’après ce qui précède, nous voyons que les rivages de la Grèce ont eu de bonne heure, des établisscmeus du genre de ceux qui nous occupent, pour éclairer les navigateurs qui les fréquentaient; et le stratagème de Nauplius, roi de l’île d'Eubée, en est une autre preuve ; irrité de ce
3 ne les Grecs avaient fait périr son fils Palam'erle , il mit es feux sur le mont Capharè (aujourd’hui Figera ), pour
y attirer la flotte grecque pendant la tempête, qui s'y perdit presque tout entière.
Divers passages des anciens auteurs attestent que l’usage des feux servait à la navigation des côtes, avant la guerre de Troie.
Il serait inutile de parler des phares modernes d’Alexandrie et du Colosse die Rhodes; considérés comme faisant partie des merveilles du monde, ces monumens, qui n’existent plus, sont suffisamment connus pour n’avoir point à répéter ici ce qui en a été dit.
L’utilité delà description des phares, etc., paraîtra évidente, si on réfléchit aux funestes événemens que les méprises peuvent occasioner ; et il sera sans doute suffisant de citer les deux événemens qui viennent de se passer sous nos yeux , à l’appui de notre opinion , en renvoyant à l'Histoire des naufrages , ceux qui voudraientd’autres exemples de pareils malheurs. Le 2a novembre i8a8, le navire la Jeune Emma, de Cherbourg, venant de la Martinique, arriva dans la baie de Caermarten, par un brouillard très épais > prit les fieux de Lundey pour ceux d’Ouessant, et dirigea sa route en conséquence, ce qui le mena bientôt sur-ies bancs de cette côte; les conséquences en furent la perte totale du navire ( de Soo tonneaux ) et de la cargaison. De 19 personnes qui se trouvaient à bord, le capitaine, 6 passageis ( parmi lesquels se trouvaient le colonel Coquelin, et sa fille, jeune personne très intéressante, n'ayant que 12 ans, et nièce de l’impératrice Joséphine) et (imntdots furent noyés; les autres furent sauvés comine par miracle, etc.
( Galignaqy's Messenger, 5 décembre 1828.)
Il eût été impossible de confondre l’apparence des deux Jeux de Lundey, placés sur la même tour, et dont le supérieur est tournant , avec le seul feu fixe d’Ouessaut, si on en avait ea une bonne description à bord de Y Emma.
•Le second exemple d’une méprise semblable se trouve dans le naufrage du Jeune Henri , de Bordeaux; ce navire, du port de 3()4 tonneaux, capitaine Castaings, venant de la Martinique et ayant à Bord 10 passagers et 24 hommes d’équipage, s’est perdu sur la côte d’Oléron, dans la nuit
du 8 au g décembre i8a8. De 10 passagers, {Sarnii lesquels on comptait a officiers du 45 ' de ligne, le capitaine (îastaings et 5 de ses matelots ont trouvé la mort dans les flots. Les cadavres, jetés le matin sur la plage, ont été transportés à Saint-George pour être inhumés. Jamais , de mé 1 moire d’homme, un semblable spectacle n’avait affligé notre pays, dit un correspondant. Les officiers du bord prirent un feu allumé sur la côte par des pêcheurs , pour le phare de Vile d’Aix , et -cette funeste méprise, jointe à un tems épouvantable , a occasioné le terrible naufrage qui vient défaire 16 victimes.
( Oléron , le ii décembre 1828.)
Quelque tems auparavant, en 1810, deux frégates de guerre, anglaises, la Pallas et la Nymphe, se perdirent dans le golfe d’Edimbourg, pour avoir pris un (eu de four à chaux pour celui de t île Mai, alors alimenté par le charbon.
L’accident arrivé au Jeune Henri, de Bordeaux, vient de fixer l’attention de S. Ex. le ministre de la marine (M. le comte Hyde de Neuville) sur cet objet important, et des mesures efficaces sont sur le point d’être prises pàr suite de sa sollicitude pour tout ce qui tend à perfectionner la navigation en France; elles garantiront qu’à l’avenir de semblables méprises ne puissent avoir lieu. f)isons-le à la louange de ce ministre : c’est par de pareilles mesures qu’on est assuré d’établir une réputation honorable, bien
f il u tôt que par des services de cour ; celles-là implantent a reconnaissance dans le cœur de milliers d’individus en détresse, qui ne l’oublient jamais ; tandis que les autres sont souvent méprisés par le courtisan.
Par les antiquités qui ont échappé aux ravages des tems et les auteurs dont les écrits nous sont parvenus, il paraît que les peuples anciens s'étaient fortement adonnés à la navigation. Plus cette science offrait de difficultés, plus on multipliait les tours , les temples ou collèges sacrés sur les côtes; le Bosphore abondait particulièrement en cippes et en autels. 11 n’y avait presque pas de point apparent qui n’eût son autel; les côtes de la Grèce, de là Sicile, de l JÊgypte, de la Libye, de llbérie, etc., offraient le même
aspect. Ces coloupes étaient consacrées à Apollon , comme dieu tutélaire.
Ces élablisseiiiens sont aujourd’hui comparativement beaucoup moins nombreux , quoiqu’ils aient certainement acquis une bien pl#is grande importance, par suite de la découverte moderne du Nouveau-Monde et d’un commerce qui embrasse le globe entier. En effet , on ne trouve de phares qu'en Europe et dans l’Amérique du Nord; et sans comprendre la Nouvelle-Hollande, qui n’est qu’un immense désert, toutes les côtes d’Afrique extra-méditerranéennes en sont dépourvues, à l’exception du cap de Bonne-Espérance. Sur l’immense littoral de l’Asie, on n’en voit qu a Bombay , Madras et Calcutta. Toute l’Amérique du Sud, à peu d’exceptions près, et les côtes de l’ Amérique N. O. sont dans le même cas.
Dans l’antiquité, le monde entier consistait dans ce que nous nommons aujourd’hui mer Noire, celle de Marmara et la Méditerranée, et le littoral de ce inonde était entièrement garni de phares, de colonnes , de temples o.u d’autres remarques , tous élevés primitivement pour servir à la navigation ou à la religion, mais dont les marins tiraient les plus grands secours.
Je crois que tous les feux anciens étaient fixes.
La manière d’éclairer les phares est aussi variée aujourd’hui qu’il faut quelle le soit , pour permettre de les distinguer les uns des autres, lorsqu’on vient de la haute mer et qu’on a quelques doutes sur son point. Je ne crois pas qu’il soit utile d’en donner ici une explication ; différons ouvrages ont été publiés sur ce sujet; cependant quoique les détails de construction des phares n’entrent pour rien dans le plan que je me suis tracé dans ce livre, pour ne donner que ee qui pouvait intéresser le marin qui les découvre pendant la nuit y je dois taire remarquer, que l’idée des lumières tournantes est toute moderne , ainsi que l’application des teintes colorées ; il est probable que ce principe a été appliqué pour la première fois à la tour de Cordouan; nous voyons, en effet, dans les Mémoires de Thévenard , qui en a donné une description détaillée, que c’est à Lemoine , ancien maire de Calais, qu’on doit l’idée de cette heureuse ap-
plication , et que le chevalier Borda imagina de joindre des réverbères paraboliques, coïncidant leurs foyers de manière à quadrupler la force et la vivacité de l'éclat. C'est . ce phare ainsi établi, que les Anglais et les Espagnols ont
( lostérieurement pris pour modèle, dans la construction de eurs phares des Sorhngues et de Cadix.
Parmi les perfectionnemens modernes, il est utile de remarquer, que les premiers réverbères ou miroirs métalliques qui aient été appliqués aux fanaux, sont ceux qu’on a employés danslesports.de Liverpool et de New-Castle- Upon-Tyne ; il parait qu’on en doit l’invention au capitaine Hulchinson , Dock -Master de Liverpool ( Zach , Cor. astron., vol. v),et que le fanal de Salvore est le premier établissement de ce genre qui ait été alimenté par le gaz.
Les moyens de construction, etc., des phares, ayant formé l’objet de lumineuses dissertations , successivement publiées par les savans les plus distingués, tels que MM. le contre-amiral Deliossel, Fresnel,De Zach, Aldini, Nobili , Smeaton, Stevenson , Thevenard , etc., on peut y recourir, dans le cas où l’on aurait à s’instruire sur cet objet.
Je n’ai pas cru devoir donner la position en latitude et en longitude des phares, etc., par la raison que ce n’eût été qu’une répétition inutile; on les trouvera dans mes Tables des principales positions du globe, etc. , dont le travail actuel ne doit être considéré que comme la suite naturelle.
Je me suis adressé aux meilleures sources pour obtenir le plus grand nombre de descriptions exactes sür ces sortes d’etablissemens, et il est de mon devoir d’exprimer particulièrement toute ma reconnaissance à MM. les ambassadeurs et les consuls de Sa Majesté, pour les communications qu’ils ont daigné me faire, et sans lesquelles mon travail eût été très incomplet. C’est d’après ces recherches, que je crois en avoir relevé le plus grand nombre possible; cependant, je prierai les personnes qui pourraient me procurer quelques renseignemens de ce genre, d être assurées que ce sera toujours avec la plus vive reconnaissance que je recevrai ceux qu’elles pourraient m’adresser à l’avenir.