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APERÇU DE L'IIISTOIKE DE LA BOTANIQUE EN BELGIQUE

Nous n'avons pas l'intention d'écrire une histoire détaillée de la botanique en Belgique; nous entendons seulement retracer, à grands traits, la marche que cette science a suivie, dans notre pays, depuis le commencement du xyi° siècle jusqu'à nos jours. Notre tâche sera facile, car il nous suffira de condenser les études que d'autres ont, avant nous, consacrées à l'histoire des botanistes belges (1).

(1) Discours sur Vétat ancien et moderne de l'agriculture tt de la botanique dans les Pays-Bas, prononcé par Cli. Van Hulthem, président de la Société royale d'agriculture et de bota-

Avant le xvi^ siècle, la botanique ne peut être considérée comme une véritable science. Elle n'était que l'humble auxiliaire de la médecine ; les plantes n'étaient pas étudiées pour elles-mêmes et les traités qui les concernaient n'étaient, pour la plupart, que des commentaires des ouvrages de Théophraste, de Dioscoride et de Pline.

On a cité, comme étant le premier botaniste belge connu, Jean de Saint-Amand. Ce savant, né vers 1200, à Husseignies, dans le Hainaut, fut d'abord chanoine à Tournai ; plus tard, il devint l'un des plus célèbres professeurs de la faculté de médecine

nique, et l'un des directeurs du Jardin botanique de la ville de Gand, lors de la distribution des prix, à la salle ordinaire des séances de la Société, à l'époque du salon d'exposition de fleurs, le dimanche 29 juin 1817. Une nouvelle édition de ce discours a été publiée à Gand en 1837. — Histoire de la botanique en Belgique, par le D-- J.-D. Hannon (dans le tome 3« de la Flore belge du même auteur). Les matériaux de cette histoire ont été puisés dans le discours de Van Hulthem. — Discours sur les services rendus 'par les Belges a la botanique, par B.-C. Du Mortier. (Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, t. ler, 1862.) — Les nombreuses notices biographiques sur les botanistes belges publiées par Ch. Morren, M. Éd. Morren, J. Kickx, etc. — Les publications de M. Éd. Morren sur les progrès de l'horticulture en Belgique. — Rapport séculaire sur les travaux de botanique et de physiologie végétale (1772-1872), par Éd. Morren.

de Paris. Son ouvrage intitulé : De mrihis 2Ûantarum ne fut imprimé qu'en 1609 (à Francfort). Ce livre ne vaut certainement pas à son auteur le nom de père de la botanique en Belgique qu'on a voulu lui décerner. Ce nom glorieux ne revient même pas à Remacle Fusch, mais bien à notre grand botaniste Rembert Dodoens.

§ Y\ — Seizième siècle.

Remacle Fusch (U naquit à Limbourg vers 1500 et mourut à Liège le 21 décembre 1587. Après avoir fait ses humanités à Liège, il se rendit en Allemagne, où il étudia la médecine pendant plusieurs années; il visita l'Italie et revint à Liège pratiquer et enseigner la médecine. Ses œuvres concernant les plantes sont les suivantes : Plantamm omnium qiiarnm hodie apîi^d ^^Tiarmacopolas usus est magis frequens oiomenclatiirae juxta Graecomm, Latinorum, Galloruon, Hisi^anoriim et Germanornm sententiam. Paris, 1541, in-8°, de 27 feuillets. — De jjlantis ante liac ignotis, nunc sticdiosorum aliqxiot Neotericorum summa diligen-

(1) M. Éd. Morren a publié une étude très-intéressante sur R. Fusch dans le Bulletin de V Académie royale de Belgique,

tia inventis, et in hicem clatis, libeUus, etc. Venise, 1542, in-12'\ de 60 pages. — De herharum noticia, natura atque mribus, cleque Us, tum ratione, tum ex2)erientia investigandis, dialogus, etc. Anvers, 3 544, in-16% de 48 feuillets.

Ces divers opuscules ne sont pas, à proprement parler, des ouvrages de botanique et leur auteur ne peut pas être considéré comme le précurseur des botanistes qui ont illustré le xvi^ siècle.

A la tête des botanistes de cette époque, vient se placer Tillustre Dodoens.

Rembert Dodoens (^) naquit à Malines le 29 juin 1517. Après avoir fait ses études à l'Université de Louvain, où il passa ses licences de médecine, il parcourut successivement la France, l'Italie, la Suisse et TAllemagne, puis revint, en 1546, se fixer dans sa ville natale. En 1552, il publia son : De frugum historia; en 1553, son : Trmm prionim de stirpium liistoria, etc. Un an après, il fit paraître son Co'uydeboech, qui, remanié et traduit en latin, fut publié, en 1583, sous le titre de Stirphim Mstoriae 2)emptades sex. Le Cru-ydeloecli, qui était sous presse dès l'année 1551, eut un tel succès qu'il fut

(1) La biographie de Dodoens a été traitée par plusieurs savants belges, parmi lesquels nous citerons Ch.Morren, MM. Du Mortier et Éd. Morren.

bientôt traduit en français par de TEscluse (1557), puis publié en anglais (1578). Une nouvelle édition flamande en fut donnée en 1563.

La gloire de Dodoens est d'avoir rompu avec le passé, d'avoir, dans son histoire des plantes, étudié la nature par lui-même.

Dans les ouvrages antérieurs, aucune classification n'existait, tandis que dans le Contydeboecli et, plus tard, dans les Pemptades, ou voit apparaître le règne végétal subdivisé en groupes, en classes et, pour ainsi dire, en genres. La classification de Dodoens, quoique généralement empirique, présente cependant çà et là des groupements naturels ; malgré tout, elle n'en est pas moins le point de départ, l'origine des classifications postérieures. On peut dire, en toute vérité, que Dodoens est l'inventeur de la classification des plantes.

Haller et, après lui, d'autres botanistes ont voulu attribuer à Konrad Gesner la gloire d'avoir, le premier, établi une classification des plantes ; or, la découverte de Dodoens précède de bien des années celle qu'on attribue à Gesner (').

(I) Voir, pour cette revendication nationale, le discours de 1862 de M. Du Mortier et, du même auteur, le Discours sur les progrès de la classification des plantes jusqu'à A.-L. de Jicssieu. {Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, t. II, 1863.)

En 1574, Dodoens quitta Malines pour se rendre à Vienne, où l'appelait l'empereur Maximilien II, qui l'avait nommé médecin de la famille impériale. Après un séjour de six ans dans cette ville, il fut rappelé en Belgique par des intérêts de famille. Il s'établit à Anvers, d'où il partit, en 1582, pour Leyde, où une chaire à l'Université lui était offerte. C'est dans cette dernière ville que le célèbre botaniste s'éteignit, le 10 mars 1585, à l'âge de 67 ans.

Jusqu'à ce jour, on a pris l'habitude de comprendre dans le panthéon belge, en les associant à Dodoens, les illustres botanistes de L'Escluse et De L'Obel, bien que ces deux savants soient Français d'origine.

Charles de L'Escluse ('), plus connu sous le nom de Clusius, naquit à Arras, capitale de la province d'Artois, le 19 février 1526. Après avoir étudié à Gand, à Louvain et à Montpellier, il alla compléter ses études en Allemagne, à Marbourg. Il visita, en herborisant, plusieurs contrées de l'Europe. Son premier ouvrage de botanique est la traduction française du Co'%yclehoeck de son ami Dodoens , qu'il publia à Anvers en 1557.

(1) La biographie de Ch. de L'Escluse a été amplement traitée par M. Éd. Morren dans le tome V de la Biographie nationale.

Clusius fit paraître successivement les ouvrages suivants : Rarienim aliquot stirpmm per Hispaniam ohservatarum historia (1576) ; Rariornm stirpium ^;gr Pannoniam, Austria7?i et vicinas quasdam provioicias obse'^vatarum Jiistoria (1583) ; RarioTum plantarum historia (1601). Ces trois ouvrages, de même que ceux de Dodoens et de De L'Obel, ont été imprimés à Anvers par le célèbre Plantin, le généreux Mécène des botanistes.

L'existence de Clusius fut relativement bien moins heureuse que celle de ses deux illustres contemporains, Dodoens et De L'Obel.

En 1561, Clusius se trouvait à Paris, s'occupant de l'éducation de deux jeunes Silésiens, avec lesquels, par suite des troubles qui marquèrent le commencement du règne de Charles IX, il fut bientôt obligé de se réfugier dans les Pays-Bas (1562). En 1564, il visita l'Espagne et le Portugal avec deux jeunes Allemands, dont il était le précepteur. De retour en Belgique, il séjourna à Anvers, à Bruges et à Louvain (1565-1571). En 1571, il visita de nouveau Paris et, de là, se rendit à Londres.

En 1573, il fut appelé à Vienne par ordre de Maximilien II, pour être attaché au Jardin impérial. A l'avènement de Rodolphe II , les persécutions contre les protestants réduisirent Clusius, qui avait

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adopté les principes de la Réforme, à la plus triste extrémité et lui firent quitter l'Autriche, en 1587, pour venir se réfugier à Francfort, où, pendant six ans, il vécut misérablement. Heureusement qu'en 1593, il fut appelé à TUniversité de Leyde pour y occuper la chaire de botanique qu'avait illustrée son ami Dodoens. C'est dans cette ville que Clusius mourut, le 4 avril 1609, à l'âge de 83 ans, entouré d'estime et de considération.

Dans ses ouvrages, qui ont enrichi la science d'un grand nombre de plantes nouvelles, Clusius ne se préoccupa nullement de la classification; il se contenta de décrire, avec beaucoup de fidélité, les espèces inédites qu'il avait pu se procurer.

Matthias De L'Obel(l) naquit à Lille en 1538. Il pratiqua la médecine à Anvers, à Delft et ensuite en Angleterre, où il mourut, en 1616, à Highgate, près de Londres, âgé de 78 ans. 11 fut médecin de Guillaume, prince d'Orange, et de Jacques II, roi d'Angleterre.

Comme ses deux amis Dodoens et Clusius, De L'Obel voyagea beaucoup et visita les principales collections de plantes cultivées de son temps.

(1) La bioji^raphie de M. De L'Obel a été écrite, en 1851, par Ch. Morren et traitée par M. Éd. Morren dans le tome V de la Biographie nationale.

Ses ouvrages botaniques sont les suivants : Stirpmm adversaria 7iova; Londres, 1570. — Plantarum, seio stirpmm historia; Anvers, 1576. — Plantaricm, seio stirpiwn icônes; Anvers, 1581. — Crui/cUôoecA ; Xnwers, 1581. Ce dernier ouvrage est, on grande partie, la traduction du Stùymm historia.

De L'Obel s'attacha beaucoup à perfectionner la classification des plantes et, en cela, il se montra supérieur à Dodoens. Le premier, il entrevit les principes de la classification naturelle. En effet, il divisa les végétaux en plantes herbacées, monocotylédones et dicotylédones, en arbres dicotylédones et monocotylédones, et en plantes cryptogames. De plus, il employa, dans certains cas, la nomenclature binaire que Linné, deux siècles plus tard, avait la gloire de généraliser.

Dodoens, de l'Escluse et De L'Obel forment une trinité brillante, dont le pays doit se montrer fier. Par eux, la botanique sort enfin de la période empirique et devient une science. Leurs travaux ont fait connaître un grand nombre d'espèces nouvelles; ils renferment le germe des classifications qui ont vu le jour depuis le xvi" siècle. Nous pourrions répéter ici ce que disait, il y a plus de cinquante ans, le doyen des botanistes belges : « S'il est permis de dire que certaines sciences ont eu une patrie, je ne craindrai pas d'avancer que les

Pays-Bas ont été le berceau de la botanique (1). » Le XVI® siècle compte encore, en Belgique, un botaniste que nous n'avons pas cité : c'est Anselme De Boodt(2). Celui-ci, à la fois jurisconsulte, médecin et naturaliste, naquit à Bruges en 1550. Il est probable qu'il fit ses études à Louvain, où il reçut les grades de licencié en droit et en médecine. C'est, tout d'abord, dans sa ville natale qu'il vint s'établir et où il acquit une grande renommée. L'empereur Rodolphe le nomma son médecin ; à la mort de l'empereur, il revint de Vienne et rentra à Bruges en 1614. C'est dans cette dernière ville qu'il est mort le 21 juin 1632, à l'âge de 82 ans. Son seul ouvrage de botanique, intitulé : Flonim, herharum ac fructuum selectiorum icônes et vires pleraeçue liactenns ignatae, ne fut publié qu'après sa mort, en 1640, par son ami Lambert Vossius. Dans cet ouvrage, qui appartient au fond à la pharmacopée, l'auteur a consigné tout ce que son expérience lui avait fait connaître relativement aux propriétés médicinales de certaines plantes peu employées en Belgique (3).

(1) Du Mortier, Commentationes botanicae, p. 3 (1822).

(2) Voir sa biographie par J. Kickx dans le tome XIX du Bulletin de V Académie (1852).

(3) Quelques biographes ont accusé De Boodt de n'avoir été qu'un plagiaire et d'avoir copié VHortus Jloridus de Passaeus

Bien que le botaniste flamand Joseph Goedenhuyse se soit illustré en Italie, où il était connu sous les noms de Casabona et Benincasa, nous pouvons le comprendre dans notre panthéon. Goedenhuyse naquit dans les Flandres vers 1500 et mourut à Florence en 1595. Il fut le fondateur du Jardin botanique de Pise. Il fit un voyage à l'île de Candie pour y recueillir des plantes et des graines. Ajoutons qu'il était en correspondance avec les savants botanistes de son temps et, entre autres, avec Clusius.

Nous ne pouvons quitter le xvi^ siècle sans citer les noms de quelques hommes qui, pour n'avoir rien publié, n'en ont pas moins rendu de grands services à la botanique en cultivant avec soin beaucoup des plantes qui ont servi aux travaux de Dodoens, de Clusius et de De L'Obel. Ce sont Gérard van Veltwyck , de Bruxelles ; Pierre Coudenberg , apothicaire à Anvers; Charles de Saint-Omer, seigneur de Dranouter, Moerkerk, Moerbeek, etc.; Jean de Brancion ; Jean Boisot et Jean Vreccome, de Bruxelles; Charles de Langhe, chanoine à Liège ; Jean de Grutere, d'Anvers, etc.

(Crispin de Pas). Kickx a démontré que cette accusation n'est pas fondée ; celle-ci est malheureusement reproduite dans la Biographie nationale, tome IV, p. 815, avec une erreur touchant une prétendue édition de l'ouvrage de De Boodt datée de 1609.

On doit aussi conserver le souvenir du diplomate Ogier de Busbecq, de Comines, et du médecin Guillaume Quackelbeen, de Courtrai, qui l'accompagna dans son ambassade à Constantinople. Busbecq et Quackelbeen étudièrent la végétation des environs de Constantinople et celle de l'Asie mineure; ils firent part de leurs découvertes à plusieurs botanistes et, entre autres, à Matthiole.

On voit, par ce qui précède, combien l'amour de la culture des fleurs était répandu dans notre pays et surtout dans les Flandres. Ce goût pour la floriculture s'est perpétué jusqu'à nos jours; en effet, il n'est guère de pays où l'horticulture soit plus en honneur qu'en Belgique.

§ 2. — Dix-se2)tième siècle.

Le xvii'' siècle est loin de nous offrir l'intérêt botanique du siècle précédent. Les événements politiques qui troublèrent nos provinces, contribuèrent pour une large part à la décadence de la culture et de l'étude des plantes. Pendant cette période de troubles et de discordes, un seul botaniste parvint à la renommée, c'est le célèbre mycologue Van Sterbeeck.

François Van Sterbeeck naquit à Anvers en 1631. Après avoir été ordonné prêtre, il devint chapelain de l'évêque d'Anvers. Il fut, plus tard, nommé chanoine de l'église collégiale d'Hoogstraeten.

Son Theatrum fungoTum, qui a paru en 1675, est le résultat d'études et de recherches profondes. Pendant longtemps, ce livre fit loi en matière de mycologie.

Les autres botanistes belges de ce siècle méritent à peine d'être cités.

Herman, apothicaire à Bruxelles, fit paraître, en 1652, sous le titre de : Recentio plantariim in horto Joannis Herman exciiltariim, le catalogue des plantes officinales cultivées dans son jardin. Guillaume Van Limborch, professeur à l'Université de Louvain, publia quelques petits traités sans grande valeur scientifique : Vademecum sive lexicum vegetahilmm usualimn (Cologne, 1679); Dodonaens cnm Schrodero amhilans, sive brève iitrinsque compendium (Louvain, 1693). Jean Storms, docteur en médecine, né à Malines le 29 août 1559, et mort à Cambrai, où il fut professeur, le 9 mars 1650, publia à Louvain, en 1608, un opuscule de 96 pages intitulé : De Rosa liierocJiuntina liber unus, in quo de ejîis natura, proprietatibus , motibus et causis pulcJire disseriUtr.

Nous ne pouvons passer sous silence l'illustre Adrien Van den Spieghel, bien que scientifiquement il appartienne à l'Italie. Ce savant naquit à Bruxelles en 1578. Après avoir fait ses études à Louvain, il se rendit à Padoue, où il devint professeur à

rUniversitë. C'est là qu'il publia, en 1606, son Isagoges in rem herbariam. Dans ce livre remarquable, où l'on trouve le catalogue des plantes du jardin de Leyde, Fauteur traite de Tanatomie et de la physiologie végétales, parties de la science qui n'avaient pas été cultivées avant lui.

§ 3. — Dix-huitième siècle.

Si le xvii® siècle nous permet à peine de citer un botaniste que nous puissions mettre en parallèle avec les nombreux savants qui illustrèrent la science pendant cette période chez les autres nations , le xviii^ siècle témoigne plus encore de notre infériorité par l'absence de botanistes marquants .

Durant presque tout le xviii^ siècle, les troubles politiques eurent, comme au siècle précédent, une fâcheuse influence, en Belgique, sur les progrès de la botanique.

Tandis que, depuis longtemps, les contrées voisines possédaient des jardins botaniques, la Belgique attendait encore la création de son premier jardin. C'est seulement vers 1744 que notre plus ancien jardin botanique fut fondé à Louvain, grâce aux efforts du docteur Rega, professeur à l'Université. Les jardins botaniques de Bruges, de Gand, d'Anvers et de Bruxelles ne datent que de 1797.

Durant une grande partie de ce siècle, la botanique paraît avoir été complètement négligée ; vers la fin de cette période on vit paraître quelques rares mémoires sur la science .

L'Université de Louvain, fondée en 1426, confia renseignement de la botanique à des praticiens de la faculté de médecine, qui professèrent cette science sans éclat. La chaire de botanique fut successivement occupée par Guillaume Limborch (1650-1705), J.-F. Favelet (1705-1710), U. Narez (1710-1717), A.-D.Sassenus(1717-1718),J -B.VanNamen(1718- 1745), J.-F. Michaux (1745-1783) et F.-J. Mârter (1783 à la date de la suppression de l'Université). Ces quatre derniers professeurs furent successivement directeurs du Jardin botanique de Louvain.

L'année 1772 est marquée par un événement qui, dans la suite , eut une grande influence sur les progrès de la botanique en Belgique : ce fut l'institution de l'Académie. Celle-ci couronna, de 1772 à 1788, plusieurs mémoires sur les plantes utiles et vénéneuses du pays : Plantes utiles indigènes, par J.-B. de Beunie(1772); Plantes vénéneuses indigènes, par Th. -P. Caels (1773); Végétaux indigènes %itiles, par F.-X. Burtin (1783); Végétaux indigènes oléagineux, par J.-B. Van den Sande (1788).

En dehors de l'Académie, ont paru les ouvrages de de Poederlé, de Robert de Limbourg, de De

Laimay, de Van der Stegen de Putte et de Roiicel, qui forment, en quelque sorte, toute la littérature botanique de ce siècle.

Eugène d'Olmen, baron de Poederlé, naquit à Bruxelles le 20 septembre 1742. Il prit goût à Tagriculture et à la sylviculture. Après avoir parcouru les Pays-Bas, la France et l'Angleterre, en visitant les botanistes renommés de ces pays, il publia, en 1772, son Manuel de Varboriste et forestier helgiques. Cet ouvrage, qui renferme d'utiles indications sur nos végétaux ligneux, eut une 2® édition en 1792. De Poederlé mourut à Saintes, dans le Hainaut, le 17 août 1813.

En 1757, l'Académie de Bordeaux couronna une dissertation sur Tinfluence de l'air sur les végétaux par Robert de Limbourg. Celui-ci, né à Theux le l^"" décembre 173) , est mort le 20 février 1792.

F.-J. Mârter, d'origine autrichienne, professeur à l'Université de Louvain, publia, en 1789, un petit manuel, destiné à l'enseignement, sous le titre de Fundamenta et termini hotanici.

L. De Launay publia, en 1791, l'ouvrage intitulé : Les genres sexuels des plantes étahlis par Linné et mis à la portée de tout le monde i^). De Launay, né

(1) Cet ouvrage, imprimé à Bruxelles, paraît être devenu extrêmement rare. 11 se trouve à la Bibliothèque royale et au Jardin botanique de l'État.

vers 1740, était avocat au conseil souverain du Brabant. II est l'auteur de divers ouvrages concernant la minéralogie.

Le comte Jean-François-Philippe Van der Stegen de Putte fit paraître, en 1792, son Guide du naturaliste, dans lequel les plantes sont analysées d'après une méthode dichotomique. Ce savant, né le 17 septembre 1754 à Bruxelles, où il mourut le 17 mai 1799, fut amman de cette ville et professeur d'histoire naturelle à l'École centrale. Il fut l'un des premiers à propager chez nous le système de Linné.

En 1791 , Rozin, originaire de la Suède et disciple de Linné, publia, à Liège, un catalogue de la flore liégeoise sous le titre de : Herbier 2^ortatif des plantes qui se trouvent dans les environs de Liège. Rozin fut professeur d'histoire naturelle à l'Ecole centrale de Liège, puis à celle de Bruxelles.

Enfin, Roucel mit au jour, en 1792, son Traité des 'plantes les moins fréquentes, qui croissent natiirellement dans les environs des villes de G and, d'Alost, de Ter monde et Bruxelles, Cet ouvrage, très-utile encore à consulter aujourd'hui, est, pour ainsi dire, le fondement de la flore belge.

Si nous jetons un regard en arrière, nous devons bien reconnaître, comme il a été dit précédemment, que le xviii^ siècle est inférieur au xyii° sous le rapport botanique. Heureusement qu'à ces deux

siècles de décadence succède un siècle qui nous rappelle, à plusieurs égards , le xvi^ siècle, si glorieux pour la science.

§ 4. — Dix-neumème siècle.

Les événements politiques nous permettent de distinguer trois périodes dans le xix^ siècle : la période française, la période néerlandaise et la période belge.

I. Période française. — Jusqu'en 1815, la Belgique fut réunie à la France. De 1794 à 1815, notre pays avait subi plus ou moins l'influence française. A cette période, appartient l'établissement des Écoles centrales de Bruxelles, d'Anvers, de Gand et de Bruges, auxquelles furent annexés des jardins botaniques dirigés par les professeurs d'histoire naturelle attachés à ces établissements.

Au début du siècle, en 1803, Roucel (U publia, à Paris, sa Flore du Nord de la France, dans laquelle les plantes de la partie occidentale de la Belgique sont décrites.

En 1811, parut, à Liège, la première partie de la

(1) François-Antoine Roucel naquit en 1735 à Dourlach, dans le grand-duché de Bade. Ses parents étaient Belges. Il vint s'établir comme médecin à Alost, en 1767, où il est mort ]e 6 octobre 1831.

Flore des e^ivirons de Spa, du docteur Lejeune (^). Un an après, J. Kickx (2), pharmacien à Bruxelles,

(1) Alexandre-Louis-Siraon Lejeune, que l'on peut considérer comme le père de la flore bel^e, naquit à Verviers le 23 décembre 1779. Après avoir fait ses études humanitaires sous la direction d'un prêtre des environs de Verviers, il fut envoyé à Liég-e pour être aide-pharmacien. En 1801, il prit ses inscriptions à l'École de médecine de Paris ; mais la conscription ne lui permit pas d'achever ses études médicales, qu'il compléta plus tard. Ayant subi les épreuves pour l'obtention du grade d'officier de santé, il fut incorporé dans un régiment de dragons, qu'il suivit en Hollande, dans le Hanovre et dans le Pas-de-Calais. Ses devoirs militaires ne lui firent pas perdre le goût de la botanique et il herborisa pendant ses heures de loisir. Revenu à Verviers en 1804, où il ne tarda pas à se fixer comme médecin, il se proposa d*étudier d'une façon toute particulière la tlore des environs. Sa réputation comme botaniste était déjà établie dès 1806; carie préfet du département de l'Ourthe le chargea de dresser la statistique végétale du département. Depuis cette époque jusqu'en 1838, il publia une série de travaux botaniques qui lui ont acquis une réputation justement méritée, non-seulement dans son pays, mais encore à l'étranger. Lejeune est mort à Verviers le 28 décembre 1858, à Page de 79 ans. Son herbier, qui renferme les types authentiques des espèces décrites dans ses ouvrages, est conservé au Jardin botanique do Bruxelles. — La biographie de Lejeune a été faite par J. Kickx dans V Annuaire de V Académie de 1860.

(2) Jean Kickx, grand-père de M. J.-J. Kickx, actuellement professeur de botanique à l'Université de Gand, naquit à Bruxelles le 9 mars 1775. A l'âge de 18 ans, il fut reçu pharmacien,

fit connaître la végétation du Brabant dans sa Flora Bfîtxellensis , ouvrage auquel il donna, en 1826, un supplément dans un petit travail intitulé : Notice sur quelques plantes observées aux environs de Bruxelles. En 1822, le même auteur publia une liste des plantes rares qu'il avait observées aux environs de Han-sur-Lesse et d.e Rochefort, et, en 1826, des notes sur une nouvelle espèce de Verhascum, sur les AraMs alhida et alpina et sur une nouvelle espèce d'Agaric.

La flore du Brabant doit à Dekin et Passy (i) un

En 1823, il remplaça, à titre provisoire, Dekin, comme professeur de minéralogie, de pharmacie et de botanique à l'École de médecine. Ce ne fut que plusieurs années après qu'on le nomma définitivement professeur à cette école. Kickx est mort à Bruxelles le 28 mars 1831, à l'âge de 55 ans. — La biographie de J. Kickx a été écrite par M. Éd. Morren en 1857 [La Belgique Horticole) .

(1) Adrien Dekin était d'origine française. Après la mort de Van der Stegen et la suppression de l'École centrale de Bruxelles, il devint directeur du Jardin botanique, qu'il avait beaucoup enrichi. 11 fut, en outre, directeur du Musée central de minéralogie et professeur à PÉcole de médecine. Il mourut au mois d'avril 1823. Son collaborateur, Antoine-François Passy, né à Paris le 23 avril 1792, passa une partie de sa jeunesse à Bruxelles. 11 rentra, plus tard, dans sa patrie, où il occupa une position politique élevée et s'y fit connaître par des travaux de géologie. Il est mort à Paris le 8 octobre 1873, à l'âge de 82 ans.

catalogue intitulé : Florula Bruxellensis , seii catalogus plantarum circa Brxixdlas sponte nascentium (Bruxelles, 1814).

L'étude de notre flore indigène fut, au commencement de ce siècle, l'objet principal des recherches de nos botanistes. Roucel avait étudié la flore des Flandres ; Lejeune, celle du pays de Liège ; Kickx, Dekin et Passy, celle du Brabant. A la même époque, un prêtre du Hainaut, l'abbé Hocquart(0, étudiait la végétation du Hainaut, qu'il décrivit dans sa Flore du àè'partement de Jemmai^e, publiée à Mons en 1814.

N'oublions pas que, dès 1807, Dossin (2) avait rédigé

(1) Léopold-François-Joseph Hocquart naquit à Mons le 23 octobre 1760. Il étudia la philosophie et la théologie à Louvain, puis au séminaire de Tournai. Il fut nommé chapelain des hautes formes de la cathédrale de Tournai et bibliothécaire du chapiti-e. Plus tard, il devint sous-principal du collège de cette ville, dans lequel il donna le cours de mathématiques. En 1809, il fut nommé professeur de mathématiques au collège d'Ath, établissement dont il devint le principal en 1813. Il est mort à Ath le 1" juillet 1818.

(2) Pierre-Etienne Dossin naquit à Liège le 7 février 1772. Après avoir achevé ses études à Liège, il se rendit à Paris, où il suivit les cours d'Antoine-Laurent de Jussieu. Il s'établit comme pharmacien à Liège en 1808. C'est dans cette ville qu'il est mort le 26 décembre 1852. — M. Éd. Morren a publié la

biographie de ce botaniste dans La Belgique Horticole de 1864.

un Catalogue (resté manuscrit) des plantes qui croissent spontanément dans le département de VOurthe et dans quelques endroits circonwisins . Ce catalogue, dont le manuscrit est conservé dans la bibliothèque de l'Université de Liège, a été publié par M. Th. Durand, dans le tome XIV du Bulletin de la Société royale de botanique .

Nous ne devons pas oublier de rappeler les noms des amateurs qui ont aidé, durant cette période, nos Aoristes, en leur communiquant des plantes et des renseignements. Lejeune cite Haenen et Nyst, de Maestricht; l'abbé Vittu, de Tongres; Marie- Anne Libert, d-e Malmedj ; Closson ; le docteur Henroz, de Champion ; Dethier, de Theux ; Wolff, de Spa ; Pierre Michel, de Nessonvaux. Hocquart cite, à son tour, Paternostre; Gossart, pharmacien à Mons ; Auguste Nève, d'Ath.

Un événement botanique marqua le commencement de ce siècle en Belgique : ce fut le voyage que fit De Candolle pendant l'été de 1810. Ce célèbre botaniste explora une partie de la Campine voisine de Maestricht, visita successivement Namur, Mons, Louvain, Bruxelles, Malines, Anvers et Gand. Il alla voir le docteur Lejeune, à Verviers et Anne-Marie Libert, à Malmedy. Son passage en Belgique eut une heureuse influence sur l'avenir de plusieurs de nos botanistes. Rappelons, à ce propos,

que John Ray visita notre pays en 1663 et que Linné fit la même chose en 1738.

On voit donc, pendant la période française, nos botanistes s'occuper presque exclusivement de phytographie et négliger les côtés généraux de la science pour s'attacher à la flore nationale. On peut, croyons-nous, attribuer ce fait à l'absence d'enseignement universitaire. Privés de maîtres expérimentés, les jeunes gens n'avaient pu aborder l'étude des hautes questions de la science.

II. Période néerlandaise. — Le début de la période néerlandaise fut marqué par la réorganisation de l'Académie (1816) et par l'établissement des Universités de Liège, de Gand et de Louvain. Ces institutions devaient bientôt influer d'une façon puissante sur les progrès de la botanique.

Durant cette période, J. Kickx représenta seul la botanique au sein de l'Académie. En effet, jusqu'en Tannée î830 les annales de cette compagnie ne renferment, en fait de botanique, que le catalogue des plantes observées par Kickx aux environs de la grotte de Han. Blume ne fit que fort peu de temps partie de l'Académie : les événements politiques l'ayant rappelé en Hollande, sapatrie(l).

(l) Charles-Louis Blume, né à Brunswick, le 9 juin 1796 et mort à Leyde le 3 février 1862, a publié, en 1828, à Bruxelles, son Flora Javae en 3 volumes in-folio.

L'enseignement de la botanique dans les Universités fut inauguré , à Gand , par Van Breda (1), Hollandais d origine; à Louvain, par Adelmann, originaire de Wurtzbourg, et à Liège, par Gaede, originaire du Holstein.

L'étude de la flore belge continua à occuper plusieurs de nos botanistes.

En 1817, J.-H. Mussche publia son Eortus Oandavensis, dans lequel se trouve la liste des plantes observées par Ch. Van Hoorebeke dans la Flandre orientale. L'année suivante, ce dernier fit paraître son petit Mémoire sur les Orohanches.

Lejeune, après avoir publié, en 1813, la deuxième partie de sa Flore des environs de Spa, continua ses études sur la flore indigène et fit paraître successivement sa Revue de la Flore des environs de Spa (1824), son Choix de plantes (en collaboration avec Courtois, 1825-1827) et le premier volume du Compendium Jlorae belgicae {\S2S). Les deux premiers volumes d.e ce dernier ouvrage ont été rédigés en collaboration avec Courtois.

(1) Jean-Gisbert-Samuel Van Breda, né à Delft le 14 octobre 1788 et mort à Harlem le 2 septembre 1867, a publié à Gand, en 1827, l'ouvrage intitulé : Gênera et species Orchidearum eu Asclepiadearum, quas in itinere per insulam Java jussis et auspiciis Guilielmi I, collegerunt D»" H. Kuhl et D"- J.-C. Van Hasselt ; in-folio de 15 planches et 15 feuillets.

Desmazières(l), botaniste lillois, publia, en 1823, son Sicpplément à la Botanograpliie helgique et aux Flores du nord de la France. Son compatriote, Th. Lestiboudois (2) fit paraître, en 1828, sa Botanograpliie Belgique.

P. Michel (^) livra au public, en 1823, 1824 et 1825, les trois centuries de son Herlier des Graminées, des Cypéracées et des Foncées.

A son tour, Marie-Anne Libert (4) publia, de

(1) J.-B -H.-J. Desmazières, né à Lille en 1787, est mort dans cette ville le 24 juin 1862.

(2) Gaspar-Tliémistocle Lestiboudois, né à Lille en 1797, est mort à Pai-is le 22 novembre 1876.

(3) Pierre-Joseph Michel naquit à Nessonvaux le 24avril 1788. Fils d'un modeste jardinier, il devint lui-même jardinier. C'est vers 1820 que M. Du Mortier fit la connaissance de Michel, auquel il pi'oposa de l'accompagner dans ses voyages scientifiques. Pendant dix ans, Michel, devenu l'ami de ^L Du Mortier, fit avec celui-ci des excursions à travers les Ardennes, le Condroz, l'Eifel, le Luxembourg- et la Zélande. Plus tard, Michel créa un établissement arboricole et, à partir de 1830, il paraît avoir perdu le goût de la botanique. Il mourut aux Waides, commune de Petit-Rechain, le 13 novembre 1854, à l'âge de 66 ans.

(4) Marie-Anne Libert naquit à Malmedy le 17 avril 1782. Elle fit son éducation au pensionnat de Pruym. Revenue à Malmedy, elle prit goût à la botanique et tâcha de déterminer les plantes avec les ouvrages de Dodoens et de Brunfels, qu'elle avait ti'ouvés chez son père. Lejeune, qui fit sa connais-

1820 à 1829, quelques notices cryptogamiques, qui sont insérées dans divers recueils.

En 1822, le nestor des botanistes belges, M. Du Mortier, se fît connaître par un recueil d'observations [Commentationes hotanicaé) qui pouvait déjà faire prévoir la brillante carrière scientifique que ce botaniste a parcourue. Le même auteur publia successivement et à de courts intervalles : Agrostograpliiae Beïgicae tentamen (1823); Notice sur un nonmmi genre de plantes : Hultemia, précède d'un aperçu sîor la classification des Roses (1824); Ver- Jiandeling over Jiet geslacht der Wilgen [Salix) en de Natuurlijkefamilie der Amentaceae (1825); Florula Belgica, operis majoris prodromus (1827); Analyse des familles des plantes, avec Vindication des principaux genres qui s'y rattachent [\^29)\ Recherches sur la motilité des végétaux (1829). Ces nombreuses publications, qui témoignent d'une extrême

sance, lui, indiqua les ouvrages modernes qui pouvaient le plus utilement la guider. En 1810, sur les conseils de De Candolle, elle s'appliqua plus spécialement à la cryptog-amie, branche de la science dans laquelle elle se fit une réputation bien méritée. Cette dame savante, que la Belgique peut réclamer comme l'un de ses enfants, est morte à Malmedy le 14 janvier 1865, dans sa 83^ année. Son herbier est conservé au Jardin botanique de Bruxelles. — M. Du Mortier a publié sa biographie dans le tome IV du Bulletin de la Société royale de botanique.

activité et accusent un grand fond de connaissances, placèrent leur auteur à la tête des botanistes belges et lui ont valu une grande réputation à Tétranger.

La taxinomie, qui a toujours été pour ce botaniste une branche favorite, est traitée avec des idées neuves et originales. Dans les Commentationes , les Jongermannes sont habilement sectionnées et deviendront plus tard Tobjet d'une monographie magistrale. Les Saules sont disposés d'après un système nouveau. Pour la première fois, la flore belge est classée selon une méthode naturelle, méthode propre à l'auteur et qui est développée et généralisée dans V Analyse des familles. La flore belge est enrichie d'un grand nombre d'espèces nouvelles et de types inédits (U.

(1) M. Barthéleray-Chai'les Du Mortier, né à Tournai le 3 avril 1797, fit ses études à Tournai, puis à Paris. A peine eut-il quitté les bancs de Técole, qu'il se passionna fortement pour la botanique ; il n'avait pas atteint 25 ans qu'il publiait un travail [Commentationes botanicae) qui témoigne déjà de recherches considérables et faisait prévoir, comme nous venons de le dire, la g-forieuse carrière scientifique que devait parcourir son auteur. Pour préparer son Florula Belgica et réunir les matériaux nécessaires à une Flore des Pays-Bas, M. Du Mortier entreprit une série de voyages dans nos diverses provinces et dans les régions voisines de nos frontières. En 1821, il parcourut les bords de l'Amblève, de l'Ourthe inférieure, de la Vesdre et visita une partie de la Campine limbourgeoise. En 1822 et 1823, accompagné de Pierre Michel, il fit deux

Kickx(i)j fils de Fauteur du Flora Bruxellensis, se fit connaître, à son tour, par la publication d'une

voyages dans les Ardenneset TEifel et aux bords de la Moselle et du Rhin. Avec le même compagnon, il explora, en 1824, la Zélande, le Bi'abant septentrional et une partie de la Campine limbourgeoise. En 1825, il visita la Hollande (provinces d'Utrecht, de Gueldre et d'Overijsel).En 1826, il lit un voyage en Allemagne et en Suisse. Enfin, en 1827, désireux de confronter certaines plantes de Belgique avef». les types linnéens, il entreprit un voyage en Angleterre, pendant lequel il consulta l'herbier de Linné chez Sir James Smith, à Norv^ich, et explora les montagnes de l'Ecosse en compagnie de Hooker. C'est au retour de ce voyage qu'il publia son FLorula Belgica, dont le manuscrit était achevé avant son départ. Jusqu'en 1837, M. Du Mortier enrichit la science de nombreux et importants travaux ; à partir de cette époque, sa position politique et les travaux parlementaires lui firent abandonner, pendant quelques années, le champ de la botanique active. Mais, chez lui, le feu scientifique était loin d'être éteint, et, en 1862, lors de la fondation de la Société royale de botanique, il répondit à l'appel qui lui était fait par la jeune compagnie des botanistes et accepta la tâche de la présider. Dès lors, il reprit, avec ardeur, ses anciennes études et nous donna, par de nouvelles publications, l'exemple du travail et de l'activité. Nous ajouterons, en terminant, que c'est en grande partie à lui que l'on doit la réorganisation du Jardin botanique de Bruxelles.

(l) Jean Kickx naquit à Bruxelles le 17 janvier 1803. Après avoir fait ses études au Lycée de Bruxelles, il enti-a à l'Université de Louvain, en 1825, d'où il sortit, en 1830, avec le double diplôme de docteur en sciences et de docteur en pharmacie. En 1831, il fut appelé à remplacer son père au Musée et à l'École

BOTANIQUE EN BELGIQUK 237

thèse universitaire intitulée : Commentatio de j'tlantis officinalihus et venenatis agri Lovaniensis (1827). R. Courtois (1), dont nous avons déjà parlé, appartient presque entièrement à la période néerlandaise. Outre les deux premiers volumes du Compendium florae belgicae et le Choix de plantes qu'il

de médecine de Bruxelles, en qualité de professeur intérimaire, tout d'abord, puis en qualité de professeur ordinaire. Presque en même temps, il fut nommé inspecteur g-énéral des pharmacies des hospices et des hôpitaux de Bruxelles. Le 5 octobi-e 1835, il fut appelé à occuper la chaire de botanique à l'Université de Gand, qu'il conserva jusqu'à sa mort, ai-rivée le !«•• septembre 1864. Kickx était un botaniste très-distingué, à qui ses nombreux travaux ont valu une réputation justement méritée. — C. Poelman a publié sa biographie dans V Annuaire de l'Académie de 1865, et M. L. Pire, dans le tome lll du Bulletin de la Société royale de botanique.

(1) Richard - Joseph Courtois naquit à Verviers le 17 janvier 1806. Après avoir fait ses études au collège de Liège, il entra à l'Université, où il fut reçu docteur. Lejeune, qui avait pris le jeune homme en afifection et l'avait aidé de sa bourse, car Courtois appartenait à une famille qui n'était pas dans l'aisance, Lejeune, disons-nous, s'associa Courtois pour la publication de plusieurs ouvrages. Peu de temps après avoir reçu son diplôme, Courtois fut nommé sous-directeur du Jardin botanique de Liège. Un travail excessif joint à des inquiétudes pour sa famille, abréirea les jours de ce savant distingué, qui mourut à Liège le 14 avril 1835. — Sa biographie a été publiée par Ch. Morren dans V Annuaire de V Académie de 1838.

publia avec Lejeune, on a de lui : un mémoire couronné par l'Université de Gand sur l'origine, la situation, la structure et la fonction des organes servant à la reproduction chez les plantes phanérogames (1822); une statistique de la province de Liège, dans laquelle l'histoire naturelle de la province est traitée (1828); Commentarius in Remherti Dodonaei Pemptades (1833); Mémoire sur les Tilleuls d'Europe (1835). Aux publications botaniques dont il vient d'être question, il faut ajouter quelques notices publiées dans le Messager des sciences et des arts, de Gand, et dans les Bijdragen tôt de natuurhundige wetenschappen, d'Amsterdam. En 1817, Mussche publia, ainsi que nous l'avons déjà rappelé précédemment, le catalogue du Jardin botanique de Gand; en 1826, NystlU fit paraître celui

(1) Henri-Joseph-Pierre Nyst, né à Maestricht le 18 janvier 1780, est mort à Bruxelles le 1" mai 1846. A l'âge de 19 ans, il entra dans l'administration comme essayeur au bureau de la garantie des matières et ouvrages d'or et d'argent, à Maestricht. En 1811, grâce à la recommandation de De Candolle, qui avait fait la connaissance du jeune botaniste lors de son voyage en Belgique, il fut promu au grade de contrôleur principal à Middelbourg. De cette ville, il passa, avec le même grade, à Arnheim, puis, en 1814, à Mons. En 1822, il devint contrôleur en chef au bureau de Bruxelles et, en 1832, il fut nommé inspecteur général des essais et des bureaux de garantie. Pendant sa

du Jardin botanique de Bruxelles et, en 1829, Gaede et Courtois donnèrent celui du Jardin botanique de Liège.

On peut voir, par ce qui précède, que la période néerlandaise fut loin d'être stérile pour la science ; elle marque le départ d'une véritable renaissance botanique.

Durant cette période, l'horticulture, si intimement unie à la botanique, renaissait, à son tour, et faisait présager l'avenir brillant qui l'attendait pendant la période suivante. C'est ainsi qu'à Enghien, le duc d'Arenberg et Parmentier possédaient de magnifiques collections de plantes exotiques ; que les ducs d'Ursel et d'Arenberg avaient fait élever, à Bruxelles, des serres remplies de végétaux rares; que Van Cassel, Papeleu, Verdonck, Van de Woestjne et Bauwens, à Gand, cultivaient avec succès de riches

longue carrière administrative, Nyst ne cessa de s'occuper de recherches d'histoire naturelle et principalement de l'étude de notre flore. Il forma un herbier fort intéressant de nos plantes indigènes. Celui-ci a été fondu dans les collections du Jardin botanique de l'État. Après la mort de Dekin, l'administration communale de Bruxelles confia à Nyst la direction scientifique du Jardin botanique. Comme administrateur du Musée d'histoire naturelle, ce naturaliste fit tous ses efforts pour enrichir les collections de cet établissement. On peut donc avancer que Nyst a rendu de véritables services aux sciences naturelles et, en particulier, à la botanique.

collections d'espèces précieuses; qu'à Wetteren, Opsomer et la comtesse Vilain XIIII possédaient des jardins dignes d'être visités, etc.

III. Période belge. — A partir de 1830, date de notre séparation politique d'avec la Hollande et de la constitution du royaume de Belgique, la marche de la botanique s'accéléra, pour éprouver cependant, avant 1862, un certain ralentissement. En 1862, la Société royale de botanique fut fondée et, depuis lors, il s'est manifesté une ardeur scientifique qui, nous avons tout lieu de l'espérer, n'est pas près de se refroidir.

Nous passerons tout d'abord en revue ce qui s'est produit de 1830 à 1862; puis, nous jetterons un coup d'œil rapide sur les travaux botaniques qui ont paru de 1862 à ce jour.

Pendant les trente-deux premières années de notre période nationale, la botanique se concentra plus ou moins au sein de l'Académie, qui s'était successivement associée les botanistes marquants du pays. M. Du Mortier, actuellement le doyen de la compagnie, fut élu membre en 1829; Lejeune et Martens, en 1834; Ch.Morren, J. Kickx et Courtois, en 1835; M. J. Decaisne, en 1836; Galeotti, en 1840 et Spring, en 1841.

C'est M. Du Mortier qui inaugura les travaux botaniques dans les annales de l'Académie, par son

mémoire sur la Structure comparée des animaux et des 'cègètaux (1832). Dans ce travail, achevé dès 1828, présenté en 1829 et dont la publication n'eut lieu que trois ans plus tard, l'auteur fait connaître, pour la première fois, la multiplication des cellules par cloison médiane. Cette brillante découverte, qu'on a faussement attribuée à Hugo von Mohl, fait le plus grand honneur à notre pays. Le même auteur publia successivement : Essai carpograiMqiie (1835); Notice sîir le genre Maelenia (1835); Sur deux nouveaux Gesneria (1836); Sur le genre Adoxa (1836); Siir le genre Dionaea (1837).

Ch. MorrenO), non moins actif que son aîné.

(1) Charles -François -Antoine Morren , né à Gand le 3 mars 1807, est mort à Liège le 17 décembre 1858. Après avoir fait ses études à l'Athénée royal de Bruxelles, il se rendit à l'Université de Gand, d'où il sortit avec le titre de docteur en philosophie naturelle et en sciences mathématiques. En 1830, il partit pour Paris, où il comptait perfectionner ses connaissances ; mais il fut bientôt rappelé en Beli^ique, pour continuer, à l'Université de Gand, les cours de géologie, de zoologie et d'anatomie comparée, interrompus par le départ de Van Breda, qui était rentré en Hollande, à la suite des événements de la révolution. La suppression de la Faculté des sciences qui eut bientôt lieu, supprima en même temps la chaire à laquelle Morren avait été appelé. En compensation, on le nomma, en 1831, professeur de physique à l'École industrielle de Gand. Cette école fut momentanément annexée à l'Université (en 1833), puis fondue dans la Faculté

publia, dans les mémoires et les bulletins de TAcadémie, de 1835 à 1853, près d'une centaine de mémoires et notices sur toutes les branches de la botanique. Il faudrait plusieurs pages pour citer les titres des nombreux travaux de cet académicien. Qu'il nous suffise de rappeler sommairement ici ses mémoires sur les Hydrophytes, sur la tératologie, la physiologie et l'anatomie. On le voit, ce savant éminent et laborieux occupe une des premières places dans le panthéon botanique de la Belgique.

Lejeune publia, de 1831 à 1838, quatre notices peu étendues sur le genre NastuTti%m, sur les Platanthera, sur VOxalis zonata et sur deux Senecio,

J. Kickx eut une carrière académique bien remplie. Ce fut surtout la cryptogamie qui fit l'objet de ses principales recherches. Il débuta, en 1837, par des notes sur le MarcJiantia poly-

des sciences qu'on avait réorg-anisée. Morren conserva, dans celle-ci, ses fonctions de professeur de physique. En 1835, il quitta Gand, pour occuper la chaire de botanique à l'Université de Liège. Charles Morren a non-seulement jeté un vif éclat sur la botanique par ses travaux extrêmement nombreux et variés, mais il a, en outre, exercé une puissante influence sur les progrés de l'horticulture par ses publications horticoles. — Sa biographie a été publiée par son fils Edouard dans V Annuaire de l'Académie de 1860.

morplia et sur les Sclerotiitm. En 1841, il commença la publication de ses mémoires sur la cryptogamie des Flandres, dont il termina la 5" centurie en 1845. Sa monographie des variétés du Fucîis vesiculosus a paru en 1856. La phanérogamie tant exotique qu'indigène lui a fourni matière à plusieurs notices.

Martens (H débuta, à son tour, en 1837, par une notice sur l'hybridité dans les Fougères. En collaboration avec Galeotti, il publia, en 1842, un mémoire sur les Fougères du Mexique et, de 1842 à 1845, toujours avec le même collaborateur, diverses notes sur les plantes du Mexique. Il s'occupa, en outre, de quelques familles exotiques et de la coloration des végétaux. Les travaux de Martens sont fort estimés.

(I) Martin Martens, né à Maestricht le 8 décembre 1797, est mort à Louvain le 8 février 1863. Il fît ses humanités dans sa ville natale, puis se rendit, en 1814, à l'Université de Liège, où il obtint son diplôme de docteur en médecine. Après un séjour à Paris pour suivre les cours des professeurs en renom, il vint se fixer, en 1823, à Maestricht comme médecin praticien. En 1825, il fut nommé professeur de pharmacologie et de chimie pharmaceutique à l'École provinciale de pharmacie. Enfin, en 1835, il quitta Maestricht pour venir occuper les chaires de chimie et de botanique à l'Université de Louvain. — Sa biographie a été publiée par M. L. Pire dans le Bulletin de la Société royale de botanique, t. II.

M. J. Decaisne, l'illustre professeur du Muséum, devenu Français par ses fonctions officielles à Paris, a publié, en 1836, une notice sur la flore du Japon. En 1840, il fit paraître un travail sur les Thalasophjtes; en 1841, de remarquables mémoires sur la Garance et sur le Gui et, en 1844, une notice sur les anthéridies et les sporanges des Fucus.

Galeotti(l), outre les travaux qu'il publia en collaboration avec Martens, fit paraître une notice sur les Graminées et les Cjpéracées du Mexique.

Spring (2) a publié, dans les recueils de TAcadé-

(1) Henri-Guillaume Galeotti, né à Paris le 8 septembre 1814, est mort à Bruxelles le 14 mars 1858. Arrivé jeune en Belg-ique, il s'y fit connaître, dès 1835, comme géologue et minéralogiste. Cette même année, les frères Van der Maelen, directeurs de l'établissement géographique, le chargèrent d'une mission scientifique au Mexique. Parti en 1835, Galeotti explora le Mexique pendant cinq ans et y forma des collections d'histoire naturelle extrêmement riches et, entre autres, une collection de plantes composée de 7,000 à 8,000 espèces, dont un grand nombre étaient nouvelles. Revenu en Belgique, il fut bientôt appelé à prendre la direction du Jardin de la Société royale d'horticulture connu sous le nom de Jardin botanique de Bruxelles. — Une note biographique sur Galeotti par M. Éd. Mon-en a paru dans La Belgique Horticole de 1855.

(2) Frédéric-Antoine Spring, né à Geroldsbach (Bavière) le 8 avril 1808, est mort à Liège le 17 janvier 1872. Il fit ses études humanitaires au Lycée d'Augsbourg; de cette ville, il se rendit à l'Université de Munich, où, en 1838, il obtint le

mie, son Emcmeratio Lycopodineariun (1841), sa grande et remarquable monographie des Lycopodiacées (1842 et 1850) et des notices mycologiques (1848-1852).

Sauveur (U publia, en 1848, dans les mémoires in-4'' de l'Académie, un atlas de planches représentant un grand nombra de plantes fossiles de notre terrain houiller {Planches figuratives des végétaux fossiles dîi terrain liouiller de la Belgiqîce). Le texte de cet atlas n'a pas paru.

Par ce qui précède, on peut voir que les travaux publiés par les membres de l'Académie sont nombreux et présentent, pour la plupart, une grande valeur. Toutes les branches de la science y sont traitées. Ils sont entrés pour une large part dans les progrès que la botanique a réalisés depuis 1830.

diplôme de docteur en médecine II alla ensuite compléter ses études à Paris. En 1839, il fut appelé en Belgique pour venir occuper une chaire à l'Université de Liège. Jusqu'en 1848, on lui confia l'enseignement de la physiologie humaine et comparée, de l'anatomie générale et de l'anatomie descriptive. Plus tard, ayant renoncé à deux de ces cours, il fut chargé, eu 1855, d'enseigner la pathologie généi-ale. Spring fut un excellent professeur, un savant médecin et un botaniste du plus grand mérite.

(1) J.-J.-D. Sauveur, médecin, né à Liège le 6 octobre 1797, est mort à Bruxelles le 1" novembre 1862. Il fut secrétaire de l'Académie royale de médecine.

Les travaux publiés dans les recueils de rAcadémie par des botanistes étrangers à cette compagnie sont les suivants : Note sur quelques cryptogames critiques (1858), Note sur le Piloholus crystallinus (1859), Reclier elles sur la genèse et les métamor" plioses de la Peziza sclerotiorum Lib. (1860), Monographie du genre PiMolus (1861), par E. Coemans(i); Catalogue des cryptogames des

(1) Eug-ène-Henri-Lucien-Gaëtan Coemans, né à Bruxelles le 30 octobre 1825, est mort à Gand le 8 janvier 1871. Après avoir successivement passé par le collège Ste-Barbe, àGand, et le petit séminaire de St-Nicolas, Coemans vint, en 1844, compléter ses études théologiques au grand séminaire de Gand, où il fut ordonné prêtre le 23 décembre 1848. Poussé par le goût des sciences naturelles, il fréquenta, pendant deux ans, les cours de sciences de l'Université de Louvain. De retour à Gand, en 1853, il fut nommé vicaire au Petit-Béguinage. Ayant donné sa démission en 1864, il partit pour l'Allemagne et suivit, pendant quelques mois, les cours de l'Université de Bonn ; de cette ville, il se rendit dans le nord de l'Europe et visita successivement la Finlande, la Suède et le nord de l'Allemagne. De retour à Gand, il s'installa dans sa famille pour s'y livrer exclusivement à l'étude des sciences ; mais bientôt ses services professionnels ayant été réclamés, il accepta la direction d'un couvent des sœurs de St- Vincent-de-Paul, connu sous le nom de pensionnat du Crombeen. En 1870, il fut chargé par le Gouvernement d'aller prendre possession, à Munich, de l'herbier de vonMartius qui venait d'être acheté par l'État. — La collection de paléontologie végétale formée par Coemans est conservée au Musée royal d'histoire naturelle et son herbier fait partie des collée-

environs de Namur, par A.Bellynck(1852); Note sur VAdoxa Moscliatellina, par C. Malaise (1855) ; Note sur le Gagea spatîiacea, par J.-E. Bommer (1856); Note sur le Galeojms Ladano-ocliroleuca (1853), Note sur les hjhrides des MentJia (1853), Notes sur qîielques plantes rares de la Belgique (1859), par F. Crépin; Notes sur V embryon des Graminées (1853), Note stcr le genre Maïs (1853), Note sur le genre Michelaria (1856), par V. DeMoor; Catalogue des cryptogames des environs de Louvain (1852), par Leburton; Preludia fiorae ColumUanae (1853), Plantae ColumUanae (1863), par J. Linden et J.-E. Planchon; Besçriptio Cactearum Mexicanaru,m{\^^^), par M.» Scheidweiler(i); Monographie

lions du Jardin botanique de l'État. — La biographie de Coemans a été écrite par MM, J.-J. Kickx {Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, t. V) et C. Malaise {Annuaire de l'Académie, année 1872).

(1) Michel- Joseph- François Scheidweiler, né à Cologne le l" août 1799, est mort à Gand le 24 septembre 1861. Après avoir fait ses études humanitaires à Siegbourg, il prit ses grades de pharmacien à Cologne, puis il revint à Siegbourg, en qualité de pharmacien. Il pratiqua ensuite la pharmacie à Cologne et à Aix-la-Chapelle. Arrivé en Belgique en 1830, il séjourna quelque temps à Liège, puis vint se fixer à Bruxelles, où il se fît connaître par des conférences sur divers sujets d'histoire naturelle. Lors de la fondation de l'École de

du genre Zw (1845-1846), par D. Spae; Note sur les Michelaria (1855), par Ch.-A. Strail; Notes sur le Cirsium super-oleraceo-jMhistre (1860), sur la silicîUe du Draha verna (1861), sur le Cirsium Crepini (1861), par A. Wesmael ; Note sur VEpilohium canescens (1836), Cryptogames noumaucc des Flandres [184:5), sept notices sur les cryptogames nouveaux (1851-1861), par G. Westendorp.

En dehors des publications académiques, nous avons à citer une série d'ouvrages dont la plupart ont eu pour objet la flore nationale.

Marie-Anne Libert fît paraître, de 1830 à 1837, ses Plantae exsiccatae Arduennae.

En 1831, fut publié le 2^ volume du Compendium fiorae helgicae, dont le 3^ volume a paru en 1836, après la mort de Courtois.

M. Du Mortier publia, en 1831, son Sylloge Jungermannidearum, ouvrage devenu bientôt classique

médecine vétérinaire (1836), il fut appelé à y enseigner la botanique et l'agronomie. En 1851, il fut nommé professeur à l'École d'horticulture de l'État à Gendbrugge-lez-Gand, où il remplaça M. Planchon. Scheidweiler fat un savant fort estimé, auquel l'horticulture nationale doit certainement une partie de ses progrès. La botanique aussi lui doit quelques bons travaux, — M. Emile Rodigas a publié sa biographie à Gand en 1862 (in^" avec portrait).

et dont Fauteur a donné, en 1874, une nouvelle édition considérablement augmentée. En 1833, le même auteur fit paraître une Notice sur les esj^èces indigènes du genre Scropliularia, et, en 1835, un Recueil d' observations sur les Jongermanniacées.

En 1830, J.-J. De Cloet(l) publia im catalogue des plantes qu'il avait observées aux environs de Dinantdel820àl827.

En 1833, R. Courtois donna son Commentaire sur Dodoens.

J. Kickx débuta, comme cryptogamiste, en 1835, en publiant sa Flore cryj^togamique des environs de Loiovain. Le complément de cet ouvrage est le Catalogue des cryptogames observés depuis 1835 dans le Bradant et la province d'Anvers, par Westendorp et Van Haesendonck (1838).

(1) Jean-Joseph De Cloet, né à Bruges en 1790, est mort à Freyr, près de Dinant, le 21 février 1855. Entré au séminaire de Gand, il dut quitter cet établissement pour être incorporé dans les armées de Napoléon. Rentré dans sa patrie, il reprit ses études et fut, peu après, envoyé comme professeur au collège d'Alost. Il devint plus tard précepteur du fils du duc de Beaufort et visita la plus grande partie de l'Europe avec son élève. A la mort de celui-ci, le duc de Beaufort nomma De Cloet adroinisti-ateur de son domaine de Freyr. Son herbier est conservé au Jai'din botanique de Bruxelles. — L'article qui lui est consacré dans la Biographie nationale, t. IV, colonne 883, ne fait pas mention de sa qualité de botaniste.

En 1836, un botaniste luxembourgeois, Tinant, fît connaître la végétation de Tancien duché de Luxembourg dans sa Flore L%xemloiirgeoiseA^) ,

Nous devons citer ici le Florula Eannoniensis, par Hécart ('2), publié en 1836.

(1) François -Aug-uste Tinant, né à Luxembourg le 3 novembre 1803, est mort à Dommeldange le 26 janvier 1853. Le goût de la botanique lui fut inspiré par l'abbé Mazuir, pendant qu'il faisait ses humanités à l'Athénée de Luxembourg. Jeune encore, il obtint un emploi dans l'administration de la comptabilité des douanes et des accises, puis dans celles des contributions. Plus tard, il fut attaché à l'administration des eaux et forêts, ce qui l'obligea à faire de nombreuses courses, dont il profita pour étudier la végétation du Luxembourg. Outre sa Flore Luxembourgeoise, il publia, en 1826 et 1828, des notices botaniques dans les Bijdragen tôt de natuurkundige wetenschappen et fit paraître une collection de plantes sèches l'enfermant un millier de numéros. — La biogi'aphie de ce botaniste estimable a été publiée par F. Crépin dans le tome VIII du Bulletin de la Société royale de botanique.

(2) Gabriel- Antoine- Joseph Hécart, né à Valenciennes le 24 mars 1755, est mort dans cette ville le 19 novembre 1838. Dès 1798, Hécart avait eu le projet de publier sa Flore du Hainaut, mais le manque de ressources ne lui permit pas de livrer son manuscrit à l'impression. Celui-ci fut pei'du et il ne lui resta de cet ouvrage qu'une liste manuscrite qu'il communiqua à M. Du Mortier, pour la publication du Florula Belgica. Cette liste ou catalogue raisonné, enrichi de plusieurs remarques, fut publié, en 1836, sous le titre de Florula Eannoniensis; in-8° de 54 pages {Mémoires de la Société d'agriculture de Valenciennes, t. II).

La connaissance de notre flore nationale devint mieux connue par les publications de C. Van Haesondonck [Prodrome de la flore des environs d'Anvers et d'une jyartie de la Campine, 1841); de l'abbé Micliot [Flore du Hamaut, 1845); de Hannon [Flore lelge, 1849 )(0; de Van de Vyvere [Flore de la Flandre occidentale 1850) (■'^); de V. De Moor [Essai d'une monograjMe sur les Graminées de la Belgique, 1853, Traité des Grainhiées, 1854) ; de C. Mathieu [Flore générale de Belgique, 1858); de J.-E. BommQv [TaUea^o analytique

(1) Joseph-Désiré Hannon, né à Bruxelles le 13 novembre 1822, est mort dans cette ville le 23 août 1870. Après avoir fait ses études à l'Athénée, il entra, en 1842, à l'Université pour y suivre les cours de sciences naturelles. Il se rendit en^iuite à l'Université de Liège, d'où il sortit avec les diplômes de docteur en sciences naturelles et de docteur en médecine. En 1851, il fut nommé professeur à l'Université de Bruxelles, où il donna les cours de botanique, de zoologie, d'anatomie et de physiologie comparée. Hannon est plus connu par ses travaux de zoologie que par sa Flore.

(2) Ernest Van de Vyvere, né à Fumes le 10 mai 1811, est mort à Bruges le 24 juin 1853. Il commença ses études au collège de sa ville natale. En 1829, il se fit inscrire à l'École de médecine de Bruges, où il obtint le diplôme de pharmacien. Il occupa plusieurs fonctions officielles en rapport avec sa profession. Il devint chef de la pharmacie centrale de la ville de Bi'uges. Outre sa Flore, il a publié quelques travaux de chimie et de physiologie végétale.

de la flore parisienne, par Bautier, édition mise en rapport avec la flore belge, 1854); d'A. Bellynck [Flore de Namur, 1855) (D; de F. Crépin [Manuel de la flore de Belgique, V^ éd., 1860); de H. Van Heurck et A. Wesmael [Prodrome de la Flore du Brabant, 1861).

La crjptogamie belge fut l'objet des soins constants de Westendorp (2) qui, de 1845 à 1860, i

(1) Aug^uste- Alexis- Adolphe- Alexandre Bellynck, né à Bergues. Saint-Winoc, dans le département du Nord, le 16 avril 1814, est mort à Namur le 14 janvier 1877. Il fit ses études au collège de Bergues, au petit séminaire de St-Omer et au grand séminaire de Cambrai. Ordonné prêtre en 1837, il fut attaché comme vicaire à la paroisse de Quesnoy-sur-Deule, près de Lille; en 1838, il fut nommé vicaire à Dunkerque, puis aumônier dans un couvent de religieuses à Gravelines. Entré dans la Compagnie de Jésus en 1840, il fut envoyé, en 1841, à Katwijck (Hollande) pour y donner un cours de littéi-ature française. En 1842, il fut nommé procureur au Collège de N.-D. de la Paix à Namur. A partir de cette époque, il s'occupa d'histoire naturelle et devint professeur de zoologie, de botanique et de minéralogie. Ce savant érudit et extrêmement laborieux a publié des travaux estimés, qui ont aidé aux progrès de l'enseignement et à la connaissance de la flore belge. Il avait réuni, au collège de Namur, une bibliothèque botanique d'une grande richesse. — Sa biographie, par F. Crépin, paraîtra dans V Annuaire de l'Académie de 1877.

(2) Gérard-Daniel Westendorp, né à La Haye, le 8 mars 1813, est mort à Termonde le 31 janvier 1868. Sa famille étant venue habiter la Belgique, il fit ses premières études à Bruxelles

publié un exsiccata [Herbier cryptogamique, ou collection des plantes cryptogames qni croissent en Belgique), formé de 28 fascicules, composés chacun de cinquante numéros. Ce même auteur publia, en 1854, un petit traité fort intéressant, intitulé : Les Cryptogames classées d'après leurs stations natîir elles . Le comte Alfred de Limminghe (l) a fait paraître,

A l'âge de 16 ans, il fut admis comme élève à l'École de médecine de Bruxelles, d'où il sortit, en 1833, avec le diplôme de chirurgien. En 1836, il fut nommé médecin adjoint dans un régiment d'artillerie en garnison à Tournai. On le vit successivement en garnison à Bruxelles, à Brasschaet, à Beverloo, à Gand, à Ypres, etc. En 1846, il fut nommé médecin de bataillon et c'est en cette qualité qu'en 1858, il fut attaché au dépôt du 12<= régiment de ligne à Termonde. L'herbier de ce botaniste est conservé au Jardin botanique de Bruxelles. Les travaux de Westendorp ont beaucoup contribué à la connaissance de notre flore cryptogamique. Nous devons rappeler ici que ce botaniste a rédigé la partie du Prod^romus Jlorae batavae (1866) qui renferme les Champignons. Sa biographie a été publiée par M. L. Pire dans le tome IX du Bulletin de la Société royale de botanique.

(1) Alfred-Marie-Antoine de Limminghe, né à Bruxelles le 2 septembre 1834, est mort à Rome le 17 avril 1861. Il commença ses études au collège d'Estavayer, dépendance du pensionnat de Fribourg; de là, il passa au collège de Notre-Dame à Tournai, et alla achever ses études au collège N.-D. de la Paix à Namur. C'est dans cette dernière institution qu'il prit, sous l'enseignement du Père Bellynck, goût à la botanique. Après avoir terminé son cours de philosophie,

en 1857, un catalogue des cryptogames d'une partie du Brabant sous le titre de : Flore mycologicine de Gentinnes.

M. Edouard Morren, actuellement professeur de botanique à l'Université de Liège, publia, de 1855 à 1857, plusieurs notices botaniques dans La Belgique liorticole. Ce botaniste, marchant sur les traces de Charles Morren, fit paraître, en 1858, sa Bissertation sur les feuilles "certes et colorées envisagées spécialement a%i point de mie des rapports de la chlorophylle et de Vérythrophylle.

Il nous reste maintenant à signaler deux petits traités élémentaires de botanique : l'un publié par Charles Morren, en 1853, dans les Notions élémentaires des sciences naturelles, physiques et chimi-

en 1855, il s'occupa activement de botanique et réunit, au château de Gentinnes, des herbiers importants et une bibliothèque botanique très-précieuse. Son musée a été décrit dans La Belgique horticole de 1858. En 1860, il s'enrôla dans le régiment des zouaves pontiticaux. Il prit part à la bataille de Castelfidardo, où il fut blessé. Il revint en Belgique la même année. L'année suivante, il repartit pour Rome, avec le désir de s'enrôler de nouveau; mais son séjour dans cette ville devait lui être funeste. Le 15 avril, il y fut frappé d'un coup d'arme à feu qui lui fit une blessure dont il mourut deux jours après. Une grande partie de sa bibliothèque fut léguée au collège N.-D. de la Paix à Namur et une partie de ses collections de plantes sèches fut acquise par le Jardin botanique de Bruxelles. — Sa biographie a été publiée, en 1861, par le Père A. Pruvost.

qiies; l'autre, par Spring, en 1852, sous le titre de Botaniq%ie (publié dans V Encyclopédie po2mlaire, éditée par M. A. Jamar).

De 1835 à 1862, les chaires de botanique de nos Universités ont été occupées : à Gand, par J. Kickx (1835-1862); à Bruxelles, par J.-D. Hannon (1851- 1862); à Louvain, par M. Martens (1835-1862); à Liège, par Ch. Morren (1835-1858) et M. Éd. Morren (1858-1862).

L'École d'horticulture de Gendbrugge eut pour professeurs de botanique M. Planchon (1849-1851), Scheidweiler (1851-1861) et M. F. Crépin (1861- 1862).

Le cours de botanique fut donné à l'École d'horticulture de Vilvorde par M. A. Wesmael.

Avant d'arriver à l'époque de la fondation de la Société royale de botanique, qui marque le début d'une nouvelle période, nous ne pouvons passer sous silence la botanique horticole, les collections remarquables de plantes cultivées et les voyages botaniques exécutés par des Belges.

Les premières publications de botanique horticole ont commencé, en 1828, par V Herbier de V amateur, de Drapiez(l). Ce recueil fut terminé en 1835.

(1) Pierre-Auguste-Joseph Drapiez, né à Lille le 28 août 1778, est mort à Bruxelles le 28 décembre 1856. Il fut profes-

Drapiez fit paraître, de 1833 à 1838, sa Flore des serres et des jardins d' Angleterre et, de 1833 à 1835, son Encyclographie du règne mgétal. Ces collections volumineuses ne sont que des compilations.

En 1833, Charles Morren créa avec Louis Van Houtte le premier recueil périodique illustré. L'Horticulteur belge, dont cinq volumes ont paru (1833- 1839). La même année, Richard Courtois fit paraître son Magasin d'iiorticulture, recueil qui n'eut qu'un volume. En 1834, un éditeur bruxellois fonda le Journal dliorticulture pratique, qui fut successivement rédigé, jusqu'en 1861, par Scheidweiler, Ysabeau, Galeotti et M. Funck. De 1845 à 1849, la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand publia des annales, dont la rédaction fut confiée à Ch. Morren. Ce recueil forme cinq volumes illustrés de nombreuses figures d'espèces nouvelles.

En 1845, L. Van Houtte (U, le célèbre horticulteur

seul- de chimie et d'histoire naturelle au Musée d'histoire naturelle de Bruxelles. En 1834, il fut nommé examinateur permanent pour les sciences physiques et chimiques à l'Ecole militaire. — Sa biographie, écrite par M. P. Van Beneden, paraîtra dans le tome VI de la Biographie nationale.

(l) Louis-Benoît Van Houtte, né à Ypres le b"- juillet 1810, est mort à Gendbrugge lez-Gand le 9 mai 1876. 11 fut envoyé à l'École centrale du commerce à Paris ; mais bientôt il quitta cette ville pour résider avec sa mère à Clermont-Ferrand,

gantois, commença la publication de sa Flore des serres et des jardins de V Europe. Ce magnifique recueil, arrivé aujourd'hui à son 22® volume, a eu pour rédacteurs en chefs Lemaire, M. Planchon et L. Van Houtte.

En 1851, Ch. Morren commença, à son tour, la publication de La Belgique liorticole, qu'il rédigea jusqu'en 1855 ; après sa mort, ce beau recueil, arrivé aujourd'hui à son 27® volume, a été continué avec un grand succès par son fils, M. Éd. Morren.

où il fut chargé, pendant deux ans, d'un emploi de commis. Il vint à Bruxelles en 1830, où, après la révolution, il entra comme fonctionnaire au ministère des finances. Mais la carrière administrative ne plaisait guère Van Houtte, qui quitta les bureaux pour entreprendre, en 1834, an voyage botanique au Brésil. A son retour, en 1836, Van Houtte fut attaché au Jardin botanique de Bruxelles. En 1839, associé avec Papeleu, il fonda l'établissement horticole deGendbrugge, qui, quelques années après, devint l'un des plus importants de l'Europe. Ce fut dans cet établissement que, plus tard, le Gouvernement établit une École d'horticulture dont Van Houtte fut nommé directeur. Sans être un botaniste, Van Houtte, rendit néanmoins d'impoi'tants services à la science, en réunissant dans ses serres de riches collections de plantes exotiques et en faisant décrire ces dernières. C'est certainement en grande partie à lui que l'horticulture gantoise doit sa prospérité. — La biographie de Van Houtte a été publiée par M. Ém. Rodigas dans \2t. Revue de l'horticulture belge et étrangère^ t. II, et par M. G. Guilmot, dans la Flore des serres et des jardins de VEurope, t. XXII.

La même année, Ch. Lemaire (1) entreprit la publication du Jardin fleuriste qui, en 1854, fut remplacé par L'Illustration horticole, éditée par M. Ambroise Verschaffelt, avec Lemaire pour rédacteur en chef. En 1870, M. Linden, devenu propriétaire de rétablissement de M. Verschaffelt, continua la publication de L' Illustration Jiorticole, avec M. Éd. André pour rédacteur en chef. Ce recueil, parfaitement illustré, est parvenu à son 24^ volume.

Interrompant l'ordre chronologique, nous citerons ici un nouveau recueil horticole qui est édité, comme deux des précédents, dans la cité gantoise : Revue de lliorticulture lelge et étrangère. Cette publication illustrée a été fondée en 1875 et est rédigée par MM. Fr. Burvenich, 0. de Kerchove de Denterghem, Éd. Pynaert, Ém. Rodigas, Aug. Van Geert fils et H.-J. Van Huile.

Ces recueils périodiques rendent non-seulement de grands services à l'horticulture proprement dite, mais ils enrichissent encore la science d'espèces nouvelles et d'articles de botanique.

En dehors de ces publications périodiques, nous

(l) Charles-Antoine Lemaire, né à Paris en 1801, est mort dans cette ville le 22 juin 1871. Il fut, tout d'abord, professeur de littérature classique, puis maître de pension. C'est vers 1845 qu'il vint à Gand, où il fut attaché à la rédaction de la Flore des serres et, 'plus tard, à celle de ^Illustration horticole.

devons citer deux beaux ouvrages à planches édités par M. J. Linden : Hortus Lmcleniamis (1859) et Pescatorea. Iconog rapide des Orchidées (1860).

C'est sous les auspices de la Fédération des Sociétés d'horticulture qu'ont été organisés les congrès internationaux d'horticulture qui se sont réunis à Bruxelles en 1864 et en 1876 et auxquels ont assisté un grand nombre de botanistes étrangers. Ces congrès ont eu lieu à l'occasion de deux splendides expositions florales de la Société royale de Flore.

Les Sociétés d'horticulture sont extrêmement nombreuses en Belgique, et chacune d'elles organise périodiquement de belles expositions. Les principales sont : Société royale d'agriculture et de botanique de Gand, fondée en 1808; Société provinciale d'horticulture et de botanique de Bruges, fondée en 1561 ; Société royale de Flore de Bruxelles, fondée en 1660; Société royale d'agriculture et l'horticulture de Louvain, fondée en 1820; Société royale d'horticulture et d'agriculture d'Anvers, fondée en 1828; Société royale d'horticulture de Mons, fondée en 1829; Société royale d'horticulture de Liège, fondée en 1830; Société royale Linnéenne de Bruxelles, fondée en 1853 ; Société d'horticulture de Tournai ; Société royale d'horticulture de Malines, fondée en 1837; Société royale d'agriculture et de botanique de Verviers, fondée en 1854;

Société royale d'horticulture de la province de Namur, fondée en 1855.

Comme au xvi° siècle, la Belgique horticole brille au premier rang par ses collections de plantes vivantes exotiques. Gand se distingue, entre toutes les villes du pays, par ses nombreux établissements horticoles et par les collections qui se trouvent chez les amateurs. Liège vient en second lieu; puis, Anvers, Malines, Bruxelles, Bruges, Louvain, Mons, Tournai et Namur.

Il convient de donner ici quelques détails sur les voyages botaniques exécutés par les Belges. Notre petit pays peut se glorifier d'avoir eu de nombreux voyageurs qui, sans souci de leur santé et souvent au péril de leur vie, ont été, dans les contrées lointaines, recueillir des plantes pour enrichir nos jardins ou nos herbiers (0.

Peu de temps après la révolution de 1830, le goût des voyages d'exploration s'empara de quelques jeunes gens dévoués aux progrès de la botanique et de l'horticulture.

(1) Pour plus de détails sur les botanistes-voyageurs belges, on consultera le discours de M. F. Plateau sur : Les voyages des naturalistes belges [Bulletin de V Académie royale de Belgique, t. XLII, p. 1050); Plantes de serre, par Éd. Morren (1867) et VaiViicle Horticulture, ^diV'9.-'K. De V\xydt [Patria Belgica, 1. 1, p. 587).

Le premier, parmi ces voyageurs, fut Louis Van Houtte, qui, nous l'avons vu, partit, en janvier 1834, pour le Brésil, où il séjourna jusqu'à la fin de Tannée 1835. Malgré quelques contre-temps, ce voyage fut très-utile à l'horticulture. Les envois faits par Van Houtte parvinrent heureusement à destination.

En 1835, le Gouvernement confia une mission scientifique à MM. Linden, Funck et Ghiesbreght, qui explorèrent le Brésil pendant au delà d'une année. Rentrés en Belgique en 1837, ils repartirent la même année pour l'Amérique. Ils ne revinrent qu'en 1840 et 1841.

M. Linden, qu'on peut considérer, à juste titre, comme le plus intrépide de nos botanistes-voyageurs, fit en 1841, en compagnie de Louis-Joseph Schlim, un grand voyage dans la Colombie et le Venezuela; il ne revint en Europe qu'en 1845.

M. Funck explora également le Venezuela pendant les années 1841, 1842 et 1843. En octobre 1845, ce même voyageur, accompagné de Schlim, partit de nouveau pour le Venezuela, d'où il gagna la Nouvelle- Grenade. Il était de retour en Belgique en 1847; son compagnon Schlim ne revint qu'en 1852.

M. Ghiesbreght partit encore pour le Mexique en 1852, pays où il s est établi et où il continue, depuis, ses explorations scientifiques.

Les recherches de MM. Linden, Funck, Schlim et Ghieshreght ont été extrêmement heureuses et ont enrichi la science d'une foule d'espèces nouvelles (1).

Le voyage que fit Galeotti au Mexique (1835- 1840) eut des résultats extrêmement importants par les vastes collections de plantes desséchées qu'il avait formées dans ce pays.

Joseph Libon (2) fit trois voyages au Brésil : le premier en 1842, en compagnie de Claussen, voyage qui dura jusqu'en 1845; le second en 1846 et le troisième en 1859. Ce courageux voyageur périt malheureusement le 2 août 1861, non loin de Rio Janeiro.

Un Anversois, M. Verheyen, fit un voyage au Mexique (1843-1844) pour le compte d'un horticulteur, auquel il envoya un grand nombre de plantes vivantes.

M. Fr. Devos fut envoyé, en 1846, dans le Brésil méridional par M. Ambroise Verschaffelt, auquel il fit des envois intéressants.

(1) Pour plus de détails sur les voyages de M. Linden, consulter la Flore de la Colombie, 1" livraison, par Linden et Planchon.

(2) Libon naquit à Verviers le 18 mars 1821. A l'âge de 18 ans, il était entré comme jardinier chez Jacob- Makoy.

Les séjours que firent au Mexique MM. Tonel et Van Huile, horticulteurs gantois, et M. Van Cels, horticulteur bruxellois, ne furent pas sans profit pour l'horticulture et la botanique.

M. Julien Deby a séjourné, à plusieurs reprises, dans diverses parties de l'Amérique du Nord et y a fait des observations utiles à la botanique. Nous pouvons en dire autant de M. Houzeau, le directeur de l'Observatoire de Bruxelles.

M. de Malzine (1869-1870) a recueilli au Mexique des plantes vivantes qui ont enrichi nos serres.

M. Jean Chalon (1870, 1871, 1875) a visité en botaniste l'Algérie, le Maroc et l'Egypte.

M. Delchevalerie, fixé depuis plusieurs années en Egypte, a fait des envois de plantes et de produits végétaux en Belgique.

M. De Maeschalck, envoyé par M. Linden, a visité récemment quelques points de la Nouvelle-Calédonie.

Nous ne devons pas oublier M. Jean Van Volxem, qui, dans ses longs voyages dans les diverses régions du globe, n'a pas négligé la botanique.

Ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le dire, la fondation de la Société royale de botanique, en 1862, a marqué, dans la marche de la botanique dans notre pays, une nouvelle période qu'on pourrait appeler démocratique ou extra-officielle.

Depuis une dizaine d'années, un assez grand nom-

bre d'amateurs de botanique (U s'occupaient activement de l'étude de la flore indigène et le besoin d'un lien, d'une association qui put les réunir, se faisait de plus en plus sentir, de sorte qu'en 1862 l'idée d'une Société botanique fut accueillie avec la plus grande faveur. Le 1®'' juin de cette même année, la Société royale de botanique fut constituée sous la présidence de M. Du Mortier, le doyen des botanistes belges. Depuis lors, les jeunes botanistes trouvent dans le Bulletin de cette Société un recueil où ils peuvent insérer les résultats de leurs recherches et de leurs observations.

Nous avons précédemment employé l'épithète de démocratique pour caractériser la nouvelle période, et ce n'est pas sans raison. En effet, jusqu'à la fondation de la Société, on ne possédait pour ainsi dire qu'un seul canal pour faire connaître au public le résultat de nos études spéciales, celui de l'Académie; or, cette compagnie, par la nature de ses travaux, ne peut accueillir que les œuvres d'une certaine portée scientifique que n'ont point, d'ordinaire, les travaux des jeunes débutants. La Société, en accueillant les modestes essais des jeunes botanistes, a fortement stimulé leur zèle ; elle leur a

(1) La plupart des noms de ces amateurs ont été rappelés dans la première édition du Manuel de la flore de Belgique, pp. LXV-LXVIII.

permis de prendre confiance en eux-mêmes et de se perfectionner rapidement.

Si Ton jette un coup d'œil sur les tables des matières des quinze volumes composant la collection du Bulletin de la Société, on est étonné de Tardeur et de l'activité de la phalange botanique qui s'est rangée sous son drapeau. Ce qui domine dans cette publication, ce sont les travaux concernant la flore indigène : monographies, descriptions variées, géographie botanique et catalogues de localités ; toutefois, les monographies générales, la taxinomie, la physiologie, l'anatomie, Torganogénie et la paléontologie végétale y font l'objet de notices et de mémoires assez nombreux.

Il n'est pas à douter qu'un avenir brillant ne soit réservé à cette Société, qui, très-modeste à son origine, a fini par se faire une belle place non-seulement dans le pays, mais encore à l'étranger.

De son côté, l'Académie a publié, dans son Bulletin et dans ses Mémoires, une série de travaux dus à la plume d'Eugène Coemans et d'Auguste Bellynck, de MM. Éd. Morren, J.-J. Kickx, A. Gilkinet, Alfr. Wesmael, A. Cogniaux et F. Crépin.

A leur tour, la Fédération des Sociétés d'horticulture, la Société royale Linnéenne et la Société des sciences, arts et lettres du Hainaut ont fait paraître, dans leurs Bulletins, des monographies et des notices

botaniques qui sont venues enrichir notre littérature scientifique.

Depuis 1862, l'activité des botanistes belges ne s'est pas entièrement concentrée au sein des Sociétés. En dehors de celles-ci, on a vu paraître les ouvrages suivants : Le microscope, par H. Van Heurck, P« éd., 1865, 2' éd., 1869 ; Manuel de la flore de Belgique, par F. Crépin, 2" éd., 1866, 3^ éd., 1874 ; Flore cryptogamique des Flandres, par J. Kickx, éditée par J.-J. Kickx, 1866 ; Flore analytique du centre de la Belgique, par L. Pire et F. Muller, 1866; Recueil d' observations botaniques et descrip)tions de plantes nouvelles, par H. Van Heurck, fasc. I, 1870, fasc. II, 1871 ; La vie d'une plante, par J. Chalon, 1871 ; Catalogue de la flore helge, par F. Crépin, F. Gravet et C. Delogne, 1872; Les plantes ornementales à feuillage panacM et coloré, par A. Cogniaux et É. Marchai, t. I, 1873, t. II, 1 874 ; Cours élémentaire de botanique, par A. Bellynck, V éd., 1874, 2« éd., 1876 ; Notions élémentaires de botanique à Vusage des écoles, par F. Crépin et J. Poncin, 1876 ; Catalogue des plantes, soit spontanées, soit cultivées en grand, observées en Belgique, à Vtis âge des herborisations, par A. Belljnck, 1876; Flore de Fraiponi, Nessonvaux et leurs environs, etc., par M. Michel, 1877. Les collections de plantes sèches publiées depuis

1862 sont nombreuses et importantes : Cladoniae Belgicaea exsiccatae, quas collegit et distribuit, schedulis criticis additis, Eugenius Coemans, deux centuries ; Herbier des plantes rares et critiques de Belgique, par H. Van Heurck et A. Martinis; 8 fascicules de 50 numéros chacun, 1801-1868; Kickxia Belgica, ou Herbier des plantes les plus rares de la Belgique, par A. Thielens et A. Devos, 3 centuries, 1865-1867; Les Glumacées de Belgique, par A. Cogniaux et É. Marchai, 3 fascicules, 1869-1871 ; Les Mousses de VArdenne, par C. Delogne et F. Gravet, 5 fascicules de 50 numéros chacun, 1868-1873; Les Hépatiques de VArdenne, par C. Delogne et F. Gravet, 6 fascicules de 10 numéros chacun, 1868-1873; BryotJieca Belgica, ou Herbier des Mo\isses de Belgique, par F. Gravet, 8 fascicules de 50 numéros chacun, 1874-1876; Sphagnotheca Belgica, par F. Gravet, P' fascicule de 70 numéros, 1877.

Nous n'entreprendrons pas d'apprécier ici la valeur et les mérites des travaux botaniques qui ont été publiés depuis 1862; ces travaux sont encore trop récents pour que l'historien les juge avec une complète impartialité. Nous nous bornerons à dire que la nouvelle phalange des botanistes belges marche sur les traces des Du Mortier, des Morren, des Kickx, des Coemans et des Lejeune.

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