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en bois de charme, mesure 50 centimètres. Ce marteau-pioche , d'un poids assez considérable, paraît tout d'abord peu maniable ; mais le poignet s'y habitue aisément et les avantages qu'il présente compensent bien un peu de fatigue. En effet, il arrive assez fréquemment qu'on doive mettre à nu une partie d'un banc fossilifère, afin de pouvoir en enlever d'assez gros fragments ; à

cette fin, le marteau-pioche remplace le pic. D'autre part, dans les terrys, il est souvent nécessaire de fendre de gros blocs de schiste ou de grès ; or, ceux-ci cèdent facilement sous le choc du marteaupioche.

Pour les schistes houillers, le marteau à deux tranchants (fîg. 6), dont l'un est vertical et l'autre horizontal, rend de nombreux services. Il est bien moins pesant que le marteaupioche.

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Un marteau à tête courte (fig. 7),' pesant environ 300 grammes, est indispensable pour la mise en usage des ciseaux et des poinçons. Il faut, en outre, un très-petit marteau pour préparer les échantillons peu volumineux ou délicats.

Quant aux ciseaux et aux poinçons, on doit en posséder de formes et de dimensions variées. Ces instruments se vendent chez les marchands d'outils à l'usage des statuaires. On doit les choisir de force moyenne, plutôt délicats que trop forts ; ils doivent être en acier bien trempé.

MartfaJ'dit Commc Ics petits marteaux et surtout les

Massette. . , , . , t i r» «i ±

Ciseaux et les poinçons s égarent facilement lorsqu'on travaille dans les éboulis des carrières et des terrys, il est prudent de les remettre, à mesure qu'on s'en est servi, dans une poche en cuir appendue à une large ceinture, également en cuir, se bouclant sur le ventre. Cette ceinture est munie de boucles destinées à suspendre les marteaux.

Tels sont les différents objets qui doivent composer l'attirail du paléontologiste. Que celui-ci n'oublie pas que le métier est assez rude et généralement assez malpropre : il doit donc, pour ses courses, s'habiller en conséquence. De gros souliers à forte semelle sont nécessaires pour le travail dans les terrys et les carrières. Pour nos recherches dans

les charbonnages, nous emportons toujours dans les havresac un large pantalon en toile bleue, destiné à être passé sur le pantalon ordinaire. Protégé par ce vêtement , on ne craint pas de s'asseoir sur les débris des terrjs pour dégrossir les échantillons en les tenant entre les genoux.

Si Ton doit faire d'abondantes récoltes, le havresac ne suffit plus au transport des échantillons. Il faut, dans ce cas, emporter des paniers ou des caisses ou s'en faire précéder. Pour le transport des lourds échantillons, ce qu'il y a de plus commode à notre avis, ce sont des paniers carrés ou oblongs faits d'osiers très-solides. Ces paniers sont pourvus sur les côtés, de fortes poignées en fer; le couvercle se ferme à l'aide d'une tige en fer, passant dans des boucles et munie d'un cadenas. Pour la facilité du transport à vide, on peut avoir des paniers s'emboîtant l'un dans l'autre. L'usage de ces paniers est rendu facile, à cause des nombreuses voies ferrées qui sillonnent notre pays et qui touchent à tous nos charbonnages.

Dans les terrains anciens, dans le dévonien, par exemple, la récolte des végétaux fossiles présente parfois de grandes difficultés, parce que les bancs fossilifères ne sont pas toujours

exploités dans les ciirrières ou parce qu'ils ne montrent que leur tête dans les tranchées. Dans ce dernier cas, le paléontologiste doit se livrer au labeur du carrier ou se faire aider par des ouvriers munis de pics et de leviers. Mais comme les empreintes de ces terrains sont généralement rares et présentent beaucoup d'intérêt, le chercheur ne recule pas devant les obstacles.

Afin d'arriver à la découverte de gîtes nouveaux, il est utile d'examiner avec beaucoup de soin les blocs et les éclats rejetés des carrières et qui servent, d'ordinaire, à l'empierrement des routes. Si ceux-ci portent des empreintes végétales, on parvient, avec quelque patience et un peu d'habitude, à trouver les bancs ou les assises d'où ils ont été extraits.

Il est presque toujours inutile de s'adresser aux ouvriers des carrières pour obtenir des renseignements sur les gîtes végétaux, parce que ces ouvriers ne comprennent pas ce qu'on leur demande ou prennent pour des empreintes végétales des den- / drites, des taches d'infiltration, des impressions en relief ou en creux dues à des causes accidentelles. Les recherches dans les terrys des houillères sont souvent très-productives. Là, il n'est pas nécessaire de dégager les bancs fossilifères : les mineurs se chargent de la besogne jour et nuit et fournissent des matériaux en abondance. Mais, remarquons-le,

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rien n'est plus variable qu'un terry au point de vue des fossiles ; pendant des semaines, dos mois et même des années, un ievvy sera très-riche en empreintes; puis, il se passera un long laps de temps pendant lequel il sera d'une pauvreté désespérante. Cette pauvreté ou cette richesse dépend des veines exploitées ou du genre de travail qui s'exécute dans la mine.

Tous les jours de la semaine ne sont pas également favorables pour l'exploration des terrys. En effet, pendant les jours ouvriers, le déchargement ininterrompu des terres et des pierres force le chercheur à s'éloigner atout instant et lui fait craindre de s'aventurer trop avant dans les éboulis; d'autre part, à certains jours de la semaine, les terrys sont parcourus par des femmes et des enfants, auxquels on permet de recueillir les fragments de houille mêlés aux terres et aux pierres. On peut néanmoins se livrer à des recherches malgré ces inconvénients. Le dimanche, à cause de l'interruption des travaux d'extraction, est le jour de la semaine le plus propice aux récoltes.

Il ne sera pas inutile de faire ici quelques recommandations au sujet de la manière dont le botaniste doit se conduire à l'égard des ouvriers des mines. L'expérience que nous avons acquise nous permet de donner des conseils dont on se trouvera bien. La

population ouvrière des pays miniers ne brille point par son urbanité, tant s'en faut; on pourrait même dire qu'elle est rude et grossière. Il ne faut donc pas en attendre beaucoup d'égards et de prévenances. Le paléontologiste peut cependant faire bon ménage avec les bouilleurs. Il leur parlera dans leur patois ; à l'occasion, il leur expliquera le but de ses recberches ; il ira même jusqu'à trinquer avec eux dans les cantines. En employant cette méthode, nous avons toujours trouvé aide et assistance où nous pouvions craindre le mauvais vouloir et la grossièreté. Affecter, avec ces gens, des airs de savant, en évitant leur contact, serait très- mal vu et nous ne le conseillons pas. Une chose que nous recommandons tout spécialement, c'est de faire la connaissance des directeurs et des ingénieurs des charbonnages. Le personnel attaché aux mines de houille est composé d'hommes instruits, qui comprennent le but des études paléontologiques et qui se font même un véritable plaisir de faciliter les recherches des amateurs. Arrivé au pied d'un terry, le novice sera probablement surpris de ne pas apercevoir çà et là, sur les plaques de schiste ou de grès, quelques-unes de ces belles empreintes de Fougères qu'il aura pu admirer dans les musées. Ces empreintes, sachons-le, ne sont pas communes; il faut fendre ou briser un grand nombre de blocs, parfois chercher très-longtemps

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avant de découvrir une pièce de choix. Ce que l'on voit ordinairement à découvert, ce sont des écorces de Sigillaires, de Lépidodendrons, des moules de Calamités et des mélanges d'organes divers, fragmentés et sans liaison. C'est au marteau-pioche qu'il faut avoir recours pour découvrir les trésors cachés. Qu'on attaque résolument la roche ; qu'on martèle sans relâche; qu'on fende et refende les blocs. Si le terrj est riche, on ne tardera pas à découvrir de nombreuses pièces. On ne fait que dégrossir celles-ci sans perdre de temps, réservant le dernier travail de préparation pour le laboratoire. L'expérience rend bientôt l'œil habile à choisir les blocs à empreintes et à négliger les blocs stériles . C'est ainsi que la roche provenant du muo% c'est-à-dire du sol sur lequel repose la couche de charbon, est beaucoup moins riche et moins intéressante que celle qui provient du toit des veines. Souvent on néglige de fendre ou de briser les blocs de grès ou de psammiteC), parce qu'ils ne renferment, d'ordinaire, rien d'intéressant ; mais, grâce à leur nature minéral ogique, ils présentent parfois de très-beaux moules de fruits qui, dans les schistes, ne sont généralement qu'à l'état d'empreintes.

(1) Dans les charbonnages du Couchant de Mons et du Centre, le grès et le psammite houillers sont connus sous le nom de Querelle.

Ce sont les schistes et les grès formant le toit des couches oa veines ou, comme disent les mineurs, le roc qui offrent les plus beaux spécimens d'empreintes. Les blocs qui sont détachés du toit se reconnaissent extérieurement à leur structure minéralogique et ne peuvent être confondus avec ceux qui proviennent du mur.

Les schistes houillers se désagrègent promptement à l'air sous l'action du soleil et de la pluie, de sorte qu'après peu de temps d'exposition au grand air ils ^ej^ouoi'issent. pourrait-on dire. Il faut donc faire plus spécialement des recherches dans les terrjs sur lesquels on a récemment déversé des pierres et des terres. On peut cependant faire d'intéressantes trouvailles dans les vieux terrys qui ne sont pas trop pourris.

Les jours pluvieux sont extrêmement défavorables aux récoltes, parce que la pluie empêche de distinguer nettement les empreintes.

Au point de vue stratigraphique, il importe de savoir exactement de quel puits ou fosse et de quelle veine proviennent les empreintes ; c'est pourquoi, si on explore plusieurs terrys dans la même journée, l'on doit avoir soin de marquer au poinçon la provenance sur chaque échantillon. Il arrive i3arfois qu'un même terry est formé par plusieurs puits; alors il n'est plus guère possible d'assigner une provenance

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exacte aux pièces. Mais, en s'adressant aux porions ou aux ingénieurs, on peut cependant, dans bien des cas, connaître les veines d'où proviennent les empreintes.

Remarquons ici que le paléontologiste ne doit pas borner ses recherches aux terrys seuls ; il doit descendre dans les mines pour y étudier sur place la végétation carbonifère. C'est au toit des veines et dans les galeries d'exploitation qu'il étudiera certains faits botaniques; c'est là qu'il inventoriera exactement la flore des diverses assises du terrain houiller.

Le paléontologiste ne doit pas laisser exclusivement le soin des récoltes à de simples ouvriers ou à des personnes étrangères à la science ; il doit récolter beaucoup par lui-même et ne pas craindre la fatigue et les ennuis du métier. Les ouvriers des houillères peuvent certainement découvrir et recueillir des pièces intéressantes ou fort belles; mais une foule de choses curieuses leur échappent. Si le botaniste veut se familiariser avec une flore fossile quelconque , il doit , répétons-le , herboriser lui-même. C'est en maniant le marteau sur les terrys ou dans les mines qu'il découvrira des liaisons, des rapports qui le mettront sur la voie de restaurations inattendues; quil recueillera ces délicates Sphénoptéridées, ces petits fruits, ces

empreintes d'une grande finesse qui échappent à l'œil du collectionneur ignorant.

Il nous reste maintenant à dire un mot sur la manière d'emballer les échantillons. Afin d'empêcher ceux-ci de se détériorer par le frottement, on doit les envelopper séparément dans de vieux journaux. Ainsi mis en papillotes, on les entasse dans les paniers, en ayant soin de placer les plus lourds au fond ou sur les côtés et de les presser les uns contre les autres en les tenant dressés. On doit remplir, avec les petites pièces, les vides laissés par les grands échantillons. L'emballage exécuté d'après cette méthode permet le transport à longue distance sans qu'on ait à craindre des dommages sérieux.

§ 2. — Préparation des ècliantillons ,

La préparation des échantillons consiste, tout d'abord, dans le dégagement aussi complet que possible de l'empreinte ; puis, dans la taille des côtés et de la face inférieure des pièces.

Le dégagement ou la mise à nu des empreintes se fait parfois d'un seul coup, par la séparation complète de l'empreinte et de la contre-empreinte ; mais, le plus souvent, cette dernière ne se détache que sous les coups répétés du ciseau et du poinçon.

L'expérience peut seule enseigner le maniement

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du ciseau et du poinçon, parce que les résultats obtenus par ces instruments varient avec la nature des roches et même avec les charbonnages dont celles-ci proviennent. Pour les travaux délicats, nous conseillons l'emploi de ciseaux à lame assez mince et de poinçons à pointe fine. Comme les ciseaux et les poinçons s'émoussent assez promptement, il faut qu'une meule à aiguiser, mue par une pédale, soit à demeure dans le laboratoire pour affiler les outils.

Quand on enlève des éclats de la contre-empreinte, s'il s'agit d'une espèce rare, il faut bien se garder de les jeter : il faut, au contraire, les conserver précieusement pour les rassembler sur des morceaux de carton.

L'expérience apprend encore qu'on ne doit pas, dans certains cas, poursuivre, jusqu'aux dernières limites, le dégagement des empreintes , dans la crainte de détruire l'échantillon que l'on prépare; elle ens3igne également qu'il faut savoir se borner dans ses recherches et abandonner une empreinte placée à un niveau inférieur, pour ne pas compromettre une empreinte meilleure ou plus précieuse placée à un niveau supérieur : la curiosité pourrait faire abandonner la proie pour Tombre.

Presque toujours, les empreintes de Lépidodendrons, de Sigill aires, de Calamités et des Fougères

à larges segments sont sur un même plan et leur mise à nu est plus ou moins facile ; mais il existe des empreintes de Fougères délicates appartvenant principalement au groupe des Sphënoptëridëes, qui sont imprimées, dans la roche, sous différents plans : cela provient de ce que les frondes ont cédé à la pression inégale des eaux limoneuses et des vases plus ou moins liquides. Quant à ces dernières empreintes, il faut, par un travail délicat qui exige beaucoup de patience et de dextérité, les poursuivre jusqu'à leurs dernières limites.

On peut préparer les échantillons sur un établi ou sur une table, en les fixant d une manière quelconque; mais nous trouvons préférable, étant assis, de les travailler entre les genoux. Ceux-ci font l'office des mâchoires d'un étau ; ils laissent les mains libres et permettent d'employer les ciseaux et les poinçons avec beaucoup de facilité. Avec cette méthode, la besogne est plus malpropre, mais cela importe peu au paléontologiste qui, du reste, doit se revêtir d'un costume approprié aux circonstances : un pantalon de toile, un tablier d'atelier et des manchettes peuvent le protéger plus ou moins de la poudre des schistes ou des roches tendres. Si l'on veut faire de belles préparations, il ne faut pas craindre les nuages de poussière et redouter le cal qui épaissit bientôt l'intérieur de la main droite.

Ces inconvénients ne doivent pas faire abandonner les préparations aux mains d'un aide inhabile ou ignorant. Souvent, il arrive que, pendant la préparation des pièces, le paléontologiste découvre des choses inattendues et qui échapperaient à un simple préparateur peu expérimenté.

La face inférieure des spécimens, à moins qu'elle ne présente des empreintes intéressantes et qui méritent d'être conservées, doit être nivelée, afin que les échantillons puissent être bien assis sur les tablettes des armoires. L'épaisseur à laisser aux pièces dépend de la grandeur de celles-ci ou de la nature de la roche; dans tous les cas, il faut éviter d'exposer, dans les collections, des spécimens trop épais ou trop raboteux.

Quand les empreintes n'atteignent pas le bord extrême des échantillons, on doit, pour flatter la vue et donner à la collection un aspect agréable, chercher à rendre les pièces carrées, oblongues ou polygonales. Les bords peuvent être égalisés au marteau, au ciseau et, mieux encore, à la râpe. S'il s'agit de schistes ou de roches qui ne sont pas trop dures, la râpe (lime à grosses entailles) employée par les menuisiers et les charpentiers rend de grands services dans le travail de la préparation. Elle peut, dans de nombreux cas, remplacer avantageusement la scie.

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Les spécimens petits ou très-délicats, au lieu d*être conservés dans des boîtes, peuvent être fixés sur des plaques de carton au moyen de gomme ou de colle. S'ils appartiennent à la même espèce, ils seront réunis sur le même morceau de carton. L'emploi de cartons met les petits spécimens à l'abri des chocs ou des frottements.

Le travail de première préparation produisant beaucoup dépoussière, il faut éviter de le faire dans la chambre ou dans le local où sont conservées les collections classées; car celles-ci, malgré les précautions ordinaires, seraient bientôt couvertes de poussière. La poussière qui peut se trouver sur les empreintes, s'enlève tout d'abord au plumeau, puis à la brosse (brosse à habits).

Remarquons, à ce propos, que la brosse rend les empreintes plus brillantes en cirant la mince couche charbonneuse qui les recouvre ; il ne faut pas toutefois en abuser, car la pellicule charbonneuse jDOurrait s'altérer à un contact trop souvent répété ou trop rude.

Lorsque les empreintes sont restées longtemps exposées à la poussière, parfois celle-ci pénètre tellement entre les plus fines aspérités de la roche que le plumeau et la brosse ne suffisent plus pour l'enlever complètement. Dans ce cas, on laisse couler un mince filet d'eau sur toute la surface de

l'empreinte; puis, on éponge aussitôt en tamponnant avec un linge. On met ensuite sécher les pièces au feu ou au soleil, et, après dessiccation complète, quelques coups de brosse rendent aux empreintes leur fraîcheur primitive. Il est toutefois prudent de n'employer Feau qu'avec une extrême discrétion ; car elle altère assez promptement les impressions charbonneuses et, de plus, si la roche est feuilletée, elle s'introduit avec facilité entre les feuillets, qu'elle désagrège.

Pour donner aux empreintes un aspect plus agréable et aussi pour les protéger contre les variations de l'atmosphère ou contre l'humidité, on les recouvre parfois d'une couche de vernis. En général, ce procédé n'est pas à recommander, parce que le vernis encrasse les détails délicats des impressions et empêche, par son miroitement, de bien saisir les contours, la direction des nervures, etc. Ajoutons toutefois que le vernissage est rendu nécessaire pour certaines pièces, afin d'empêcher la pyrite dont elles sont saturées de se répandre en efflorescences.

Une chose que nous ne pouvons omettre ici, c'est d'indiquer .la manière de restaurer les pièces brisées ou fracturées. La colle forte est parfois employée pour réunir les fragments d'une pièce brisée ; mais nous n'en conseillons pas l'usage, pas plus que

celui de certaines autres colles qui se ramollissent sous l'action de l'humidité. Nous employons de préférence la gomme laque dissoute dans l'esprit de vin. Cette dissolution ne doit être ni trop liquide ni trop épaisse; il ne faut en étendre qu'une très-mince couche sur les surfaces à rejoindre, afin qu'une forte pression amène, entre celles-ci, une adhérence trèsintime. Le grand avantage que présente la gomme laque, c'est de n'être pas attaquée par l'humidité, de sécher rapidement et de rejoindre fortement les parties brisées des échantillons.

L'étiquettage des pièces se fait de différentes manières. C'est ainsi que l'on peut graver les noms, le lieu de provenance, etc., sur l'échantillon même, au moyen d'une pointe d'acier ; qu'on peut peindre ces mêmes indications à la couleur grasse ; mais on préfère généralement l'emploi d'étiquettes adhésives, que l'on applique à volonté sur l'une ou l'autre face des échantillons. Pour éviter le trop grand papillotage, il est bon de choisir des étiquettes de petit format. L'étiquette doit porter : 1° le nom de l'espèce, avec un ou plusieurs synonymes, en cas de besoin ; 2" l'indication de Tétage précis d'où provient le fossile ; 3** la localité topographique ; 4" la date de la récolte ; 5° le nom du collecteur. S'il s'agit de plantes houillères, l'indication de l'étage est remplacée par celle du charbonnage, du puits et de la

veine. Comme ces indications sont assez nombreuses, on peut les distribuer sur deux étiquettes : Tune portant les détails purement botaniques, la seconde, les autres renseignements. L'écriture doit être fine et serrée, à cause du petit format des étiquettes.

Nous n'avons pas cru devoir traiter de la préparation des pièces microscopiques : sections de bois, de feuilles, de fructifications, de fruits, etc., parce que cette préparation est très-difficile, qu'elle exige des appareils et des instruments tout spéciaux et qu'elle n'est, du reste, entreprise que par un trèspetit nombre de savants.

§ 3. — Collections.

Les collections de plantes fossiles sont beaucoup moins communes que les collections de plantes sèches ou herbiers. Cette différence tient à ce que les plantes vivantes sont répandues partout, tandis que les végétaux fossiles sont relativement rares et ne se trouvent pas disséminés en tout lieu ; elle tient ensuite à ce que la confection et l'installation d'un herbier sont plus faciles que la formation et l'aménagement d'une collection paléontologique.

Le poids et l'encombrement d'une collection paléontologique ne doivent pas trop effrayer le commençant ; car un petit nombre de meubles bien aménagés peuvent contenir une riche série

d'empreintes, pourvu que celles-ci représentent des échantillons choisis et bien préparés. Une collection de plantes fossiles formée avec soin et intelligence est au moins aussi aisément consultée et étudiée qu'un herbier et, de plus, elle produit plus d'effet que celui-ci. Nous sommes persuadé que dès qu'on aura reconnu la vérité de ce qui précède, on verra, en Belgique, d'assez nombreux amateurs s'éprendre de passion pour la paléontologie et former des collections.

Une collection particulière ne peut, en général, avoir le développement des collections de musées ou de jardins botaniques. Il y a donc une différence à établir entre ces deux sortes de collections.

Dans une collection particulière faite par un botaniste, celui-ci se contentera d'y faire figurer le nombre d'échantillons indispensables pour représenter suffisamment chaque espèce au point de vue morphologique; dans une collection publique, on devra non-seulement représenter chaque type spécifique par de riches séries de spécimens choisis au point de vue morphologique, mais encore par des séries d'échantillons recueillis au point de vue topographico-stratigraphique. C'est ainsi que l'amateur pourra se contenter de pièces provenant d'un petit nombre de bons gîtes ; tandis que, dans un musée public, on s'efforcera de rassembler des

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échantillons de tous les gîtes connus, afin de pouvoir offrir, au géologue, au stratigraphe, tous les éléments botaniques nécessaires pour l'étude approfondie des divers étages géologiques. D'après ce principe, les musées sont donc appelés à donner un très-grand développement à leurs collections paléontologiques.

Au surplus, ce qu'il importe de faire, dans les deux genres de collections, c'est de réunir des échantillons qui soient non-seulement beaux, mais encore instructifs et pouvant servir à la restauration des types fossiles. S'il s'agit de Fougères de grande taille, il faudra rassembler des fragments appartenant aux différentes parties de la fronde, ne pas négliger les impressions des rachis, de façon à pouvoir se faire une idée plus ou moins exacte des proportions des espèces et des modifications que leurs segments éprouvent, d'après la place qu'ils occupent. On fera en sorte de se procurer l'état fertile et l'état stérile de chaque espèce. Est-il question de Lépidodendrons, de Sigillaires ou de Calamités, on tâchera de réunir, pour chaque type, des impressions de tronc, de branches feuillées et de fructifications. En somme, le but véritable d'une collection n'est pas d'exciter une stérile curiosité, mais d'offrir les éléments nécessaires pour la reconstitution des flores antiques et pour suivre

révolution de celles-ci à travers les âges géologiques.

La restauration des formes éteintes est entourée de grandes et nombreuses difficultés, parce que les diverses parties d'un même végétal sont ordinairement dispersées sans ordre et sans liaison dans les roches fossilifères, et qu'elles sont souvent mélangées et confondues avec des fragments d'autres végétaux. Il est vrai que ces difficultés sont un aiguillon de plus qui stimule le travailleur et lui fait rechercher, avec ardeur, les adhérences, les rapports qui peuvent le mettre sur la voie des reconstitutions.

Les difficultés que nous signalons ont encore une autre cause. En effet, dans les ouvrages systématiques, on a décrit un très-grand nombre d'espèces fossiles , qui va sans cesse en augmentant, à mesure que les recherches se multiplient. Parmi les espèces décrites, il en est qui sont fausses, étant établies sur des parties ou fragments d'autres types. C'est ainsi que la plupart des Calamités sont des empreintes ou des moules de troncs ou de rhizomes d'Équisétinées, dont les rameaux feuilles et les épis fructifères ont été désignés sous les noms les plus divers.

Il est évident que la même espèce de Lépidodendron ou de Sigillaire a donné lieu à l'établissement de plusieurs espèces , selon qu'on a eu

affaire à des écorces de la base, de la partie moyenne ou du sommet des tiges, à des rameaux feuilles et à des épis fructifères. Certaines espèces (le gi'andes Fougères ont vu diverses parties de leur fronde donner lieu à la création de plusieurs espèces. Dans les Fougères délicates, le même type a été décrit sous plusieurs noms spécifiques, selon (jue le limbe des segments est resté entier, ou bien que, par suite de la macération, le parenchyme est en partie disparu ou est complètement détruit. Dans ce dernier cas, les segments sont réduits à leurs seules nervures. Parmi les végétaux supérieurs, dont les feuilles sont si variables suivant qu'elles sont inférieures ou supérieures, qu'elles sont produites par des pousses vigoureuses ou par des pousses délicates, la même espèce est souvent décrite sous plusieurs noms.

Cette confusion ou plutôt cette distinction outrée est inévitable dans l'état actuel de nos connaissances; il est réservé à l'avenir de voir les fausses espèces rattachées à leurs véritables types spécifiques.

Parlons maintenant de Taménagement d'une collection. Dans celle-ci, on ne doit pas chercher à produire de l'effet au détriment de l'étude, en mettant en évidence les belles pièces en dehors de leur place naturelle. On peut bien isoler quelques grands

échantillons dont les dimensions dépassent celles des meubles ou des casiers ordinaires, mais cela ne peut être qu'à titre d'exception. Il faut, comme dans un herbier, respecter la classification et ranger les spécimens systématiquement, d'après l'ordre rigoureusement botanique ou d'après le double ordre taxinomique et stratigraphique.

En classant une collection d'après les divisions géologiques et en rangeant les espèces de chaque étage selon leur ordre morphologique, on a le grand et précieux avantage de pouvoir suivre l'évolution des flores depuis les terrains les plus anciens jusqu'aux étages les plus récents.

Dans la plupart des musées, les empreintes végétales sont exposées sur les rayons d'armoires vitrées peu profondes et ordinairement élevées; les échantillons, souvent montés sur socles, sont dressés et placés sur un seul rang. Par cette disposition, les murs d'un musée sont garnis de pièces qui produisent un bel effet ; mais ce système d'installation présente plusieurs inconvénients très-graves pour l'étude. Tout d'abord, l'amateur qui n'est pas admis à étudier les pièces de près, ne peut bien examiner que les échantillons placés jusqu'à une certaine hauteur; ensuite, si les pièces sont montées sur socles en étant maintenues dressées ou inclinées par une armature de fil de fer ou de

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laiton, on ne peut les étudier aussi aisément que les pièces parfaitement libres et qui peuvent se placer à plat sur une table ; enfin, ces pièces montées sont isolées des nombreuses petites pièces des mêmes espèces que l'on conserve dans des tiroirs, de telle sorte que les spécimens appartenant au même type spécifique ne sauraient être comparés en même temps. Un autre inconvénient de ce système, c'est qu'il exige beaucoup de place; or, de nos jours, avec le développement considérable que prennent les collections, la place doit être économiquement ménagée, aussi bien chez un particulier que dans un musée public.

A notre avis, le meilleur mode d'arrangement est celui qui se fait dans des armoires pourvues de tiroirs larges et profonds à rebords peu élevés ou de plateaux glissant sur des barres latérales. Les tiroirs ou les plateaux reçoivent à plat les échantillons; ceux-ci sont réunis selon leur espèce; si plusieurs espèces occupent le même plateau, chacune de celles-ci peut être distinguée ou délimitée par l'un ou l'autre artifice de séparation. Le contenu de chaque tiroir ou de chaque plateau est indiqué au moyen d'une ou de plusieurs étiquettes fixées sur le bord inférieur.

Les avantages de ce dernier mode d'aménagement sont importants. En premier lieu, celui-ci ne. réclame

aucun montage pour les pièces et exige moins d'espace ; les séries stratigraphiques et taxinomiques sont continues, et, chose précieuse pour l'étude, les plateaux ou les tiroirs peuvent être rangés en ligne sur de longues tables de travail, de façon que la séi'ie des échantillons représentant une ou plusieurs espèces peut être examinée et comparée avec commodité.

Ce dernier système est celui qui a été adopté au Musée royal d'histo-'re naturelle de Bruxelles et Texpérience qui en a été faite, confirme de tous points ce que nous venons d'en dire.

Dans un musée, il est utile que les armoires ou meubles soient entièrement vitrés, afin de permettre au public d'examiner, à son aise, ce qu'ils renferment; mais, chez un particulier, le vitrage n'est pas indispensable.

Ajoutons, en terminant, que le local où est installée une collection de paléontologie végétale doit être parfaitement sec ; car l'humidité ou la fraîcheur peut, plus ou moins promptement, altérer ou endommager les empreintes.

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